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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'esturgeon à museau court (Acipenser brevirostrum) au Canada

Taille et tendances des populations

Deux estimations de la population de la rivière Saint-Jean ont été effectuées, toutes deux en aval du barrage Mactaquac; une partie importante de la rivière en amont du barrage n’a pas été étudiée. Dadswell (1979) a estimé la population adulte à 18 000 individus (±30 p. 100) dans le cours inférieur de la rivière Saint-Jean entre 1973 et 1977. Litvak et ses collaborateurs mènent actuellement une estimation de la population (depuis 1998) qui porte surtout sur la rivière Kennebecasis. À l’aide de la technique d’estimation de la population ouverte de Jolly-Seber (Krebs, 1999) ils ont dénombré 2 068 individus, ou entre 11 277 et 801 individus avec des limites de confiance supérieure et inférieure de 95 p. 100, dans cet affluent de la rivière Saint-Jean (Litvak, données inédites). Le taux de survie estimé (soit f, le rapport entre le nombre d’individus marqués au début de l’échantillonnage t+1 et le nombre d’individus marqués à la fin de l’échantillonnage t) de cette population est de 0,05 (Litvak, données inédites). Le taux de survie comprend une correction pour toutes les mortalités accidentelles et les prises au temps t. Les émigrations sont comptées comme des morts. Le taux de dilution (l), une estimation du taux d’ajout de la population, a été estimé à 6,3. Ce taux de dilution comprend les ajouts par les naissances et par l’immigration. Un taux minimum de dilution de 1,0 signifie que la population ne connaît aucun ajout. Les estimations préliminaires indiquent que la population de la rivière Kennebecasis est hautement variable. Cela peut être dû à l’immigration et à l’émigration associées aux autres affluents de la rivière Saint-Jean. À l’heure actuelle, il est impossible de comparer ces données aux estimations de Dadswell (1979) et de Krebs (1999) en raison de différences dans la méthodologie, la période et l’emplacement des relevés, mais Litvak et ses collaborateurs mènent actuellement des études dont la méthodologie sera uniforme dans tous les affluents pour mieux déterminer les tendances des populations.

D’après les renseignements anecdotiques recueillis et les observations personnelles d’anciens de la Première Nation Oromocto, les représentants de l’équipe technique des pêches de la Première Nation Oromocto (Levi Sabattis, Harold Paul et Brian Paul) signalent que les anciens s’entendent sur le fait que l’abondance d’esturgeons à museau court a diminué au cours des trente dernières années. Ils associent ce déclin à la présence du barrage Mactaquac. Cependant, on ne dispose d’aucune donnée solide pour dégager une quelconque tendance.

Un ascenseur à poissons a été installé près du barrage Mactaquac dès sa construction en 1967. On n’a jamais capturé d’esturgeon à museau court dans ce dispositif, car son point d’entrée n’atteint qu’une profondeur de 1,8 m à un endroit où le fond est à 12,8 m (Rod Price, chargé de projet à la passe à poissons Mactaquac).

Aucune information sur la présence et/ou l’absence de l’esturgeon à museau court en amont du barrage Mactaquac n’est actuellement disponible.