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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Loup tacheté (Anarhichas minor) au Canada

Résumé

Loup tacheté

Anarhichas minor

Description

Les loups sont caractérisés par les dents saillantes semblables à des canines qu'ils portent sur le devant de la mâchoire, par leur corps allongé et par l'absence de nageoires pelviennes. Grand prédateur benthique, le loup tacheté, Anarhichas minor, se distingue des deux autres loups de l'Atlantique par les taches foncées qui ornent son corps, sa musculature ferme et la disposition de ses dents au palais.

Répartition

On trouve le loup tacheté dans les eaux froides des plateaux et talus continentaux de l’Atlantique Nord, depuis l’Écosse jusqu’à l’île du Cap-Breton. Dans l’ouest de l’Atlantique Nord, il occupe surtout les eaux au nord-est de Terre-Neuve. Ailleurs dans les eaux canadiennes, on ne trouve qu’occasionnellement des individus égarés de l’espèce.

Habitat

Le loup tacheté vit dans des eaux de 50 à 600 m de profondeur, à des températures inférieures à 5°C. Il occupe généralement des fonds de sable ou de boue au large, souvent près de blocs rocheux.

Biologie

La fraye a lieu l’été. La femelle pond ses œufs en une masse sur le fond marin. Les jeunes demeurent la plupart du temps près du fond et ne se dispersent pas très loin. Les adultes semblent ne faire que des migrations limitées, peut-être saisonnières. L’espèce croît lentement, n’atteignant pas la maturité avant sept à dix ans. Le loup tacheté se nourrit d’une grande diversité de proies, notamment des crustacés, des mollusques, des étoiles de mer, des vers tubicoles, des oursins, des macroalgues et des lançons. Les échinodermes constituent sa principale source de nourriture, mais les poissons, en particulier ceux rejetés à l’eau par les chalutiers, peuvent constituer une part importante de son régime alimentaire.  

Taille et tendances des populations 

Les relevés scientifiques effectués dans l’ouest de l’Atlantique mettent en évidence des déclins marqués de l’abondance du loup tacheté depuis 21 ans, soit environ trois générations de ce poisson. Depuis 1978, ses effectifs dans les eaux terre-neuviennes affichent une baisse de 96 p.100, et le nombre de sites de relevé où il est présent a significativement diminué. Sa taille moyenne a également diminué avec le temps.

Facteurs limitants et menaces

Le loup tacheté figure dans les débarquements commerciaux de l’Islande et des îles Féroé, mais les captures sont généralement faibles. Il est capturé de façon accessoire dans la pêche du loup de l’ouest de l’Atlantique Nord, où le Canada et le Groenland sont les principaux pays pêcheurs depuis 1980; le Portugal s'est joint à eux dans les années 1990. Dans l'ouest de l'Atlantique, les débarquements ont atteint un sommet en 1979 (environ 22 000 tonnes), mais n'ont cessé de baisser depuis, jusqu'à moins de 2 000 tonnes en 1996. Même les prélèvements sous forme de prises accessoires ont un effet néfaste sur les populations de loups. Le chalutage de fond, qui détruit et perturbe l'habitat, nuit sans doute à l'espèce. 

Protection actuelle

Comme le loup atlantique ne fait actuellement l'objet d'aucune pêche dirigée dans l'ouest de l'Atlantique, il n'est soumis à aucune forme de gestion, et aucun mécanisme particulier, comme des totaux autorisés de captures, n'assure sa protection. 

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
**** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999
.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.