Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) au Canada

Mise à jour

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC

sur le

Cisco à mâchoires égales

Coregonus zenithicus

au Canada

Cisco à mâchoires égales

Espèce menacée 2003

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. ix + 1-21 p.

Todd, T.N. 2003. Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. 1-19 p.

Nota de Production :

La mise à jour du rapport de situation du COSEPAC dans la présente publication est également répertoriée en tant que Contribution 1264 du Great Lakes Science Center du U.S. Geological Survey, Ann Arbor (Michigan) États-Unis.

Rapports précédents :

Houston, J.J. 1987. COSEWIC status report on the shortjaw cisco, Coregonus zenithicus, in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa. 15 p.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environment Canada
Ottawa, ON

K1A 0H3
Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the shortjaw cisco Coregonus zenithicus in Canada.

Illustration de la couverture :

Photographie d’un cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) provenant du lac Nipigon (Ontario) (332 mm, août 1998). Avec la permission de l’auteur, Thomas N. Todd.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
No de catalogue CW69-14/252-2003F-IN
ISBN 0-662-88423-X

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation -- mai 2003

Nom commun : Cisco à mâchoires égales

Nom scientifique : Coregonus zenithicus

Statut : Espèce menacée

Justification de la désignation : Cette espèce a disparu des lacs Huron et Érié et connaît un déclin dans le lac Supérieur et le Grand lac des Esclaves  Elle est toujours présente dans le lac Nipigon et dans de nombreux lacs de plus petite taille où son statut n’est pas bien connu. Les menaces comprennent la pêche, l’introduction d’espèces exotiques et le changement climatique.

Répartition : Territoires du Nord-Ouest, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en mai 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Cisco à mâchoires égales

Coregonus zenithicus

Introduction

Le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) est une espèce répandue de Salmonidé appartenant à la sous-famille des Corégoninés. Décrite pour la première fois à partir d’un spécimen prélevé par Jordan et Evermann (1909) dans le lac Supérieur à Duluth, au Minnesota, l’espèce a par la suite été découverte dans la plupart des Grands Lacs et dans de nombreux petits lacs du centre de l’Amérique du Nord. Les grands individus pèsent habituellement autour de 300 g et les poissons exceptionnellement gros peuvent peser jusqu’à 1 kg. La biologie de ce cisco est mieux connue dans les Grands Lacs (y compris le lac Nipigon), où l’espèce, qui était autrefois une des principales espèces ciblées par une activité intense de pêche vivrière, occupait des profondeurs intermédiaires de 20 à 180 m.

Répartition 

Le cisco à mâchoires égales, connu surtout dans les Grands Lacs, est cependant réparti dans tout le centre du Canada. Sa présence a été confirmée pour la dernière fois dans le lac Érié avant 1970, dans le lac Michigan en 1975 et dans le lac Huron en 1982; elle n’a jamais été rapportée dans le lac Ontario. L’espèce persiste dans le lac Supérieur, où son abondance relative a toutefois considérablement décliné. En plus des Grands Lacs, sa présence a été rapportée dans au moins 22 lacs du Canada, de l’Ontario aux Territoires du Nord-Ouest.

Protection

Le cisco à mâchoires égales a été déclaré espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Sauf pour les mesures de protection générales de la Loi sur les pêches, il ne bénéficie d’aucune protection spéciale au Canada.

Variabilité phénotypique et génétique

Les ciscos à mâchoires égales présentent des variations morphologiques dans l’ensemble de leur aire géographique et sont divisés en deux groupes principaux au Canada. La forme la plus commune habite des lacs de grande taille comme le lac Supérieur, le lac Nipigon et le Grand lac des Esclaves et se distingue par ses branchicténies plus nombreuses et plus longues que chez l’autre forme, caractéristique des petits lacs comme le lac Basswood (Ontario), le lac George (Manitoba) et le lac Barrow (Alberta). 

Taille et tendances des populations

Le cisco à mâchoires égales représente une part importante de la pêche vivrière dans les Grands Lacs depuis au moins le milieu du XIXe siècle. Les débarquements, dans l’ensemble, n’étaient pas enregistrés espèce par espèce, mais toutes les espèces de ciscos d’eau profonde étaient plutôt réunies dans une catégorie générale (chubs) dont était exclu le cisco de lac, qui se tient plutôt en eau peu profonde. Le cisco à mâchoires égales semble avoir été relativement peu commun dans la baie Georgienne du lac Huron, mais il aurait représenté de 17 à 19 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde dans le lac Huron proprement dit dans les années 1950. Dans les années 1970, seuls quelques spécimens ont été pris, et en 1982, un individu unique a été capturé dans le lac Huron.

Dans le lac Michigan, la proportion de l’espèce (ce qui comprend les poissons identifiés comme C. alpenae) dans les prises de ciscos d’eau profonde, qui était d’environ 21 p. 100 dans les années 1930, a chuté à 6 p. 100 dans les années 1950, et à 2 p. 100 au début des années 1960; ce cisco a fini par disparaître du lac dans les années 1970.

Dans le lac Érié, sauf pour les quelques spécimens signalés dans l’article original sur les ciscos à mâchoires égales (décrits en tant que ciscos à grande bouche, C. alpenae), aucun autre spécimen n’a jamais été collecté.

L’espèce persiste dans le lac Supérieur, mais a décliné en abondance relative : de 90 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde dans les années 1920, elle est passée à 25 p. 100 à la fin des années 1950, puis à une proportion variant entre 6 et 11 p. 100 dans les années 1970, dans les eaux du Michigan. Dans ce même secteur, deux petites collectes effectuées en 1997 ont révélé des abondances de 5 p. 100 et de 11 p. 100, des chiffres comparables à ceux des années 1970. L’abondance de l’espèce dans le lac Supérieur n’a cependant pas été adéquatement étudiée, et hormis sa présence certaine dans le lac et un déclin massif à partir des années 1920, on sait peu de choses sur les tendances récentes.

En ce qui concerne le lac Nipigon, on ne dispose pas de suffisamment de données exhaustives sur une longue période, bien que des évaluations périodiques des populations soient effectuées depuis les années 1970. Les ciscos à mâchoires égales constituaient 31 p. 100 des prises totales de ciscos en 1973, mais selon des évaluations plus récentes fournies par des pêches effectuées à l’aide de filets à maillage progressif, ce pourcentage serait de 3,4 p. 100.

Les tendances des populations dans les autres lacs habités par l’espèce sont généralement inconnues, mais les méthodes d’échantillonnage employées dans les années 1960 entraînaient la capture d’un plus grand nombre de ciscos à mâchoires égales. Par contre, les effectifs sont probablement demeurés stables au cours des dernières décennies. L’espèce représente sans aucun doute une partie des captures de la pêche vivrière dans certains des lacs importants comme le Grand lac des Esclaves, qui ont soit des programmes d’évaluation, soit des bureaux des statistiques sur les pêches, mais il ne semble pas que, par le passé, ces prises aient été évaluées espèce par espèce. Des activités récentes visant à prélever des spécimens du Grand lac des Esclaves ont eu des taux de réussite variants en ce qui concerne le repérage de ciscos à mâchoires égales.

Habitat

Dans les lacs Supérieur, Michigan et Huron, le cisco à mâchoires égales, qui vit généralement à des profondeurs de 55 à 144 m, a été signalé jusqu’à 183 m et occasionnellement à moins de 55 m. Des variations saisonnières ont été notées dans le lac Supérieur, les poissons se déplaçant vers des eaux moins profondes pendant la fraye. Ils vivent à des profondeurs de 110 à 114 m au printemps, de 55 à 71 m en été, et de 73 à 90 m en hiver. Dans le lac Nipigon, les ciscos à mâchoires égales occupent des profondeurs de 10 à 60 m, exception faite de quelques individus capturés de temps à autre sous les 60 m. On connaît mal les préférences en matière d’habitat dans les lacs plus petits.

Biologie générale

Dans les Grands Lacs, la fraye se déroule à l’automne ou au printemps, alors que dans les lacs Michigan, Huron et Érié, elle n’a lieu qu’à l’automne. Cependant, dans le lac Supérieur, les poissons fraient au printemps comme à l’automne. La fécondité des ciscos à mâchoires égales ressemble vraisemblablement à celle des autres espèces d’eau profonde comme le cisco de fumage, avec des pontes allant de 3 230 œufs pour un poisson de 241 mm de longueur totale (LT), à 18 768 œufs pour un poisson de 305 mm de LT.

Comme la plupart des poissons, les ciscos à mâchoires égales croissent rapidement au cours de leur première année de vie. Même si, en longueur, les deux sexes grandissent au même rythme, les femelles prennent plus rapidement du poids que les mâles. La maturité correspond à la cinquième année. Les corégoninés sont des consommateurs sélectifs et opportunistes qui ingèrent habituellement une proie à la fois. La disponibilité de la nourriture est un facteur important, et des proies saisonnières comme les insectes font partie de l’alimentation des poissons dans les petits lacs. Le cisco à mâchoires égales étant susceptible d’habiter les parties les plus profondes d’un lac, où les apports terrestres sont limités, les crustacés limnétiques (copépodes et cladocères) et les organismes benthiques (Mysis et Diporeia) dominent donc son alimentation.

Facteurs limitatifs

Aucun facteur unique ne semble à lui seul être responsable du déclin du cisco à mâchoires égales dans les Grands Lacs. Dans le lac Érié, des changements écologiques profonds se sont produits, ce qui a créé des conditions mésotrophiques dans le lac, tandis que les conditions physiques des lacs Michigan et Huron ne changeaient pas vraiment, à l’exception notable de la baie de Saginaw. La communauté vivante y a été modifiée considérablement. Il ne fait pas de doute que la pêche commerciale a eu des répercussions négatives au cours du XXe siècle, surtout sur les gros individus au départ, puis sur les individus plus petits lorsque le maillage des filets a été réduit pour maintenir le volume des prises. Par contre, la compétition et la prédation par l’éperlan et le gaspareau ont certainement gagné en influence au cours des 30 dernières années, période pendant laquelle la pêche vivrière des ciscos d’eau profonde était bien en deçà des niveaux historiques. La grande lamproie marine continue de faire des victimes dans les Grands Lacs : en effet, elle s’attaque à de petites espèces comme les ciscos d’eau profonde, en plus de s’en prendre à de grandes espèces comme le touladi, la lotte et le grand corégone. On soupçonne également des facteurs non biotiques comme les conditions météorologiques et les changements thermiques de jouer un rôle dans la déstabilisation des populations.

Les facteurs limitant les populations dans les petits lacs sont très mal connus. L’éperlan arc-en-ciel, qui a été introduit dans un grand nombre de lacs à ciscos, dont le lac Nipigon en Ontario, a produit un effet non négligeable sur l’écologie de ces systèmes.

Importance particulière de l’espèce

Le cisco à mâchoires égales, avec le cisco de lac, serait l’espèce colonisatrice ancestrale dans la plus grande partie de la région de distribution post-glaciaire du refuge du Mississippi. À l’intérieur des Grands Lacs, il représente une des lignées du plus spectaculaire rayonnement de formes sympatriques qui soit survenu dans des lacs septentrionaux. C’est une forme unique dont la répartition est intimement liée à l’hydrologie post-glaciaire, ce qui explique son grand intérêt scientifique. Les pêcheurs commerciaux, particulièrement dans les Grands Lacs, capturaient cette espèce parmi d’autres pour alimenter le marché du cisco fumé, un produit très prisé, mais le cisco à mâchoires égales n’était pas plus recherché que les autres espèces de ciscos de taille et de condition analogues.

Évaluation

L’absence du Coregonus zenithicus des lacs Michigan (depuis 1975), Huron (depuis 1982) et Érié (depuis 1957) semble confirmer que l’espèce est disparue de ces lacs. Le déclin massif et graduel de l’espèce dans le lac Supérieur au cours du siècle écoulé, auquel s’ajoute sa disparition des Grands Lacs inférieurs, devrait être matière à inquiétude. En outre, l’introduction de l’éperlan arc-en-ciel dans quelques-uns des habitats canadiens restants du cisco à mâchoires égales pourrait, à terme, être préjudiciable à l’espèce. Dans l’ensemble de son aire, l’espèce est vulnérable à la surpêche, à la dégradation des habitats et à l’introduction d’espèces exotiques. Actuellement, le U.S. Fish and Wildlife Service envisage de soumettre la candidature du cisco à mâchoires égales pour une désignation comme espèce menacée ou en voie de disparition.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Retournez à la table des matières

Résumé

Disparu de la plupart des Grands Lacs, le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) se retrouve actuellement dans les lacs Supérieur et Nipigon, et dans au moins 23 autres lacs du Canada. L’espèce présente des variations morphologiques et génétiques dans l’ensemble de son aire et pourrait en fait constituer plus d’un taxon. Cependant, il existe une forme commune qui est largement répandue entre les Grands Lacs et les Territoires du Nord-Ouest, ce qui accréditerait l’hypothèse d’une origine préglaciaire de l’espèce. L’abondance du cisco à mâchoires égales a diminué à cause de la surpêche, de la dégradation des habitats, ainsi que de la prédation et de la compétition d’espèces introduites et exotiques comme le gaspareau (Alosa pseudoharengus) et l’éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax). La situation de l’espèce dans la plupart des lacs du Canada est inconnue, mais le déclin continu observé dans les lacs qui ont pu être étudiés donne à penser que le cisco à mâchoires égales devrait être considéré comme une espèce menacée dans l’ensemble de son aire.

Retournez à la table des matières

Introduction

Le cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) est une espèce répandue appartenant à la sous-famille des Corégoninés. Décrite pour la première fois à partir d’un spécimen prélevé par Jordan et Evermann (1909) dans le lac Supérieur à Duluth (surnommée « Zenith City »), au Minnesota, l’espèce a par la suite été trouvée dans la plupart des Grands Lacs et dans de nombreux lacs plus petits du centre de l’Amérique du Nord (Scott et Crossman, 1974; Clarke, 1973; Clarke et Todd, 1980). Le corps du cisco à mâchoires égales, comme celui des autres ciscos, est de forme elliptique, comprimé latéralement et couvert de grandes écailles lisses (figure 1). Ce poisson, principalement de couleur argent, présente sur le dos des teintes vert olive ou ocre qui se fondent dans le blanc du ventre. Les nageoires paires sont peu pigmentées. La bouche est petite et dépourvue de dents, et, en général, la mâchoire inférieure est égale à la mâchoire supérieure ou légèrement plus courte que cette dernière, auquel cas elle est couverte par la mâchoire supérieure à la fermeture de la bouche (Eddy et Underhill, 1978; Becker, 1983). Chez certaines populations, la mâchoire inférieure dépasse parfois les prémaxillaires; c’est d’ailleurs ainsi que Jordan et Evermann (1909) caractérisaient les populations du lac Supérieur, mais cette description est erronée. Les prémaxillaires forment généralement un angle net sur le museau, contrairement à ce qu’on voit chez la plupart des autres espèces de ciscos, dont les prémaxillaires sont habituellement parallèles à l’angle d’inclinaison de la tête ou forment un angle très faible par rapport au museau. Le premier arc branchial compte généralement moins de 40 branchicténies, et souvent autour de 35, ce qui fait contraste avec la plupart des autres espèces de ciscos, qui ont plus de 40, voire de 45 à 55 branchicténies. En outre, les branchicténies tendent à être de longueur moyenne ou courtes par rapport à celles de la plupart des autres espèces de ciscos (Becker, 1983). Malheureusement, il n’y a aucun trait diagnostique unique permettant d’identifier l’espèce avec certitude : il faut plutôt utiliser un ensemble de traits, dont le plus important est le nombre de branchicténies. Des différences de taille considérables sont observables dans l’ensemble de l’aire de l’espèce; en effet, des adultes de certaines populations (p. ex. lac George, Manitoba et lac White Partridge, Ontario) ont une longueur standard (LS) de moins de 150 mm, alors que dans d’autres populations, les adultes atteignent une LS de plus de 300 mm, et même jusqu’à 400 mm (p. ex. lac Nipigon, Ontario). Les grands individus pèsent habituellement autour de 300 g et les poissons exceptionnellement gros peuvent peser jusqu’à 1 kg. La biologie est mieux connue dans les Grands Lacs (y compris le lac Nipigon), où l’espèce, qui était autrefois une composante majeure de l’intense pêche vivrière, occupe des profondeurs intermédiaires, de 20 à 180 m.

Figure 1.  Cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) provenant du lac Nipigon (Ontario) (332 mm, août 1998).

Figure 1.  Cisco à mâchoires égales (Coregonus zenithicus) provenant du lac Nipigon (Ontario) (332 millimètre, août 1998).

Retournez à la table des matières

Répartition

Bien qu’il soit plus connu dans les Grands Lacs, le cisco à mâchoires égales est aussi répandu dans tout le centre du Canada (figure 2). Sa présence a été confirmée pour la dernière fois dans le lac Michigan en 1975 et dans le lac Huron en 1982 (Todd, 1985). Par contre, il aurait pu s’agir d’individus errants originaires du lac Supérieur, dans lequel l’espèce était toujours relativement abondante (Ono et al., 1983). Des mentions du Coregonus alpenae dans le lac Érié (Scott et Smith, 1962) devraient être attribuées au C. zenithicus d’après un réexamen des premiers spécimens et les données de Todd et al. (1981), qui ont conclu que ces deux taxons étaient conspécifiques. Fait à noter, l’espèce était absente du lac Ontario (Koelz, 1929).

Hors des Grands Lacs, la présence du cisco à mâchoires égales a été rapportée dans au moins 22 lacs du Canada, de l’Ontario aux Territoires du Nord-Ouest (tableau 1; Clarke, 1973; Houston, 1988; Etnier et Skelton, 2002; Murray et Reist, 2003). La plupart de ces identifications sont probablement fondées sur la caractéristique-clé du petit nombre de branchicténies (particulièrement lorsque des paires de formes sympatriques étaient présentes), et elles pourraient concerner plus d’une espèce (Clarke, 1973). Cependant, ces mentions semblent valides, même si la suggestion faite par Clarke de renommer l’espèce C. prognathus en raison d’une priorité nomenclaturale a été invalidée (Todd, 1981a).

Figure 2.  Répartition des populations connues de ciscos à mâchoires égales dans les lacs d'Amérique du Nord (points)

Figure 2.  Répartition des populations connues de ciscos à mâchoires égales dans les lacs d'Amérique du Nord (points)

Retournez à la table des matières

Protection

Le cisco à mâchoires égales a été déclaré espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 1987 (Houston, 1988). Hormis les mesures générales de protection de la Loi sur les pêches, il ne bénéficie d’aucune protection spécifique au Canada. Par contre, toutes les espèces de ciscos de profondeur (chubs) du lac Supérieur sont gérées par quotas, applicables à tout le groupe. La pêche ne représente pas une menace pour l’instant dans ce lac, car il ne s’y pratique pas d’exploitation commerciale : mais si cette exploitation reprend, les quotas pourraient aider à protéger l’espèce. Les pêcheurs de grands corégones du lac Nipigon capturent quelques ciscos à mâchoires égales comme prises accessoires, mais ces prises accessoires ne sont pas réglementées par des quotas. Les autres populations canadiennes ne bénéficient d’aucune protection particulière, mais ne font pas non plus l’objet de pêche commerciale.

Tableau 1.  Lieux connus de présence du Coregonus zenithicus.
LacProvince ou ÉtatLatitude (N)Longitude (O)Référence
Lac AthabascaSaskatchewan59° 07'110° 00'Dymond et Pritchard (1930)
Lac AttawapiskatOntario52° 18'87° 54'Ryder et al. (1964)
Lac BarrowAlberta59° 17'111° 14'Paterson (1969)
Lac BasswoodOntario48° 05'91° 35'Musée royal de l’Ontario, analysé dans Steinhilber (2000) et Todd et Steinhilber (2002).
Big AthapapushkowManitoba54° 33'101° 40'Clarke (1970) sous le nom de C. reighardi; Clarke (1973) sous le nom de C. zenithicus.
Lac Big TroutOntario53° 45'90° 00'Ryder et al. (1964)
Lac ClearwaterManitoba54° 05'101° 00'Clarke (1973)
Lac DeerOntario52° 38'94° 25'Ryder et al. (1964); Clarke (1973)
Lac GeorgeManitoba50° 15'95° 30'Gibson et Johnson (1969) sous le nom de C. hoyi; Clarke (1973) sous le nom de C. zenithicus.
Lac ÉriéOntario42°  00'81° 00'Scott et Smith (1962) sous le nom de C. alpenae; Todd et Smith (1992) sous le nom de C. zenithicus.
Lac HuronMichigan, Ontario45° 00'82° 30'Koelz (1929)
Lac MichiganIllinois, Indiana, Michigan, Wisconsin44° 00'87° 00'Koelz (1929)
Lac SupérieurMichigan, Minnesota, Wisconsin, Ontario47° 40'88° 00'Jordan et Evermann (1909)
Lac NipigonOntario49° 50'88° 30'Koelz (1929) sous le nom de C. reighardi dymondi; Todd et Smith (1981) sous le nom de C. zenithicus.
Grand lac de l’OursTerritoires du Nord-Ouest66° 00'120° 00'Capturé en 2003 par Randy Eshenroder (Great Lakes Fishery Commission, Ann Arbor, MI, comm. pers.) et Kim Howland (min. des Pêches et des Océans, Inst. des eaux douces, Winnipeg, Manitoba).
Grand lac des EsclavesTerritoires du Nord-Ouest61° 23'115° 38'Harper et Nichols (1919) sous le nom de Leucichthys macrognathus; Dymond (1943) et Rawson (1947) sous le nom de C. zenithicus; Clarke (1973) sous le nom de C. artedi; Todd et Steinhilber (2002) sous le nom de C. zenithicus.
Lac MistassiniQuébec50° 45'73° 30'Capturé en 2003 par Randy Eshenroder (Great Lakes Fishery Commission, Ann Arbor, MI, comm. pers.)
Lac la RongeSaskatchewan55° 08' 105° 00'Rawson et Atton (1953), non vérifié dans Clarke (1973).
Lac SeulOntario50° 20'92° 16'Dymond et Pritchard (1930) sous le nom de C. nipigon; Clarke (1973) sous le nom de C. zenithicus.
Lac des BoisOntario49° 15'94° 45'Hinks (1957)
Lac SaganagaMinnesota, Ontario49° 15'91° 30'Etnier et Skelton (2003)
Lac WinnipegManitoba52° 00'97° 00'Bajkov (1930)
Lac WinnipegosisManitoba52° 29'99° 59'Bajkov (1930)
Lac LoonhauntOntario49° 01'93° 30'Musée royal de l’Ontario et Murray et Reist (2003).
Lac ReindeerSaskatchewan57° 15'102° 40'Dymond (1943)
Lac SandyOntario53° 02'93° 00'Musée royal de l’Ontario sous le nom de C. hoyi; Clarke (1973) sous le nom de C. zenithicus.
Lac SandybeachOntario49° 49'92° 21'Wain (1993)
Rivière TazinTerritoires du Nord-Ouest60° 35'110° 23'Harper et Nichols (1919) sous le nom de C. entomophagus; Dymond (1943) sous le nom de C. zenithicus; Clarke (1973) sous le nom de C. artedi.
Lac White PartridgeOntario45° 50'78° 06'Musée royal de l’Ontario et Nick Mandrak (min. des Pêches et des Océans du Canada, Burlington, Ontario, comm. pers.)

Retournez à la table des matières

Variabilité phénotypique et génétique

Les ciscos à mâchoires égales présentent des variations morphologiques dans l’ensemble de leur aire géographique (Clarke, 1973). Des études antérieures ont révélé une subdivision de la population dans le lac Supérieur (Todd et Smith, 1980), mais la possibilité que plus d’une forme existe au Canada n’a pas été étudiée. Todd et Steinhilber (2002) ont trouvé que deux groupes principaux de ciscos à mâchoires égales existaient au Canada. La forme la plus commune vit dans des lacs de grande taille comme le lac Supérieur, le lac Nipigon et le Grand lac des Esclaves et se distingue par ses branchicténies plus nombreuses et plus longues que chez l’autre forme, qui semble plutôt associée aux petits lacs, comme le lac Basswood (Ontario), le lac George (Manitoba) et le lac Barrow (Alberta). Une étude récemment effectuée dans le lac Athapapushkow (Manitoba) donne à penser que la forme à branchicténies peu nombreuses attribuée au C. zenithicus serait en fait une forme conspécifique du C. artedii (Aoki, 2003). Cependant, la plupart des populations de ciscos à mâchoires égales du Canada, des Grands Lacs à l’Arctique, partagent une morphologie similaire.

De nombreuses analyses génétiques effectuées sur les ciscos n’ont en bout de ligne pas permis de très bien différencier les populations (Todd, 1981b; Reed et al., 1998; Steinhilber et al., 2002). Les espèces de ciscos, dans leur ensemble, présentent assez de variabilité génétique pour qu’on puisse penser qu’elles composent, à tout le moins, des populations distinctes. Cependant, il a été impossible jusqu’ici d’identifier des marqueurs génétiques permettant de différencier les espèces. Néanmoins, des analyses récentes du polymorphisme des microsatellites chez les ciscos du lac Nipigon (Turgeon et al., 1999) ont révélé que le cisco à mâchoires égales était génétiquement différent du cisco de lac (C. artedii), du cisco de fumage (C. hoyi) et du cisco à nageoires noires (C. nigripinnis regalis), qui sont des espèces sympatriques, même si aucun marqueur propre à une espèce n’a été trouvé. Les résultats de Turgeon indiquent la présence de deux groupes colonisateurs principaux chez les ciscos nord-américains (Smith et Todd, 1984; Todd et Smith, 1992; Turgeon et Bernatchez, 2001a, b). Cependant, un examen à grande échelle des relations génétiques entre plusieurs taxons de ciscos dans toute l’Amérique du Nord a nettement montré que cinq des populations de ciscos à mâchoires égales (lac White Partridge, lac Supérieur, lac Nipigon, lac George, lac Barrow) sont génétiquement plus proches des populations sympatriques ou avoisinantes de ciscos de lac qu’elles ne le sont entre elles. Dans l’ensemble, les données obtenues par Turgeon semblent confirmer que la diversification du groupement spécifique de ciscos s’est produite au cours de la période postglaciaire, comme cela a été démontré dans le cas de plusieurs autres espèces de poissons des lacs postglaciaires (Schluter, 1999).

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

Le cisco à mâchoires égales constitue un élément important des pêches vivrières dans les Grands Lacs depuis le milieu du XIXe siècle (Milner, 1874; Koelz, 1926). Les débarquements, dans l’ensemble, n’étaient pas enregistrés espèce par espèce, mais plutôt réunis dans une catégorie générale, qui incluait toutes les espèces de ciscos d’eau profonde (chubs), et dont était exclu le cisco de lac qui vit en eaux peu profondes (Baldwin et al., 1979). Le C. zenithicus semble avoir été relativement peu commun dans la baie Georgienne du lac Huron, mais il aurait représenté jusqu’à 17 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde dans le lac Huron proprement dit (Koelz, 1929). Des collectes faites en 1956 dans les eaux américaines du lac Huron ont révélé qu’il y constituait 19 p. 100 (ce qui comprend ici les poissons identifiés comme C. alpenae) des prises totales de ciscos d’eau profonde–dont 66 p. 100 étaient composés de ciscos de fumage (U.S.G.S., Great Lakes Science Center, données inédites). Dans les années 1970, seuls quelques spécimens ont été pêchés, et, en 1982, un individu unique a été pris dans le lac Huron au large d’Ausable Pt. (Michigan) (Todd, 1985). Dans le lac Michigan, la proportion de l’espèce (ce qui comprend ici les poissons identifiés comme C. alpenae) dans les prises de ciscos d’eau profonde, qui était d’environ 21 p. 100 dans les années 1930, a chuté à 6 p. 100 dans les années 1950, à 2 p. 100 au début des années 1960, et ce cisco a fini par disparaître du lac dans les années 1970 (Smith, 1964; Todd, 1985). Sauf les quelques spécimens signalés dans l’article original sur les ciscos à mâchoires égales du lac Érié (décrits en tant que C. alpenae), aucun autre spécimen n’a été capturé; il n’existe donc aucune information sur les tendances des populations dans le lac Érié (Scott et Smith, 1962; Scott et Crossman, 1974). L’espèce persiste dans le lac Supérieur, mais y a décliné en abondance relative : de 90 p. 100 des prises de ciscos d’eau profonde dans les années 1920 (Koelz, 1929), elle est passée à 25 p. 100 à la fin des années 50 (Hoff et Todd, 2004), puis à une proportion variant entre 6 et 11 p. 100 dans les années 1970, dans les eaux du lac situées au Michigan (Peck, 1977). Dans ce même secteur, deux petites collectes faites en 1997 ont révélé des abondances de 5 et de 11 p. 100, chiffres du même ordre de grandeur que ceux des années 1970 (Hoff et Todd, 2004). L’abondance de l’espèce dans le lac Supérieur n’a cependant pas été adéquatement étudiée, et hormis sa présence certaine dans le lac et un déclin massif à partir des années 1920, on en sait peu sur les tendances récentes. Bien que la tendance générale à la disparition dans les Grands Lacs soit suffisamment documentée, les raisons de ce déclin ne sont pas bien comprises. Les premiers pêcheurs commerciaux récoltaient les plus gros individus, toutes espèces de ciscos confondues, et ont pratiquement fait disparaître les plus grandes espèces (C. johannae et C. nigripinnis) vers les années 1920 (Koelz, 1929; Hile et Buettner, 1955). Au fur et à mesure que ces espèces de choix se raréfiaient, les pêcheurs se sont tournés vers les plus petites espèces, qu’ils ont exploitées plus intensivement (Smith, 1964, 1968). La prolifération d’espèces introduites, l’éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) et le gaspareau (Alosa pseudoharengus), entre les années 1930 et 1950, a apporté un stress supplémentaire dû à la compétition et à la prédation. En outre, à partir de la fin des années 1940, les changements écologiques provoqués par la quasi-disparition du touladi (Salvelinus namaycush) attribuable à l’introduction de la grande lamproie marine (Petromyzon marinus), qui préfère les proies de grande taille, ont entraîné l’extinction des grands ciscos (C. johannae et C. nigripinnis) et la prolifération sélective du cisco de fumage (Smith, 1964, 1968). L’hybridation, en tant que conséquence supplémentaire de la déstabilisation des populations, est devenue un facteur de la disparition finale de ces espèces (Smith, 1964; Todd et Stedman, 1989). Le cisco de fumage est aujourd’hui la seule espèce de cisco d’eau profonde présente dans les lacs Michigan et Huron, et l’espèce dominante dans le lac Supérieur (Fleischer, 1992).

Le cisco à mâchoires égales est toujours abondant dans le lac Nipigon, où il coexiste avec le cisco de lac, le cisco de fumage et le cisco à nageoires noires (C. nigripinnis regalis), de même qu’avec le grand corégone (C. clupeaformis) et le ménomini rond (Prosopium cylindraceum), un peu comme dans les autres Grands Lacs (exception faite du cisco à nageoires noires). On ne dispose pas de suffisamment de données exhaustives et couvrant une longue période, bien que des évaluations périodiques des populations aient été effectuées depuis les années 1970. En 1973, un  examen des prises commerciales (filets à grandes mailles) et des captures expérimentales a permis de constater que les ciscos à mâchoires égales constituaient 31 p. 100 des prises totales de ciscos (U.S.G.S., Great Lakes Science Center, données inédites). Des évaluations plus récentes (1997) fournies par des pêches effectuées à l’aide de filets à maillage progressif ont produit des valeurs de 3,4 p. 100, mais il s’agit probablement d’une sous-estimation en raison des incertitudes de l’identification (R. Salmon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Unité d’évaluation du lac Nipigon, communication personnelle).

Les tendances des populations dans les autres lacs habités par l’espèce sont en général inconnues. Steinhilber et Ruhde (2001) ont trouvé que, dans le lac Barrow, en Alberta, l’espèce constituait 4,2 à 5,7 p. 100 des captures de ciscos en 1996-1997 et 11,6 p. 100 en 2000. La présence de nombreux jeunes individus dans les prises de toutes ces années semble indiquer un bon taux de reproduction et de survie des jeunes. En 1966, les prises de ciscos dans le lac Barrow contenaient 21 p. 100 de ciscos à mâchoires égales (Turner, 1967; Paterson, 1969). Steinhilber et Ruhde (2001) ont conclu que les méthodes d’échantillonnage employées dans les années 1960 entraînaient la capture de davantage d’individus de cette espèce, et que la population est demeurée stable au cours des dernières décennies. L’espèce représente sans aucun doute une partie des captures de pêche vivrière dans certains des plus grands lacs comme le Grand lac des Esclaves, qui ont soit des programmes d’évaluation, soit des bureaux des statistiques sur les pêches, mais il ne semble pas que ces prises soient évaluées au niveau de l’espèce. Certains des prélèvements récemment effectués dans le Grand lac des Esclaves n’ont pas rapporté de cisco à mâchoires égales (Murray et Reist, 2003).

Retournez à la table des matières

Habitat

Dans les lacs Supérieur, Michigan et Huron, le cisco à mâchoires égales, qui occupe généralement des profondeurs de 55 à 144 m, a été signalé jusqu’à 183 m et occasionnellement à moins de 55 m (Scott et Crossman, 1974). Des variations saisonnières ont été remarquées dans le lac Supérieur, les poissons se déplaçant vers des eaux moins profondes pendant la fraye. De plus, ils vivent à des profondeurs de 110 à 114 m au printemps, de 55 à 71 m en été et de 73 à 90 m en hiver (Dryer, 1966). Hoff et Todd (2004) ont remarqué que, de 1999 à 2001, les ciscos à mâchoires égales du lac Supérieur étaient le plus abondants aux profondeurs maximales de capture des années 1920, ce qui semble indiquer un mouvement vers des eaux plus profondes entre ces deux périodes. Dans le lac Nipigon, les ciscos à mâchoires égales habitent des profondeurs de 10 à 60 m, exception faite de quelques individus capturés de temps à autre sous les 60 m (Turgeon et al., 1999).

Les préférences en matière d’habitat dans les lacs plus petits sont mal connues. Dans le lac George, au Manitoba, les captures réalisées en août 1996 à l’aide de filets maillants tendus à des profondeurs de 36 à 57 m ont révélé que les ciscos à mâchoires égales habitaient la strate la plus profonde du lac : en effet, les poissons étaient le plus souvent capturés dans les filets posés à une profondeur de 45 à 47 m, et jamais à moins de 42 m (Murray et Reist, 2003). Les ciscos à mâchoires égales du lac Sandybeach, en Ontario, vivent également dans les parties les plus profondes, comprises entre 22 et 38 m, en sympatrie avec des ciscos de lac (Wain, 1993). Évidemment, dès que les lacs se stratifient, les poissons se retrouvent dans les eaux plus profondes de l’hypolimnion. Par contre, les ciscos à mâchoires égales ont été trouvés assez près de la surface, à des profondeurs de 2 à 16 m, dans le lac Barrow, en Alberta (profondeur maximale de 24 m; Steinhilber et al., 2002).

Retournez à la table des matières

Biologie générale

Dans les Grands Lacs, la fraye se déroule à l’automne ou au printemps. Les ciscos à mâchoires égales des lacs Michigan, Huron et Érié ne fraient qu’en automne (Koelz, 1929; Scott et Smith, 1962). Dans le lac Supérieur, des poissons ont été vus en train de frayer au printemps comme à l’automne, un fait noté par Koelz (1929), mais celui-ci a jugé que ce phénomène était inhabituel et a conclu, avec VanOosten (1936), que les ciscos à mâchoires égales frayaient à l’automne. Todd et Smith (1980) ont rapporté que cette espèce fraye plus souvent au printemps. Les œufs sont pondus sur le fond du lac (généralement formé d’argile dans les Grands Lacs), puis se développent sans soin parental pendant trois ou quatre mois, selon la température (Berlin et al., 1977). La fécondité des ciscos à mâchoires égales est vraisemblablement similaire à celle des autres espèces d’eau profonde comme le cisco de fumage, les pontes allant de 3 230 œufs pour un poisson de 241 mm de longueur totale (LT) à 18 768 œufs pour un poisson de 305 mm de LT (Emery et Brown, 1978).

Comme la plupart des poissons, les ciscos à mâchoires égales croissent rapidement au cours de leur première année de vie. Même si, en longueur, les deux sexes grandissent au même rythme, les femelles prennent du poids plus rapidement que les mâles, et ce, à raison de 30 g par année pour un poisson mature, la croissance annuelle étant d’environ 25 mm (VanOosten, 1936). Les ciscos atteignent la maturité sexuelle environ dans leur cinquième année, ce qui entraîne une prise de poids supplémentaire, surtout attribuable au développement gonadique : en effet, près de 60 p. 100 du gain de poids potentiel maximum se produit après l’âge de cinq ans, contrairement à la croissance en longueur (le cisco atteint 80 p. 100 de sa longueur potentielle maximale à cinq ans), qui ralentit après l’âge de cinq ans (VanOosten, 1936). Dans le lac Supérieur, les tailles maximales enregistrées sont de 276 g pour une LT de 368 mm chez les mâles, et de 292 g pour les femelles (VanOosten, 1936). Les ciscos à mâchoires égales du lac Nipigon atteignent une plus grande taille, avec des poids de 500 g à 1 kg et des LT allant jusqu’à 400 mm (R. Salmon, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Unité d’évaluation du lac Nipigon, comm. pers.). Dans certaines populations de ciscos à mâchoires égales, les poissons arrivent à maturité à une taille nettement moindre. Par exemple, les adultes du lac George, au Manitoba, ne mesurent en moyenne que 158 mm (de 127 à 173 mm) de longueur standard (U.S.G.S., Great Lakes Science Center, données inédites).

Les Corégoninés sont des consommateurs sélectifs et opportunistes, qui ingèrent habituellement une proie à la fois. La disponibilité de la nourriture est un facteur important, et des proies saisonnières comme les insectes font partie de l’alimentation des poissons vivant dans les petits lacs. Comme le cisco à mâchoires égales est susceptible d’habiter les parties les plus profondes d’un lac, où les apports terrestres sont limités, les crustacés limnétiques (copépodes et cladocères) et les organismes benthiques (Mysis et Diporeia) dominent donc son alimentation (Koelz, 1929; Bersamin, 1948; Anderson et Smith, 1971; Wain, 1993; Turgeon et al., 1999; Hoff et Todd 2004). On a trouvé que, même en habitat moins profond – par exemple, dans le lac Barrow, en Alberta– ce genre de proie dominait son régime alimentaire (Steinhilber et al., 2002).

Outre son importance dans les pêches vivrières en général, le cisco à mâchoires égales est un élément important de la base alimentaire de prédateurs comme le touladi et la lotte (Lota lota). Dans les Grands Lacs, il joue ce rôle avec plusieurs autres espèces, mais dans les lacs canadiens plus petits, il constitue souvent la seule source d’alimentation des prédateurs. Il est également probable que dans les Grands Lacs, l’espèce soit devenue vulnérable à la prédation par les lamproies, étant donné que les espèces de grande taille préférées par ce prédateur ont été décimées.

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs

Aucun facteur unique ne semble à lui seul être responsable du déclin du cisco à mâchoires égales dans les Grands Lacs. Dans le lac Érié, par exemple, de profonds changements écologiques ont créé des conditions mésotrophes dans le lac (en fait, l’eutrophie dans le lac a diminué grâce au contrôle du phosphore et aux effets des moules zébrées), au détriment de la communauté oligotrophe présente dans le passé en eaux profondes (Hartman, 1972). Bien que les conditions physiques des lacs Michigan et Huron n’aient pas vraiment changé, à l’exception notable de la baie de Saginaw, la communauté vivante y a été modifiée considérablement (Smith, 1972). Il ne fait pas de doute que la pêche intensive a eu des répercussions négatives au cours du XXe siècle, surtout au départ sur les gros individus, puis sur les individus plus petits à mesure que le maillage des filets était réduit pour maintenir le volume des prises. Par contre, la compétition et la prédation par l’éperlan arc-en-ciel et le gaspareau ont certainement eu davantage d’influence au cours des 30 dernières années, période pendant laquelle la pêche vivrière des ciscos d’eau profonde était bien en deçà des niveaux historiques (Crowder, 1980; Rice et al., 1987; Fleischer, 1992). La lamproie continue à faire des victimes dans les Grands Lacs; en effet, elle s’attaque maintenant à de petites espèces comme les ciscos d’eau profonde, en plus de s’en prendre aux grandes espèces comme le touladi, la lotte et le grand corégone (U.S.G.S., Great Lakes Science Center, données inédites). Des facteurs abiotiques comme les changements climatiques et thermiques sont également soupçonnés de jouer un rôle dans la déstabilisation des populations (Brown et al., 1987; Eck et Wells, 1987; Taylor et al., 1987). Ce genre de déstabilisation peut favoriser une espèce par rapport à une autre et entraîner des remplacements par compétition ou de l’hybridation (Smith, 1964; Todd and Stedman 1989; Davis and Todd 1998). Une très forte majorité des travaux de recherche sur les ciscos d’eau profonde des Grands Lacs ont été réalisés sur des adultes ou des jeunes de l’année de bonne taille, surtout à cause de leur vulnérabilité aux engins de capture utilisés par les pêcheurs commerciaux et les chercheurs. Toutefois, l’accumulation des données relatives à l’influence des changements biotiques et non biotiques sur les populations a révélé que les stades larvaires et juvéniles étaient les plus vulnérables, et qu’il fallait mieux comprendre les facteurs limitant la survie à ces stades.

Les facteurs limitant les populations dans les lacs plus petits sont très mal connus. L’éperlan arc-en-ciel, qui a été introduit dans un grand nombre de lacs à ciscos, dont le lac Nipigon en Ontario, a produit un effet non négligeable sur l’écologie de ces systèmes (Wain, 1993; Franzin et al., 1994). Il semble que la réduction et l’altération des populations de zooplancton n’aient pas provoqué la disparition des populations de ciscos à mâchoires égales, mais il faut s’inquiéter des situations où l’éperlan et le cisco à mâchoires égales vivent en sympatrie dans les systèmes lacustres à cause du risque de déstabilisation écologique.

Retournez à la table des matières

Importance particulière de l'espèce

Le cisco à mâchoires égales, avec le cisco de lac, serait l’espèce colonisatrice ancestrale dans la plus grande partie de la région de distribution post-glaciaire du refuge du Mississippi (Todd et Smith, 1992). À l’intérieur des Grands Lacs, le cisco à mâchoires égales représente une des lignées du plus spectaculaire rayonnement de formes sympatriques jamais survenu dans les lacs septentrionaux (Smith et Todd, 1984). C’est une forme unique dont la répartition est intimement liée à l’hydrologie post-glaciaire, ce qui explique son grand intérêt scientifique. Du fait de sa persistance au cours des derniers millénaires, on peut présumer que ses différences morphologiques par rapport au groupe des ciscos de lac l’« adaptent » d’une façon unique, mais non encore connue, aux écosystèmes aquatiques septentrionaux. Les pêcheurs commerciaux, particulièrement dans les Grands Lacs, capturaient cette espèce parmi d’autres pour alimenter le marché du corégone fumé, un produit très prisé, mais le cisco à mâchoires égales n’était pas plus recherché que les autres espèces de ciscos de taille et de condition analogues.

Retournez à la table des matières

Évaluation

L’absence du Coregonus zenithicus des lacs Michigan (depuis 1975), Huron (depuis 1982) et Érié (depuis 1957) vient confirmer que l’espèce a été éliminée de ces lacs (Todd, 1985). Le déclin massif et graduel de l’espèce dans le lac Supérieur au cours du siècle écoulé, auquel s’ajoute sa disparition des Grands Lacs inférieurs, devrait être matière à inquiétude. En outre, l’introduction de l’éperlan arc-en-ciel dans une partie au moins de l’habitat restant du cisco à mâchoires égales pourrait, à terme, être préjudiciable à l’espèce au Canada. Dans l’ensemble de son aire, l’espèce est vulnérable à la surpêche, à la dégradation des habitats et à l’introduction d’espèces exotiques. Des évaluations de l’abondance des populations s’imposent dans la plupart des lacs du Canada habités par l’espèce, en plus du lac Supérieur. Auparavant considérée par le U.S. Fish and Wildlife Service comme une espèce de catégorie 2 à inscrire éventuellement sur une liste d’espèces dressée en vertu de la Endangered Species Act des États-Unis, l’espèce est aujourd’hui sans statut particulier à la suite de son exclusion de cette catégorie (Department of the Interior, 1996). Actuellement, le U.S. Fish and Wildlife Service envisage de soumettre la candidature du cisco à mâchoires égales à la désignation comme espèce menacée ou en voie de disparition, et c’est à l’appui de cette candidature qu’il est considéré comme « espèce en péril » par le U.S. Geological Survey, qui lui accorde une priorité de recherche. Le cisco à mâchoires égales a été désigné « espèce menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Houston, 1988), « espèce pouvant être en péril » par l’Alberta (Steinhilber et Ruhde, 2001), « espèce menacée » par le Michigan Department of Natural Resources (MIDNR, 1974; Latta, 1998) et « espèce en voie de disparition » par le Wisconsin Department of Natural Resources (WDNR, 1975). Le statut d’« espèce menacée » est recommandé pour cette espèce dans la totalité de son aire.

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Coregonus zenithicus

Cisco à mâchoires égales – Shortjaw Cisco

Aire d’occurrence au Canada : Territoires du Nord-Ouest, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario

Information sur la répartition et l’occupation

Zone d’occurrence : >1 x 106 km²
Zone d’occupation : >175 000 km²
Tendance :en déclin
Nombre d’emplacements existants : 20-21
Nombre d’emplacements historiques d’où la population a disparu :  2, peut-être 3
Tendance de l’habitat :  déclin de l’étendue et de la qualité de l’habitat dans certaines zones

Information sur les populations

Nombre d’individus matures (reproducteurs)
au Canada :
inconnu
Durée d’une génération : 5 ans
Tendance : en déclin
Taux de déclin :taux actuel inconnu, taux historique de 30 p. 100
La population est-elle fragmentée? oui
Nombre d’individus dans chaque sous-population :  inconnu
L’espèce connaît-elle des fluctuations? aucune fluctuation constatée

Menaces

Pêche vivrière; perte et dégradation d’habitats par l’effet d’activités urbaines, agricoles et industrielles; introductions d’espèces exotiques; prédation par la lamproie marine; déstabilisation des populations due aux changements climatiques; hybridation introgressive. Les populations sont fragmentées et les populations périphériques sont en déclin, donc il ne peut y avoir d’effet de sauvetage, surtout lorsque les seules populations des États-Unis sont celles du lac Supérieur, qui elles-mêmes sont probablement menacées (A4a-e).

Potentiel de sauvetage négligeable
L’espèce existe-t-elle ailleurs? non
Une immigration a-t-elle été constatée
ou est-elle possible?
non

Retournez à la table des matières

Ouvrages cités

Anderson, E. D., et L. L. Smith, Jr. 1971. A synoptic study of food habits of 30 fish species from western Lake Superior. Minnesota Agricultural Experimental Station Technical Bulletin 279.

Aoki, K.A.A., et R.A. Bodaly. 2003. Sympatric presence of low and high gillraker forms of cisco, Coregonus artedi, in Lake Athapapushkow, Manitoba. Can. Field-Naturalist 117 (1) : 49-57.

Bajkov, A. 1930. Fishing industry and fisheries investigations in the prairie province. Trans. Am. Fish. Soc. 60: 215-237.

Baldwin, N. S., R. W. Saalfeld, M. A. Ross et H. J. Buettner. 1979. Commercial fish production in the Great Lakes 1867-1977. Commission des pêches des Grands Lacs, Rapport technique : 1-187.

Becker, G. C. 1983. Fishes of Wisconsin. The University of Wisconsin Press, Madison, Wisconsin. 1052 p.

Berlin , W. H., L. T. Brooke et L. J. Stone. 1977. Verification of a model for predicting the effect of inconstant temperature on embryonic development of lake whitefish (Coregonus clupeaformis). U.S. Fish and Wildlife Service Technical Report 92: 1-6.

Bersamin, S. V. 1958. A preliminary study of the nutritional ecology and food habits of the chub (Leucichthys spp.) and their relation to the ecology of Lake Michigan. Papers of the Michigan Academy of Sciences 43: 107-118.

Brown, E. H., Jr., R. L. Argyle, N. R. Payne et M. E. Holey.1987. Yield and dynamics of destabilized chub (Coregonus spp.) populations in Lakes Michigan and Huron. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 44: 371-383.

Clarke, R. M. 1973. Systematics of ciscoes (Coregonidae) in central Canada. Thèse de doctorat, Université du Manitoba, Winnipeg, Manitoba. 219 p.

Clarke, R. M., et T. N. Todd. 1980. Coregonus zenithicus. p. 91. In D.H. Lee et al. (dir. de publ.) Atlas of North American Freshwater Fishes. North Carolina State Museum of Natural History, Raleigh, North Carolina.

Crowder, L. B. 1980. Alewife, rainbow smelt and native fishes in Lake Michigan: competition or predation? Environmental Biology of Fishes 5: 225-233.

Davis, B. M., et T. N. Todd. 1998. Competition between larval lake herring (Coregonus artedi) and lake whitefish (Coregonus clupeaformis) for zooplankton. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 55: 1140-1148.

Department of the Interior, Fish and Wildlife Service.1996. Notice of Review, Endangered and Threatened Wildlife and Plants : Review of Plant and Animal Taxa That are Candidates for Listing as Endangered or Threatened Species. 61 Federal Register 40: 7596-7613.

Dryer, W. R. 1966. Bathymetric distribution of fish in the Apostle Islands region, Lake Superior. Transactions of the American Fisheries Society 95(3): 248-259.

Dymond, J. R., et A. L. Pritchard. 1930. Some ciscoes or lake herrings of western Canada. Contrib. Can. Biol. Fish. 5: 469-474.

Eck, G. W., et L. Wells. 1987. Recent changes in Lake Michigan’s fish community and their probable causes, with emphasis on the role of the alewife. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 44: 53-60.

Eddy, S., et J. C. Underhill. 1978. How to Know the Northern Fishes. Wm. C. Brown Co. Publishers, Dubuque, Iowa. 215 p.

Emery, L., et E. H. Brown, Jr. 1978. Fecundity of the bloater (Coregonus hoyi) in Lake Michigan. Transactions of the American Fisheries Society 107(6): 785-789.

Etnier, D.A., et C.E. Skelton. 2003. Analysis of three cisco forms (Coregonus, Salmonidae) from Lake Saganaga and adjacent lakes near the Minnesota/Ontario border.Copeia 2003 (4) : 739-749.

Fleischer, G. W. 1992. Status of coregonine fishes in the Laurentian Great Lakes. InT. N. Todd et M. Luczynski (dir. de publ.) Biology and Management of Coregonid Fishes. Polskie Archiwum Hydrobiologii 39(3,4): 247-259.

Franzin, W. G., B. A. Barton, R. A. Remnant, D. B. Wain et S. J. Pagel. 1994. Range extension, present and potential distribution, and possible effects of rainbow smelt in Hudson Bay drainage waters of northwestern Ontario, Manitoba, and Minnesota. North American Journal of Fisheries Management 14: 65-76.

Gibson, R. J., et L. J. Johnson. 1969. A limnological investigation of George Lake (Whiteshell Provincial Park) in 1967. Manitoba Dept. Mines Natur. Res. Fish. Br. MS rep. 69-3. 48 p.

Harper, G., et J. T. Nichols. 1919. Six new fishes from northwestern Canada. Bull. Am. Mus. Nat. Hist. His. Vol. XLI: 263-271.

Hartman, W. L. 1972. Lake Erie: Effects of exploitation, environmental changes and new species on the fishery resources. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 29: 899-912.

Hile, R., et H. J. Buettner. 1955. Commercial fishery for chubs (ciscos) in Lake Michigan through 1953. U.S. Fish and Wildlife Service Special Science Reports on Fisheries 163.

Hinks, D. 1943. The fishes of Manitoba. Manitoba Dept. Mines and Natur. Res., Winnipeg. 102 p.

Hoff, M. H., et T. N. Todd. 2004. Status of the shortjaw cisco (Coregonus zenithicus) in Lake Superior. Annales Zoologici Fennici 41 : 8 p. Sous presse.

Houston, J. J. 1988. Status of the shortjaw cisco, Coregonus zenithicus, in Canada. Canadian Field-Naturalist 102(1): 97-102.

Jordan , D.S., et B. W. Evermann. 1909. Descriptions of three new species of cisco, or lake herring (Argyrosomus), from the Great Lakes of America : with a note on the species of whitefish. Proceedings, United States National Museum 36: 165-172.

Koelz, W. N. 1926. Fishing industry of the Great Lakes. Appendix XI, Report of the U.S. Commissioner of Fisheries for 1925. Bureau of Fisheries Document 1001: 553-617.

Koelz, W. N. 1929. Coregonid fishes of the Great Lakes. Bulletin U.S. Bureau of Fisheries: 43: 279-643.

Latta, W. C. 1998. Status of the endangered and threatened fishes of Michigan. Michigan  Academician, Papers of the Michigan Academy of Sciences, Arts & Letters 30: 1-16.

MIDNR. 1974. Michigan program for endangered  and threatened species. Michigan Department of Natural Resources, Lansing, MI.

Murray, L., et J. D. Reist. 2003. Status Report on the Shortjaw Cisco (Coregonus zenithicus) in Central and Western Canada. Can. MS. Rep. Fish. Aquat. Sci. 2638: 56 p.

Milner, J. W. 1874. Report on the fisheries of the Great Lakes : the results of inquiries prosecuted in 1871 and 1872. Report U.S. Commissioner of Fish and Fisheries, 1872 et 1873. 78 p.

Ono, R. D., J. D. Williams et A. Wagner. 1983. Vanishing fishes of North America. Stone Wall Press, Washington, D.C.

Paterson, C. G. 1969. Occurrence of Coregonus artedii and C. zenithicus in Barrow Lake, Alberta. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 26(7): 1934-1938.

Peck, J. W. 1977. Species composition of deep-water ciscoes (chubs) in commercial catches from Michigan waters of Lake Superior. Michigan Department of Natural Resources, Fisheries Research Report 1849: 1-10.

Rawson, D. S. 1947. Great Slave Lake and Lake Athabasca.In Northwest Canadian fish surveys in 1944-45. Fish. Res. Bd. Canada 72: 45-94.

Rawson, D. S., et F. M. Atton. 1953. Biological investigation and fisheries management at Lac la Ronge, Saskatchewan. Fish. Branch Dept. Nat. Res., Saskatchewan Rep. 1: 1-39.

Reed, K. M., M. O. Dorschner, T. N. Todd et R. M. Phillips.1998. Sequence analysis of the mitochondrial DNA control region of ciscoes (genus Coregonus): taxonomic implications for the Great Lakes species flock. Molecular Ecology 7: 1091-1096.

Rice, J. A., L. B. Crowder et F. B. Binkowski. 1987. Evaluating potential sources of mortality for larval bloater (Coregonus hoyi): starvation and vulnerability to predation. Canadian Journal of the Fisheries and Aquatic Sciences 44: 467-472.

Ryder, R. A., W. B. Scott et E. J. Crossman. 1964. Fishes of northern Ontario, north of the Albany River. Roy . Ontario. Mus. Life Sci. Contrib. 60: 1-30.

Schluter, D. 1996. Ecological speciation in postglacial fishes. Philosophical Transactions of the Royal Society of London B 351: 807-814.

Scott, W. B., et E. J. Crossman. 1974. Poissons d’eau douce du Canada. Fisheries Research Board of Canada Bulletin 184: 1026 p.

Scott, W. B., et S. H. Smith. 1962. The occurrence of the longjaw cisco, Leucichthys alpenae, in Lake Erie. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 19: 1013-1023.

Smith, G. R., et T. N. Todd. 1984. Evolution of species flocks of fishes in north temperate lakes. p. 45-68. in A. A. Echelle et I. Kornfield (dir. de publ.) Evolution of Fish Species Flocks. University of Maine Press, Orono, Maine.

Smith, S. H. 1964. Status of the deepwater cisco population of Lake Michigan. Transactions of the American Fisheries Society 93 (2): 155-163.

Smith, S. H. 1968. Species succession and fishery exploitation in the Great Lakes. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 25(4): 667-693.

Smith, S. H. 1972. Factors of ecologic succession in oligotrophic fish communities of the Laurentian Great Lakes. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 29(6): 717-730.

Steinhilber, M. 2000. A re-examination of the putative shortjaw cisco (Coregonus zenithicus) in Barrow Lake, Alberta and taxonomic evaluation of neighboring cisco populations. Mémoire de maîtrise, Université de l’Alberta, Edmonton. 174 p.

Steinhilber, M., J. S. Nelson et J. D. Reist. 2002. A morphological and genetic re-examination of sympatric shortjaw cisco (Coregonus zenithicus) and lake cisco (C. artedi) in Barrow Lake, Alberta, Canada. In T.N. Todd et G. Fleischer (dir. de publ.) Biology and Management of Coregonid Fishes - 1999. Spec. Issues Advanc. Limnol. Archiv für Hydrobiologie 57: 463-478.

Steinhilber, M., et L. Ruhde. 2001. Distribution and relative abundance of the shortjaw cisco (Coregonus zenithicus) in Alberta. Albert Fisheries & Wildlife Management Division, Resource Status and Assessment Branch, Alberta Species at Risk Report No. 3, 20 p.

Taylor, W. W., M. Smale et M. Freeberg. 1987. Biotic and abiotic factors as determinants of recruitment to stocks of lake whitefish (Coregonus clupeaformis Mitchill) in northeastern Lake Michigan. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 44: 313-323.

Todd, T. N. 1981a. Coregonus prognathus Smith: a nomen dubium. Copeia 1981(2): 489-490.

Todd, T. N. 1981b. Allelic variability in species and stocks of Lake Superior ciscoes (Coregoninae). Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 38: 1808-1813.

Todd, T. N. 1985. Status of Great Lakes coregonines. Manuscrit, Great Lakes Fishery Laboratory, Ann Arbor, Michigan.

Todd, T. N., et G. R. Smith. 1980. Differentiation in Coregonus zenithicus in Lake Superior. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 37: 2228-2235.

Todd, T. N., et G. R. Smith. 1992. A review of differentiation in Great Lakes ciscoes. In, T. N. Todd and M. Luczynski (eds.) Biology and Management of Coregonid Fishes. Polskie Archiwum Hydrobiologii 39(3,4): 261-267.

Todd, T. N., G. R. Smith et L. E. Cable. 1981. Environmental and genetic contributions to morphological differentiation in ciscoes (Coregoninae) of the Great Lakes.Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 38(1): 59-67.

Todd, T. N., et R. M. Stedman. 1989. Hybridization of ciscoes (Coregonus spp.) in Lake Huron. Canadian Journal of Zoology 67: 1679-1685.

Todd, T. N., et M. A. Steinhilber. 2002. Diversity in shortjaw cisco (Coregonus zenithicus) in North America. In T.N. Todd et G. Fleischer (dir. de publ.) Biology and Management of Coregonid Fishes - 1999. Spec. Issues Advanc. Limnol. Archiv für Hydrobiologie 57: 517-525.

Turgeon, J., A. Estoup et L. Bernatchez. 1999. Species flock in the North American Great Lakes: molecular ecology of Lake Nipigon ciscoes (Teleostei: Coregonidae: Coregonus). Evolution: 53(6): 1857-1871.

Turgeon, J., et L. Bernatchez. 2001a. MtDNA phylogeography of lake cisco (Coregonus artedi): evidence supporting extensive secondary contacts between two glacial races. Molecular Ecology 10: 987-1001.

Turgeon, J., et L. Bernatchez. 2001b. Clinal variation at microsatellite markers reveals extensive historical secondary contacts between refugial races of Coregonus artedi (Teleostei: Coregoninae). Evolution 55(11): 2274-2286.

Turgeon, J., et L. Bernatchez. 2003. Reticulate evolution and phenotypic diversity in North American ciscoes, Coregonus ssp. (Teleostei: Salmonidae): implications for the conservation of an evolutionary legacy. Conservation Genetics 4 : 67-81.

Turner, W. R. 1967. Barrow Lake report. Rapport inédit. Fish and Wildlife Division, Alberta Department of Lands and Forests, Edmonton. 8 p.

VanOosten, J. 1936. The age, growth, and sex ratio of the Lake Superior longjaw, Leuchicthys zenithicus (Jordan and Evermann). Papers of the Michigan Academy of Science, Arts and Letters 22: 691-711.

Wain, D. B. 1993. The effects of introduced smelt (Osmerus mordax) on the indigenous pelagic fish community of an oligotrophic lake. Mémoire de maîtrise, Université du Manitoba, Winnipeg, Manitoba. 131 p.

WDNR. 1975. Endangered animals in Wisconsin. Wisconsin Department of Natural Resources, Madison, WI.

Retournez à la table des matières

L'auteur

Thomas Todd est détenteur d’un baccalauréat en biologie de la University of Californie à Fullerton (1970) et d’une maîtrise en zoologie de la University of Michigan (1972). Il a commencé par s’intéresser aux poissons fossiles (trois publications), puis s’est concentré sur les Grands Lacs à la suite de son embauche, en 1972, au Great Lakes Fishery Laboratory d’Ann Arbor (Michigan), organisme qui dépend du U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS). En particulier, ses travaux sur les diverses espèces de ciscos (genre Coregonus) dans les Grands Lacs lui ont valu d’être reconnu internationalement et de représenter ces domaines de recherche auprès des comités directeurs internationaux de plusieurs symposiums portant sur la biologie et la gestion de ces poissons. Ancien président de la branche du Michigan de la American Fisheries Society, il est membre du comité consultatif de rédaction des Archives polonaises d’hydrobiologie. Il a aussi fait partie des comités de rédaction des actes de trois symposiums internationaux sur les ciscos, et il a été rédacteur en chef de deux autres ouvrages de ce genre. Ses autres intérêts de recherche sont notamment la génétique des populations et l’écologie de la perchaude, du doré jaune et des salmonidés des Grands Lacs. M. Todd a été directeur de la Branch of Ecosystem Dynamics au Great Lakes Science Center (qui dépend du U.S. Geological Survey et a succédé au USFWS Great Lakes Fishery Laboratory), dirigeant une équipe  diversifiée de chercheurs qui se penchent sur la biodiversité, la génétique, la santé, l’alimentation, le comportement et la taxinomie des poissons et des invertébrés des Grands Lacs. Actuellement, il est directeur adjoint du Great Lakes Science Center.

Retournez à la table des matières