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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) au Canada

Biologie générale

Dans les Grands Lacs, la fraye se déroule à l’automne ou au printemps. Les ciscos à mâchoires égales des lacs Michigan, Huron et Érié ne fraient qu’en automne (Koelz, 1929; Scott et Smith, 1962). Dans le lac Supérieur, des poissons ont été vus en train de frayer au printemps comme à l’automne, un fait noté par Koelz (1929), mais celui-ci a jugé que ce phénomène était inhabituel et a conclu, avec VanOosten (1936), que les ciscos à mâchoires égales frayaient à l’automne. Todd et Smith (1980) ont rapporté que cette espèce fraye plus souvent au printemps. Les œufs sont pondus sur le fond du lac (généralement formé d’argile dans les Grands Lacs), puis se développent sans soin parental pendant trois ou quatre mois, selon la température (Berlin et al., 1977). La fécondité des ciscos à mâchoires égales est vraisemblablement similaire à celle des autres espèces d’eau profonde comme le cisco de fumage, les pontes allant de 3 230 œufs pour un poisson de 241 mm de longueur totale (LT) à 18 768 œufs pour un poisson de 305 mm de LT (Emery et Brown, 1978).

Comme la plupart des poissons, les ciscos à mâchoires égales croissent rapidement au cours de leur première année de vie. Même si, en longueur, les deux sexes grandissent au même rythme, les femelles prennent du poids plus rapidement que les mâles, et ce, à raison de 30 g par année pour un poisson mature, la croissance annuelle étant d’environ 25 mm (VanOosten, 1936). Les ciscos atteignent la maturité sexuelle environ dans leur cinquième année, ce qui entraîne une prise de poids supplémentaire, surtout attribuable au développement gonadique : en effet, près de 60 p. 100 du gain de poids potentiel maximum se produit après l’âge de cinq ans, contrairement à la croissance en longueur (le cisco atteint 80 p. 100 de sa longueur potentielle maximale à cinq ans), qui ralentit après l’âge de cinq ans (VanOosten, 1936). Dans le lac Supérieur, les tailles maximales enregistrées sont de 276 g pour une LT de 368 mm chez les mâles, et de 292 g pour les femelles (VanOosten, 1936). Les ciscos à mâchoires égales du lac Nipigon atteignent une plus grande taille, avec des poids de 500 g à 1 kg et des LT allant jusqu’à 400 mm (R. Salmon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Unité d’évaluation du lac Nipigon, comm. pers.). Dans certaines populations de ciscos à mâchoires égales, les poissons arrivent à maturité à une taille nettement moindre. Par exemple, les adultes du lac George, au Manitoba, ne mesurent en moyenne que 158 mm (de 127 à 173 mm) de longueur standard (U.S.G.S., Great Lakes Science Center, données inédites).

Les Corégoninés sont des consommateurs sélectifs et opportunistes, qui ingèrent habituellement une proie à la fois. La disponibilité de la nourriture est un facteur important, et des proies saisonnières comme les insectes font partie de l’alimentation des poissons vivant dans les petits lacs. Comme le cisco à mâchoires égales est susceptible d’habiter les parties les plus profondes d’un lac, où les apports terrestres sont limités, les crustacés limnétiques (copépodes et cladocères) et les organismes benthiques (Mysis et Diporeia) dominent donc son alimentation (Koelz, 1929; Bersamin, 1948; Anderson et Smith, 1971; Wain, 1993; Turgeon et al., 1999; Hoff et Todd 2004). On a trouvé que, même en habitat moins profond – par exemple, dans le lac Barrow, en Alberta– ce genre de proie dominait son régime alimentaire (Steinhilber et al., 2002).

Outre son importance dans les pêches vivrières en général, le cisco à mâchoires égales est un élément important de la base alimentaire de prédateurs comme le touladi et la lotte (Lota lota). Dans les Grands Lacs, il joue ce rôle avec plusieurs autres espèces, mais dans les lacs canadiens plus petits, il constitue souvent la seule source d’alimentation des prédateurs. Il est également probable que dans les Grands Lacs, l’espèce soit devenue vulnérable à la prédation par les lamproies, étant donné que les espèces de grande taille préférées par ce prédateur ont été décimées.