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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ginseng à cinq folioles au Canada - Mise à jour

Biologie générale

La stratégie biologique du ginseng à cinq folioles est caractéristique d’une plante forestière vivace qui vit longtemps. Les populations s’accroissent lentement, puis se maintiennent près d’un point d’équilibre (leur taux de croissance [l] demeure alors près de 1,00; Charron, 1989). Le maintien de la population est principalement assuré par la longévité des sujets adultes (Charron et Gagnon, 1991). Chaque sujet met plusieurs années à atteindre le stade de la production de graines, qui constitue son seul moyen de reproduction. Comme la production de graines est étroitement liée à la taille de la plante, ce sont les gros sujets, possédant trois ou quatre feuilles, qui produisent la plus grande partie des graines dans chaque population. Le taux de prédation des graines par les petits rongeurs est souvent très élevé, ce qui réduit considérablement le potentiel de recrutement des populations sauvages (obs. pers.). Par ailleurs, la mortalité des semis est élevée, atteignant de 70 à 90 % dans les populations du Nord (Charron et Gagnon, 1991). Selon Lewis et Zenger (1982), qui ont étudié l’espèce au Missouri, chaque graine ne présente qu’une probabilité de 0,55 % de produire une plante adulte. Cette stratégie biologique très conservatrice peut expliquer la grande sensibilité de l’espèce à la cueillette.

Nantel et al. (1996) ont étudié des populations québécoises de ginseng à cinq folioles et ont montré que celles comptant moins qu’un certain nombre de sujets, appelé seuil de viabilité ou population minimale viable (PMV), risquent de disparaître à long terme (probabilité supérieure à 5 % sur une période de 100 ans). Les mêmes auteurs ont évalué que le seuil de viabilité des populations de ginseng à cinq folioles est d’environ 170 sujets. Si ce critère est valide, il n’existe que sept populations viables connues en Ontario et 15 au Québec.