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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Musaraigne de Bendire (Sorex Bendirii) au Canada - Mise à jour

Musaraigne de Bendire
Sorex bendirii

Information sur l’espèce

La musaraigne de Bendire est la plus grande espèce de Sorex d’Amérique du Nord. Elle mesure 154 mm de longueur et pèse 10,6 g; son pelage dorsal varie de brun foncé à noir; le dessous est brun foncé. La queue est unie et d’un brun foncé. Les grandes pattes postérieures sont munies d’une frange rigide de poils mesurant jusqu’à 1 mm de longueur.

Répartition

L’aire de la musaraigne de Bendire s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’ouest de l’Oregon, au Washington et au sud-ouest de la Colombie-Britannique. Au Canada, la musaraigne de Bendire est confinée à la région de la vallée du Bas-Fraser dans l’extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique, où elle s’étend vers l’est jusqu’à la rivière Chilliwack et au lac Harrison. Les basses altitudes (moins de 800 m) de la chaîne Côtière du côté nord du Fraser constituent les limites septentrionales de l’aire de répartition. Les 142 occurrences connues concernent environ 44 emplacements ou sites distincts. En se fondant sur les occurrences historiques et récentes, la zone d’occurrence mesure environ 3 350 km².

Habitat

La musaraigne de Bendire est associée aux marais de choux puants, aux habitats d’aulnes rouges riverains et lotiques, ainsi qu’aux forêts humides denses de cèdre rouge de l’Ouest. La plupart des captures ont lieu dans des habitats riverains à proximité de l’eau. Toutefois, des individus ont été capturés dans la forêt jusqu’à 25-350 m de cours d’eau. Bien que les habitats boisés soient importants, l’espèce a été trouvée en Colombie-Britannique dans des zones herbeuses non boisées longeant des fossés et des bourbiers. Il n’existe pas de données précises sur les tendances de l’habitat ni de données quantitatives relativement au taux de perte de l’habitat au cours des 10 dernières années. Cependant, les habitats de terres humides et forestiers connaissent un déclin depuis 100 ans. Les aires protégées se limitent à 26 parcs provinciaux et régionaux. Sur les terres domaniales situées à l’intérieur de l’aire de répartition connue se trouvent quatre propriétés du ministère de la Défense nationale et environ 62 terres de réserves indiennes. La proportion de l’habitat situé dans des terres publiques provinciales est faible, probablement inférieure à 20 p. 100.

Biologie

La biologie fondamentale de l’espèce a été très peu étudiée. Il s’agit essentiellement d’un insectivore qui se nourrit de larves d’insectes, de limaces, d’escargots, d’éphémères et de vers de terre. Au moins 25 p. 100 de ses proies sont aquatiques. La musaraigne de Bendire, semi-aquatique, peut nager et plonger sous l’eau. Elle est capable de nager sans interruption pendant un maximum de 3,5 minutes et de demeurer sous l’eau 60 secondes. La période de reproduction s’étend de février à août, et les femelles produisent deux ou trois portées de cinq à sept jeunes. La durée d’une génération est d’environ un an.

Taille et tendances des populations

Il n’existe pas d’estimation de la densité de la population de cette espèce dans aucune partie de son aire de répartition, et le nombre total d’individus ainsi que le nombre d'individus adultes au Canada sont inconnus. La musaraigne de Bendire semble rare sur toute son aire de répartition. Les fluctuations annuelles de la population sont également inconnues. Les tendances à long terme de la population ne peuvent qu’être inférées à partir de rapports anecdotiques et de preuves de captures historiques.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la répartition de la musaraigne de Bendire coïncide avec une zone fortement urbanisée où l’aménagement et la modification de l’habitat sont rapides. La rareté de l’espèce, ajoutée au fait qu’elle se limite aux habitats riverains et humides, la rend vulnérable aux pertes, fragmentations et dégradations de son habitat attribuables à l’aménagement. En effet, l’aménagement résidentiel, commercial, industriel et récréatif, comme les terrains de golf, réduit la superficie des zones boisées et des habitats riverains en bordure de ruisseaux ou de terres humides et la gestion des écoulements et des eaux pluviales y cause une dégradation de l’habitat.

Importance de l’espèce

La musaraigne de Bendire fait partie de la faune de la région côtière du Pacifique, un groupe de mammifères côtiers s’étendant du nord de la Californie à la Colombie-Britannique et au sud-est de l’Alaska.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a accordé en 1994 la désignation de menacée à cette espèce. Le statut a été réexaminé et confirmé en mai 2000. La Colombie-Britannique a coté l’espèce S1S2, soit gravement en péril ou en péril (critically imperiled or imperiled). Aux termes de la Wildlife Act provinciale, il est interdit de tuer et de récolter la musaraigne de Bendire; elle est inscrite en tant qu’« espèce sauvage identifiée » conformément à la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique. La protection de l’habitat riverain est également assurée par le Riparian Areas Regulation de la Fish Protection Act provinciale. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a quant à lui mis en place un ensemble de lignes directrices en vue de l’établissement de zones aquatiques sensibles qui protègent les poissons et leur habitat. Le Riparian Areas Regulation provincial et les règlements du MPO s’appliquent seulement aux cours d’eau, ruisseaux, fossés ou zones humides contenant des poissons ou qui sont reliés à des écosystèmes d’eau douce contenant des poissons. Aucune zone de l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire ne se situe dans un parc national, mais des sections de son aire de répartition connue se trouvent dans cinq parcs provinciaux et 26 parcs régionaux. Les zones protégées de la rive sud du Fraser sont petites et non reliées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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