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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre nocturne au Canada - 2001

ÉVALUATION ET STATUT PROPOSÉ

L’aire de répartition de la couleuvre nocturne (Hypsiglena torquata) est très vaste et s’étend du sud de la Colombie-Britannique jusqu’au Mexique et en Amérique centrale jusqu’au Costa Rica en passant par onze États des États-Unis. La couleuvre nocturne est une espèce très variable qui comporte plusieurs sous-espèces (Wright et Wright, 1957; Dixon et Dean, 1986). Également largement répartie, la sous-espèce du nord, l’Hypsiglena torquata deserticola, se rencontre du sud de la Colombie-Britannique jusqu’en Californie et en Basse-Californie. Toutefois, l’aire connue de cette sous-espèce est fragmentée dans le nord de l’État de Washington et le sud de la Colombie-Britannique (Lacey et al., 1996).

La couleuvre nocturne est inscrite sur la Liste rouge de la Colombie-Britannique. Les espèces inscrites sur cette liste sont considérées en vertu de la loi comme en voie de disparition ou menacées, ou candidates à ces désignations (Wildlife Bulletin No. B-74, Ministry of Environment, Lands and Parks, 1995). En accord avec cette inscription, je recommande au COSEPAC de désigner la couleuvre nocturne « espèce en voie de disparition ». Cette recommandation s’appuie sur les considérations suivantes :

1.     À ce jour, moins de 20 couleuvres nocturnes ont été trouvées en Colombie-Britannique, et l’espèce n’est présente nulle part ailleurs au Canada. Le petit nombre de spécimens observés pourrait être dû à la faible taille ou au comportement discret de l’espèce ou encore à sa rareté, mais il est impossible à l’heure actuelle de discriminer entre ces deux hypothèses. Dans les circonstances, il semble préférable de pécher par excès de prudence. Il convient de noter qu’en Idaho, non loin de la Colombie-Britannique, Diller and Wallace (1986) ont capturé cette espèce facilement et l’ont décrite comme la troisième espèce de serpent la plus abondante et l’espèce de serpent discrète, fouisseuse ou nocturne la plus abondante. Même s’il est vrai qu’il faut rechercher cette espèce à la bonne période de l’année en utilisant les bonnes méthodes, le nombre d’observations dans la vallée de l’Okanagan est très faible compte tenu du nombre de naturalistes qui sillonnent la région depuis des années. Pour toutes ces raisons, il faut considérer l’espèce comme rare en Colombie-Britannique.

2.     L’aire de répartition connue de la couleuvre nocturne en Colombie-Britannique est très restreinte. Une fois de plus, et ne serait-ce que pour cette raison, la prudence nous dicte d’accorder un niveau de protection élevé à cette espèce.

3.     La croissance de la population humaine et, de là, l’essor des secteurs agricoles, immobiliers et commerciaux imposent une pression considérable sur l’habitat naturel de l’espèce à l’échelle de sa répartition connue en Colombie-Britannique. La perte d’habitat représente donc une grave menace pour la couleuvre nocturne, en particulier compte tenu de notre connaissance extrêmement limitée des besoins de l’espèce en matière d’habitat. La croissance de la population humaine constitue également une menace pour la couleuvre à cause des perturbations engendrées par les activités récréatives ou autres et de la destruction délibérée ou accidentelle de couleuvres par les humains et leurs véhicules et animaux de compagnie.

4.     Trois autres espèces de serpents habitant des milieux xériques dans le sud de la vallée de l’Okanagan figurent sur la Liste bleue, en partie à cause de la vulnérabilité particulière de leur habitat. Les espèces inscrites sur cette liste sont considérées comme vulnérables ou sensibles (Wildlife Bulletin No. B-74, Ministry of Environment, Lands and Parks, 1995). Étant donné que ces trois espèces sont apparemment beaucoup plus abondantes et répandues en Colombie-Britannique que la couleuvre nocturne et qu’aucune n’est confinée à la vallée de l’Okanagan ou à une portion aussi petite de la vallée, il convient de placer la couleuvre nocturne dans une catégorie de risque plus élevé.

5.     Le potentiel de sauvetage par des immigrants provenant de populations du nord de l’État de Washington paraît très faible parce qu’une large part des vastes steppes arbustives sèches de cet État ont été converties en terres agricoles irriguées pour la culture du blé et d’autres céréales (D. Frazer, comm. pers.).

Pour les raisons évoquées ci‑dessus, je recommande d’attribuer à la couleuvre nocturne le statut d’espèce en voie de disparition au Canada.