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Programme de rétablissement : Loup à tête large, loup tacheté, loup atlantique

2. Répartition

2.1 Aire de répartition mondiale

Le loup de mer (de la famille des Anarhichadidae) habite une vaste aire de répartition dans les eaux modérément profondes des latitudes nordiques des océans Pacifique, Atlantique et Arctique. L’aire de répartition du genre Anarhichas s’étend sur les parties est et ouest de l’Atlantique nord; les répartitions des trois espèces se chevauchent quelque peu. A. denticulatus fréquente le nord‑ouest de l’Atlantique et il est également présent dans l’est de l’Atlantique (Groenland, Islande, îles Féroé, Finnmark, côte de Mourmansk et Novaya Zemlya). A. minor est présent dans l’est de l’Atlantique (Groenland, Islande, îles Féroé, Spitzberg, mer Blanche, au large de la côte de Mourmansk, autour de l’Écosse et côte norvégienne au sud de Bergen). A. lupus est présent dans l’est de l’Atlantique (Groenland, Islande, îles Féroé, Spitzberg, mer Blanche, côte de Mourmansk, sud des îles Britanniques et côte occidentale de la France) (Scott et Scott, 1988).

2.2 Aire de répartition dans l’est du Canada

A. denticulatus, A. minor et A. lupus sont présents dans l’ouest de l’Atlantique nord, depuis le détroit de Davis jusqu’au golfe du Maine. La répartition d’A. lupus s’étend au sud des eaux de l’est du Canada, aussi loin qu’au cap Hatteras.

Plus précisément, A. denticulatus se rencontre au nord aussi loin que dans le détroit de Davis à 72° de latitude nord au large du Nunavut (limite nord), au sud‑ouest du Groenland, sur le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve (centre de l’aire de concentration), sur le Bonnet Flamand, dans le golfe du Saint‑Laurent (peu commun), sur les Grands Bancs et rarement sur le Plateau néo‑écossais (banc Banquereau et banc de l’île de Sable) à 42° de latitude nord. De même, A. minor se rencontre à l’ouest du Groenland (limite nord à environ 72° de latitude nord), sur le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve (centre de l’aire de concentration), sur les Grands Bancs, sur le Bonnet Flamand, dans le golfe du Saint‑Laurent et sur le Plateau néo‑écossais. A. lupus est réparti légèrement plus au sud et se rencontre à l’ouest du Groenland, sur le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve, dans le golfe du Saint Laurent, sur les Grands Bancs, sur le Plateau néo‑écossais, dans la baie de Fundy et dans le golfe du Maine (Simpson et Kulka, 2002, Scott et Scott, 1988). A. lupus est commun dans le golfe du Saint‑Laurent, sur le Plateau néo‑écossais et dans le golfe du Maine, où les deux autres espèces sont peu communes ou rares. On trouvera à la Figure 2 (a, b et c) une carte de la répartition des espèces depuis les Grands Bancs jusqu’au plateau continental du Labrador, centre de leur aire de concentration.

2.3 Pourcentage de l’aire de répartition mondiale dans les eaux de l’est du Canada

Le pourcentage de l’aire de répartition mondiale que représentent les eaux de l’est du Canada n’est pas connu pour aucune des espèces. Dans les eaux atlantiques canadiennes, chacune des espèces occupe une superficie d’environ 500 000 km2, ce qui représente une importante portion de la répartition mondiale. Bien que les trois espèces de loup de mer soient largement réparties dans l’Atlantique ouest et constituent par le fait même une portion importante de la population mondiale, A. lupus est plus densément concentré au sud et à l’est du Groenland (limite territoriale à l’est du Canada), où il est assez dense pour faire l’objet d’une pêche commerciale dirigée.

2.4 Tendances de la répartition dans les eaux de l’est du Canada

Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a effectué des relevés aléatoires stratifiés standard dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Cependant, les séries de données des relevés constituent des indices relatifs parce que la capturabilité du loup de mer (et de toute autre espèce) n’est pas connue, et les séries ne peuvent être comparées d’une région du MPO à l’autre en raison des différences entre les engins et les protocoles utilisés. L’étendue de la répartition des deux espèces menacées de loup de mer est beaucoup plus importante dans la région de Terre‑Neuve et du Labrador et, à ce titre, on considère ce secteur comme le centre de sa répartition. Par ailleurs, le déclin le plus important s’est produit dans cette région. C’est pourquoi le présent document porte principalement sur la région de Terre‑Neuve et du Labrador.

Entre 1977 et 2002, des relevés scientifiques régionaux réalisés en automne à Terre‑Neuve et au Labrador ont enregistré des prises de chacune des trois espèces de loup de mer dans l’ensemble de la région s’étendant du plateau continental du Labrador/nord‑est de Terre‑Neuve jusqu’au secteur sud des Grands Bancs, centre de leur répartition dans les eaux canadiennes (Simpson et Kulka, 2002, Kulka et al., 2004).

Le secteur visé par les relevés d’automne couvre deux aires de répartition qui se distinguent par les caractéristiques de leurs habitats. L’aire située la plus au nord couvre le sud du plateau continental du Labrador et le nord‑est du plateau continental de Terre‑Neuve. Dans ce secteur, chacune des trois espèces de loup de mer était présente sur l’ensemble du plateau jusqu’à la côte, en particulier avant le déclin. Le substrat de ce secteur est principalement rocheux. Au sud, sur les Grands Bancs, les trois espèces ne vivent qu’en périphérie du banc, sur le bord du plateau, à l’exception d’A. lupus qui se concentre dans le secteur sud des Grands Bancs, où le fond est principalement composé de cailloux, de sable et de boue. La Figure 2 (a, b et c) montre le changement survenu dans la répartition entre le début des années 1980 et les années 1990. Cette série de représentations graphiques de la répartition du loup de mer pour les périodes s’étendant de 1980 à 1984, de 1985 à 1993 et de 1994 à 2001 indique une tendance à la baisse sur les plans à la fois de la densité (taux de capture moindres) et de l’étendue de la répartition des trois espèces de loup de mer. Cette réduction de l’aire occupée coïncide avec un déclin observé dans les estimations de la biomasse et de l’abondance de ces espèces (Simpson et Kulka, 2002, Kulka et al., 2004).

Sur le Bonnet Flamand, les trois espèces de loup de mer étaient également très présentes durant les années où des relevés ont été réalisés. Dans l’Arctique, des relevés ont été effectués de façon sporadique, mais il arrive parfois que des pêcheurs prennent A. denticulatuset A. minor dans le détroit de Davis, aussi loin qu’à 72° de latitude nord, qui correspond à la limite nord de la répartition. De nombreuses prises d’A. denticulatus ont été réalisées sur tout le plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve au début des années 1980. Néanmoins, à partir de la période s’étendant de 1986 à 2001, la répartition des prises d’A. denticulatus les plus importantes s’est limitée de plus en plus au bord du plateau dans l’ensemble de l’aire étudiée. Tout comme dans le cas d’A. denticulatus, les prises d’A. minor et d’A. lupus se sont limitées de plus en plus à la périphérie du plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve et des Grands Bancs à partir du milieu des années 1980 jusqu’en 2001 (Kulka et al., 2004). Dans l’ensemble, l’aire de répartition de chacune des trois espèces de loup de mer a reculé ces dernières années comparativement aux années 1970 et au début des années 1980.

A. lupus se distingue par sa répartition sur les Grands Bancs. Outre l’importance des prises capturées à la périphérie des bancs (comme c’est le cas pour les deux autres espèces), A. lupus est également pris dans les eaux moins profondes dans le secteur sud des Grands Bancs, une aire de concentration circulaire, où les deux autres espèces ne sont pas observées (Figures 2a, b et c).

Entre 1980 et 1984, A. denticulatus était largement réparti au nord des Grands Bancs où il couvrait la majeure partie du plateau, sur le bord du secteur est des Grand bancs et le Bonnet Flamand. De 1985 à 1993, on a enregistré un déclin dans l’étendue et la densité de la répartition d’A. denticulatus . Plus récemment, A. denticulatus se concentrait uniquement sur le bord du plateau, le bord du secteur sud des Grands Bancs et le Bonnet Flamand.

Avant 1986, A. minor était largement réparti au nord des Grands Bancs où il couvrait la majeure partie du plateau, avec quelques occurrences sur le bord du secteur est des Grands bancs et sur le Bonnet Flamand. Entre 1985 et 1993, les anciennes zones de forte densité avaient disparu et l’aire de répartition se limitait désormais à des concentrations de faible densité sur le bord du plateau et dans des chenaux profonds. Plus récemment (1994‑2001), on n’observait plus aucune concentration importante d’A. minor.

A. lupus affichait un profil similaire à celui observé pour A. denticulatus de 1980 à 1984 au nord des Grands Bancs et était largement réparti sur une grande partie du plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve. En outre, on a localisé un groupe d’A. lupus à 44° de latitude nord, à l’ouest du secteur sud‑est du Platier, sur la queue des Grands Bancs, parfaitement distinct des concentrations du plateau continental du Labrador. Durant les périodes s’étendant de 1985 à 1993 et de 1994 à 2001, on a enregistré une réduction dans l’étendue et la densité de la répartition d’A. lupus au nord; cependant, la concentration du secteur sud des Grands Bancs est demeurée relativement inchangée ou a légèrement augmenté.

Sur le Plateau néo‑écossais, le profil général de la répartition d’A. lupus est demeuré relativement stable au cours des 30 ans de relevés d’été (McRuer et al., 2001). A. lupus est présent sur l’ensemble du Plateau néo‑écossais, mais on a observé ces dernières années une réduction des effectifs dans les régions centrales du plateau et une augmentation des effectifs le long du chenal Laurentien et sur la partie nord-est du plateau. On trouve également des concentrations à l’approche de la baie de Fundy et autour du banc de Browns, du banc de Roseway et du banc LaHave (McRuer et al., 2001).

Malgré la faiblesse des prises d’A. lupus dans les relevés d’automne du sud du golfe du Saint‑Laurent, sa répartition a graduellement augmenté ces dernières années (McRuer et al., 2001). Pendant la période s’étendant de 1971 à 1980, les prises d’A. lupusse limitaient à quelques secteurs le long de la pente du chenal Laurentien. Depuis les années 1980, il a été pris le long de la majeure partie de la pente du chenal Laurentien et dans la dépression du Cap-Breton, en quantités moindres dans les eaux peu profondes (<100 m) au large des côtes est de l’Île‑du‑Prince‑Édouard (Î.‑P.‑É.) et de la Péninsule acadienne. On n’a jamais observé A. lupus sur le Plateau madelinien, au centre du Golfe (McRuer et al., 2001).

Les données des relevés réalisés dans le nord du golfe du Saint-Laurent montrent une répartition relativement inchangée (McRuer et al., 2001). A. lupus tend à se concentrer principalement le long de la côte ouest de Terre-Neuve et dans le nord‑est du Golfe. Des répartitions semblables ont été observées dans les relevés sentinelles de juillet et d’octobre, effectués depuis 1995. La série d’octobre montre toutefois des concentrations plus éloignées des côtes par rapport aux résultats des relevés scientifiques ou du relevé sentinelle de juillet, ce qui semble indiquer que les poissons migrent peut‑être dans des eaux plus profondes à l’automne.

Au centre de leur aire de concentration, les aires absolue et relative occupées par des densités élevées, moyennes et faibles de chacune des trois espèces ont diminué entre les périodes d’abondance élevée (1980‑1984) et les périodes d’abondance faible actuelles, c’est‑à‑dire entre 1995 et 2001 (panneau supérieur de la Figure 3; voir Simpson et Kulka, 2002, pour une définition des niveaux de densité). Le déclin dans l’aire occupée par des densités élevées de loup de mer était plus prononcé pour A. denticulatus (55 %) et l’était moins pour A. lupus (38 %) (Simpson et Kulka, 2002, Kulka et al., 2004). L’aire occupée par des densités élevées d’A. minora diminué de 47 %. Le panneau médian de la Figure 3 indique que l’ensemble de l’aire de répartition a également diminué depuis les années 1980 pour les trois espèces, le déclin étant plus prononcé pour A. denticulatus et moins prononcé pour A. lupus. La concentration d’A. lupus dans le secteur sud des Grands Bancs a en fait augmenté légèrement (panneau inférieur de la Figure 3).

Sur le Plateau néo‑écossais, l’indice de l’aire occupée (défini comme la proportion des traits du relevé annuel dans lesquels une espèce est présente) pour A. lupus a été inférieur dans les années 1990 à la suite d’un déclin dans les années 1980. Dans le sud du golfe du Saint‑Laurent, cet indice a augmenté au début des années 1980 et est depuis demeuré à des valeurs légèrement supérieures. Cet indice n’était pas disponible pour le nord du golfe du Saint‑Laurent (McRuer et al., 2001).

Des jeunes de l’année identifiés comme des spécimens d’A. lupus ont été capturés dans des traits des Essais internationaux de chaluts pélagiques pour les jeunes gadidés réalisés de 1996 à 1999 (août et septembre). Ils étaient largement répartis dans les eaux extracôtières du plateau continental du Labrador/nord-est de Terre-Neuve (Simpson et Kulka, 2002). Comme l’espèce de poissons de cette taille est difficile à identifier, il est possible que certains de ces jeunes de l’année pris dans les relevés aient appartenu à une autre espèce de loup de mer. De petits loups de mer (longueur <55 cm), capturés dans les relevés d’automne au chalut, étaient aussi largement répartis dans des zones extracôtières semblables. De façon générale, les aires de répartition des petits et des grands (>55 cm) spécimens d’A. minor et d’A.lupus, incluant les jeunes de l’année, se chevauchent considérablement. Dans le cas d’A. lupus, on a observé une augmentation du nombre de petits poissons capturés de 1995 à 2000 à la périphérie de la partie nord du plateau et sur le secteur sud des Grands Bancs. Dans le cas d’A. minor, on n’a observé aucune augmentation de la proportion de petits poissons ces dernières années.