Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'oreillard maculé (Euderma maculatum) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Selon Pierson et Rainey (1998), sa rareté ainsi que ses besoins particuliers en matière de gîtes et sa répartition irrégulière font de l’oreillard maculé une espèce préoccupante, à protéger dans l’ensemble de son aire de répartition.

Les habitats d’alimentation et les gîtes ne font l’objet d’aucune menace évidente. La disponibilité de gîtes adaptés peut être un facteur limitatif pour l’oreillard maculé au Canada. Sarell et Haney (2000) ont constaté que les gîtes sur les falaises étaient irrégulièrement distribués dans tout le sud de la vallée de l’Okanagan et qu’ils étaient pour la plupart séparés d’au moins 2 km. Parmi les menaces particulières pour ces gîtes figurent les activités d’escalade et les cours de pilotage d’hélicoptère en milieu montagneux. Toutefois, ces activités semblent se limiter à quelques falaises du sud de la vallée de l’Okanagan. L’exploitation des carrières, les travaux routiers et les activités forestières pourraient aussi avoir des répercussions sur les oreillards maculés qui gîtent (des preuves anecdotiques indiquent que l’espèce est vulnérable aux perturbations sonores) [Garcia et al., 1995]. Les habitats naturels du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont été modifiés par l’agriculture et l’urbanisation, mais l’oreillard maculé fait preuve de souplesse quant à son habitat d’alimentation, se nourrissant dans des prés de fauche, des champs abandonnés et des terrains de golf.

Il est peu probable que les proies de cette espèce, les papillons de nuit, constituent un facteur limitatif. Selon Don Lafontaine (obser. pers.), c’est dans les steppes de purshie tridentée (Purshia tridentata) et d’armoise tridentée (Artemisia tridentata) que la diversité des papillons de nuit dans la vallée de l’Okanagan est la plus forte. Les terres agricoles et les vergers présentent une diversité médiocre, mais tendent à abriter de fortes densités de quelques espèces de papillons de nuit. Dans les grandes régions fruiticoles, par exemple la vallée de l’Okanagan, on ignore quel impact ont sur l’oreillard maculé les pesticides qui sont épandus pour lutter contre les ravageurs.

La perturbation des hibernacles est peut-être une préoccupation majeure pour de nombreuses chauves-souris des régions tempérées, mais on ne connaît pas l’aire de répartition de la population canadienne d’oreillards maculés en hiver. Les relevés réalisés en hiver dans 18 cavernes et mines de l’aire de répartition canadienne n’ont pas permis de trouver d’oreillards maculés en hibernation (Nagorsen et al., 1993). Il se peut que cette chauve-souris hiberne sur les falaises de son aire de répartition estivale ou qu’elle migre vers des sites d’hibernation inconnus, aux États-Unis. Comme les gîtes diurnes sont inaccessibles et que l’espèce se nourrit en vol, les prédateurs sont rares. Aucune maladie ne semble représenter un facteur limitatif.