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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la droséra filiforme (Drosera filiformis) au Canada

Généralités

Le droséra filiforme est une herbacée vivace de petite taille. L’espèce est autotrophe, mais aussi carnivore (voir ci-dessous). Sa répartition dans les tourbières ombrotrophes qui constituent son habitat en Nouvelle-Écosse est très fragmentée.

Reproduction

Le droséra filiforme est une espèce entomophile. L’anthèse commence à la fin de juillet et se poursuit en août. La plante produit généralement environ huit capsules contenant chacune autour de 70 graines (Zinck, 1991). L’espèce se reproduit par les graines, celles-ci étant probablement dispersées dans l’entourage de la plante par l’eau. Les micromilieux perturbés, où la tourbe est mise à nu, semblent particulièrement propices à l’établissement des semis. L’espèce peut se transplanter entière, avec son tubercule, et peut être multipliée par bouturage (Lloyd, 1942; Schwartz, 1975; Swenson, 1977; Juniper et al., 1989; Lecoufle, 1991).

Survie

Le droséra filiforme est vivace, mais on ne connaît pas sa longévité. La majorité des 12 sujets qui ont été transplantés dans un milieu côtier propice, dans le comté de Halifax, étaient toujours vivants 15 ans plus tard (Wolfgang Maass, comm. pers.).

Dispersion

Les graines du droséra filiforme peuvent être dispersées dans le milieu par l’eau.

Nutrition et interactions interspécifiques

Le droséra filiforme est une espèce autotrophe, capable de synthétiser toute sa matière par photosynthèse. Cependant, comme d’autres espèces du même genre et de genres différents, par exemple la sarracénie, elle est aussi carnivore, c’est-à-dire capable de capturer et de digérer de petits arthropodes pour en assimiler les éléments nutritifs. Si un animal se pose sur une feuille, il est englué par le liquide visqueux sécrété par les poils glanduleux. La feuille se recourbe ensuite sur elle-même pour renfermer la proie, puis celle-ci est digérée par des enzymes extracellulaires sécrétées par la plante. Le carnivorisme assure essentiellement un apport supplémentaire d’azote inorganique et de phosphate (Darwin, 1875; Krafft et Handel, 1991). Comme l’espèce croît dans un milieu oligotrophe et même très pauvre en éléments nutritifs, cette aptitude est importante pour sa survie.