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Raie tachetée (Leucoraja ocellata)

Habitat

Besoins en matière d’habitat

La raie tachetée est une espèce benthique vivant sur les fonds de sable ou de gravier, généralement à moins de 111 m de profondeur (Scott et Scott, 1988), quoique des sujets aient été capturés à presque 400 m de profondeur. Dans les relevés réalisés à bord de navires de recherche, plus de 90 p. 100 des spécimens sont capturés dans des eaux de moins de 150 m de profondeur. Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, l’espèce fréquente parfois des eaux très peu profondes à la fin de l’été et au début de l’automne; dans les relevés du ministère des Pêches et des Océans (MPO), la profondeur médiane pour septembre est d’environ 30 m. Dans les eaux du plateau néo-écossais, l’espèce vit entre 37 et 90 m de profondeur (Scott et Scott, 1998).

La raie tachetée a été signalée dans des eaux dont la température variait entre -1,2 oC et 19 °C. Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, la température moyenne des eaux où l’espèce a été capturée lors des relevés de septembre variait entre 5,8 oC et 12,4 °C (D.P. Swain, MPO, C.P. 5030, Moncton [Nouveau-Brunswick]), données inédites). L’espèce a également été capturée dans des eaux de 1,1 oC à 12,7 °C à l’est de la Nouvelle-Écosse et de 2 oC à 15 °C entre le sud de la Nouvelle-Écosse et le cap Hatteras. Dans les eaux du plateau néo-écossais, l’espèce préfère les profondeurs où la température se situe entre 5 °C et 9 °C (Collette et Klein-MacPhee, 2002). La majeure partie de la population vit dans des eaux dont la salinité se situe environ entre 34,4 et 32 o/oo; cependant, dans le sud du golfe du Saint-Laurent, l’espèce peut fréquenter des eaux dont la salinité n’atteint que 29 o/oo (Bigelow et Schroeder, 1953).


Tendances en matière d’habitat

On a dit de la raie tachetée qu’elle est une hôte d’hiver en raison de ses migrations saisonnières, qui indiquent une préférence pour les eaux froides (Tyler, 1971). En Nouvelle-Angleterre, elle quitte généralement la côte méridionale au début de l’été, lorsque la température atteint 18 oC ou 19°C, pour y revenir, jusqu’à la hauteur de New York, au début de l’automne (Bigelow et Schroeder, 1953). En été, elle est régulièrement observée près des côtes de la baie Passamaquoddy à l’entrée de la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse et autour de l’Île-du-Prince-Édouard (Bigelow et Schroeder, 1953). D’après les observations, l’espèce se déplacerait des eaux profondes vers les eaux moins profondes des bancs du plateau néo-écossais (4VsW) après le deuxième trimestre de l’année (Simon et Frank, 1996).

La zone d’occupation de la raie tachetée peut être estimée à partir des données des relevés effectués à bord de navires de recherche. Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, les pourcentages moyens de traits nuls et de traits avec captures lors d’échantillonnages stratifiés révèlent une importante fluctuation de la zone d’occupation depuis 1971 (Simon et al., 2003). Il semble que celle-ci était plus grande à la fin des années 1970 et dans les années 1980 qu’elle ne l’est aujourd’hui. D’après les relevés effectués dans la baie de Fundy ainsi que dans l’est et dans l’ouest du plateau néo-écossais, la zone d’occupation dans ce secteur n’aurait pratiquement pas changé depuis le début des années 1970 (Simon et al., 2003). Par contre, les données pour la partie est seulement du plateau (relevés de la morue de 4VW effectués en mars à bord des navires de recherche) indiquent que la zone d’occupation dans ce secteur aurait diminué environ de moitié depuis le milieu des années 1980. Les indices de répartition de la population du banc Georges ne révèlent aucun changement depuis le milieu des années 1980 (Simon et al., 2003).


Protection et propriété

La raie tachetée n’a fait l’objet d’aucune évaluation antérieure par le COSEPAC, ni par l’UICN, ni en vertu d’aucune convention visant la protection d’espèces en péril. La raie tachetée fait l’objet d’une pêche dirigée dans les eaux de la Nouvelle-Angleterre ainsi que dans les eaux canadiennes de l’est du plateau néo-écossais. Elle est également prise accessoirement dans d’autres pêches de poissons de fond et dans des pêches d’invertébrés. Au Canada, la pêche de la raie tachetée, pratiquée à petite échelle, est contingentée.