Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'esturgeon à museau court (Acipenser brevirostrum) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’esturgeon à museau court a été décrit comme anadrome (Kynard, 1997). Dans le sud de son aire de répartition, l’espèce est estuarienne et anadrome, mais vers le nord l’espèce est plutôt amphibiotique d’eau douce, résidant dans les estuaires plutôt qu’en haute mer (Kieffer et Kynard, 1993). Dans la rivière Saint-Jean, on trouve des adultes autant en eau douce que dans la zone subissant l’influence des marées (Dadswell, 1979; Dadswell, 1984; Dadswell et al., 1984). De rares spécimens ont été capturés le long de la côte (Dadswell et al., 1984). Les individus se limitent généralement aux segments d’eaux saumâtres ou douces de leurs rivières natales. Certains esturgeons à museau court peuvent vivre uniquement en eau douce; on pourrait donc en trouver en amont du barrage Mactaquac sur la rivière Saint-Jean au RKM 145 (RKM = distance, en kilomètres, de parcours jusqu’à l’embouchure). Cependant, aucune étude n’a été menée en vue de vérifier cette hypothèse ou de confirmer si un tel segment de population existerait encore. Les études de marquage et de pistage ultrasonique des déplacements de la population du cours inférieur de la rivière Saint-Jean indiquent que ces poissons demeurent dans la rivière où ils sont nés et dans l’estuaire (Dadswell, 1979; Litvak et collaborateurs [données inédites]). Ces résultats corroborent les études sur les populations américaines (Buckley et Kynard 1985; Hall et al., 1991; Kieffer et Kynard, 1993; O’Herron et al., 1993; Kynard, 1997).

L’habitat d’hivernage semble se situer soit dans des fosses profondes et salines (~10 ppt) du cours inférieur de la rivière Saint-Jean, soit plus en amont dans le cas des individus appelés à frayer le printemps suivant (Dadswell, 1979; voir ci-dessous la section sur la migration de fraye en plusieurs étapes). Ces sites d’amont demeurent sous l’influence des marées et conservent un degré de salinité notable, mais faible (~10 ppm). Kynard (1997) estime que les esturgeons à museau court adultes en phase de reproduction sont largement séparés des adultes qui ne fraieront pas le printemps suivant. Par contre, Litvak et collaborateurs (données inédites) ont observé, par marquage et pistage ultrasonique, qu’un grand nombre d’individus hivernant dans le cours inférieur de la rivière Saint-Jean entreprennent tout de même une migration de fraye au printemps.

On estime que la fraye a lieu dans des zones à fort débit (voir également la section Reproduction ci-dessous). Les frayères des populations américaines présentent les caractéristiques suivantes : vitesse de l’eau variant entre 0,4 et 1,0 m/s, substrat généralement composé de gravier et/ou de rochers et température entre 8 et 13 °C (Buckley et Kynard, 1985; Kieffer et Kynard, 1996; Kynard, 1997; National Marine Fisheries Service, 1998; Litvak et al., données inédites). Par contre, peu d’études ont porté sur l’habitat de fraye de la population de la rivière Saint-Jean, qui n’a pas été clairement identifié.

Dadswell (1979) rapporte que le plus jeune juvénile capturé dans la rivière Saint-Jean était âgé de deux ans. Aucune capture d’individu âgé de moins de deux ans n’a été signalée et, par conséquent, aucune information n’est disponible sur l’habitat des jeunes juvéniles dans la rivière Saint-Jean. Dadswell (1979) a capturé d’autres juvéniles plus âgés. Selon sa classification, les juvéniles sont les individus de moins de 45 cm de longueur à la fourche. D’après ses observations, la distribution de l’espèce dans l’habitat fluvial s’étend de Oak Point (RKM 36) à Fredericton (RKM 120), mais se concentre surtout entre Evandale (RKM 46) et Oromocto (RKM 105) (figure 5). La taille moyenne des juvéniles est plus petite dans le cours supérieur de la rivière qu’en aval (Dadswell, 1979). Selon Bain (1997), les juvéniles résident en amont du coin salé dans l’Hudson (New York).

Tendances en matière d’habitat

La construction du barrage Mactaquac en 1967 a bloqué l’accès aux frayères en amont du barrage. Le développement urbain et les activités forestières, agricoles et industrielles contribuent à l’envasement et au déversement de polluants dans la rivière (voir la section Facteurs limitatifs et menaces). Malgré certaines tentatives pour atténuer les effets de ces activités sur l’accumulation de contaminants, la situation, dans le meilleur des cas, demeure stable, mais la tendance générale de l’habitat continue probablement d’être au déclin, bien qu’il n’existe aucune preuve documentaire sur les tendances de l’habitat. Dans le passé, des mortalités massives d’esturgeon et d’autres espèces ont été observées dans des zones eutrophes de l’estuaire étouffées par la végétation. On estime que ces événements étaient dus à une raréfaction de l’oxygène associée à la prolifération des végétaux en présence de concentrations élevées de nutriments (Dadswell et al., 1984).

En général, la qualité de l’eau de la rivière s’est améliorée au cours des 30 dernières années, grâce à des investissements dans le traitement des eaux par les industries et les municipalités riveraines (Fredericton Angler’s Club, 1994 et 1995; M. Toner, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Fredericton, N.-B., comm. pers., 2005).

Protection et propriété

La responsabilité de l’esturgeon à museau court revient au ministère des Pêches et des Océans. En vertu du Protocole d’entente Canada-Nouveau-Brunswick sur la pêche récréative, l’esturgeon demeure une responsabilité fédérale. Bien qu’aucune législation ne soit en place pour protéger l’habitat, une protection générale est garantie par l’intermédiaire des dispositions sur l’habitat de la Loi sur les pêches. Bien que la rivière soit un plan d’eau navigable et par conséquent de propriété publique, les terres qui la bordent sont principalement de propriété privée. Le MPO constitue depuis 2004 un groupe de travail sur la conservation des esturgeons des Maritimes, regroupant des représentants des gouvernements, des universités et des organisations non gouvernementales (ONG) de défense de l’environnement (R. Bradford, comm. pers.).

Un permis délivré en vertu du Règlement de pêche est obligatoire pour conserver un esturgeon à museau court, quel que soit le motif. Un permis est également nécessaire pour transférer un individu vers une installation d’élevage, pour relâcher un individu dans un habitat sauvage ou pour transporter un individu d’une province à l’autre.