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Raie tachetée (Leucoraja ocellata)

Raie tachetée

Leucoraja ocellata

 

Information sur l’espèce

La raie tachetée (Leucoraja ocellata [Mitchill, 1815]), également connue sous le nom de raie d’hiver, est reconnaissable à sa forme arrondie et aplatie, ses grandes nageoires pectorales en forme d’ailes et sa longue queue. Sa face dorsale est généralement brun pâle à brun foncé, avec une grande tache blanche (ocelle) située dans la région du bord postérieur de chaque pectorale, qui permet de la distinguer d’autres raies.

 

Répartition

La raie tachetée est endémique de l’Atlantique Nord‑Ouest, où on la rencontre depuis le nord du golfe du Saint‑Laurent et la côte sud de Terre‑Neuve jusqu’au cap Hatteras, en Caroline du Nord. En eaux canadiennes, l’espèce est concentrée dans trois secteurs : le sud du golfe du Saint‑Laurent, l’est du plateau néo‑écossais et le banc Georges. Aux fins d’évaluation, nous avons considéré quatre unités désignables : la population du sud du golfe du Saint‑Laurent, la population de l’est du plateau néo‑écossais, la population du banc Georges, de l’ouest du plateau néo‑écossais et de la baie de Fundy et la population du nord du golfe du Saint‑Laurent et de Terre‑Neuve.

 

Habitat

La raie tachetée est un poisson benthique qui vit sur les fonds sableux ou graveleux. Elle vit le plus souvent à moins de 111 m de profondeur, mais peut descendre jusqu’à 371 m. L’espèce est le plus souvent capturée dans des eaux dont la température se situe entre 5 et 9 °C (plage de -1,2 à 19 °C).

 

Biologie

On connaît très peu de choses sur la biologie de la raie tachetée. L’espèce a une croissance lente et acquiert la maturité sexuelle entre 7 et 13 ans, à une longueur estimée à 50 à 75 cm. La longévité maximale a été estimée à 30 ans. Selon les estimations, la durée d’une génération varie de 17 à 22 ans. La femelle pond entre 6 et 50 œufs, à la fin de l’été ou au début de l’automne. La raie tachetée se nourrit principalement de crabes communs et de calmars, mais elle consomme également des vers, des amphipodes, des crevettes, des bivalves et des petits poissons.

 

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances des populations peuvent être estimées à partir des données de relevés effectués indépendamment des pêches commerciales. L’effectif minimum total est estimé à 100 000 individus pour la population du sud du golfe du Saint‑Laurent, à 750 000 individus pour celle de l’est du plateau néo‑écossais et à 1,7 millions d’individus pour celle du banc Georges, de l’ouest du plateau néo‑écossais et de la baie de Fundy; l’effectif de la population du nord du golfe du Saint‑Laurent et de Terre‑Neuve n’a pas été estimé. Depuis le début des années 1970, on estime que la population adulte de raies tachetées a connu un déclin de 98 p. 100 dans le sud du golfe du Saint‑Laurent et de plus de 90 p. 100 dans l’est du plateau néo‑écossais; on ne peut dégager aucune tendance des données sur la population adulte du banc Georges, de l’ouest du plateau néo‑écossais et de la baie de Fundy. Il n’existe aucune information sur les tendances de la population du nord du golfe du Saint‑Laurent et de Terre‑Neuve à cause de la rareté de l’espèce dans ces eaux. Dans les eaux américaines du banc Georges, bien que la raie tachetée ne soit pas considérée comme surexploitée, l’effectif a beaucoup diminué depuis le milieu des années 1980.

 

Facteurs limitatifs et menaces

On observe chez les Rajidés du monde entier une étroite répartition latitudinale et un degré élevé d’endémisme. Treize des 58 espèces de poissons marins disparues appartiennent à la famille des Rajidés. Les particularités de cycle vital de la raie tachetée rendent l’espèce particulièrement sensible à l’exploitation, lente à se rétablir et sujette à la disparition. Ces particularités sont une taille importante à la naissance, une maturité tardive, une faible fécondité et la longue durée d’une génération, qui font que les populations de l’espèce ne peuvent croître que lentement. En eaux canadiennes, la raie tachetée est prise accessoirement dans les pêches d’autres poissons de fond (en particulier celles de poissons plats) et, sur le banc Georges, dans les pêches de pétoncles. La population de l’est du plateau néo‑écossais fait l’objet d’une pêche dirigée à petite échelle.

 

Importance de l’espèce

La raie tachetée est endémique de l’Atlantique Nord‑Ouest, et une part importante de son aire de répartition se trouve en territoire canadien. L’espèce est un des plus anciens vertébrés vivants. Elle a fait l’objet de pêches commerciales à différentes périodes.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La pêche commerciale de la raie tachetée en eaux canadiennes est réglementée par le ministère des Pêches et des Océans. Dans toutes les eaux canadiennes où l’espèce est présente, elle est prise accessoirement dans d’autres pêches. Elle fait l’objet d’une pêche dirigée uniquement dans l’est du plateau néo‑écossais, le total admissible de captures (TAC), fixé à 2 000 tonnes par an en 1994, ayant été réduit depuis 2002 à seulement 200 tonnes par an. Aucun statut particulier n’a été attribué à la raie tachetée par l’Union mondiale pour la nature (UICN).