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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'esturgeon à museau court (Acipenser brevirostrum) au Canada

COSEPAC Résumé

Esturgeon à museau court
Acipenser brevirostrum

Information sur l’espèce

Taxinomie : classe des Actinoptérigiens; ordre des Acipensériformes; famille des Acipenséridés; genre Acipenser; espèce brevirostrum. Nom commun français : esturgeon à museau court; noms communs anglais : shortnose sturgeon, shortnosed sturgeon et little sturgeon. Nom malécite : buzgus. Description : corps allongé couvert de plaques osseuses et cylindrique au niveau de l’abdomen; queue hétérocerque (lobe supérieur plus long); nageoires paires rigides. La bouche est ventrale, inférieure et protractile (elle s’allonge en un tube). Quatre barbillons se trouvent à peu près à mi-chemin entre le bout du museau et la bouche.

Répartition

Il existe 19 segments de population d’esturgeons à museau court le long de la côte Est de l’Amérique du Nord, du Nouveau-Brunswick à la Floride. La seule occurrence connue au Canada a été notée dans le réseau hydrographique de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Habitat

L’esturgeon à museau court fraye dans les eaux vives sur fond de rochers et de gravier. Les adultes passent l’hiver dans des fosses profondes soumises aux marées du cours inférieur de la rivière. Les juvéniles sont mal connus; leur taille moyenne décroît vers l’amont, ce qui porte à croire que les jeunes individus fréquentent des habitats situés plus en amont que ceux des adultes.

Biologie

La biologie de l’esturgeon à museau court est très peu connue. Il s’agit d’un poisson d’une grande longévité et à maturation tardive. D’après la documentation sur les captures, les plus vieux individus, mâle et femelle, étaient âgés respectivement de 32 et 67 ans, et le spécimen le plus lourd capturé dans la rivière Saint-Jean pesait 23,6 kg et sa longueur à la fourche (du bout du museau à la fourche de la queue) était de 122 cm. À longueur égale, les mâles sont généralement plus légers que les femelles. Le taux de croissance des adultes est de 490 à 540 g par année. Les mâles et les femelles atteignent la maturité sexuelle à 11 et à 13 ans, respectivement. Les femelles produisent jusqu’à 200 000 œufs démersaux et adhésifs tous les trois ans. La fraye a lieu de la mi-avril à juin. Le taux de survie aux stades précoces du cycle vital est considéré comme le facteur limitatif du recrutement.

Taille et tendances des populations

Une population estimée à 18 000 adultes a été identifiée entre 1973 et 1977 dans la rivière Saint-Jean. On a estimé à 2 000 adultes l’effectif observé lors de travaux récents dans la rivière Kennebecassis, un affluent de la rivière Saint-Jean où se trouve un site d’hivernage. Cependant, aucune estimation récente ne couvre l’ensemble du bas-estuaire de la Saint-Jean. Le savoir autochtone permet de penser que la population connaît un déclin depuis l’érection du barrage Mactaquac en 1967.

Facteurs limitatifs et menaces

Le barrage Mactaquac entrave la migration de fraye vers l’amont. Il régularise le débit et la température des eaux et influence ainsi la disponibilité et la qualité de l’habitat. Aucun mécanisme n’a été mis en place pour permettre à l’esturgeon à museau court de franchir le barrage. Le réseau hydrographique de la rivière Saint-Jean se trouve dans une région hautement développée où l’activité résidentielle et industrielle a des impacts sur la qualité de l’eau. À cause de sa grande longévité, de sa nature benthique et de sa consommation de proies vivant dans les sédiments, l’espèce est particulièrement vulnérable aux contaminants qui s’accumulent dans les sédiments et dans ses proies.

Importance de l’espèce

L’esturgeon à museau court est l’une des 24 espèces d’Acipenséridés survivantes dans le monde; toutes ces espèces sont considérées comme en péril, leur statut variant de vulnérable (vulnerable) à menacé d’extinction (endangered) selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources, ou Union mondiale pour la nature). L’esturgeon à museau court est l’une des cinq espèces d’esturgeons présentes au Canada, et il ne s’y trouve qu’en un seul endroit, soit la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. L’espèce revêt une importante particulière pour les peuples des Premières Nations, et faisait l’objet d’une pêche commerciale avant qu’une réglementation sur la taille des prises ne soit adoptée.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’esturgeon à museau court est désigné en péril (endangered) en vertu de la Endangered Species Act des États-Unis depuis mars 1967. L’espèce a été désignée préoccupante au Canada en 1980 (COSEPAC), mais aucun plan de rétablissement n’a été élaboré. Le ministère des Pêches et des Océans a formé une équipe de gestion de cette espèce. L’espèce est inscrite à la liste rouge de l’UICN depuis 1996, où elle a le statut d’espèce vulnérable, et figure à l’annexe 1 de la CITES.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.