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Programme de rétablissement : Loup à tête large, loup tacheté, loup atlantique

Rétablissement

1. Vue d'ensemble

Le présent document représente le premier volet d’un cadre destiné à favoriser la conservation et le rétablissement de trois espèces de loup de mer dans les eaux de l’est du Canada. Le plan d’action (voir la section 7 de la présente partie), qui constitue le second volet, sera complété ultérieurement. Les activités qui ont déjà été entreprises en vue de l’atteinte des objectifs exposés dans le présent document sont dûment décrites à la section 5 (Mesures complétées ou en cours de mise en œuvre) de la présente partie.

L’équipe de rétablissement a décidé de regrouper, dans un document unique « multi‑espèces », les deux espèces menacées de loup de mer ainsi qu’A. lupus, une espèce préoccupante, en raison de leurs cycles biologiques similaires, de leur écologie et de leurs rapports étroits sur le plan taxonomique. Ainsi, le présent document représente tant un programme de rétablissement pour A. denticulatus et A. minor qu’un plan de gestion pour A. lupus. Étant donné que les interdictions de pêche imposées par la LEP ne s’appliquent pas aux espèces préoccupantes, les activités de conservation et de rétablissement décrites dans le présent document doivent être considérées comme des recommandations dans le cas d’A. lupus.

2.  But, objectifs et stratégies

2.1 But du rétablissement et de la gestion

Les présents programme de rétablissement et plan de gestion ont pour but d’augmenter les effectifs et d’élargir l’aire de répartition d’A. denticulatus, d’A. minor et d’A. lupus dans les eaux de l’est du Canada afin d’assurer la viabilité à long terme de ces espèces. Ce but sera atteint par la communication des stratégies et des objectifs énumérés aux paragraphes ci-après.

2.2 Objectifs du rétablissement et de la gestion

Les présents programme de rétablissement et plan de gestion pour les espèces de loup de mer dans les eaux de l’est du Canada comportent cinq vastes objectifs étroitement liés, qui concernent tous des activités pouvant être atténuées par une intervention humaine.

Objectif 1 –     Mieux connaître la biologie et le cycle biologique des espèces de loup de mer.

Objectif 2 –     Désigner, conserver ou protéger l’habitat du loup de mer nécessaire à des tailles et à des densités de population viables.

Objectif 3 –     Réduire le potentiel de déclin des populations de loup de mer en atténuant les effets humains.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

Objectif 5 –     Élaborer des programmes de communication et de formation pour favoriser la conservation et le rétablissement des populations de loup de mer.

Chacun de ces vastes objectifs vise l’atteinte du but énoncé dans le présent document. Comme le présent document n’est pas définitif (c.‑à‑d. qu’il évoluera avec le temps), on pourra modifier les stratégies et objectifs qu’il comporte ou lui en ajouter des nouveaux au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles connaissances.

Les sections suivantes approfondissent les objectifs susmentionnés et les lient avec des stratégies de rétablissement couplées à des mesures particulières pour la mise en œuvre du présent programme. L’ordre d’apparition des stratégies ne reflète pas leur importance. Au contraire, toutes les stratégies sont considérées comme essentielles au processus de rétablissement, et leur mise en œuvre intégrée est recommandée. L’exécution des activités (mesures) énoncées dans le plan d’action pour le rétablissement équivaudra à la mise en œuvre des stratégies et des objectifs de rétablissement.

En général, le rétablissement des espèces en péril suppose une approche polyvalente qui tient compte des différentes populations, de leur nombre et de leurs interrelations, de même que la création d’effectifs suffisants pour faire face à des événements comme des changements environnementaux et climatiques. Selon le Groupe de travail national sur le rétablissement, l’établissement d’une population durable exige ce qui suit :

  • nombre suffisant d’adultes reproducteurs pour assurer la viabilité à long terme de l’espèce;
  • nombre suffisant d’habitats de qualité disponibles ou potentiellement disponibles pour assurer le maintien d’une population durable;
  • paramètres démographiques adéquats ou croissants (proportion relative des sexes, taux de natalité et de mortalité, etc.);
  • atténuation/contrôle des menaces d’origine humaine qui pèsent sur la population, en particulier celles à l’origine du déclin initial de l’espèce.

2.3    Stratégies de rétablissement et mesures particulières pour l’atteinte des objectifs de rétablissement pour les espèces de loup de mer

Cinq stratégies constituent le fondement d’un cadre pour le rétablissement : recherches, conservation et protection de l’habitat, atténuation des activités humaines, sensibilisation du public et promotion de la participation des intervenants au rétablissement des populations de loup de mer, à la conservation et à la protection de leur habitat et à la surveillance des activités humaines. Des mesures particulières connexes nécessaires au rétablissement des espèces et les effets prévus de ces mesures figurent au tableau 21.

Tableau 21. Liens entre les objectifs de rétablissement et les stratégies et mesures particulières nécessaires pour favoriser le rétablissement des espèces de loup de mer.

 

Priorité

Objectif de rétablis-sement Stratégie de rétablissementMesures de rétablissementEffet prévu
Nécessaire, en cours1, 2, 4A. Recherches.

Effectuer des recherches dirigées portant sur :

1.       le cycle biologique;

2.       la structure de la population;

3.       les points de référence limites;

4.       les interactions écosystémiques.

Meilleures décisions de gestion adaptée.
Nécessaire, en cours2, 4, 5B. Conservation et protection de l’habitat.

1.      Désigner l’habitat.

2.      Définir des mesures pour la conservation ou la protection de l’habitat du loup de mer.

Augmenter le potentiel du frai, de la croissance, de l’alimentation et d’autres processus vitaux.
Urgent3, 4, 5C. Atténuation des activités humaines.1.       Relever et atténuer les conséquences négatives.Avantage direct pour les effectifs en raison d’une réduction de la mortalité à tous les stades de développement.
Nécessaire, en cours3, 4, 5D. Sensibilisation du public et promotion de la participation des intervenants au rétablissement des populations de loup de mer de même qu’à la conservation et à la protection de leur habitat.

Par :

1.      l’information;

2.      l’intendance;

3.      la consultation;

4.      la collaboration.

Soutien à des mesures de gestion et à d’autres stratégies de rétablissement.
En cours3, 4E. Surveillance des activités humaines.

1.      Surveiller les profils spatiotemporels de l’abondance du loup de mer.

2.      Surveiller les profils spatiotemporels de la mortalité naturelle et induite par l’homme.

Meilleures décisions de gestion adaptée.

2.4    Stratégie de rétablissement A – Recherches (objectifs 1, 2 et 4)

Objectif 1 –     Mieux connaître la biologie et le cycle biologique des espèces de loup de mer.

Objectif 2 –     Désigner, conserver ou protéger l’habitat du loup de mer nécessaire à des tailles et à des densités de population viables.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

2.4.1   Mesure de rétablissement A1 – Étudier le cycle biologique

Malgré les nombreuses recherches effectuées dans le nord‑est de l’océan Atlantique, le cycle biologique des espèces de loups de mer des eaux atlantiques canadiennes a été peu étudié, peut-être parce que ces espèces ne présentent pas d’intérêt commercial. Il reste beaucoup à apprendre au sujet de la reproduction, de la vie, du développement et de la mortalité du loup de mer dans l’écosystème marin de l’est du Canada.

Ces connaissances de base permettent de comprendre la situation des populations des espèces de loup de mer puis à formuler les mesures nécessaires à la conservation des espèces et de leur habitat, afin qu’elles ne figurent plus parmi les espèces en péril. Les objectifs de rétablissement choisis par l’équipe de rétablissement sont de nature générale; nous reconnaissons que nous aurions actuellement du mal à établir des objectifs précis mesurables, compte tenu de l’absence d’une information plus complète concernant les espèces. Les recherches visent à combler cette lacune.

La réalisation de recherches dirigées permettra d’étudier le cycle biologique du loup de mer en s’inspirant des recherches canadiennes et internationales disponibles dans les secteurs suivants :

  • biologie de la reproduction;
  • âge, croissance et longévité;
  • régime alimentaire et niche;
  • mortalité naturelle (état de santé, c.‑à‑d. maladies, parasites, effets environnementaux et interactions anthropiques);
  • connaissances des utilisateurs traditionnels.

2.4.2   Mesure de rétablissement A2 – Étudier la structure de la population dans les eaux de l’est du Canada

L’établissement de la structure de la population du loup de mer, y compris des unités désignables (UD), est fondamental pour la gestion du loup de mer. Les tendances démographiques observées montrent des profils sectoriels très différents, le plateau continental du Labrador affichant le déclin le plus important. En revanche, l’indice, pour le Plateau néo-écossais, a atteint ses valeurs les plus élevées dans la série chronologique du début des années 1990 et est, depuis, demeuré supérieur à la moyenne. Il est essentiel de comprendre les causes de ces différences spatiales et de définir l’unité ou les unités de population pour formuler des mesures et des stratégies de rétablissement et de gestion appropriées. Afin de déterminer la variation spatiale dans la structure de la population des espèces de loup de mer dans les eaux de l’est du Canada, les recherches doivent porter sur :

  • la structure de la population par classe d’âge et par sexe;
  • les déplacements migratoires/saisonniers et la répartition;
  • l’utilisation de l’habitat par le loup de mer pendant les diverses étapes de son cycle biologique, incluant le frai, la croissance et l’alimentation de l’adulte;
  • la modélisation et les projections de l’abondance du loup de mer;
  • les caractéristiques génétiques, morphométriques et méristiques pour déterminer si les espèces de loup de mer doivent être considérées comme une UD unique ou si elles forment des unités multiples aux fins de la gestion.

2.4.3      Mesure de rétablissement A3 –Établir des points de référence biologiques

Les régimes de gestion des pêches nécessitent l’utilisation d’une combinaison de points de référence biologiques (PRB) quantitatifs et qualitatifs, comme des estimations de la biomasse ou des indices qui peuvent être considérés comme des indicateurs d’une population rétablie.

Comme on manque de données pour la détermination des PRB du loup de mer, il faudra mener des recherches sur cet aspect et en regard des pêches dans lesquelles le loup de mer est capturé de façon fortuite.

Dans le cas du loup de mer et d’autres espèces peu connues, il est difficile, voire impossible, d’estimer la croissance et la viabilité des populations en fonction de différentes quantités de prises accessoires. Il est tout particulièrement ardu d’obtenir une mesure de la mortalité naturelle (M) et de la longévité pour la plupart des espèces de poissons marins, dont le loup de mer. En outre, dans le cas du loup de mer, l’obtention d’une estimation précise de la mortalité due à la pêche (F) qui permet d’assurer la viabilité de la population est difficile en raison de la grande diversité des pêches dans lesquelles le loup de mer est capturé. Le nombre absolu de prises n’est pas connu, bien qu’il soit possible d’estimer les prélèvements totaux, puis d’utiliser ceux-ci dans l’élaboration de stratégies pour la gestion des dommages admissibles.

Actuellement, la meilleure information disponible pour l’établissement de PRB provient des relevés scientifiques annuels du printemps et de l’automne qui permettent d’établir des indices de la biomasse. Malgré les difficultés dues à la méconnaissance de la dynamique des populations de loup de mer, on devrait procéder à la modélisation de PRB possibles en fonction des profils historiques de l’abondance et de la répartition de ces espèces. Il faut tenter d’intégrer la variabilité des fluctuations des populations de loup de mer, dont font état les relevés scientifiques, dans toute nouvelle cible relative à l’abondance et à la répartition. Par exemple, pour établir des niveaux de référence initiaux bruts, le calcul de la biomasse moyenne – corrigée pour tenir compte des modifications d’engins – pour les années où la population a culminé peut fournir un indice cible pour la biomasse. Des approches semblables pour la modélisation de la répartition spatiale du loup de mer doivent également être adoptées. Sur le plan spatial, l’étendue/aire de répartition des populations peut être utilisée dans une estimation des zones de présence/d’absence, une analyse spatiale du Système d’information géographique (SIG) ou d’autres méthodes. Il convient encore de noter qu’il est ardu d’établir des valeurs de référence, et on doit tenir compte de la variation temporelle dans ces paramètres. Comme il est impossible de définir une population vierge à partir des données disponibles, une règle de 50 % (ou son équivalent) peut être utilisée jusqu’à ce que des méthodes plus explicites soient proposées. À l’avenir, des modèles plus au point devront tenir compte de la dynamique des populations selon l ‘âge, lorsque l’on connaîtra mieux la structure par âges et la maturité de la population. Outre les données supplémentaires et la modélisation, les indices relatifs à la biomasse du stock reproducteur et au recrutement peuvent être utilisés dans l’établissement des PRB.

Par ailleurs, il serait possible d’étudier la possibilité d’imposer une limite de prises pour chacune des espèces. Cette limite serait établie d’après un indice d’exploitation déterminé à partir des indices du nombre de prises par rapport à la biomasse. Il faut effectuer de nouvelles recherches pour déterminer le niveau d’exploitation qui ne compromettra pas le rétablissement.

2.4.4      Mesure de rétablissement A4 –Étudier les interactions écosystémiques

En modifiant la composition d’une espèce de loup de mer, que ce soit par son extinction ou par une diminution de sa biomasse ou de sa répartition, on expose l’ensemble de l’écosystème marin de l’est du Canada à des effets inconnus. Par exemple, le loup de mer peut être la proie ou le prédateur direct d’espèces d’intérêt commercial élevé ou, encore, le prédateur d’espèces prédatrices d’espèces commerciales. On connaît mal ces relations pour le loup de mer (comme pour la plupart des autres espèces marines). Indépendamment de ces rapports avec d’autres espèces, la disparition d’une espèce de loup de mer est une perte pour la diversité génétique de l’écosystème marin de l’est du Canada. Il faut effectuer les recherches suivantes pour mieux comprendre la situation du loup de mer et ses rapports avec d’autres espèces dans l’écosystème marin de l’est du Canada :

  • interactions prédateur/proie;
  • associations du loup de mer à l’habitat océanique;
  • abondance par rapport à d’autres espèces;
  • liens écologiques;
  • effets des perturbations/modifications temporelles dans l’écosystème durant les périodes critiques du cycle biologique du loup de mer et de ses prédateurs et proies;
  • effets possibles des changements de l’environnement marin sur le cycle biologique.

2.5    Stratégie de rétablissement B – Conservation et protection de l’habitat (objectifs 2, 4 et 5)

Objectif 2 –     Désigner, conserver ou protéger l’habitat du loup de mer nécessaire à des tailles et à des densités de population viables.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

Objectif 5 –     Élaborer des programmes de communication et de formation pour favoriser la conservation et le rétablissement des populations de loup de mer et de leur habitat.

2.5.1   Mesure de rétablissement B1 – Désigner l’habitat, y compris l’habitat essentiel

On connaît très peu l’habitat du loup de mer et son utilisation. Cette situation n’est pas exceptionnelle, car elle concerne la plupart des espèces de poissons marins.

L’aire de répartition géographique historique du loup de mer est utilisée pour définir son habitat potentiel dans les eaux de l’est du Canada (voir la partie A). Des recherches préliminaires ont été menées dans le but de relever les associations du loup de mer à son habitat (profondeur, température et substrat), et différentes périodes du cycle biologique ont été délimitées (voir le tableau 1). Cependant, on ne connaît pas l’étendue de l’habitat océanique nécessaire, sur les plans spacio‑temporels, au rétablissement et à la survie des espèces de loup de mer à différentes périodes de leur cycle biologique. En outre, les changements dans l’abondance et la répartition du loup de mer et les fluctuations saisonnières peuvent être liés à la température de l’eau. L’habitat du loup de mer dans l’écosystème océanique n’a pas été étudié dans toute sa complexité. Il faut donc effectuer des recherches dirigées pour ces espèces dans les secteurs suivants :

  • caractéristiques de l’habitat et des facteurs environnementaux qui réduisent ou limitent l’aire de répartition, l’abondance, la croissance, la reproduction, la mortalité et la productivité du loup de mer;
  • caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l’écosystème océanique où vit le loup de mer;
  • représentation spatiotemporelle des aires d’alimentation et de refuge/repos, afin de relever les associations du loup de mer à son habitat;
  • aire de répartition et volume des stocks actuels et historiques, afin de déterminer l’emplacement des frayères, des aires de croissance et d’alimentation et des lieux nécessaires aux processus importants du cycle biologique;
  • définition de l’habitat essentiel propre aux poissons de mer, en particulier le loup de mer dans les eaux de l’est du Canada, afin de désigner les sites d’habitat prioritaires. Une liste des études sur la désignation de l’habitat essentiel figure au tableau 22.

Tableau 22. Études recommandées (et calendriers connexes) sur la désignation de l’habitat essentiel, dans la mesure du possible, d’A. denticulatus et d’A. minor.

Études recommandéesDates de début/fin
Caractéristiques de l’habitat et des facteurs environnementaux qui réduisent ou limitent l’aire de répartition, l’abondance, la croissance, la reproduction, la mortalité et la productivité du loup de mer.2006-2007
Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l’écosystème océanique où vit le loup de mer.2006-2007
Représentation spatiotemporelle des aires d’alimentation et de refuge/repos, afin de relever les associations du loup de mer à son habitat.2006-2007
Aire de répartition et volume des stocks actuels et historiques, afin de déterminer l’emplacement des frayères, des aires de croissance et d’alimentation et des lieux nécessaires aux processus importants du cycle biologique.2006-2007
Définition de l’habitat essentiel propre aux poissons de mer, en particulier le loup de mer dans les eaux de l’est du Canada, afin de désigner les sites d’habitat prioritaires.2007-2008

2.5.2   Mesure de rétablissement B2 – Définir des mesures pour la conservation ou la protection de l’habitat du loup de mer

Une conservation efficace exige la conservation ou la protection de l’habitat contre les effets fortuits des activités humaines sur l’écosystème marin de l’est du Canada. Les lois, politiques, règlements, accords de partenariat de même que l’intendance sont des exemples de mécanismes actuellement en place qui peuvent être utilisés pour protéger le loup de mer et son habitat. Le loup de mer interagit avec de nombreuses espèces différentes et ces interactions peuvent être essentielles à sa survie. C’est pourquoi l’adoption d’une approche écosystémique est recommandée. Les recherches doivent porter sur les secteurs suivants :

  • menaces (d’origine naturelle et humaine) qui pèsent sur l’habitat du loup de mer;
  • activités actuelles ou éventuelles qui peuvent menacer l’habitat du loup de mer et mesure dans laquelle elles peuvent être atténuées;
  • priorisation de l’habitat spatiotemporel à protéger en vue du rétablissement;
  • utilisation éventuelle de diverses options de gestion en vue de la conservation ou de la protection de l’habitat du loup de mer.

2.6    Stratégie de rétablissement C – Atténuation des activités humaines (objectifs 3, 4 et 5)

Objectif 3 –     Réduire le potentiel de déclin des populations de loup de mer.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

Objectif 5 –     Élaborer des programmes de communication et de formation pour favoriser la conservation et le rétablissement des populations de loup de mer.

2.6.1   Mesure de rétablissement C1 – Relever et atténuer les conséquences négatives de l’activité humaine

Si l’on veut assurer le rétablissement des espèces de loup de mer, il importe que les effets fortuits d’origine humaine sur leurs populations et leurs habitats provoqués par la pêche, l’exploitation extracôtière de pétrole et de gaz et d’autres activités potentiellement nuisibles soient relevés et que des mesures d’atténuation soient mises en place. En outre, l’exploitation extracôtière, les activités militaires, les rejets en mer, la pollution terrestre et atmosphérique et le changement du climat mondial sont de nouveaux enjeux qui risquent d’affecter l’écosystème marin de l’est du Canada et, par le fait même, les populations de loup de mer. Les politiques législatives et réglementaires actuelles, qui prévoient la conservation et la protection du loup de mer et de son habitat, doivent fonctionner de concert avec des mesures d’atténuation non législatives. Il faut effectuer des recherches, lorsque c’est possible, pour :

  • relever les effets humains sur tous les stades de développement des populations de loup de mer et leur habitat sur les plans spatiaux, temporels et saisonniers;
  • relever les effets et estimer leur degré de gravité ou niveau de risque associé à leur probabilité d’occurrence;
  • proposer des mesures d’atténuation tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone économique exclusive (ZEE);
  • harmoniser les modifications réglementaires provinciales, nationales et internationales en vue de la conservation du loup de mer et intégrer la formation et l’intendance aux mesures d’atténuation des activités humaines;
  • instituer la remise à l’eau obligatoire des deux espèces menacées de loup de mer capturées de façon fortuite dans toutes les pêches commerciales, d’une façon qui optimise leurs chances de survie;
  • promouvoir les modifications aux engins/méthodes de pêche pour prévenir la capture du loup de mer lorsque c’est possible;
  • étudier des propositions de modifications aux engins/méthodes de pêche visant à réduire les conséquences négatives éventuelles pour l’habitat du loup de mer.

2.7    Stratégie de rétablissement D – Sensibilisation du public et promotion de la participation des intervenants au rétablissement des populations de loup de mer de même qu’à la conservation et à la protection de leur habitat (objectifs 3, 4 et 5)

Objectif 3 –     Réduire le potentiel de déclin des populations de loup de mer.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

Objectif 5 –     Élaborer des programmes de communication et de formation pour favoriser la conservation et le rétablissement des populations de loup de mer.

2.7.1   Mesure de rétablissement D1 – Formation et communication

Un volet clé de la stratégie consiste à sensibiliser l’utilisateur de la ressource à la situation difficile des espèces de loup de mer, à l’état de leur population, aux menaces qui pèsent actuellement sur elles et aux mesures nécessaires à leur rétablissement et à leur conservation à long terme. La publication d’articles dans des journaux locaux et régionaux et des revues liées à la pêche, la distribution de matériel d’identification du loup de mer et d’information sur les espèces en péril à l’industrie de la pêche de même que la production d’affiches et d’autre matériel de formation et de sensibilisation pourraient permettre d’atteindre un vaste public et plus spécifiquement les exploitants pêcheurs. Ce matériel doit également être accessible au grand public.

Un programme de formation doté de volets régionaux et locaux doit :

  • s’inscrire dans une stratégie complète de formation communautaire destinée aux utilisateurs de la ressource;
  • permettre d’identifier le loup de mer au niveau de l’espèce (fiches d’identification) et de connaître la biologie générale du loup de mer et ses effectifs historiques;
  • promouvoir la manipulation sûre des loups de mer capturés de façon fortuite pour qu’ils puissent survivre à leur remise à l’eau;
  • faire connaître la LEP et son importance pour la conservation du loup de mer;
  • renforcer les activités consultatives, y compris la production de matériel connexe de formation et de sensibilisation;
  • favoriser la participation de la communauté des utilisateurs de la ressource dans la mise en œuvre des présents programme de rétablissement et plan de gestion.

2.7.2   Mesure de rétablissement D2 – Intendance

L’intendance, expliquée simplement, signifie que les Canadiens – y compris les propriétaires fonciers, les entreprises privées, les organismes bénévoles œuvrant dans la communauté et chaque citoyen – prennent soin de leur terre, de leur air et de leur eau, éléments de base des processus naturels essentiels à la vie. Par intendance environnementale, on entend l’expression active de la responsabilité d’assurer un environnement sain, diversifié et durable aux générations présentes et futures. La mise en œuvre d’activités d’intendance est, par conséquent, une priorité élevée de la présente stratégie et joue un rôle important dans la conservation et la protection des espèces de loup de mer et de leur habitat océanique. La tenue de consultations auprès des groupes régionaux concernés du milieu des pêches stimulera et maintiendra leur participation aux mesures de rétablissement. La participation et l’appui de cette communauté sont essentielles au succès du rétablissement des espèces de loup de mer. Cette participation servira également de fondement à des programmes d’intendance du loup de mer. Les initiatives relatives à l’intendance doivent :

  • faire la promotion de la remise à l’eau rapide et sûre des loups de mer pris de façon fortuite dans leur site de capture;
  • faire la promotion du signalement rigoureux des prises de loup de mer et de leur remise à l’eau subséquente;
  • favoriser la détermination des effets humains qui peuvent toucher le loup de mer et son habitat;
  • prévoir le lancement de programmes de mise en œuvre d’activités d’intendance avec des intervenants;
  • fournir de l’information technique et scientifique aux responsables en matière de conservation;
  • renforcer les activités consultatives, y compris la production de matériel connexe de formation et de sensibilisation;
  • favoriser la collaboration des utilisateurs de la ressource et la participation de la communauté dans la mise en œuvre des présents programme de rétablissement et plan de gestion.

2.7.3   Mesure de rétablissement D3 – Consultation et collaboration avec des exploitants pêcheurs, des transformateurs, des scientifiques, des organismes de réglementation et d’application, des observateurs, des vérificateurs à quai, des gouvernements, des groupes autochtones et d’autres utilisateurs de l’océan

La consultation d’utilisateurs de la ressource représente un volet clé du processus de rétablissement, nécessaire pour s’assurer de la participation de l’utilisateur dans les mesures de rétablissement. Les utilisateurs de la ressource manipulent quotidiennement des prises accessoires d’espèces de loup de mer et possèdent donc les connaissances de base pour concevoir des engins de pêche qui réduiront le nombre de loups de mer pris de façon fortuite de même que pour proposer des méthodes sûres de remise à l’eau. Les modifications d’engins peuvent permettre d’éviter des captures si on les couple à des stratégies visant à réduire les risques de rencontre entre le loup de mer et l’engin de pêche. Ainsi, il est important de promouvoir la consultation continue avec les utilisateurs de la ressource et toutes les entités responsables appropriées au Canada. Un plan complet pour le rétablissement du loup de mer prévoit la consultation et la collaboration d’un groupe d’utilisateurs diversifié (un pour chaque province atlantique) incluant entre autres :

  • tout individu ou groupe qui peut être touché par le processus de rétablissement, de conservation et de protection à long terme des espèces de loup de mer ou qui peut apporter un capital utile dans ce processus :
  • industrie des pêches;
  • observateurs des pêches;
  • groupes autochtones;
  • provinces et territoires;
  • ministères fédéraux;
  • régimes internationaux;
  • établissements universitaires.

2.8    Stratégie de rétablissement E – Surveillance des activités humaines et des espèces de loup de mer (objectifs 3 et 4)

Objectif 3 –     Réduire le potentiel de déclin des populations de loup de mer.

Objectif 4 –     Favoriser la croissance et le rétablissement des populations de loup de mer.

2.8.1   Mesure de rétablissement E1 – Surveiller les profils spatiotemporels de l’abondance du loup de mer

La surveillance de l’abondance des espèces de loup de mer dans les eaux de l’est du Canada est essentielle pour que toute amélioration ou détérioration de leur situation soit détectée le plus rapidement possible, particulièrement si l’on veut adopter une gestion adaptée qui soit efficace. Il faut surveiller la taille et la structure de la population pour discerner les tendances, comprendre les profils de la mortalité et relever les problèmes de recrutement.

Actuellement, les relevés scientifiques, en particulier les relevés stratifiés aléatoires par chalutage par le fond, permettent d’obtenir des estimations, indépendantes de la pêche, du volume des stocks et des estimations quantitatives du recrutement. Ces données servent de point de départ à l’interprétation des profils de l’abondance et de la répartition, que l’on pourra utiliser pour définir des mesures de gestion adaptée et de rétablissement.

L’un des premiers objectifs de la surveillance des profils spatiotemporels de l’abondance du loup de mer est d’établir l’efficacité de toutes les mesures d’atténuation mises en œuvre. La surveillance de base permet la détection précoce des problèmes imprévus, et donc la prise de mesures correctives qui limiteront les effets négatifs. On assure ainsi une gestion appropriée (c.‑à‑d. conservation et protection) des poissons et de leur habitat.

En conséquence, on recommande les mesures suivantes :

  • utiliser les données des relevés scientifiques pour examiner les profils spatiotemporels historiques, actuels et futurs de l’abondance de chaque espèce de loup de mer;
  • utiliser les connaissances des exploitants pêcheurs pour dresser un profil spatiotemporel de l’abondance de chaque espèce de loup de mer.

2.8.2   Mesure de rétablissement E2 – Surveiller les profils spatiotemporels de la mortalité naturelle et induite par l’homme

En intégrant les données des relevés scientifiques avec celles des observateurs des pêches, des statisticiens, des vérificateurs à quai et des registres des pêches, on peut examiner les modifications survenues dans les profils de la répartition et de l’abondance du loup de mer afin de fournir un fondement à la définition de mesures appropriées de gestion adaptée et de rétablissement. Cette intégration des données facilitera l’établissement de mesures du rendement qui pourront servir à évaluer l’efficacité des mesures de :

  • de rétablissement vis-à-vis du loup de mer et de son habitat, en particulier l’efficacité des mesures de remise à l’eau du loup de mer;
  • de gestion vis-à-vis de la conservation et de la protection du loup de mer;
  • de protection de l’habitat vis-à-vis de la conservation du loup de mer;
  • de formation, d’intendance, de consultation et de collaboration vis-à-vis de la conservation du loup de mer.