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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre nocturne au Canada - 2001

INTRODUCTION

La couleuvre nocturne, Hypsiglena torquata Günther, est la seule espèce de serpent à crochets postérieurs au Canada. Chez les serpents de ce type, les dents qui servent à injecter le venin sont plus grosses, cannelées ou non, et situées à l’arrière du maxillaire de la mâchoire supérieure, d’où les mouvements de mastication exercés pour amener ces dents en contact avec les proies ou les prédateurs potentiels (Greene, 1997). Bien qu’elle soit techniquement venimeuse, la couleuvre nocturne appartient à la famille des Colubridés (« serpents inoffensifs »), qui regroupe la plupart des espèces canadiennes de serpents. Contrairement aux autres espèces de serpents présentes au Canada, à l’exception possible de celles des genres Contia et Diadophis (Greene, 1997), elle appartient aux Colubridés dipsadinés du Nouveau Monde. La plupart des espèces de ce groupe sont néotropicales et se rencontrent principalement en Amérique centrale (Greene, 1997).

Description de l’espèce

La couleuvre nocturne est un petit serpent (LMC [longueur du museau au cloaque] de 255–530 mm) au dos brun ou gris pâle avec des taches gris ou brun foncé. La tête est aplatie, plus ou moins triangulaire. L’arrière du cou est marqué de deux ou trois taches brunes bien nettes de forme variable, tandis qu’une bande longitudinale brun foncé s’étend de chaque côté de la tête derrière et devant les yeux. La pupille est verticale. Le ventre est jaunâtre ou blanc (Gregory et Campbell, 1984; Stebbins, 1985; F. Cook, comm. pers. à P. Gregory). Les taches dorsales sont réparties en plusieurs rangées : une rangée médio-dorsale de taches plus ou moins paires alternant avec une rangée de taches latérales plus petites et une deuxième rangée de taches encore plus petites située plus bas sur les côtés (Gregory et Campbell, 1984). Les écailles sont lisses (Gregory et Campbell, 1984). La couleuvre nocturne possède 19 à 23 rangées d’écailles à mi-corps (Tanner, 1944). Les deux spécimens de Colombie-Britannique pour lesquels on dispose de données avaient 21 et 23 rangées d’écailles à mi-corps (Lacey et al., 1996). Les mâles présentent une carène supra-anale, mais pas les femelles (Blanchard, 1931).

Taxinomie

À l’origine, Cope (1860) a décrit le genre Hypsiglena (couleuvres nocturnes) pour une espèce qu’il a nommée Hypsiglena ochrorhyncha. Plus tôt au cours de la même année, Günther avait décrit un serpent de l’île Laquana, au Nicaragua (localité‑type), sous le nom de Leptodeira torquata (description originale). Comme le serpent décrit par Günther a par la suite été rangé dans le genre Hypsiglena, Cope est reconnu comme l’auteur du genre et Günther, comme celui de l’espèce. Au sein des Colubridés dipsadinés du Nouveau Monde, Rodríguez-Robles et al. (1999) regroupent les Hypsiglena avec les Leptodeira (8 espèces), le Crophis hallbergi, les Imantodes (6 espèces), l’Eridiphas slevini et le Pseudoleptodeira latifasciata dans le « clade Leptodeira », et les deux dernières espèces avec l’Hypsiglena torquata Günther dans le « clade Hypsiglena ».

Depuis sa création, le genre Hypsiglena a subi de nombreuses divisions et combinaisons d’espèces et de sous-espèces (voir Gregory et Gregory, 1999). Tanner (1944) a reconnu cinq espèces, dont une, l’Hypsiglena ochrorhyncha, renfermait 10 sous-espèces, notamment celle présente en Colombie-Britannique. Toutefois, en l’espace de 15 ans, ce nombre a été réduit à une seule espèce, l’Hypsiglena torquata Günther, et 11 sous‑espèces, dont six nord-américaines (Schmidt, 1953; Wright et Wright, 1957). Depuis, le nombre d’espèces (Dixon, 1965; Hardy et McDiarmid, 1969), le regroupement des sous-espèces (Dixon, 1965; Dixon et Dean, 1986) et la description d’une nouvelle espèce du centre du Mexique, l’Hypsiglena tanzeri (Dixon et Lieb, 1972; Dixon et Dean, 1986), et d’un nouveau genre, Eridiphas (d’Hypsiglena slevini à Eridiphas slevini), suscitent la controverse parmi les spécialistes. Tel qu’il est défini aujourd’hui, le genre renferme au moins deux espèces, l’Hypsiglena tanzeri et l’Hypsiglena torquata, cette dernière étant représentée par 11 sous-espèces(Dixon et Lieb, 1972; Dixon et Dean, 1986; Collins, 1997). La seule sous-espèce présente au Canada est l’H. t. deserticola Tanner (Gregory et Cambell, 1984). Les autres sont l’H. t. ochrorhyncha Cope, l’H. t. nuchalata Tanner, l’H. t. klauber Tanner, l’H. t. loreala Tanner, l’H. t. jani Duges, l’H. t. torquata Günther, l’H. t. venusta Mocquard, l’H. t. affinis Boulenger, l’H. t.  chlorophaea Cope et l’H. t. tortugeaensis Tanner (Tanner, 1981; Dixon et Dean, 1986; Collins, 1997). Sur le site Web 1997 du Center for North American Amphibians and Reptiles (CNAAR), Collins, se fondant sur un article de Grismer et al. (1994), synonymise les deux sous-espèces H. t. deserticola et H. t. klauber avec l’H. t. ochrorhyncha. Ce changement aurait pour effet de modifier le nom de la sous-espèce présente en Colombie-Britannique, mais comme la raison de ce changement n’est pas claire, le nom subspécifique H. t. deserticola (Tanner, 1944) est conservé et demeure valide pour la sous-espèce rencontrée au Canada.

Historique de la présence de la couleuvre nocturne au Canada

La couleuvre nocturne a été trouvée pour la première fois au Canada le 28 septembre 1980 dans la vallée de l’Okanagan, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique (Gregory et Campbell, 1984). Depuis, seulement 16 autres individus ont été observés, photographiés ou capturés (Lacey et al., 1996). Moins de cinq individus ont été trouvés depuis mai 1995 (M. Sarell, comm. pers.). La couleuvre nocturne n’a fait l’objet d’aucune étude spécifique en Colombie-Britannique, mais Lacey et al. (1996) ont présenté un sommaire des données disponibles se rapportant aux spécimens observés dans la province. Ces données incluent les informations publiées dans un article de revue par Valadka (1992) et un rapport inédit de Bufo Incorporated (1993) exposant la situation de l’espèce en Colombie-Britannique.