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Programme de rétablissement : Loup à tête large, loup tacheté, loup atlantique

3. Abondance des espèces

3.1 Aire de répartition mondiale

Comme le loup de mer fait l’objet d’une importante pêche dirigée dans certaines parties de l’Atlantique nord, principalement dans le nord-est de l’Atlantique au large du Groenland (Möller et Rätz, 1999), mais pas dans les eaux canadiennes, on suppose qu’à certains stades de leur cycle biologique, les loups de mer se rassemblent dans des concentrations suffisantes dans cette région pour soutenir une pêche commerciale dirigée viable. Si ces concentrations plus denses du nord-est de l’Atlantique s’étendaient sur une superficie au moins équivalente à celle de l’aire occupée dans les eaux canadiennes, on pourrait supposer que le loup de mer serait peut‑être plus abondant dans d’autres parties de l’Atlantique. Cependant, en raison des différents engins et protocoles utilisés pour la réalisation de relevés dans différentes parties de l’aire de répartition du loup de mer, on ne peut déterminer pour l’instant l’abondance relative dans les diverses parties de cette aire de répartition.

3.2 Tailles et tendances de la population dans les eaux de l’est du Canada

Les estimations de la biomasse et de l’abondance pour le loup de mer au centre de son aire de concentration, des Grands Bancs au plateau continental du Labrador, ont été calculées à partir des relevés scientifiques régionaux d’automne de Terre-Neuve et du Labrador (Simpson et Kulka, 2002) réalisés entre 1977 et 2001 (Grands Bancs, nord‑est du plateau continental de Terre‑Neuve et sud du plateau continental du Labrador) et des relevés scientifiques de printemps réalisés entre 1971 et 2001 (Grands Bancs et banc de Saint‑Pierre uniquement). Ni l’un ni l’autre de ces relevés d’automne ou de printemps ne couvre le golfe du Saint‑Laurent, le Plateau néo‑écossais ou le nord du plateau continental du Labrador dans le détroit de Davis, bien que tous ces endroits, sauf le détroit de Davis, fassent l’objet de relevés à d’autres périodes avec différents engins. Ainsi, les séries d’automne et de printemps ne peuvent être comparées entre elles, et ni l’une ni l’autre ne couvre la totalité de l’aire de répartition des espèces de loup de mer dans les eaux atlantiques canadiennes. Comme elle englobe le centre de l’aire de répartition de chacune des trois espèces, la série de données des relevés d’automne constitue la meilleure mesure de l’abondance relative du loup de mer (Simpson et Kulka, 2002). Le relevé d’automne est donc utilisé pour décrire les tendances de l’abondance. Malgré qu’ils aient été peu fréquents, les relevés réalisés dans le nord du plateau continental du Labrador ont permis de constater que les espèces de loup de mer semblent y avoir subi un déclin similaire, voire plus important, du début des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, conformément aux descriptions ci‑après pour les secteurs situés directement au sud.

L’importance des indices des relevés d’automne de Terre-Neuve et du Labrador après 1995 ne peut être comparée à celle de la période précédent 1995 en raison d’un changement dans le type d’engin utilisé pour réaliser les relevés. Les facteurs de conversion de la capturabilité entre les relevés réalisés au chalut Engel (avant 1995) et Campelen (utilisé actuellement) ne sont pas disponibles pour le loup de mer. Ce changement d’engin est illustré dans la Figure 4 par une ligne verticale grise destinée à distinguer les deux séries. Le secteur couvert par les relevés d’automne est divisé en deux parties d’après les caractéristiques distinctes de la répartition (décrites ci‑devant) et les habitats. La partie nord (2J+3K dans la Figure 4) englobe le sud du plateau continental du Labrador et le nord‑est du plateau continental de Terre‑Neuve; la partie sud englobe les Grands Bancs (3LNO dans la Figure 4). Dans les parties tant nord que sud du relevé, les indices ont diminué de plus de 90 % pour chacune des trois espèces depuis les années 1980 (Figure 4).

Dans le secteur s’étendant des Grands Bancs au plateau continental du Labrador, A. denticulatus a subi le déclin le plus appréciable des trois espèces (Figure 4a) Ce déclin a été plus important dans le nord (2J3K) et plus rapide entre 1984 et 1994; il a été moins abrupt dans le sud (3LNO). Il convient de noter qu’aucun relevé d’automne n’a été réalisé dans la partie sud avant 1981. Après 1991, en raison des différences dans les taux de déclin entre le nord et le sud, l’abondance réelle d’A. denticulatus dans 3LNO a surpassé celle de 2J3K, alors qu’auparavant l’abondance au nord était environ cinq ou six fois plus élevée qu’au sud. Depuis 1995, les indices pour A. denticulatus, tant au nord qu’au sud, sont restés stables.

A. minor a également subi un déclin presque aussi spectaculaire qu’A. denticulatus (Figure 4b). Dans son cas, cependant, la biomasse était sensiblement la même au nord et au sud avant le déclin (Figure 4b). Le taux de déclin était à peu près identique dans les deux zones, contrairement à A. denticulatus, et les proportions de la biomasse sont demeurées sensiblement les mêmes entre les zones pendant la période de déclin. Comme les effectifs du loup de mer ont plus que doublé entre 1995 et 2001, les indices, en particulier celui de l’abondance, ont considérablement augmenté, ce qui semble indiquer un recrutement récent et une survie accrue. Cependant, il convient de noter que depuis 1993, des strates en eaux profondes (et côtières) ont été successivement ajoutées aux relevés. On ignore dans quelle mesure l’augmentation des indices est attribuable à l’accroissement de l’aire étudiée. Pour répondre à cette question, d’autres travaux de recherche seront nécessaires.

De façon générale, le déclin observé dans la biomasse d’A. lupus n’était pas aussi grand que pour les autres espèces, mais était d’envergure similaire dans le nord (2J3K), où s’est produite la majeure partie du déclin pour cette espèce (Figure 4c). Au sud (3LNO), les indices sont restés plutôt stables entre 1981 et 1994. Cependant, l’abondance a reculé légèrement sur le bord du plateau des Grands Bancs, tandis que la concentration sur le secteur sud des bancs a en fait légèrement augmenté. Après 1994 (et la transition au chalut Campelen), les indices pour A. lupus ont augmenté de façon constante, en particulier au sud, pour ce qui est de la biomasse.

Les relevés de printemps (à partir de 1971) ne couvrent que les Grands Bancs, mais malgré la faiblesse de la superficie couverte, cette série est plus longue que celle des relevés d’automne. Cet indice montre un profil qui fluctue sur le long terme; si les indices des relevés de printemps reflètent l’ensemble de la population, cela signifie que les effectifs observés au début de la série des relevés d’automne en 1977 avaient alors atteint un sommet (les effectifs au printemps étaient inférieurs avant 1977). Les indices de la biomasse et de l’abondance au printemps pour chacune des trois espèces de loup de mer ont fluctué au cours de la période des relevés et ont augmenté pendant les années 1970, puis diminué au début des années 1980, puis augmenté de nouveau à la fin de la même décennie pour enfin diminuer au début des années 1990 (Simpson et Kulka, 2002). Depuis 1996, les indices de la biomasse et de l’abondance au printemps ont augmenté. Tant pour les relevés de printemps que pour les relevés d’automne, les indices après 1995 ne peuvent être comparés à ceux des années précédentes en raison de la transition à un nouveau type d’engin.

La taille relative (biomasse totale/abondance totale) d’A. denticulatus a augmenté entre 1981 et 1991 dans le nord (2J3K) pour ensuite diminuer (Simpson et Kulka, 2002). Dans le cas d’A. minor, la taille relative des poissons dans le nord était supérieure à celle dans le sud. Parallèlement au déclin dans l’abondance et la biomasse, la taille relative d’A. lupus a également diminué dans la zone nord (2J3K). Dans tous les relevés, les spécimens d’A. lupus capturés au sud (en particulier sur les bancs) étaient relativement plus gros qu’au nord. Ces dernières années (depuis 1995), la taille relative des trois espèces de loup de mer prises dans les relevés est inférieure dans toutes les zones, ce qui est probablement attribuable à la transition au chalut Campelen qui permet de capturer de plus petits poissons. Par contre, une augmentation proportionnellement plus grande de l’abondance par rapport à celle de la biomasse, observée depuis 1995 pour chacune des trois espèces à différents degrés, semble témoigner du succès possible du recrutement ces dernières années.

L’indice de l’abondance pour A. lupus, établi d’après les relevés d’été du Plateau néo‑écossais et de la baie de Fundy, varie beaucoup d’une année à l’autre et n’a affiché aucune tendance visible jusqu’à la deuxième moitié des années 1980 (McRuer et al.,2001). L’indice pour cette zone a atteint son sommet dans la série chronologique du début des années 1990 et est depuis resté supérieur à la moyenne. Parallèlement, l’indice de la biomasse (poids moyen par trait) a diminué et atteint presque actuellement son niveau le plus bas dans la série (McRuer et al., 2001). L’examen des fréquences de longueur du relevé d’été du Plateau néo‑écossais indique que l’augmentation de l’abondance d’A. lupus depuis 1986 était due à une plus grande proportion de petits poissons. Le nombre de poissons immatures (<=55 cm) depuis 1985 a été supérieur à la moyenne, tandis que le nombre d’adultes a constamment diminué et atteint presque actuellement son niveau le plus bas dans la série (McRuer et al., 2001).

Les indices de l’abondance et de la biomasse pour A. lupus, établis d’après les relevés d’automne du sud du golfe du Saint-Laurent, ont également atteint des valeurs supérieures à la moyenne après 1987, mais ont reculé à des valeurs moyennes ces dernières années (McRuer et al., 2001). Conformément aux observations réalisées sur le Plateau néo‑écossais, le nombre de spécimens immatures d’A.lupus a augmenté dans le relevé d’automne du sud du Golfe. Le nombre d’adultes a également augmenté, ce qui explique l’abondance accrue après 1987, mais ce nombre a diminué de nouveau dans les relevés les plus récents (McRuer et al., 2001).

Les indices de l’abondance et de la biomasse pour A. lupus, établis d’après les relevés scientifiques d’été du nord du golfe du Saint-Laurent (div. 4RS) disponibles depuis 1990, montrent une tendance à la hausse (McRuer et al., 2001).

Les tendances démographiques et les changements dans la répartition ne sont pas disponibles pour A. denticulatus ni pour A. minor dans le golfe du Saint-Laurent ou le Plateau néo‑écossais, puisque ces espèces sont rares dans ces régions. Étant donné qu’aucun relevé n’a été réalisé dans le détroit de Davis (les trois espèces y sont rares), les indices ne sont pas non plus disponibles pour ces régions.

3.3 Pourcentage de la population mondiale dans les eaux de l’est du Canada

Différents engins ont été utilisés pour la réalisation de relevés dans différentes régions du monde (et dans différentes régions de l’est du Canada) pour quantifier la taille de la population et examiner les changements temporels. C’est pourquoi on ne peut établir les proportions relatives que représentent les populations présentes dans diverses parties de l’aire de répartition du loup de mer dans l’Atlantique, bien que les eaux canadiennes de l’Atlantique hébergent certainement une proportion importante de la population mondiale. Le pourcentage de la population mondiale que représentent les eaux de l’est du Canada n’est pas connu à l’heure actuelle.