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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Musaraigne de Bendire (Sorex Bendirii) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Musaraigne de Bendire
Sorex bendirii
au Canada

Musaraigne de Bendire (Sorex bendirii)

Espèce en voie de disparition

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 33 p.

Rapport précédent

Galindo-Leal, C. et Runciman, J.B. 1994. Rapport de situation du COSEPAC sur la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada. Comite sur la situation des especes en peril au Canada. Ottawa. 1+ 33 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier David Nagorsen qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii), en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Mark Brigham, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mammifères terrestres du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Pacific water shrew Sorex bendirii in Canada.

Illustration de la couverture

Musaraigne de Bendire -- par Ron Altig.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
de catalogue CW69-14/81-2006F-PDF
ISBN0-662-71784-8

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Sommaire de l’évaluation -- Avril 2006

Nom commun : Musaraigne de Bendire

Nom scientifique : Sorex Bendirii

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : L'habitat de cette espèce rare, confiné à la région de la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique, continue de diminuer et de se fragmenter en raison de l'aménagement. Une immigration de source externe est peu probable. L'espèce est extrêmement rare dans toute son aire de répartition.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1994 et en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Musaraigne de Bendire
Sorex bendirii

Information sur l’espèce

La musaraigne de Bendire est la plus grande espèce de Sorex d’Amérique du Nord. Elle mesure 154 mm de longueur et pèse 10,6 g; son pelage dorsal varie de brun foncé à noir; le dessous est brun foncé. La queue est unie et d’un brun foncé. Les grandes pattes postérieures sont munies d’une frange rigide de poils mesurant jusqu’à 1 mm de longueur.

Répartition

L’aire de la musaraigne de Bendire s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’ouest de l’Oregon, au Washington et au sud-ouest de la Colombie-Britannique. Au Canada, la musaraigne de Bendire est confinée à la région de la vallée du Bas-Fraser dans l’extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique, où elle s’étend vers l’est jusqu’à la rivière Chilliwack et au lac Harrison. Les basses altitudes (moins de 800 m) de la chaîne Côtière du côté nord du Fraser constituent les limites septentrionales de l’aire de répartition. Les 142 occurrences connues concernent environ 44 emplacements ou sites distincts. En se fondant sur les occurrences historiques et récentes, la zone d’occurrence mesure environ 3 350 km².

Habitat

La musaraigne de Bendire est associée aux marais de choux puants, aux habitats d’aulnes rouges riverains et lotiques, ainsi qu’aux forêts humides denses de cèdre rouge de l’Ouest. La plupart des captures ont lieu dans des habitats riverains à proximité de l’eau. Toutefois, des individus ont été capturés dans la forêt jusqu’à 25-350 m de cours d’eau. Bien que les habitats boisés soient importants, l’espèce a été trouvée en Colombie-Britannique dans des zones herbeuses non boisées longeant des fossés et des bourbiers. Il n’existe pas de données précises sur les tendances de l’habitat ni de données quantitatives relativement au taux de perte de l’habitat au cours des 10 dernières années. Cependant, les habitats de terres humides et forestiers connaissent un déclin depuis 100 ans. Les aires protégées se limitent à 26 parcs provinciaux et régionaux. Sur les terres domaniales situées à l’intérieur de l’aire de répartition connue se trouvent quatre propriétés du ministère de la Défense nationale et environ 62 terres de réserves indiennes. La proportion de l’habitat situé dans des terres publiques provinciales est faible, probablement inférieure à 20 p. 100.

Biologie

La biologie fondamentale de l’espèce a été très peu étudiée. Il s’agit essentiellement d’un insectivore qui se nourrit de larves d’insectes, de limaces, d’escargots, d’éphémères et de vers de terre. Au moins 25 p. 100 de ses proies sont aquatiques. La musaraigne de Bendire, semi-aquatique, peut nager et plonger sous l’eau. Elle est capable de nager sans interruption pendant un maximum de 3,5 minutes et de demeurer sous l’eau 60 secondes. La période de reproduction s’étend de février à août, et les femelles produisent deux ou trois portées de cinq à sept jeunes. La durée d’une génération est d’environ un an.

Taille et tendances des populations

Il n’existe pas d’estimation de la densité de la population de cette espèce dans aucune partie de son aire de répartition, et le nombre total d’individus ainsi que le nombre d'individus adultes au Canada sont inconnus. La musaraigne de Bendire semble rare sur toute son aire de répartition. Les fluctuations annuelles de la population sont également inconnues. Les tendances à long terme de la population ne peuvent qu’être inférées à partir de rapports anecdotiques et de preuves de captures historiques.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la répartition de la musaraigne de Bendire coïncide avec une zone fortement urbanisée où l’aménagement et la modification de l’habitat sont rapides. La rareté de l’espèce, ajoutée au fait qu’elle se limite aux habitats riverains et humides, la rend vulnérable aux pertes, fragmentations et dégradations de son habitat attribuables à l’aménagement. En effet, l’aménagement résidentiel, commercial, industriel et récréatif, comme les terrains de golf, réduit la superficie des zones boisées et des habitats riverains en bordure de ruisseaux ou de terres humides et la gestion des écoulements et des eaux pluviales y cause une dégradation de l’habitat.

Importance de l’espèce

La musaraigne de Bendire fait partie de la faune de la région côtière du Pacifique, un groupe de mammifères côtiers s’étendant du nord de la Californie à la Colombie-Britannique et au sud-est de l’Alaska.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a accordé en 1994 la désignation de menacée à cette espèce. Le statut a été réexaminé et confirmé en mai 2000. La Colombie-Britannique a coté l’espèce S1S2, soit gravement en péril ou en péril (critically imperiled or imperiled). Aux termes de la Wildlife Act provinciale, il est interdit de tuer et de récolter la musaraigne de Bendire; elle est inscrite en tant qu’« espèce sauvage identifiée » conformément à la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique. La protection de l’habitat riverain est également assurée par le Riparian Areas Regulation de la Fish Protection Act provinciale. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a quant à lui mis en place un ensemble de lignes directrices en vue de l’établissement de zones aquatiques sensibles qui protègent les poissons et leur habitat. Le Riparian Areas Regulation provincial et les règlements du MPO s’appliquent seulement aux cours d’eau, ruisseaux, fossés ou zones humides contenant des poissons ou qui sont reliés à des écosystèmes d’eau douce contenant des poissons. Aucune zone de l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire ne se situe dans un parc national, mais des sections de son aire de répartition connue se trouvent dans cinq parcs provinciaux et 26 parcs régionaux. Les zones protégées de la rive sud du Fraser sont petites et non reliées.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Nom et classification

Le Sorex bendirii (Merriam, 1884) appartient à l’ordre des insectivores et à la famille des Soricidés. Jackson (1928) a assigné le S. bendirii au sous-genre Atophyrax (le seul membre de ce groupe), mais actuellement la plupart des taxinomistes (Findley, 1955) considèrent cette espèce comme un membre du sous-genre Otiosorex, qui inclut certaines espèces de musaraignes nord-américaines. En se fondant sur la morphologie, Findley (1955) considérait le S. bendirii et les musaraignes palustres (Sorex palustris) comme des espèces sœurs. Les données alloenzymatiques (George, 1988) et de l’ADN mitochondrial (ADNmt) (Demboski et Cook, 2001; O’Neill et al., 2005) appuient également la reconnaissance de S. bendirii et de S. palustris comme taxons frères. Bien que la couleur de leur pelage et leur morphologie crânienne et dentaire diffèrent, la divergence génétique (gène cytochrome b) entre ces deux espèces est d’environ 3,1 p. 100, donc dans la plage de divergence interspécifique de la plupart des espèces de musaraignes(Fumagalli et al., 1999). Une analyse cladistique (O’Neill et al., 2005) comparant le S. bendirii avec des échantillons de S. palustris de l’île de Vancouver (S. p. brooksi), de la Cordillère de l’Alaska, du Yukon, de la Colombie-Britannique et de l’Utah (Spnavigator), ainsi que du nord de l’Alberta (Sppalustris) ont révélé que le S. bendirii, le S. p. brooksi et le S. p. navigator partagent un ancêtre commun et que leur ascendance est distincte de celle du Sppalustris. Ces modèlesphylogéographiquesont été attribués à la vicariance et à l’isolement dans plusieurs refuges pendant le Pléistocène.

Traditionnellement, trois sous-espèces sont reconnues : S. b. albiventer (presqu’île Olympic de l’État de Washington), S. b. bendirii (Californie, Oregon, Washington et Colombie-Britannique) et S. b. palmeri (côte de l’Oregon et nord de la Californie). Elles présentent des différences minimes quant à la couleur du pelage ventral et à la taille (Jackson, 1928; Hoffmann, 1971). Les données de l’ADNmt soulèvent des doutes relativement à la validité de ces sous-espèces. L’étude génétique d’O’Neill et al. (2005) incluait des échantillons de S. b. bendirii de la Colombie-Britannique et de S. b. palmeri de l’Oregon. Trois arbres phylogénétiques calculés par O’Neill et al. (2005) ne montraient pas que deux clades ou groupes concordaient avec ces taxons.

Le nom commun français de cette espèce est musaraigne de Bendire. Les noms communs anglais sont Pacific Water Shrew, Bendire Shrew et Marsh Shrew.

Description morphologique

La musaraigne de Bendire est la plus grande espèce de Sorex d’Amérique du Nord. Son pelage dorsal varie de brun foncé à noir; le dessous est brun foncé (figure 1). La queue est unie et d’un brun foncé. Les grands pieds postérieurs sont munis d’une frange rigide de poils mesurant jusqu’à 1 mm de longueur, très visible chez les jeunes. Selon Maser (1975), de petites projections charnues sont présentes sur la bordure extérieure de chaque naseau. Le crâne est robuste avec un rostre courbe de profil. La formule dentaire est la suivante : incisives 1/1, unicuspides 5/1, prémolaires 1/1 et molaires 3/3. Parmi les traits dentaires distinctifs, on trouve : une troisième unicuspide supérieure plus petite que la quatrième, une grande pointe médiale sur la face antérieure de la première incisive supérieure et deux crêtes sur la surface occlusale de la quatrième prémolaire inférieure (Carraway, 1995; Nagorsen, 1996).

Figure 1. Musaraigne de Bendire (Sorex bendirii). Photo de Ronn Altig.

Figure 1. Musaraigne de Bendire (Sorex bendirii). Photo de Ronn Altig.

Les mensurations (fourchettes de mesures entre parenthèses) des individus canadiens sont les suivantes : longueur totale, 154 mm (137-176) n = 95; vertèbre caudale, 70 mm (61-81) n = 94; pied arrière, 19 mm (17-21) n = 93; oreille, 8 mm (7-9) n = 3; et masse corporelle, 10,6 g (10,0-17,2) n = 13 (Nagorsen, 1996).

Sa grande taille (longueur totale > 130 mm; pied arrière > 18 mm; longueur du crâne > 19,0 mm; longueur palatine > 8,2 mm) et sa frange de poils sur le pied arrière distinguent le S. bendirii de toutes les autres espèces canadiennes de musaraignes, à l’exception de la musaraigne palustre(S. palustris), qui peut être identifiée par son pelage de gris à noir, son ventre argenté, sa queue bicolore ayant un revers pâle, ainsi qu’un crâne plus petit avec un rostre non courbé vers le bas. Bien que les deux espèces puissent facilement être distinguées de près, l’identification exacte d’individus vivants en liberté est difficile.

Description génétique

Il n’existe pas de données sur la structure de la population de cette musaraigne au Canada. En Colombie-Britannique, le Fraser constitue le seul obstaclegéographique potentiel; il s’agit d’un important plan d’eau dont on s’attendrait à ce qu’il restreigne le flux génétique entre les musaraignes de Bendire habitant des côtés nord et sud du fleuve. Les analyses de la variation de l’ADNmt (cytochrome b) d’O’Neill et al. (2005) effectuées sur cinq individus de la Colombie-Britannique constituent les seules données sur la variation génétique. Les valeurs de divergence génétique chez ces individus ont varié de 0,3 à 1,0 p. 100, ce qui suggère une certaine variation génétique. Toutefois, la variation n’a pas montré de structure géographique claire ni de preuve de divergence génétique des côtés nord et sud du Fraser. Leur cladogramme a mis en évidence l’existence de deux groupes de S. bendirii – l’un composé d’individus de la montagne Sumas et l’autre d’individus des environs d’Aldergrove et de la rivière Seymour sur la rive nord du Fraser. Il sera nécessaire de mener une étude génétique appliquant d’autres marqueurs génétiques, tels que l’ADN microsatellite, afin d’évaluer la structure génétique ainsi que le possible effet d’isolement du Fraser.

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Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition de la musaraigne de Bendire s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’ouest de l’Oregon, au Washington et au sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 2). Espèce de la côte du Pacifique, elle est restreinte aux basses terres côtières et aux basses altitudes des chaînes de montagnes côtières.

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii).

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, la musaraigne de Bendire est confinée à la région de la vallée du Bas-Fraser, dans l’extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique. Cette aire de répartition est restreinte à l’écorégion des basses terres continentales de l’écozone maritime du Pacifique. Il faudra effectuer d’autres relevés afin de la délimiter avec précision, mais les données historiques et récentes sur l’occurrence (figure 3) donnent à penser que l’espèce s’étend à l’est jusqu’à la rivière Chilliwack et au lac Harrison. Craig et Vennesland (2004a) ont signalé des observations de musaraignes de Bendire par des naturalistes plus loin à l’est, dans la vallée de la rivière Skagit. Toutefois, étant donné que la rivière Skagit se situe dans l’aire de répartition de la musaraigne palustre (Nagorsen, 1996), il sera nécessaire d’identifier des individus capturés afin de vérifier la présence de la musaraigne de Bendire dans cette vallée. Les basses altitudes (moins de 800 m) de la chaîne Côtière du côté nord du Fraser constituent les limites septentrionales de l’aire de répartition.

Il existe environ 142 données d’occurrences (spécimens historiques de musée, observations, captures récentes) de cette espèce au Canada. Parmi celles-ci, 99 (70 p. 100) sont des échantillons historiques de musée récoltés de 1888 à 1957. Les 142 données d’occurrences représentent environ 44 emplacements ou sites distincts.

Figure 3. Aire de répartition canadienne de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) fondée sur toutes les données d’occurrences connues historiques et récentes.

Figure 3.  Aire de répartition canadienne de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) fondée sur toutes les données d’occurrences connues historiques et récentes.

En se fondant sur les occurrences historiques et récentes, la zone d’occurrence mesure environ 3 350 km², ce quireprésente environ 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale. La zone d’occupation est inconnue. Selon une comparaison de données récentes et historiques (moins de 20 ans), Craig et Vennesland (2004a) ont conclu que la zone d’occurrence de la musaraigne de Bendire avait diminué de 16-20 p. 100, mais aucun relevé systématique de l’aire de répartition historique complète n’a été mené afin d’évaluer les changements temporels, et le déclin de l’aire soupçonné décrit par Craig et Vennesland (2004a) pourrait être un artefact du caractère récent de l’échantillon. Par exemple, aucun relevé récent n’a été effectué dans la municipalité de Vancouver (comparer les figures 3 et figure5).

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Besoins en matière d’habitat

En Oregon et au Washington, la musaraigne de Bendire est associée aux marais de choux puants (Lysichiton americanum), aux habitats d’aulnes rouges (Alnus rubra) riverains et lotiques, ainsi qu’aux forêts humides denses de cèdre rouge de l’Ouest (Thuja plicata) (Maser et al., 1984; Johnson et Cassidy, 1997; Verts et Carraway, 1998). McComb et al. (1993) ainsi que Gomez et Anthony (1998) ont montré des taux de capture sensiblement plus élevés dans les habitats riverains que dans les milieux secs; Gomez et Anthony (1998) ont conclu que cette musaraigne était une espèce obligatoire de l’habitat riverain. Anthony et al. (1987), qui ont comparé les captures de petits mammifères à l’extrémité de cours d’eau (~ 1 m de l’extrémité du cours d’eau) et dans la lisière riveraine (15-25 m du cours d’eau), ont capturé la musaraigne de Bendire uniquement dans les transects d’extrémité de cours d’eau. Cependant, d’autres chercheurs l’ont capturée à 25-350 m de cours d’eau dans des forêts riveraines et de haute terre matures (McComb et al., 1993; Gomez et Anthony, 1998). West (1991) a signalé des captures dans les forêts sèches de Douglas taxifoliés (Pseudotsuga menziesii) à des distances considérables de l’eau (aucune distance réelle établie). On ignore si les individus capturés loin de l’eau sont résidants ou de passage. En raison du petit nombre de captures de musaraigne de Bendire, les petites tailles des échantillons de la plupart des études de l’habitat restreignent les analyses statistiques. Néanmoins, les données de captures donnent fortement à penser que la musaraigne de Bendire est plus abondante dans des stades biotiques de forêts anciennes que dans les forêts jeunes (Aubry et al., 1991; McComb et al., 1993; Gomez et Anthony, 1998). Dans l’Olympic National Forest de l’État de Washington, Lomolino et Perault (2001) n’ont jamais détecté cette espèce dans les habitats de coupe à blanc.

Au Canada, l’utilisation de l’habitat est sans doute similaire à celle des populations de l’Oregon et de l’État de Washington, même si les données sur l’habitat sont restreintes aux captures ou observations occasionnelles. Brooks (1902) a signalé que l’espèce utilisait les bois denses et les marécages dans la vallée de la rivière Chilliwack. L’habitat des 3 individus capturés par Zuleta et Galindo-Leal (1994) était des ruisseaux de forêts de conifères (cèdre rouge de l’Ouest, pruche occidentale, Tsuga heterophylla) ou des forêts mixtes (érable grandifolié, Acer macrophyllum, Douglas taxifolié) dont le couvert forestier dépasse 50 p. 100. En se fondant sur les données de capture en Colombie-Britannique relatives à l’habitat, Craig (2003) a élaboré un modèle d’habitat pour un système de classement en quatre catégories. Le modèle suppose que les habitats riverains des forêts matures (stades structurels 4-7) de thuya géant ou de pruche occidentale et les forêts décidues(stades structurels 4-7) ou de conifères matures associées aux marais ou aux terres humides constituent l’habitat idéal pour cette espèce. Le modèle suppose également que l’espèce est généralement présente à au plus 60 m de ruisseaux ou de terres humides. Toutefois, comme l’a noté Craig (2003), il faudra disposer de davantage de données sur l’habitat, y compris la couverture de terres humides et les habitats anthropiques, pour raffiner le modèle. Il est également impératif de tester le modèle et de le vérifier à l’aide de relevés terrestres réels. L’espèce a été capturée en Colombie-Britannique dans des zones herbeuses non boisées longeant des fossés et des bourbiers bien que les habitats boisés y soient importants (Craig et Vennesland, 2004a). Jackson (1951) a effectué la capture la plus inhabituelle pour ce qui est de l’habitat; il s’agissait de 9 musaraignes de Bendire à Point Grey, à Vancouver, dans des débris sur des plages océaniques près de bassins alimentés par une source d’eau douce.

Tendances en matière d’habitat

Il n’existe pas de données précises sur les tendances de l’habitat de la musaraigne de Bendire ni de données quantitatives sur le taux de perte d’habitat au cours des 10 dernières années. Toutefois, il est possible d’inférer des tendances générales à partir d’études des changements des types de terre (Moore, 1990; Boyle et al., 1997) et de la perte de terres humides et de cours d’eau (ministère des Pêches et des Océans, 1998; Moore et al., 2003). Malheureusement, ces études ne s’appliquent généralement qu’à une partie des habitats occupés par la musaraigne de Bendire et n’abordent pas l’étendue de la perte de l’habitat pendant la dernière décennie. Néanmoins, elles montrent que, historiquement et au cours de la dernière décennie, des habitats forestiers et riverains ont disparu de cette aire de répartition de l’espèce.

Selon Boyle et al. (1997), une grande partie du bassin du Bas-Fraser était, avant 1820, couvert d’une forêt de conifères dense et mature. La zone comportait également d'importants milieux humides, tels que des tourbières basses, des marais, des bogs et des forêts marécageuses. Dans les années 1930, de grandes zones avaient déjà été exploitées et défrichées à des fins agricoles (tableau 1). À la suite de l’assèchement et de la construction de digues, les milieux humides d’eau douce de cette région ont rétréci d’environ 87 p. 100 entre l’arrivée des Européens, dans les années 1820, et 1990. Par exemple, le lac Sumas et ses milieux humides connexes (une zone où la musaraigne de Bendire a été signalée à la fin des années 1880) ont été asséchés et poldérisés en 1924, ce qui a entraîné la perte d’environ 8 000 ha de terrain marécageux et de bourbiers (Moore, 1990). Moore et al. (2003) ont mené une étude détaillée qui quantifiait la perte récente de milieux humides dans la région. En comparant l’inventaire de données de 1989 de Ward et al. (1992) et des orthophotographies de 1999, ils ont évalué des changements dans 320 milieux humides d’eau douce. Environ 22 p. 100 des terres humides ont subi un certain empiétement occasionné par l’aménagement urbain ou agricole, se traduisant par la perte de 965 ha (tableau 2), la plupart à des fins agricoles telles que la culture de canneberges. Le ministère des Pêches et des Océans (1998) a évalué les répercussions des modifications de l’habitat et de la qualité de l’eau sur 662 cours d’eau contenant des poissons dans la vallée du Bas-Fraser (tableau 3). Ils ont observé que seulement 14 p. 100 étaient toujours dans un état sauvage; 15 p. 100 des cours d’eau sont disparus.

Tableau 1. Changements dans la couverture terrestre de l’écosystème du bassin du Bas-Fraser d’avant 1820 à 1990. Modifié de Boyle et al. (1997). La liste inclut uniquement les types de couverture terrestre utilisés par la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii). Les valeurs entre parenthèses représentent le pourcentage du total de couverture terrestre, y compris les catégories non utilisées par la musaraigne.
Couverture terrestreAvant 182019301990
Conifères
590 800 (71)
412 000 (50)
445 800 (54)
Décidue/mixte
8 200 (1)
71 800 (8)
4 000 (0)
Tourbière basse
56 000 (7)
5 500 (1)
2 400 (0)
Marécage/bog/marais
27 100 (3)
10 800 (1)
9 700 (1)
Agricole
0
81 000 (9)
132 100 (16)
Urbaine
0
25 000 (3)
86 300 (10)
Défrichée
0
79 200 (10)
8 600 (1)

 

Tableau 2. Changements de 1989 à 1999 dans 320 milieux humides de la région du Bas-Fraser (tiré de Moore et al., 2003)
Type d’empiétementSuperficie perdue (ha)% de la superficie totale perduNombre de milieux humides affectés
Agricole
404
42
26
Terrains de golf
244
25
4
Décharges
150
16
1
Industriel
64
7
19
En transition
49
5
12
Résidentiel
38
4
11
Commercial
9
1
6
Transport
6
1
14
Tous
965
101
 

 

Tableau 3. Situation des 662 cours d’eau contenant des poissons dans la vallée du Bas-Fraser (tiré du ministère des Pêches et des Océans, 1998)
ZoneEncore sauvageEn périlMenacéeDisparueNote de tableaua
Steveston-Langley
0
95
8
45
Abbotsford à Hope
27
142
58
6
Rivière Stave à Hope
22
36
72
6
Vancouver Ouest à Rivière Stave
57
102
43
60
Total
106
375
181
117
Pourcentage du total
14
48
23
15
Note de tableau a

N’existe plus : ponceau, pavage, drainage, remplissage.

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Protection et propriété

La superficie de l’habitat protégé par la loi est inconnue. Les zones protégées se limitent à 26 parcs provinciaux et régionaux (voir Protection actuelle ou autres désignations de statut). Les terres domaniales situées à l’intérieur de l’aire de répartition connue incluent quatre propriétés du ministère de la Défense nationale (1 437 ha) et environ 62 terres de réserves indiennes (8 533 ha). Ces diverses terres domaniales sont petites et fragmentées. La superficie de l’habitat situé sur des terres publiques provinciales est petite et s’établit probablement à moins de 20 p. 100. Une grande partie de l’habitat de la musaraigne de Bendire au Canada se trouve sur des terres privées. La province a élaboré le document Best Management Practices Guidelines for Pacific Water Shrew in Urban and Rural Areas (Craig et Vennesland, 2004b), qui fournit aux municipalités des lignes directrices détaillées sur la protection de l’habitat de la musaraigne de Bendire, y compris une recommandation visant l’établissement de zones tampons de 100 m autour des cours d’eau ou des milieux humides.

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À l’exception de l’alimentation et de l’habitat, la biologie fondamentale de cette espèce a été très peu étudiée. L’information sur les caractéristiques du cycle vital se réduit à une étude d’individus en captivité (Pattie, 1969), une seule étude des habitudes alimentaires (Whitaker et Maser, 1976), des observations dans divers résumés régionaux sur les mammifères (voir par exemple, Maser et Franklin, 1974; Maser et al., 1984; Nagorsen, 1996; Verts et Carraway, 1998) et des données concernant des spécimens de musée. Il est également possible d’inférer certains aspects du cycle biologique à partir d’études effectuées sur la musaraigne palustre (Conaway, 1952; Calder, 1962), une musaraigne aquatique de taille comparable ayant des besoins écologiques similaires. Même s’il s’agit d’une musaraigne aquatique présentant plusieurs adaptations anatomiques à un tel mode de vie, il est possible que le cycle biologique de la musaraigne de Bendire possède les caractéristiques types des musaraignes de régions tempérées, soit un taux métabolique élevé ainsi qu’une durée de vie courte.

Cycle vital et reproduction

La musaraigne de Bendire est fondamentalement insectivore; cependant, elle consomme également certains animaux vertébrés et des matières végétales. Pattie (1969) a vu cette musaraigne se nourrir sous l’eau. Plusieurs spécimens de musée récents sont des individus qui se sont noyés dans des nasses à vairon submergées, ce qui constitue une autre preuve de l’alimentation sous l’eau. Dans le cadre d’une étude menée sur les côtes de l’Oregon, Whitaker et al. (1976) ont signalé 26 types d’aliments, les larves d’insecte, les limaces, les escargots, les éphémères et les vers de terre étant les proies dominantes. Au moins 25 p. 100 des proies étaient aquatiques. Parmi les cinq espèces de musaraignes étudiées par Whitaker et al. (1976), la musaraigne de Bendire était la seule espèce ayant fait des éphémères et des vers de terre ses principales proies. Les autres données sur l’alimentation se limitent à des observations anecdotiques. Lampman (1947) a signalé une musaraigne aquatique (identifiée selon le site comme un S. bendirii, voir Verts et Carraway, 1998) capturant un alevin de saumondans un petit bassin peu profond. Maser et Franklin (1974) ont noté que, sur la côte de l’Oregon, un escargot terrestre (Haplotrema vancouverense) est fréquemment consommé par la musaraigne de Bendire. Le H. vancouverense est présent dans des habitats boisés de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique (Forsyth, 2004). Les données alimentaires de la population canadienne sont rares. L’étiquette d’un spécimen de muséecapturé le 8 juillet 1929 à Peardonville comportait la note suivante : « l’estomac contenait des coléoptères aquatiques, des vers, des insectes ». Glen Ryder (comm. pers.) a observé des musaraignes de Bendire se nourrissant de salamandres et de larves de libellules en Colombie-Britannique.

Il n’existe pas non plus de données sur la reproduction pour la population canadienne. En Oregon, la saison de reproduction s’étend de février à août (Maser et al., 1984). Des femelles gravides ont été observées en avril et en mai, et on a trouvé des nouveau-nés en mars. La taille des portées de trois femelles d’Oregon variait de cinq à sept petits (Verts et Carraway, 1998). Le nombre de portées d’une femelle au cours de la saison de reproduction n’a pas été documenté, mais il pourrait s’établir à deux ou trois, comme chez la musaraigne palustre(Conaway, 1952). Selon Pattie (1969), les mâles n’atteignent pas la maturité sexuelle pendant leur premier été et leur premier accouplement se produit vers l’âge de 10 mois. Conaway (1952) a signalé un régime similaire de maturité sexuelle chez les musaraignes palustres mâles. L’âge de la maturité sexuelle de la musaraigne de Bendire femelle est inconnu mais, chez la musaraigne palustre, il est fréquent queles femelles deviennent gravides pendant leur premier été (Conaway, 1952). La durée de vie maximale serait d’environ 18 mois, soit une durée similaire à celle de la musaraigne palustre (Conaway, 1952). En supposant que la plupart des femelles ne se reproduisent pas pendant leur premier été, la durée de génération est d’environ un an.

La structure de la population et les taux de mortalité sont inconnus.

Prédateurs

Maser et al. (1984) ont supposé que les hiboux, les chats domestiques, les poissons et les grandes salamandres (Dicamptodon tenebrosus) faisaient leur proie des musaraignes de Bendire. Le crâne d’une musaraigne de Bendire a été récupéré dans une pelote de régurgitation d’une Effraie des clochers (Tyto alba) trouvée près du bog Burns, en Colombie-Britannique. Galindo-Leal et Runciman (1994) ont suggéré que les chats domestiques en étaient un prédateur important.

Physiologie

Il n’existe pas de recherche sur les besoins physiologiques. Comme il est habituel chez toutes les espèces du genre Sorex, elle aurait un taux métabolique élevé ainsi que de grands besoins d’énergie. Des musaraignes palustrescaptives, par exemple, ont consommé 10,3 grammes de nourriture par jour (Conaway, 1952). Les caractéristiques physiques et chimiques (par exemple, température, pH, salinité, turbidité, qualité de l’eau) des habitats aquatiques tolérés par la musaraigne de Bendire n’ont pas été documentées, bien que l’espèce soit associée aux habitats aquatiques.

Déplacements et dispersion

Il n’existe pas d’information sur les régimes ou les mouvements de dispersion. Maser et al. (1984) ont noté que, pendant les pluies d’hiver, les jeunes de l’année avaient tendance à se disperser; Maser et Franklin (1974) ont signalé que cette musaraigne était « capturée à de grandes distances de l’eau pendant la saison la plus humide », mais sans fournir de détails précis. Craig et Vennessland (2004a) ont suggéré que la plupart des déplacements seraient probablement linéaires, le long des habitats riverains ou de bord de l’eau. Toutefois, McComb et al. (1993) ont capturé cette musaraigne jusqu’à 350 m de cours d’eau dans des forêts de haute terre matures, ce qui donne à penser qu’elle se dispersera dans les forêts qui manquent d’eau stagnante. L’étendue de sa dispersion dans des forêts perturbées ou des habitats anthropiques, tels que les champs cultivés, les fossés de drainage longeant les terres agricoles, ainsi que les zones urbaines, est inconnue. Toutefois, les routes asphaltées, les terres agricoles cultivées et les zones urbaines constitueraient sans doute d’importantes barrières aux déplacements.

Malgré le manque d'information sur la dispersion, l’aire de répartition canadienne de cette espèce semble fragmentée. En raison de l’intense aménagement urbain et agricole, la fragmentation est le plus marquée dans la municipalité de Vancouver et dans les zones du côté sud du fleuve Fraser. Zuleta (1993) a estimé que, des 270 fragments de forêt (la plupart de < 50 ha) de la zone de Langley, seulement 61 (23 p. 100) possédaient des forêts riveraines convenables pour la musaraigne de Bendire. Une récente analyse du SIG visant la zone d’Aldergrove (figure 4) montre l’ampleur de la fragmentation. Les fragments de forêt restants sont petits, largement dispersés et séparés par de grandes zones urbaines et agricoles. Même les cours d’eau et les milieux humides dotés d’une zone tampon de 100 m, comme le recommandent les Best Management Practices Guidelines for Pacific Water Shrew in Urban and Rural Areas (Craig et Vennesland, 2004b), sont également isolés.

Figure 4. Carte provenant d’une analyse SIG et illustrant la fragmentation de l’habitat dans la région d’Aldergrove, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Figure 4.   Carte provenant d’une analyse SIG et illustrant la fragmentation de l’habitat dans la région d’Aldergrove, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Relations interspécifiques

Quatre autres espèces de musaraignes sont sympatriques avec la musaraigne de Bendire dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique : la musaraigne cendrée (Sorex cinereus), la musaraigne sombre (Sorex monticolus), la musaraigne de Trowbridge (Sorex trowbridgii) et la musaraigne errante(Sorex vagrans). En raison des différences dans la taille corporelle, l’alimentation, le comportement et le microhabitat (Nagorsen, 1996), la compétition avec la musaraigne de Bendire est probablement minime. Cependant, la compétition avec la musaraigne palustre, une musaraigne aquatique de taille similaire à la musaraigne de Bendire, est possible. Les deux espèces sont généralement allopatriques dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique; elles sont séparées par l’altitude (Nagorsen, 1996), mais leur répartition est parapatrique dans des zones du sud de la chaîne Côtière, du côté nord du Fraser et dans la vallée de la rivière Chilliwack. On ne sait pas dans quelle mesure ce régime de répartition est maintenu par l’exclusion compétitive.

Adaptabilité

Semi-aquatique, la musaraigne de Bendire peut nager et plonger sous l’eau. L’air retenu sous le pelage lui permet de flotter et assure peut-être une isolation lorsqu’elle est dans l’eau. Les mouvements de nage sont produits par des coups alternes des membres postérieurs. Pattie (1969) a observé des périodes de nage allant jusqu’à 3,5 minutes chez des individus captifs. Les plongées sous l’eau ne durent probablement pas plus de 60 secondes (Calder, 1969). Churchfield (1990) a signalé que, malgré leur mode de vie semi-aquatique, la musaraigne aquatique européenne (Neomys fodiens) et les musaraignes aquatiques nord-américaines (S. bendirii, S. palustris) ne sont pas, sur le plan physiologique, adaptées à la plongée. Leurs spécialisations pour la nage sont rudimentaires : pieds postérieurs fimbriés, pelage résistant à l’eau et grande taille corporelle réduisant la perte de chaleur. La musaraigne de Bendire peut manifestement se déplacer sur la surface de l’eau sans se submerger pendant trois à cinq secondes. Vraisemblablement, cette espèce toilette et sèche fréquemment son pelage après avoir nagé, à l’instar de la musaraigne palustre(Calder, 1969) et de la musaraigne aquatique européenne (Vogel, 1990), afin de réduire la conductance thermique et la perte de chaleur. Pattie (1969) a observé des individus captifs cachant des excédents de vers de terre après les avoir immobilisés par une série de morsures. La musaraigne de Bendire n’est pas en mesure d’entrer en léthargie quotidiennement (McNab, 1991) et la cache de nourriture serait une importante stratégie d’alimentation visant à faire face à des pénuries périodiques.

L’estimation de Harris (1984) l’établissant à 1,09 ha constitue la seule donnée sur la taille du domaine vital. Cependant, Harris (1984) n’a pas fourni de renseignements sur la source de cette estimation. En se fondant sur cette donnée et en supposant que le domaine vital d’une musaraigne de Bendire serait de 25 m de largeur en bordure de l’eau, Craig et Vennesland (2004a) ont calculé que le domaine vital s’étendrait sur environ 400 m le long d’un plan d’eau. Il n’existe pas de données sur la structure sociale de cette musaraigne ni sur l’étendue du chevauchement de domaines vitaux. Il sera nécessaire de mener des études télémétriques afin de définir la taille du domaine vital et la structure sociale de l’espèce.

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Activités de recherche

La plupart des mentions d’occurrence pour cette espèce au Canada sont basées sur des captures ou observations fortuites par des naturalistes et des collectionneurs de musée ou sur des relevés récents effectués à l’aide de pièges à fosse (Craig et Vennesland, 2004b) sur des zones géographiques très restreintes, dans le cadre d’évaluations environnementales. Toutefois, on a effectué au Canada deux relevés intensifs de cette espèce qui peuvent être utilisés pour évaluer sa présence ou son absence et l’activité d’échantillonnage. De 1989 à 1991, Seip (données inédites) ainsi que Seip et Savard (1990) ont échantillonné 22 sites dans des coupes à blanc, des peuplements de deuxième venue et des peuplements vieux situés dans l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire, dans les bassins versants des rivières Capilano, Seymour et Coquitlam dans le sud de la chaîne Côtière (figure 5). Ils ont utilisé des pièges à fosse constitués de boîtes de conserve, des pièges à rats du Museum Special et des pièges de Sherman permettant de capturer l’individu vivant avec un effort d’échantillonnage de 17 315 nuits-pièges à fosse, 6 054 nuits-pièges à rat et 4 791 nuits-pièges de Sherman. Au cours de cette période d’échantillonnage, seulement cinq musaraignes de Bendire ont été capturées, à 2 des 22 sites, et toutes dans des pièges à fosse. Seip et Savard (1990) ne fournissent pas d’information sur la proximité de leurs pièges à l’eau ou à des habitats riverains.

Figure 5. Données sur la présence ou l’absence de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii’) à 61 emplacements inventoriés dans l’aire de répartition. Fondées sur 22 emplacements ayant fait l’objet de relevés de 1989 à 1992 par Seip (données inédites) ainsi que Seip et Savard (1990) et 39 emplacements échantillonnés en 1992 par Zuleta et Galindo-Leal (1994).

Figure 5.  Données sur la présence ou l’absence de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii’) à 61 emplacements inventoriés dans l’aire de répartition. Fondées sur 22 emplacements ayant fait l’objet de relevés de 1989 à 1992 par Seip (données inédites) ainsi que Seip et Savard (1990) et 39 emplacements échantillonnés en 1992 par Zuleta et Galindo-Leal (1994).

En 1992, Zuleta et Galindo-Leal (1994) ont inventorié 55 sites à 39 emplacements (figure 5) pour y prélever des musaraignes de Bendire et d’autres petits mammifères à l’aide de pièges à seau de plastique. Leur zone d’étude couvrait la plus grande partie de l’aire de répartition canadienne de la musaraigne de Bendire, mais aucun échantillonnage n’a été effectué dans les parcs régionaux et provinciaux. À tous les emplacements, leur plan d’échantillonnage consistait en une ligne de piégeage de 15 postes munis de pièges établis le long d’un cours d’eau (distance à l’eau non fournie) et en 1 ou 2 autres lignes de piégeage installées dans la forêt de 50 à 100 m de distance des cours d’eau. Les pièges ont été installés à un emplacement pendant 2 à 5 semaines. Leurs efforts d’échantillonnage de 13 462 nuits-pièges n'ont permis de prendre que 3 musaraignes de Bendire à trois emplacements distincts.

Abondance

Il n’existe pas d’estimation de la densité de population de cette espèce sur aucune partie de son aire de répartition, et le nombre total d’individus et le nombre d’individus matures au Canada sont inconnus. La musaraigne de Bendire semble rare sur toute son aire de répartition. Des études de petits mammifères effectuées sur les côtes de l’Oregon et de l’État de Washington (Aubry et al., 1991) n’ont pu capturer que peu d’individus de cette espèce; son abondance relative dans divers habitats était faible comparativement aux autres espèces de musaraignes. En raison de sa grande taille et de son alimentation spécialisée, la musaraigne de Bendire serait une espèce rare dans les colonies de musaraigne. En effet, selon une tendance générale dans les colonies de musaraignes des régions tempérées (Churchfield, 1991), les espèces de taille intermédiaire ont tendance à être numériquement dominantes. Seulement huit musaraignes de Bendire ont été capturées par Seip et Savard (1990) et par Zuleta et Galindo-Leal (1994), malgré un échantillonnage intensif de 41 622 nuits-pièges (figure 5); ce faible nombre peut être attribuable à la fois à la difficulté de détecter la musaraigne même à l’aide de pièges efficaces tels que des fosses (voir Bury et Corn, 1987), et à sa rareté naturelle. La difficulté à détecter cette espèce et à établir son absence est bien illustrée par le fait que Zuleta et Galindo-Leal (1992) n’ont capturé aucune musaraigne de Bendire à trois emplacements à Clayburn Creek sur la montagne Sumas dans le cadre de leur relevé de 1992. Néanmoins, un individu a été capturé de façon accessoire dans une nasse à vairon de type Gee installée à Clayburn Creek en 1995, pendant un relevé de poissons.

Fluctuations et tendances

On ne sait rien sur les fluctuations annuelles des populations chez la musaraigne de Bendire. Les tendances à long terme de la population ne peuvent être inférées qu’à partir de données et de preuves anecdotiques, fondées sur la capture de spécimens de musée. L’étude d’Allan Brooks (1902) était la seule information publiée sur la situation des mammifères dans la vallée du Bas-Fraser au début de la colonisation européenne. L’auteur décrivait la musaraigne de Bendire comme « fréquente » dans la région de Chilliwack; il y a en effet récolté une vaste série de spécimens de musée à la fin du XIXe siècle. Des 114 spécimens de musée canadiens (récoltés entre 1888 et 1999) de cette espèce, 29 (25 p. 100) ont été capturés par Brooks sur une période de trois ans, de 1895 à 1897, à « Sumas »; il s’agit probablement de la prairie Sumas où, selon Laing (1979), a été effectuée une grande partie des recherches de Brooks au cours de cette période. La prairie Sumas était une vaste zone humide de marécages et de bourbiers associés au lac Sumas, qui a été asséchée avant 1924 (Moore, 1990). Étant donné le caractère primitif et inefficace des pièges de la fin du XIXe siècle et les faibles taux de capture de la musaraigne de Bendire dans les années 1990 à l’aide de pièges à fosse plus efficaces (voir la section précédente), le fait que Brooks en ait capturé 29 en trois ans est remarquable, et porte à croire que les densités de population étaient plus élevées à la fin des années 1880, avant la modification à grande échelle de l’habitat.

Effet d’une immigration de source externe

La musaraigne de Bendire occupe le comté de Whatcom, dans l’État de Washington, qui est adjacent à la frontière canadienne. Selon John Fleckstein (comm. pers.), l’État de Washington a modifié la cote de cette espèce, de S4 à S5, en raison de la modification de l’habitat dans les basses terres de Puget Sound. Le modèle d’habitat général selon Johnson et Cassidy (1997) montre que l’espèce est très répandue dans la zone adjacente à la frontière canadienne. Toutefois, puisque l’on en sait peu sur la répartition réelle et la situation de la population de cette musaraigne dans les zones adjacentes à la population canadienne, il est difficile d’évaluer le potentiel de l’effet d’une immigration de source externe provenant de l’État de Washington. Il est important de noter que la partie de l’aire de répartition canadienne adjacente à la population de l’État de Washington est gravement affectée par des pertes d’habitat. L’habitat propice pour les immigrants serait de plus minime et fortement fragmenté.

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La musaraigne de Bendire se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition au Canada, où elle occupe une zone restreinte dans le bassin du Bas-Fraser. Les facteurs biologiques définissant son aire restreinte au Canada sont essentiellement inconnus, mais l’exclusion compétitive avec la musaraigne palustre,similaire sur le plan écologique, contribue probablement à limiter sa répartition. L’espèce n’est pas en péril dans son aire de répartition américaine, mais, au Canada, elle est présente dans une région fortement urbanisée qui subit une croissance rapide et des modifications de l’habitat (figure 6).

En 2004, la population totale du district régional de Vancouver et du district régional de la vallée du Fraser était d’environ 2,4 millions (tableau 4), ce qui représente une augmentation de la population d’environ 11 p. 100 par rapport à 1996. Il n’existe pas de données sur le total de terres utilisées pour la croissance de cette population, mais Environnement Canada (1992) a estimé que la croissance et l’aménagement de 1987 à 1992 dans le bassin du Fraser ont nécessité environ 934 ha de terre par année. La plupart des terrains utilisés en vue de l’urbanisation étaient des terres agricoles (Moore, 1990). Bien que le taux de conversion de terres rurales en terres urbaines décline en raison d’une utilisation intensive de la terre, l’offre de nouveaux terrains à aménager est limitée et diminue dans la région. Selon Environnement Canada (1992), la croissance future de la population et les pressions exercées par l’aménagement auront pour effet d’accroître le nombre de projets d’aménagement des terres agricoles, des milieux humides, des zones riveraines, des terrains boisés et des pentes de montagnes restants.

Figure 6. Superficie de la zone urbanisée dans l’aire de répartition (zone d’occurrence) de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada.

Figure 6.  Superficie de la zone urbanisée dans l’aire de répartition (zone d’occurrence) de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii) au Canada.

La rareté de la musaraigne de Bendire, ajouté au fait qu’elle se confine aux habitats riverains et humides, la rend vulnérable aux pertes, fragmentations et dégradations de l’habitat. L’exploitation agricole et forestière a des répercussions sur cette espèce, mais probablement c’est l’aménagement qui la menace le plus. L’aménagement résidentiel, commercial, industriel et récréatif, comme les terrains de golf, réduit la superficie des zones boisées et des habitats riverains en bordure de ruisseaux ou de terres humides et la gestion des écoulements et des eaux pluviales y cause une dégradation de l’habitat (Craig et Vennesland, 2004a). D’autres recherches seront nécessaires afin d’établir les distances sur lesquelles cette musaraigne se dispersera et les habitats qu’elle adoptera dans des paysages naturels et modifiés. Son utilisation des ponceaux et des habitats anthropiques tels que les tranchées de drainage agricoles est également inconnue. Cependant, les autoroutes et les routes constituent des obstacles majeurs qui restreindraient les déplacements et accroîtraient la fragmentation. Aucune recherche n’a non plus été menée sur les conséquences de la qualité de l’eau sur cette musaraigne. Les changements de qualité de l’eau attribuables à la sédimentation ou aux contaminants pourraient avoir des répercussions sur les invertébrés aquatiques dont se nourrit la musaraigne de Bendire. Les contaminants de l’eau, tels que les hydrocarbures, réduiraient l’efficacité isolante de son pelage. Puisqu’une grande partie de l’aire de cette musaraigne se trouve sur des terres privées, l’activité d'aménagement dans les zones riveraines sera surtout réglementée par les municipalités (voir la section suivante). Le document Best Management Practices Guidelines for Pacific Water Shrew in Urban and Rural Areas (Craig et Vennesland, 2004b) recommande l’établissement de zones tampons de 100 m autour des milieux humides, des cours d’eau et des ruisseaux. Étant donné que ces recommandations pourraient être incompatibles avec d’éventuels projets d’aménagement, les municipalités pourraient décider de ne pas suivre ces directives.

Tableau 4. Changements dans les estimations de la population du district régional de Vancouver et du district régional de la vallée du Fraser en 1996-2004. Données tirées de BC Stats, Service BC, Ministry of Management Services
District régional199620041996-2004
Changement en %
Grand Vancouver
1 906 492
2 132 697
10,6
Vallée du Fraser
230 976
260 247
11,2

 La mortalité causée par des captures accessoires dans les nasses à vairon et la prédation de chats domestiques fait partie des menaces potentielles pour cette espèce. À l’occasion, des musaraignes de Bendire se noient dans les nasses à vairon utilisées par les biologistes des pêches pour les relevés de poissons. L’importance de cette cause de mortalité accessoire est probablement minime. Galindo-Leal et Runciman (1994) ont souligné le rôle des chats domestiques en tant que principal prédateur de la musaraigne de Bendire dans les paysages urbains et agricoles, mais il n’est pas possible d’évaluer leurs répercussions sur l’espèce, car aucune étude n’a été menée sur l’alimentation des chats domestiques dans le Bas-Fraser.

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La musaraigne de Bendire fait partie de la faune de la côte du Pacifique, un groupe de mammifères côtiers s‘étendant du nord de la Californie à la Colombie-Britannique et à la côte sud-est de l’Alaska (Nagorsen, 2004). Au Canada, elle est endémique à l’écozone maritime du Pacifique. Cette musaraigne est un mammifère rare, très peu connu des naturalistes.


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Cette espèce ne figure pas dans la liste de l’UICN. Elle a d’abord été désignée « menacée » par le COSEPAC en 1994 (Galindo-Leal et Runciman, 1994); elle a été examinée à nouveau et confirmée « menacée » en 2000, sur la base du rapport de 1994 avec l’ajout de nouvelles données d’occurrence. À l’échelle mondiale, l’espèce est cotée G4, apparemment non en péril (apparently secure); elle est classée N4, apparemment non en péril (apparently secure), aux États-Unis, et N1N2, gravement en péril ou en péril (critically imperiled or imperiled), au Canada. À l’échelle régionale, l’espèce est cotée S3S4, vulnérable à apparemment non en péril (vulnerable to apparently secure) en Californie, S4 en Oregon et S4, apparemment non en péril (apparently secure), dans l’État de Washington. En Colombie Britannique, cette espèce a été désignée S1S2, gravement en péril ou en péril (critically imperiled or imperiled).

En Colombie-Britannique, la Wildlife Act provinciale interdit de tuer ou de récolter la musaraigne de Bendire. Cette espèce est inscrite à la liste des espèces sauvages définies conformément à la Forest and Range Practices Act de la province. Les espèces inscrites aux termes de la loi sont considérées comme en péril et nécessitent une gestion particulière par l’établissement d’aires d’habitat de la faune (Wildlife Habitat Areas, ou WHA). Les lignes directrices de la Forest and Range Practices Act (Lindgren, 2004) prévoient qu’une WHA de la musaraigne de Bendire doit inclure une zone centrale de 30 m ainsi qu’une zone de gestion de 45 m des deux côtés d’un cours d’eau ou d’un milieu humide. Diverses recommandations relatives à la sylviculture sont fournies. Jusqu’à présent, aucune WHA n’a été désignée pour la musaraigne de Bendire. Certaines lignes directrices visant la protection des habitats riverains ont également été élaborées en application de la loi. Malgré les diverses lignes directrices, la Forest and Range Practices Act provinciale ne fournit qu’une protection minimale à cette musaraigne. La loi ne s’applique en outre qu’aux terres publiques provinciales. Comme moins de 20 p. 100 de l’aire de répartition canadienne se situe sur des terres publiques, une grande partie de l’habitat de cette espèce n’y est donc pas assujettie. De plus, la menace la plus sérieuse envers cette espèce est la perte de l’habitat découlant de l’urbanisation de terres privées non couvertes par la loi.

Le Riparian Areas Regulation de la Fish Protection Act provinciale (Ministry of Water, Air and Land Protection de la Colombie-Britannique, 2004) prévoit également la protection de l’habitat riverain. Ce nouveau règlement, entré en vigueur le 31 mars 2005, prévoit le transfert aux municipalités de la surveillance des habitats riverains réglementés. Il s’applique uniquement aux cours d’eau, ruisseaux, fossés ou milieux humides contenant des poissons ou qui sont reliés à des écosystèmes d’eau douce contenant des poissons, et ce, dans le contexte de nouveaux aménagements résidentiels, commerciaux et industriels sur des terres relevant de la collectivité locale. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a également mis en place des directives en vue de l’établissement de zones aquatiques sensibles afin de protéger les poissons et leur habitat (ministère des Pêches et des Océans, 1993). Le Riparian Areas Regulation provincial et les règlements du MPO ne s’appliquent qu’aux cours d’eau et ruisseaux contenant des poissons. La musaraigne de Bendire exploitant des cours d’eau et de petits milieux humides qui ne contiennent pas de poissons, ces règlements sont inadéquats pour la protéger (Craig et Vennesland, 2004a).

Aucun secteur de l’aire de répartition de la musaraigne de Bendire ne se trouve dans un parc national. Son aire chevauche cinq parcs provinciaux et 26 parcs régionaux (tableau 5) qui couvrent quelque 1 292 km². Toutefois, la superficie de l’habitat de la musaraigne de Bendire situé dans ces zones protégées est beaucoup plus petite. Par exemple, les parcs Golden Ears et Pinecone Burke, les deux plus vastes, se trouvent en grande partie à l’extérieur de l’aire de répartition du S. bendirii. En outre, ces parcs et d’autres grands parcs de la chaîne Côtière, comme les parcs Cypress, Mount Seymour et Lynn Headwaters, comportent de vastes zones situées à plus de 800 m d’altitude, l’altitude maximale pour cette musaraigne. Il est important de noter que le système de zones protégées le plus vaste se trouve du côté nord du Fraser. Dans les zones fortement urbanisées du côté sud du Fraser, où l’habitat de la musaraigne de Bendire est le plus fragmenté, les zones protégées sont de petits parcs régionaux très isolés et sans connectivité.

Tableau 5. Parcs de districts provinciaux et régionaux dans l’aire de répartition connue de la musaraigne de Bendire (Sorex bendirii).
ParcLieuSuperficie (ha)Mentions du Sorex bendiriiCommentaires
Parc provincialCypress
3 012
 Vaste portion au-dessus de l’altitude maximale
Parc provincialCultus Lake
2 561
Spécimens historiques 
Parc provincialGolden Ears
62 540
 En grande partie à l’extérieur de l’aire de l’espèce
Parc provincialIndian Arm
6 826
  
Parc provincialKilby
3
  
Parc provincialMount Seymour
3 508
Spécimens historiquesVaste portion au-dessus de l’altitude maximale
Parc provincialPinecone Burke
38 000
 En grande partie à l’extérieur de l’aire de l’espèce
Parc provincialRolley Lake
115
  
Parc de district régional du Grand VancouverAldergrove Lake
280
Observations récentes 
Parc de district régional du Grand VancouverBelcarra
1 116
  
Parc de district régional du Grand VancouverBoundary Bay
182
  
Parc de district régional du Grand VancouverBrae Island Reserve
71
  
Parc de district régional du Grand VancouverBurnaby Lake
311
  
Parc de district régional du Grand VancouverCampbell Valley
549
Observations historiques 
Parc de district régional du Grand VancouverCapilano River
143
  
Parc de district régional du Grand VancouverColony Farm
262
  
Parc de district régional du Grand VancouverDeas Island
72
  
Parc de district régional du Grand VancouverDerby Reach
297
  
Parc de district régional du Grand VancouverFraser River Island
209
  
Parc de district régional du Grand VancouverGlen Valley
112
  
Parc de district régional du Grand VancouverGrant Narrows
6
  
Parc de district régional du Grand VancouverKanaka Creek
413
  
Parc de district régional du Grand VancouverLynn Headwaters
4 685
 Vaste portion au-dessus de l’altitude maximale
Parc de district régional du Grand VancouverMatsqui Trail
117
  
Parc de district régional du Grand VancouverMinnekhada
211
  
Parc de district régional du Grand VancouverPacific Spirit
809
Spécimens historiques 
Parc de district régional du Grand VancouverSurrey Bend
362
  
Parc de district régional du Grand VancouverTynehead
261
  
Parc de district régional du Grand VancouverWidgeon Marsh
559
  
Parc de district régional de la vallée du FraserNeilson
10
  
Parc de district régional de la vallée du FraserCascade Falls
10
  
Parc de district régional de la vallée du FraserFleuve Fraser
17
  
Parc de district régional de la vallée du FraserSumas Mountain
1 497
Captures récentes 
Parc de district régional de la vallée du FraserCheam Lake
93
Capture récente 

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Sorex bendirii

Musaraigne de Bendire – Pacific Water Shrew

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada

3 350 km² (voir Carte (figure 3) d’occurrences historiques et récentes

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Inconnue

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

-

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés

44

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Habitat en déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

1 an

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dix dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?

Oui

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

-

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Perte et fragmentation de l’habitat en raison de l’urbanisation (routes, aménagement résidentiel, commercial, industriel)
  • Perte de l’habitat attribuable à l’exploitation forestière
  • Dégradation de la qualité de l’eau causée par l’aménagement

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : S4 dans l’État de Washington; situation inconnue dans le comté limitrophe au Canada

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non?

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Non?

Analyse quantitative

Statut existant

COSEPAC : Menacée (avril 1994 et mai 2000); En voie de disparition (avril 2006)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(i,iii)

Justification de la désignation : L’habitat de cette espèce rare, confiné à la région de la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique, continue de diminuer et de se fragmenter en raison de l’aménagement. Une immigration de source externe est peu probable. L’espèce est extrêmement rare dans toute son aire de répartition.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Bien qu’il n’y ait pas de preuve directe d’un déclin de la population, l’habitat disponible diminue rapidement. Cependant, il n’existe pas de données sur la taille de la population. L’espèce semble rare dans toute son aire de répartition.
Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Zone d’occurrence de moins de 5 000 km²; zone d’occupation inconnue; déclin continu de l’habitat convenable et parcelles de l’habitat restant fortement fragmentées.
Critère C (Petite population globale et déclin) : Taille de la population totale inconnue, probablement quelques milliers. Aucune preuve directe de déclin, mais l’habitat convenable a énormément diminué.
Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Taille de la population totale inconnue, probablement quelques milliers.
Critère E (Analyse quantitative) : Non disponible.

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Nous remercions particulièrement Ross Vennesland pour son soutien et son aide dans l’élaboration du présent rapport. Dale Seip a fourni gentiment des données inédites de son étude menée de 1989 à 1992. Susan Jesson a élaboré l’analyse de fragmentation de l’habitat du SIG et a préparé les cartes pour les figures 4 et figure6. Le rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

  • Day, Joanne. Coordonnatrice de l'information, Pêches et Océans Canada, Vancouver (Colombie-Britannique).
  • Fleckstein, John. Zoologiste, Washington Natural Heritage Program, Olympia (État de Washington), États-Unis.
  • Friis, Laura. Species Specialist, Biodiversity Monitoring and Reporting Section, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Forsyth, Robert. Smithers (Colombie-Britannique).
  • Fraser, Dave. Endangered Species Specialist, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Goulet, Gloria. Coordonnatrice, connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario).
  • Guy, Stewart. Project Manager, Wildlife Conservation Planning, Ministry of Water, Land and Air Protection, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Haid, Susan. Greater Vancouver Region District (GVRD) Parks, Vancouver (Colombie-Britannique).
  • Hureau, Stephen. Biologiste de la conservation, Service canadien de faune, Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).
  • Johnson, Richard. Associate Professor, School of Biological Sciences, Washington State University, Pullman (État de Washington), États-Unis.
  • Knopp, Denis. BC’s Wild Heritage, Chilliwack (Colombie-Britannique).
  • Lewis, Jeff. Department of Fish and Wildlife de l’État de Washington, Olympia (État de Washington), États-Unis.
  • Moore, Kathleen. Service canadien de la faune, Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).
  • Ramsay, Leah. Zoologiste, Conservation Data Centre, Ministry of Sustainable Resources Management, Conservation Data Centre, Victoria (Colombie-Britannique).
  • Schmidt, Chris. Seacor Environmental Inc., Vancouver (Colombie-Britannique).
  • Smith, Danielle. Coordonnatrice des ressources naturelles, BFC Esquimalt, Forces maritimes du Pacifique, ministère de la Défense nationale, Victoria (Colombie-Britannique). 
  • Vennesland, Ross. Chair, Pacific Water Shrew Recovery Team, Ministry of Water, Land and Air Protection, Surrey (Colombie-Britannique).
  • Wornell, Heather. Area Planner, Greater Vancouver Region District (GVRD) Parks, Burnaby (Colombie-Britannique).

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Dave Nagorsen a obtenu un baccalauréat ès sciences de la University of Guelph, ainsi qu’une maîtrise ès sciences en zoologie de la University of Toronto. Il a été adjoint à la conservation de la section de mammalogie du Musée royal de l’Ontario, à Toronto, pendant 10 ans et conservateur de mammifères au Royal British Columbia Museum pendant 20 ans. Il est associé de département au Centre pour la biodiversité et la biologie de la conservation du Musée royal de l’Ontario. Il s’intéresse particulièrement aux mammifères. Au cours de sa carrière, il a mené des travaux sur le terrain ainsi que des inventaires sur les mammifères dans les Caraïbes et diverses régions du Canada, y compris le Bouclier canadien, les basses-terres de la baie d’Hudson, le nord du Yukon et en Colombie-Britannique. Il a écrit, seul ou en collaboration, plus de 50 articles et rapports scientifiques publiés, trois livres, un certain nombre de rapports inédits ainsi que de nombreuses publications de vulgarisation; il est rédacteur en chef adjoint de la Canadian Field-Naturalist. Dave participe à un certain nombre d’initiatives de conservation, y compris l’Équipe de rétablissement de la marmotte de l’île Vancouver, l’Équipe de rétablissement de la musaraigne de Bendire, le groupe de spécialistes des mammifères terrestres pour le COSEPAC et le groupe de spécialistes des rongeurs, Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.

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  • Musée canadien de la nature, Ottawa
  • The Field Museum, Chicago
  • Museum of Comparative Zoology, Harvard University, Cambridge
  • Museum of Vertebrate Zoology, California University, Berkeley
  • Royal British Columbia Museum, Victoria
  • Musée royal de l’Ontario, Toronto
  • Cowan Vertebrate Museum, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver
  • United States National Museum, Washington, DC

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