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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre nocturne au Canada - 2001

TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Aucune donnée n’est disponible sur la taille des populations de la couleuvre nocturne, que ce soit en Colombie-Britannique ou ailleurs à l’échelle de l’aire de l’espèce. On dispose toutefois de données sur le nombre de captures ou d’observations effectuées dans le cadre d’études visant spécifiquement la couleuvre nocturne ou d’autres espèces. Dans la Birds of Prey Natural Area (BPNA), en bordure de la rivière Snake en Idaho, Diller et Wallace (1986) ont capturé, à l’aide de clôtures de déviation, 33 H. t. deserticola entre mai et septembre 1978 et un total de 51 individus de 1977 à 1979. Cinq autres individus ont été trouvés écrasés sur la route ou capturés à la main. Parmi les couleuvres recueillies à l’aide de clôtures de déviation, l’Hypsiglena torquata deserticola était la troisième espèce la plus abondante, après le Pituophis catenifer et le Masticophis taeniatus. Dans un article publié quelques années plus tôt, Diller et Wallace (1981) avaient signalé la capture de 60 H. t. deserticola au même endroit (BPNA) entre 1975 et 1979. Ce nombre inclut peut-être les 56 (51 + 5) couleuvres mentionnées ultérieurement par Diller et Wallace (1986). Diller et Wallace (1981) indiquaient cependant que l’H. t. deserticola était l’espèce discrète, fouisseuse ou nocturne la plus abondante et rappelaient l’importance d’utiliser des méthodes d’échantillonnage appropriées pour obtenir des estimations réalistes des effectifs de cette espèce discrète. Il est également important d’effectuer les échantillonnages à la bonne période de l’année, comme l’ont démontré Diller et Wallace (1986) en capturant 21 couleuvres nocturnes en une seule journée en avril 1983. En Oregon, Dunlap (1959) a capturé huit couleuvres nocturnes près d’un pont dans un secteur volcanique entre mai 1949 et septembre 1955. Plus au sud, Price (1987) a recueilli sur une période de six ans 136 H. t. jani dans des pièges fosses alors qu’il étudiait l’écologie des lézards.

Comme moins de deux douzaines de couleuvres nocturnes ont été trouvées en Colombie-Britannique depuis 1980 en dépit de recherches répétées, il y a lieu de croire que les effectifs de l’espèce sont faibles. Cette impression pourrait cependant être attribuable au comportement discret de l’espèce et au fait que cette dernière n’a fait l’objet d’aucune étude rigoureuse en Colombie-Britannique. Cette province constitue cependant la limite nord de l’aire de la couleuvre nocturne, et il est fort possible que cette espèce y soit réellement moins abondante.

Compte tenu du nombre élevé de naturalistes qui parcourent la vallée de l’Okanagan depuis des années, le fait qu’aucune couleuvre nocturne n’y ait été observée avant 1980 est surprenant (Lacey et al., 1996). L’apparition subite de la couleuvre nocturne en Colombie-Britannique pourrait résulter d’une extension de l’aire de l’espèce vers le nord, mais cette hypothèse semble improbable. Il se peut que les méthodes d’échantillonnage utilisées n’aient pas favorisé la découverte de l’espèce.