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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii) au Canada - Mise à jour

Résumé

Limnanthe de Macoun
Limnanthes Macounii

Information sur l’espèce

La limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii) est une plante annuelle à racines fasciculées et à tiges décombantes relevées à l’extrémité. Les feuilles sont alternes et composées-pennées. Les fleurs sont blanches et discrètes et comportent quatre sépales, quatre pétales et huit étamines; le pistil est quadrilobé, le style se terminant par quatre stigmates. Le fruit est composé d’au plus quatre nucules.

L’espèce est endémique du sud de l’île de Vancouver et de quelques îles voisines. Au Canada, c’est la seule espèce indigène du genre Limnanthes et une des deux seules espèces de la famille des Limnanthacées, l’autre étant la floerkée fausse-proserpinie (Floerkea proserpinacoides).

Parmi les Limnanthacées, la limnanthe de Macoun est la seule espèce dont les pièces florales sont en multiples de quatre; chez toutes les autres, ces pièces sont en multiples de cinq.

Répartition

La limnanthe de Macoun n’a été observée que dans le sud de l’île de Vancouver et dans quelques îles voisines. Elle n’a jamais été trouvée sur le continent, ni en Colombie-Britannique, ni dans l’État de Washington.

En 1998, une grande population d’une plante qu’on a d’abord considérée comme la limnanthe de Macoun a été découverte en Californie, dans un champ de choux, mais cette plante n’a encore jamais été observée en milieu naturel. Elle se distingue de la plante de Colombie-Britannique par plusieurs caractères, et il s’agit probablement d’une espèce non décrite.

Habitat

La limnanthe de Macoun se rencontre pendant seulement une partie de l’année, dans des dépressions humides et le long de petits suintements intermittents, à basse altitude, en général près de l’océan. La majorité des sites se trouvent dans les parties dégagées d’écosystèmes à chêne de Garry.

Biologie

La limnanthe de Macoun est une annuelle d’hiver. Ses graines germent en automne, après les premières fortes pluies. La plante pousse tout l’hiver et fleurit en mars et avril. L’ovaire produit au maximum quatre nucules, qui tombent dès le début juin; la plante fane et meurt aussitôt.

Taille et tendances des populations

On connaît maintenant 28 populations restantes de la limnanthe de Macoun. Le premier rapport de situation du COSEPAC, rédigé en 1988, énumérait 52 « populations », mais bon nombre de celles-ci doivent être considérées comme de simples sous-populations. En effet, si la définition actuelle de population avait été appliquée, ce rapport n’aurait énuméré que 24 populations. Quatre des populations connues en 1988 ont été détruites, et sept populations qui étaient passées inaperçues ont été découvertes après cette date.

Sur les 52 occurrences (ou « populations ») signalées dans le rapport de 1988, 29 p. 100 (15) ont disparu, 27 p. 100 (14) ont connu une baisse d’effectif, 19 p. 100 (10) ont conservé à peu près le même effectif, et 23 p. 100 (12) ont connu une hausse d’effectif.

Facteurs limitatifs et menaces

La limnanthe de Macoun a besoin d’une humidité suffisante pendant les mois d’hiver et d’un sol dégagé. Les menaces qui pèsent sur elle sont les activités humaines et la concurrence des graminées vivaces introduites.

Importance particulière de l’espèce

La limnanthe de Macoun est une espèce endémique de Colombie-Britannique.

Protection actuelle et autres désignations

En 1988, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) a désigné la limnanthe de Macoun parmi les espèces vulnérables (devenues « espèces préoccupantes » en 1999). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a inscrit l’espèce dans la catégorie « bleue » de sa liste de surveillance.

La limnanthe de Macoun croît sur des terrains bénéficiant de divers degrés de protection juridique. Un des sites se trouve en partie dans une réserve écologique (une de ses sous-populations se trouve officiellement à l’extérieur de la réserve mais est gérée comme si elle en faisait partie). Deux populations (sept sous-populations) se trouvent dans des parcs provinciaux, trois populations se trouvent dans des parcs régionaux, et trois populations (huit sous-populations) se trouvent dans des parcs municipaux. Trois grandes populations (27 sous-populations) se trouvent sur des terres du ministère de la Défense nationale (MDN), quatre (17 sous-populations), dans des réserves indiennes, et huit (25 sous-populations), sur des terrains privés.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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