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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'oreillard maculé (Euderma maculatum) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’oreillard maculé
Euderma maculatum
au Canada

oreillard maculé

Espèce préoccupante 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. Le présent rapport peut être cité de la manière suivante :

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’oreillard maculé (Euderma maculatum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 29 pp.

Rapport précédent :

Balcombe, J.P. 1988. COSEWIC status report on the spotted bat Euderma maculatum in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. 15 pp.

Notes de production :

Le COSEPAC remercie David Nagorsen, qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur l’oreillard maculé (Euderma maculatum) au Canada. Brock Fenton, coprésident du Sous-comité de spécialistes des mammifères terrestres, a supervisé la préparation du rapport et en a établi la version finale.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web de COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Spotted Bat Euderma maculatum in Canada.

Illustration de la couverture :

Oreillard maculé. Illustration de Michael Hames, tirée de Bats of British Columbia de D. W. Nagorsen et R.M. Brigham, 1993, UBC Press/RBCM, Vancouver, copyright Royal British Columbia Museum. Reproduction autorisée.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

de catalogue CW-14/384-2004F-PDF
ISBN 0-662-77071-4

HTML : CW69-14/384-2004F-HTML
ISBN 0-662-77072-2

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun : Oreillard maculé

Nom scientifique : Euderma maculatum

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Au Canada, cette espèce se trouve dans les terres herbeuses intramontagnardes du sud de la Colombie-Britannique. Il s’agit d’une chauve-souris de couleur distincte, ce qui permet de l’identifier sans aucun doute. Contrairement à toute autre espèce de chauve-souris au Canada, le cri d’écholocation de cette espèce peut être entendu par l’être humain. Cette espèce se repose dans les crevasses de grandes falaises. Cette espèce est considérée comme l’espèce de chauve-souris la plus recensée et la plus facile à recenser au Canada. Les estimations de populations, fondées sur des recensements relativement fiables, suggèrent qu’il existe moins de 1000 adultes. À l’heure actuelle, les nombres semblent stables, et relativement peu de menaces pèsent sur les populations ou les habitats. La plus grave menace pour cette espèce est possiblement la petite taille de sa population. L’utilisation de pesticides sur ses proies, la perte de son habitat d’alimentation et la perturbation dans ses sites de repos par des alpinistes sont des menaces possibles. Une immigration de populations avoisinantes aux États-Unis est possible; cependant, le déplacement des individus entre les populations canadiennes et américaines n’a pas été documenté.

Répartition canadienne : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1988 et en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation. 

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COSEPAC Résumé

Oreillard maculé
Euderma maculatum

Information sur l’espèce

La classification de l’oreillard maculé (Euderma maculatum) est la suivante : ordre des Chiroptères, famille des Vespertilionidés, tribu des Plecotini. Le genre ne comprend qu’une seule espèce, et aucune sous-espèce n’est reconnue. Avec son pelage noir semé de grosses taches blanches sur le croupion et les épaules et ses énormes oreilles, l’oreillard maculé est la chauve-souris la plus spectaculaire du Canada.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de l’oreillard maculé s’étend du Mexique au sud de la Colombie-Britannique, au Canada, en passant par l’ouest des États-Unis. Comme cette espèce peut être détectée et identifiée grâce à ses signaux d’écholocation, qui sont facilement audibles pour la plupart des observateurs humains, on peut déterminer sa répartition à partir de relevés acoustiques. Les relevés réalisés ces deux dernières décennies révèlent que cette chauve-souris habite les vallées de l’Okanagan, de la Similkameen, de la Thompson, du Fraser et de la Chilcotin, en Colombie-Britannique. Les 80 mentions de répartition géographique (aires de gîte et d’alimentation) de l’oreillard maculé au Canada renvoient à une quarantaine d’occurrences élémentaires. La zone d’occupation est inconnue, alors que la zone d’occurrence au Canada mesure environ 10 590 km², ce qui représente moins de 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

Habitat

On trouve les gîtes diurnes d’été (y compris les colonies de maternité) de l’oreillard maculé dans les crevasses ou les fissures (de 2,0 à 5,5 cm de largeur) des hautes falaises à parois verticales. L’espèce n’est pas réputée utiliser des gîtes nocturnes au Canada. Elle peut hiberner sur les falaises se trouvant dans son aire de répartition canadienne ou migrer aux États-Unis pour y passer l’hiver. L’oreillard maculé se nourrit dans les marais, les habitats riverains, les champs à découvert, les terrains de golf et les clairières. Les cartes de la qualité de l’habitat mises au point pour le sud de la vallée de l’Okanagan montrent que l’habitat d’alimentation est vaste, alors que les aires de gîte sont fragmentées et irrégulièrement distribuées. Les impacts du développement agricole et de l’urbanisation sur les aires de gîte de l’oreillard maculé sont minimes.

Biologie

Les femelles donnent naissance à un seul petit au cours de la saison de reproduction. D’après les données limitées, au Canada, la parturition aurait lieu à la fin juin ou au début juillet. On ne sait pas à quel âge les oreillards maculés atteignent la maturité sexuelle.

Les oreillards maculés s’éloignent de 6 à 10 km de leur gîte diurne pour se rendre dans les aires d’alimentation. De mai à juillet, ils sont très fidèles à leur gîte diurne, y retournant nuit après nuit. Dès le début août, les déplacements quotidiens deviennent moins prévisibles. On ne sait rien des déplacements saisonniers ni des migrations sur de longues distances.

L’espèce se nourrit principalement de papillons de nuit (de 5 à 12 mm de longueur). Les oreillards maculés capturent leurs proies en vol après les avoir détectées et suivies grâce à leurs signaux d’écholocation. Les signaux d’écholocation à basse fréquence, variant entre 9 et 12 kHz (audible à l’oreille humaine), sont inaudibles ou repérables seulement de très près par la plupart des papillons de nuit capables de détecter la présence de chauves-souris.

La structure sociale est inconnue : on ne sait pas si les oreillards maculés gîtent seuls ou en groupes.

Taille et tendances des populations

Les oreillards maculés peuvent être inventoriés par relevés acoustiques dans les aires potentielles de gîte ou d’alimentation. Aucun relevé systématique utilisant une méthode normalisée n’a été effectué dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne. Toutefois, les données de recensement disponibles montrent que la population canadienne compte moins de 1 000 individus. Sept dénombrements réalisés dans le sud de la vallée de l’Okanagan au cours des 20 dernières années indiquent que la tendance de la population est stable.

Facteurs limitatifs et menaces

En raison de ses besoins particuliers en matière de gîte ainsi que de sa répartition irrégulière, l’oreillard maculé est une espèce préoccupante qu’il faut protéger dans l’ensemble de son aire de répartition. La disponibilité de gîtes de qualité peut constituer un facteur limitatif pour cette espèce au Canada. Aucune menace ne pèse sur les habitats d’alimentation ni les gîtes. Par ailleurs, rien n’indique que les habitats d’alimentation ou le fait d’avoir des papillons de nuit comme proies constituent des facteurs limitatifs. Les menaces connues, par exemple la perturbation des gîtes sur les falaises ou l’utilisation de pesticides, sont d’ordre général.

Importance particulière de l’espèce

L’oreillard maculé est l’une des trois espèces de chauves-souris de l’ouest de l’Amérique du Nord qui sont confinées aux prairies intramontagnardes de la Colombie-Britannique, au Canada. Ses signaux d’écholocation audibles et de basse fréquence (ils peuvent être détectés sans détecteur électronique de chauves-souris) rendent cette espèce idéale pour la recherche, les relevés détaillés et les programmes éducatifs qui encouragent la conservation des chauves-souris.

Protection actuelle et autres désignations

L’oreillard maculé a été jugé espèce préoccupante par le COSEPAC en 1988. Sa cote mondiale est G4 (apparemment hors de danger); ses cotes nationales sont N3N4 (vulnérable à apparemment hors de danger) pour les États-Unis et N3 (vulnérable) pour le Canada. Trois États (Montana, Oregon et Wyoming) classent l’oreillard maculé dans la catégorie S1 (gravement en péril), alors que quatre autres États lui donnent les cotes S1S2 ou S2 (gravement en péril ou en péril). La Colombie-Britannique a désigné l’oreillard maculé S3S4 (vulnérable à apparemment hors de danger). L’espèce est protégée : il est interdit de la tuer aux termes de la loi provinciale sur la faune (Wildlife Act). De plus, elle figure sur la liste des espèces fauniques désignées (Identified Wildlife Species) du Forest and Range Practices Code de la Colombie-Britannique. Ce code ne s’applique toutefois qu’aux terres publiques de la province. Or, dans la portion sud de l’aire de répartition canadienne, plus de la moitié de l’habitat de l’oreillard maculé n’est pas assujettie au Code.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant. 

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en peril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens. 

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates. 

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)*
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)**
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)***
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)****
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)*****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manqué de données scientifiques.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

La classification de l’oreillard maculé, Euderma maculatum (J. A. Allen 1891), est la suivante : ordre des Chiroptères, famille des Vespertilionidés, tribu des Plecotini. L’espèce a d’abord été décrite par Allen (1891), qui l’a nommée Histiotus maculatus. Le taxon a ensuite été reclassé comme étant Euderma maculatum en 1892. Le parent le plus proche de l’Euderma maculatum est l’Idionycteris phylottis. Les taxinomistes considèrent généralement que ces deux taxons ont des genres distincts. Toutefois, une analyse cladistique des caractères morphologiques et caryotypiques a amené Frost et Timm (1992) à conclure que le genre Idionycteris devrait être considéré comme synonyme du genre Euderma. Par contre, une autre étude cladistique (Tumlinson et Douglas, 1992) des caractères morphologiques a montré que les deux taxons sont très dérivés et qu’ils doivent donc être traités comme des genres séparés. Enfin, Hoofer et van den Bussche (2001) ont démontré par une analyse de l’ADN mitochondrial une divergence des séquences de 16,9 p. 100 entre Idionycteris et Euderma, divergence qui correspond à une distinction générique. On ne connaît aucune sous-espèce de l’E. maculatum.

En anglais, l’E. maculatum est désigné par les noms communs « spotted bat » et « pinto bat ».

Description

Chauve-souris la plus distincte au Canada, l’oreillard maculé a une fourrure noire semée de taches blanches sur le croupion et les épaules (figure 1).

D’autres taches blanches, plus petites, se trouvent à la base des oreilles, et la face ventrale est blanchâtre, avec un duvet noir. Les énormes oreilles gris rosâtre sont unies à leur base en travers du front. La gorge présente une zone nue d’environ 7 à 10 mm de diamètre. Les membranes des ailes et de la queue sont rouge rosâtre. Parmi les caractéristiques distinctives du crâne, notons la boîte crânienne allongée et les bulles auditives elliptiques (van Zyll de Jong, 1985). La formule dentaire est : incisives 2/3, canines 1/1, prémolaires 2/2, molaires 3/3.

Figure 1. Vue dorsale de l’oreillard maculé (Euderma maculatum). Photo de M. B. Fenton.

Figure 1.  Vue dorsale de l’oreillard maculé (Euderma maculatum)

De nombreuses hypothèses ont été émises quant à la signification adaptative de ces marques voyantes, qui ressemblent aux marques de « masque mortuaire » que l’on retrouve chez certains invertébrés. D’après Easterla (1965), la couleur et les marques du pelage sont cryptiques et permettraient aux oreillards maculés qui gîtent de se camoufler sur les rochers noirs parsemés de cristaux blancs. Étant donné la variété et la couleur des rochers servant de gîtes, la sélection pour le camouflage semble improbable. Ces marques pourraient aussi servir de coloration aposématique ou de signal visuel pour communiquer avec les congénères (van Zyll de Jong, 1985). 

Les mensurations (plage entre parenthèses) des quelques individus capturés et du seul spécimen de musée provenant de la population canadienne sont les suivantes : longueur des oreilles de 39 mm, n=1; tragus de 14 mm, n=1; longueur de l’avant-bras de 51,2 mm (47,9-53,1), n=6; masse corporelle de 17,9 g (16,2-21,4), n=5 (Nagorsen, 2002). Des 16 mesures du crâne et des caractéristiques externes analysées par Best (1988), seule la longueur de l’avant-bras a montré un dimorphisme sexuel important, l’avant-bras étant plus long chez les femelles que chez les mâles. Une analyse multivariable de ces 16 mesures a révélé une variation géographique significative dans l’ensemble de l’aire de répartition : les oreillards maculés du nord des États-Unis et du Canada sont plus petits que ceux du sud des États-Unis et du Mexique (Best, 1988).

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Répartition

Répartition mondiale

On trouve l’oreillard maculé depuis le centre du Mexique et l’ouest des États-Unis (Arizona, Nouveau-Mexique, Nevada, Texas, Californie, Oregon, Utah, Colorado, Wyoming, Montana, Idaho, Washington) jusqu’au sud de la Colombie-Britannique (figure 2). Cette chauve-souris a une répartition irrégulière dans l’ensemble de son aire de répartition (Fenton et al., 1987; Pierson et Rainey, 1998).

Figure 2. Répartition mondiale de l’oreillard maculé (Euderma maculatum).

Figure 2. Répartition mondiale de l’oreillard maculé (Euderma maculatum)

Répartition canadienne

Au Canada, l’espèce est limitée au sud de la Colombie-Britannique, où on la trouve généralement à une altitude inférieure à 900 m, dans les vallées des prairies sèches de l’intérieur (Nagorsen et Brigham, 1993). Comme les oreillards maculés peuvent être détectés et identifiés par leurs signaux audibles d’écholocation, ils représentent l’une des rares espèces canadiennes de chauves-souris à pouvoir être inventoriées sans qu’on les capture (Fenton et al., 1987). Bien qu’ils habitent probablement le Canada depuis le début de l’Holocène, on n’a détecté leurs signaux d’écholocation pour la première fois qu’en 1979; l’identification a été vérifiée à partir d’un spécimen de musée (RBCM 10799) prélevé en 1980 (Woodward et al., 1981). Des relevés ultérieurs (Collard et al. 1990; Roberts et Roberts, 1992, 1993; Holroyd et al., 1994; Sarell et Haney, 2000) et des observations fortuites par des naturalistes indiquent que les oreillards maculés fréquentent les vallées de l’Okanagan, de la Similkameen, de la Thompson, du Fraser et de la Chilcotin (figure 3). Les occurrences les plus nordiques ont été enregistrées à Macalister, au nord de Williams Lake, en bordure du Fraser, et à Bull Canyon, en bordure de la Chilcotin.

Les 80 mentions de répartition géographique (aires de gîte et d’alimentation) de l’oreillard maculé au Canada représentent une quarantaine d’« occurrences élémentaires »[1]. Même si ces mentions (figure 3) sont regroupées dans trois régions (vallées de la Cariboo et du Fraser; vallée de la Thompson, sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen), évoquant ainsi l’existence de trois sous-populations, cet aspect disjoint pourrait être dû à l’échantillonnage. Peu de travaux d’inventaire ont été réalisés dans le nord de la vallée de l’Okanagan et dans la vallée du Fraser (entre les ruisseaux Lillooet et Churn).

Les divers inventaires menés aux Canada n’ont pas systématiquement noté la présence ou l’absence de cette espèce dans les sites. Par exemple, lors de l’étude approfondie de Sarell et Haney (2000) dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, seuls les sites ayant un potentiel d’habitat élevé ont été examinés (Sarell, comm. pers.). Aucun effort n’a été fait pour documenter les sites où l’on n’a pas détecté d’oreillards maculés. Quoi qu’il en soit, vu la répartition irrégulière des falaises et des affleurements rocheux adaptés, l’espèce semble présenter localement une distribution discontinue.

Les changements historiques dans la répartition ne peuvent pas être étudiés étant donné que l’aire de répartition canadienne de l’oreillard maculé n’a été délimitée qu’au cours des dernières décennies. La zone d’occupation est inconnue, alors que la zone d’occurrence au Canada mesure environ 10 590 km², ce qui représente moins de 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

Figure 3. Répartition canadienne de l’oreillard maculé (Euderma maculatum).

Figure 3.Répartition canadienne de l’oreillard maculé (Euderma maculatum)


[1] The Nature Conservancy (Natural Heritage Ranking System) définit l’« occurrence élémentaire » (element occurrence) pour les petites chauves-souris comme un lieu qui abrite ou a déjà abrité l’espèce et qui est séparé du suivant d’au moins 10 km.

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Habitat

Besoins de l’espèce

Généralités

Aux États-Unis, on rencontre l’oreillard maculé depuis le niveau de la mer jusqu’à une altitude de 3 230 m (Watkins, 1977; Reynolds, 1981). L’espère fréquente une variété d’habitats, allant des déserts aux forêts de conifères. Au Canada, elle est confinée aux prairies, à la steppe arbustive et aux forêts ouvertes de pins ponderosa (Pinus ponderosa) ou de douglas (Pseudotsuga menziesii), où la plupart des observations ont été faites à des altitudes variant de 300 à 900 m dans les zones biogéoclimatiques de la prairie à graminées cespiteuses, à pin ponderosa et intérieure à douglas (Meidinger et Pojar, 1991).

Gîtes

On croit que l’oreillard maculé a des besoins particuliers en matière de gîtes puisque les gîtes diurnes se trouvent dans des crevasses. En effets, les gîtes diurnes (y compris les colonies de maternité, où les femelles mettent bas) sont situés dans les crevasses ou les fissures (de 2,0 à 5,5 cm de largeur) des parois des hautes falaises (Poché, 1981; Leonard et Fenton, 1983; Sarell et Haney, 2000). En Colombie-Britannique, les oreillards maculés choisissent généralement des parois verticales situées jusqu’à 400 m sur de hautes falaises (figures 4 et figure 55) ou des affleurements rocheux de gneiss granitique, de calcaire ou de basalte (Roberts et Roberts, 1993; Sarell et Haney, 2000). Ces sites présentent habituellement des conditions chaudes, mais les caractéristiques physiques particulières des gîtes choisis par l’espèce ne sont pas connues. Wai-Ping et Fenton (1987) ont constaté des variations considérables dans la hauteur, la longueur et l’aspect de six falaises utilisées comme gîtes diurnes dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Comme ces gîtes situés dans des crevasses sont inaccessibles, aucune étude sur leur microclimat n’a été entreprise.

Wai-Ping et Fenton (1989), qui ont suivi des oreillards maculés munis de radio-émetteurs, n’ont rien trouvé qui montre l’utilisation de gîtes nocturnes (gîtes temporaires utilisés après les épisodes nocturnes de recherche de nourriture) par cette espèce dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Toutefois, dans le parc national du Grand Canyon, dans le nord de l’Arizona, on a trouvé trois oreillards maculés femelles en train de gîter sur des trembles (Rabe et al., 1998). C’est la seule mention rapportant des oreillards maculés gîtant dans des arbres et ayant des gîtes nocturnes.

Figure 4. Le lac Vaseux et la falaise McIntyre dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Les parois de la falaise McIntyre abritent une trentaine d’oreillards maculés (Euderma maculatum); les zones marécageuses en bordure du lac constituent un important habitat d’alimentation. Photo de D. Nagorsen.

Figure 4. Le lac Vaseux et la falaise McIntyre dans le sud de la vallée de l’Okanagan

Figure 5. Méandre mort de la Chilcotin. Les oreillards maculés (Euderma maculatum) gîtent dans les cheminées de fée et se nourrissent dans les fourrés riverains adjacents. Photo de T.  Chatwin.

Figure 5. Méandre mort de la Chilcotin. Les oreillards maculés (Euderma maculatum) gîtent dans les cheminées de fée et se nourrissent dans les fourrés riverains adjacents

On ne connaît pas les hibernacles de cette espèce. Hardy (1941) a signalé quatre oreillards maculés en hibernation dans une caverne du Utah, mais cette observation anecdotique ne concorde pas avec plusieurs relevés approfondis effectués dans des mines et des cavernes de diverses régions de l’aire de répartition (voir par exemple Poché, 1981; Kuenzi et al., 1999), qui n’ont révélé aucun gîte à ces endroits.

Un modèle de l’habitat conçu pour le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998; Sarell et Haney, 2000) était fondé sur la présence de falaises à pentes raides et à crevasses horizontales ou verticales pouvant servir de gîte. La carte de la qualité de l’habitat (figure 6) montre que les aires de gîtes sont fragmentées et irrégulièrement distribuées, patron qui correspond à la distribution des gîtes connus décrits par Sarell et Haney (2000). Les aires de gîte dans les vallées de la Thompson, du Fraser et de la Chilcotin devraient présenter une distribution semblable.

Habitat d’alimentation

La surveillance des signaux d’écholocation et l’observation des individus munis de radio-émetteur au Canada révèlent que les oreillards maculés se nourrissent dans des marais, des habitats riverains et des clairières (Leonard et Fenton, 1983; Wai-Ping et Fenton, 1989; Holroyd et al., 1994). Les prés semblent être d’importants habitats d’alimentation dans certaines régions des États-Unis (Storz, 1995). L’espèce se nourrit aussi de façon opportuniste lors de ses déplacements entre son gîte diurne et ses aires nocturnes d’alimentation. Les aires d’alimentation se trouvent généralement dans un rayon de 6 km des gîtes sur les falaises et très près de l’eau (Collardet al., 1990). Dans les six habitats étudiés par Leonard et Fenton (1983) dans le sud de la vallée de l’Okanagan, des individus à la recherche de nourriture ont été observés sur des champs abandonnés et des prés de fauche bordant la forêt de pins ponderosa. Des bourdonnements particuliers associés à l’alimentation (signaux d’écholocation associés à la capture des proies) ont été détectés dans ces habitats, ce qui confirme que les oreillards maculés étaient en train de chasser des proies. Les activités de quête de nourriture étaient faibles dans les forêts brûlées et les forêts mûres de pins ponderosa ainsi que dans les habitats riverains : comme aucun bourdonnement n’a été détecté, on suppose que les oreillards maculés ne faisaient que s’y déplacer. Leonard et Fenton (1983) n’ont observé aucune activité dans une cerisaie. En outre, on n’a vu aucune chauve-souris chasser les insectes qui se concentrent autour des lampadaires et des lumières de jardin (Fenton, comm. pers.). Une autre étude sur l’alimentation, menée dans le sud de la vallée de l’Okanagan par Wai-Ping et Fenton (1989), a donné des résultats semblables, bien qu’une forte activité de quête de nourriture ait aussi été observée dans les zones marécageuses et les forêts ouvertes de pins ponderosa. Dans la vallée de la Chilcotin, à l’extrémité nord de l’aire de répartition, les oreillards maculés se nourrissent dans des habitats riverains et des zones sèches dégagées à douglas.

Figure 6. Carte de la qualité de l’habitat, où figurent les aires de gîte diurne et d’alimentation de l’oreillard maculé (Euderma maculatum) dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Tiré d’Habitat atlas for wildlife at risk: south Okanagan and lower Similkameen, Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998.

Figure 6. Carte de la qualité de l’habitat, où figurent les aires de gîte diurne et d’alimentation de l’oreillardmaculé (Euderma maculatum) dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique

D’après une carte de la qualité de l’habitat dressée pour le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen (Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998; Sarell et Haney, 2000), les aires d’alimentation de la région sont vastes et distribuées de manière uniforme (figure 6).

Tendances

Les vallées des prairies de l’intérieur de la Colombie-Britannique ont été transformées par le pâturage, l’irrigation et la croissance urbaine. Seules le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont fait l’objet d’analyses détaillées des tendances de l’habitat. Si les communautés naturelles de la région ont commencé à accuser l’impact du pâturage dès la fin des années 1880, ce sont le développement de l’agriculture (tableau 1) associé à l’aménagement de vergers, de prés de fauche et de vignobles, amorcé au début du XXe siècle, de même que l’étalement urbain, plus récent, qui ont entraîné une diminution importante des prairies, des milieux humides et des milieux riverains (Cannings et al., 1987; Lea, données inédites; Ministry of Environments, Lands and Parks, 1998). Selon Redpath (1990), plus de 90 p. 100 des terres du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont été altérées par rapport à leur état « normal ».

Tableau 1. Changements historiques dans la superficie (hectares) des habitats naturels et anthropiques du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. D’après des données inédites de Ted Lea, ministère de la Protection de l’eau, de l’air et des terres de la Colombie-Britannique.
Type d’habitat Année
Purshie tridentée 9607 7046 4279 4093
Habitat riverain1 8679 4996 2957 2957
Armoise tridentée 7243 5567 4369 4369
Zone urbaine 0 368 3567 3567
Zone cultivée 0 11482 18871 19057

1 habitats à bouleau fontinal et à peuplier

Les impacts du développement de l’agriculture et de la croissance urbaine sur les gîtes de l’oreillard maculé sont minimes. Comme les parois rocheuses et les falaises utilisées par cette chauve-souris sont inaccessibles et qu’elles présentent un faible potentiel de ressources, elles ont été épargnées par les changements historiques dans l’habitat. Garcia et al. (1995) ont conclu qu’il y avait eu une « grave » réduction de l’habitat d’alimentation, notamment causée par la croissance urbaine, la destruction des milieux humides, l’irrigation extensive et l’aménagement de vergers, de terres labourables et de terres de pâturage. Il reste toutefois difficile de quantifier la perte de l’habitat d’alimentation de l’oreillard maculé. Les habitats naturels d’alimentation, dont les zones riveraines ou marécageuses, ont de toute évidence décliné. Par exemple, selon l’Habitat atlas for wildlife at risk-south Okanagan and lower Similkameen (British Columbia Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998), environ 85 p. 100 de l’habitat riverain de fond de vallée auraient disparu. Toutefois, les habitats créés par l’être humain tels que les champs abandonnés, les prés de fauche et les terrains de golf, sont d’importantes aires d’alimentation de l’oreillard maculé (Leonard et Fenton, 1983; Gitzen et al., 2001).

Protection et tenure

On ne possède des données quantitatives sur la tenure de l’habitat de l’oreillard maculé que pour le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen (Ministry of Environments, Lands and Parks, 1998). Selon l’analyse de 1998, seulement 5 p. 100 de l’habitat potentiel de l’espèce se trouvaient sur des terres protégées (tableau 2); une importante portion était située soit sur des terres de réserves indiennes (notamment dans les réserves Inkaneep et Penticton), soit sur des terres privées. Les données du tableau 2 ont été établies avant la création des nouvelles aires protégées (parcs provinciaux South Okanagan Grasslands et White Lake Grasslands) dans le cadre de la stratégie provinciale sur les aires protégées (Provincial Protected Areas Strategy). Ces nouvelles aires protégées, qui abritent d’autres habitats de l’oreillard maculé, augmentent probablement d’environ 10 p. 100 la proportion des habitats situés sur des terres protégées.

Tableau 2. Tenure des terres abritant des habitats de l’oreillard maculé (Euderma maculatum) dans le sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique. Tiré de l’Habitat atlas for wildlife at risk: south Okanagan and lower Similkameen, Ministry of Environment, Lands and Parks, 1998.
Tenure uperficie (ha) % de l’habitat total1
Terres protégées 8 340 5
Terres provinciales 67 384 43
Réserves indiennes 36 455 24
Terres privées 43 553 28

1 comprend les gîtes et les habitats d’alimentation.

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Biologie

Généralités

La biologie générale de l’oreillard maculé n’est pas bien documentée. Néanmoins, sa stratégie vitale générale est probablement semblable à celle d’autres chauves-souris de la famille des Vespertilionidés des régions tempérées : capacité d’entrer en torpeur, longévité élevée et faible taux de reproduction. Les gîtes sont critiques pour la protection contre les prédateurs et fournissent un abri et des conditions physiologiques adaptées. L’écholocation sert à l’orientation en vol et à la détection des proies.

Reproduction

Les données sur la reproduction de l’oreillard maculé sont rares. La plupart des chauves-souris canadiennes s’accouplent à l’automne, mais le moment de la copulation des oreillards maculés n’est pas connu. Les seules données de reproduction disponibles concernant les mâles sont celles de Poché (1975, 1981), qui a observé des mâles avec du sperme mature dans la queue de l’épididyme (capturés en mars et avril) et d’autres mâles ayant des testicules scrotaux (capturés en mai et juin). Les femelles donnent naissance à un seul petit pendant la saison de reproduction (Watkins, 1977). Le petit naît généralement en mai ou juin, et des femelles allaitantes ont été observées de juin à août aux États-Unis (Watkins, 1977). On n’a aucune date précise pour la parturition de l’oreillard maculé au Canada, mais des données limitées indiquent que les petits naissent à la fin juin ou au début juillet (Nagorsen et Brigham, 1993). Dans l’État du Washington, les petits volent dès la mi-août (Sarell et McGuiness, 1993). On ne sait pas à quel âge les oreillards maculés atteignent la maturité sexuelle.

Survie

Il n’existe aucune donnée sur la longévité, mais l’oreillard maculé vit probablement longtemps, tout comme d’autres Vespertilionidés des régions tempérées. On ne connaît pas le taux de survie ni la structure par âge des populations de l’espèce. Les données sur la mortalité sont elles aussi limitées à quelques observations anecdotiques. Black (1976) décrit un cas de prédation en plein jour d’un oreillard maculé par une crécerelle d’Amérique (Falco sparverius). Par ailleurs, des oreillards maculés en quête de nourriture la nuit se font sans doute occasionnellement chasser par des hiboux. On a signalé deux cas de rage chez l’oreillard maculé (Constantine et al., 1979) aux États-Unis. Un oreillard maculé enragé trouvé près du mont Bastion, en Colombie-Britannique, en 1994, est le seul cas connu de rage au Canada chez cette espèce de chauve-souris.

Physiologie

Les oreillards maculés partent à la recherche de nourriture quand il fait entre 4,4 et 18,3 °C (Leonard et Fenton, 1989). L’espèce entre en torpeur pour réduire ses besoins en énergie lorsque les températures sont peu élevées. Poché (1981) a observé que les oreillards maculés en captivité ne parvenaient à voler que maladroitement quand leur température corporelle tombait à 23 °C. Un mâle capturé en janvier, dont la température du corps n’était que de 0,8 °C, est parvenu à faire monter sa température à 32,5 °C en 10 minutes après avoir été exposé à une température ambiante de 20 °C. On ne sait pas dans quelle mesure cette espèce peut prolonger ses épisodes de torpeur en période d’hibernation. Au Utah, on a capturé des individus dans des filets japonais au milieu de l’hiver (Poché, 1981; Ruffner et al., 1979). Au Canada, on n’a détecté des oreillards maculés qu’entre avril et octobre (Nagorsen et Brigham, 1993).

L’oreillard maculé est également exposé à des températures ambiantes élevées pendant l’été. Selon Poché (1981), les individus au repos exposés à une température de 35 °C déploient leurs ailes ainsi que leur uropatagium et dressent leurs oreilles vers l’avant pour exposer une plus grande surface corporelle afin de se rafraîchir. À 38 °C, le les oreillards maculés commencent à haleter. Des oreillards maculés en captivité exposés à une température de 25 à 30 °C buvaient environ 1,2 cm³ d’eau par jour.

Déplacements et dispersion

Il n’existe aucune donnée sur les déplacements et la dispersion. Dans le sud de la vallée de l’Okanagan, des études de radiopistage par Wai-Ping et Fenton (1989) ont révélé que les oreillards maculés se déplacent dans un rayon de 6 à 10 km de leur gîte diurne pour se rendre dans leurs aires d’alimentation. Des allers-retours (gîtes diurnes-aires d’alimentation) de 77 km ont été rapportés dans le parc national du Grand Canyon, dans le nord de l’Arizona (Rabe et al., 1998). De mai à juillet, les oreillards maculés sont très fidèles à leur gîte, retournant au même nuit après nuit (Wai-Ping et Fenton, 1987, 1989). Dès le début août, les déplacements quotidiens deviennent plus imprévisibles. Cette infidélité reflète peut-être des changements de comportement associés à la présence de femelles allaitantes et de petits capables de voler, ou à des migrations. On ne sait rien des déplacements saisonniers ni des migrations sur de longues distances.

Alimentation et relations interspécifiques

Des analyses du contenu stomacal et des boulettes fécales ont montré que l’oreillard maculé se nourrit principalement de papillons de nuit (5-2 mm de longueur) (Easterla, 1965; Ross, 1967; Poché, 1981; Wai-Ping et Fenton, 1989). En dépit d’une observation interprétée comme preuve de glanage (capture des proies sur des surfaces), l’oreillard maculé semble prendre ses proies en vol en recourant à des signaux d’écholocation pour détecter et suivre les papillons de nuit (Woodsworth et al., 1981; Wai-Ping et Fenton, 1989). Les oreillards maculés recherchent leur nourriture à 5 à 30 m d’altitude, en décrivant des ellipses de 200 à 300 m.

Comme les signaux d’écholocation (figure 7) reflètent plusieurs adaptations à la chasse aux papillons de nuit, Fullard et Dawson (1997) ont émis l’hypothèse selon laquelle l’espèce serait une prédatrice spécialiste des papillons de nuit. Ses signaux d’écholocation de basse fréquence ont une fréquence dominante de 9 à 12 kHz (audibles à l’oreille humaine) ainsi que plusieurs séries harmoniques de fréquence plus élevée. De nombreux papillons de nuit ont des « oreilles » qui sont sensibles aux signaux d’écholocation des chauves-souris, ce qui leur permet de les détecter et d’éviter d’être capturés. Fullard et al. (1983) ont constaté que la plupart des papillons de nuit dans l’aire de répartition canadienne de l’oreillard maculé sont surtout sensibles aux fréquences ultrasoniques de 30 à 75 kHz; ils seraient donc incapables de détecter les signaux de recherche de l’oreillard maculé. Des études expérimentales réalisées par Fullard et Dawson (1997) ont révélé que les signaux courts, faibles et de basse fréquence de l’oreillard maculé sont soit inaudibles pour la plupart des papillons de nuit, soit seulement détectables à une très faible distance (moins de 1 m). Ces papillons sont donc vulnérables à la capture. Vu leur grande longueur d’onde (caractéristique des sons de basse fréquence), les signaux de l’oreillard maculé sont très efficaces pour détecter les objets d’environ 10 mm de diamètre; cette observation est appuyée par la taille des papillons de nuit retrouvés dans les restes de proies (Leonard et Fenton, 1984). Toutefois, comme aucune étude approfondie sur l’alimentation de l’oreillard maculé n’a été effectuée, on ne sait pas à quel point elle se limite aux papillons de nuit.

Même si l’oreillard maculé était un spécialiste des papillons de nuit, il aurait une réserve de proies variée et abondante. D’après Don Lafontaine (obser. pers.), l’écozone de la cordillère montagnarde de la Colombie-Britannique abrite environ 700 espèces de noctuelles, dont plus de la moitié vivrait dans les steppes et prairies de basse altitude comme la vallée de l’Okanagan. Les espèces telles que le ver gris sont particulièrement abondantes et variées dans les communautés des prairies. Un piège lumineux (pouvoir attractif de 6 m) installé dans ces habitats devrait capturer plusieurs milliers de papillons de nuit par nuit tiède.

Figure 7. Sonogramme de signaux représentatifs de l’oreillard maculé (Euderma maculatum). A, B : phase de la recherche; C : phase de l’approche; D : bourdonnement terminal associé à l’alimentation. L’encart montre les variations de la note fondamentale des signaux. Tiré de Leonard et Fenton (1984).

Figure 7. Sonogramme de signaux représentatifs de l’oreillard maculé (Euderma maculatum)

Avec 12 à 14 espèces, les prairies du sud intérieur de la Colombie-Britannique abritent la communauté de chauves-souris la plus diversifiée au Canada, et certaines espèces s’y trouvent en fortes densités (Fenton et al., 1980). La plupart des chauves-souris de cette région recherchent leur nourriture dans les vallées, au-dessus des lacs, des marais, des prairies ou des forêts clairsemées. Un certain chevauchement alimentaire avec l’oreillard maculé est donc prévisible. Toutefois, la compétition pour les ressources alimentaires est probablement limitée; ces autres espèces de chauves-souris sont souvent des prédateurs opportunistes qui se nourrissent d’une variété d’invertébrés en plus des papillons de nuit.

Comportement et adaptabilité

Bien que la plupart des chercheurs aient conclu que l’oreillard maculé gîte solitairement, sa structure sociale demeure inconnue, et il se peut que l’espèce gîte seule ou en petits groupes. Les données limitées montrent que les individus ne vivent pas en grands groupes. Évidemment, les signaux d’écholocation servent aussi à la communication et les oreillards maculés réagissent fortement aux signaux d’autres individus (Obrist, 1995). Quand ils sont en quête de nourriture, des vocalisations agonistiques sont produites en réponse aux intrus qui pénètrent dans leur aire d’alimentation (Leonard et Fenton, 1983; Storz, 1995). Certains chercheurs (Easterla, 1973) ont observé des poursuites en vol. Malgré la tendance des oreillards maculés vivant à proximité les uns des autres à espacer leurs aires d’alimentation, la territorialité de l’espèce n’est pas évidente. Si Leonard et Fenton (1983) ont conclu que les individus gardaient des territoires d’alimentation exclusifs, séparés les uns des autres d’au moins 50 m, Wai-Ping et Fenton (1989) ont observé de leur côté d’importants chevauchements des aires d’alimentation d’individus voisins.

Capable de s’immiscer dans les petits crevasses et ouvertures des affleurements rocheux et de grimper sur des parois rocheuses verticales (Poché, 1975), l’oreillard maculé est bien adapté pour gîter dans des crevasses. Garcia et al. (1995) ainsi que Sarell et Haney (2000) ont noté que l’espèce était intolérante au bruit et aux perturbations dans son gîte. Toutefois, la plupart de ces observations sont anecdotiques. L’oreillard maculé fait preuve d’adaptabilité dans l’utilisation de son habitat d’alimentation : il peut se nourrir dans des habitats perturbés, par exemple les champs cultivés et les terrains de golf (Leonard et Fenton, 1983; Gitzen et al., 2001). 

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Taille et tendances des populations

Comme l’oreillard maculé est une chauve-souris solitaire aux signaux d’écholocation distinctifs et audibles à l’oreille humaine jusqu’à une altitude de 250 m, on peut dénombrer la population au moyen de relevés acoustiques dans les aires présumées de gîte et d’alimentation (Fenton et al., 1987; Wai-Ping et Fenton, 1987). Les estimations les plus fiables de la population sont fondées sur les dénombrements d’émergence effectués à la brunante, lorsque les oreillards maculés sortent de leur gîte diurne pour se nourrir. Ces dénombrements sont plus fiables que le recensement des chauves-souris en quête de nourriture, car ils évitent de compter plusieurs fois le même individu. Depuis la découverte de l’espèce au Canada, en 1979, au moins neuf relevés acoustiques et estimations de la taille minimale de la population ont été réalisés dans diverses parties de l’aire de répartition canadienne (tableau 3). Toutefois, aucun relevé systématique canadien utilisant une méthodologie normalisée n’a été effectué dans l’ensemble de l’aire de répartition. Les données de recensement sont par ailleurs géographiquement biaisées pour le sud de la vallée de l’Okanagan. Les inventaires dans la région de Cariboo-Chilcotin se limitent à deux relevés effectués en 1992 et 1993 (Roberts et Roberts, 1992, 1993). Sarell et Woodgate (1991) ont rapporté les premières observations d’oreillards maculés dans la vallée de la Thompson en 1991, mais aucun relevé systématique des gîtes potentiels n’a été réalisé dans les vallées de la Thompson Nord et de la Thompson Sud.

L’oreillard maculé est peut-être la seule espèce de chauve-souris au Canada pour laquelle il y a des estimations de la population. Ces dénombrements de la population doivent toutefois être considérés avec prudence. En effet, les périodes d’échantillonnage ne sont pas régulières d’une étude à l’autre, les efforts d’échantillonnage dans l’aire de répartition canadienne sont inégaux et des individus à la recherche de nourriture ont pu être comptés plusieurs fois; le fait d’avoir seulement étudié les gîtes de qualité peut aussi constituer un biais. Garcia et al. (1995) ont estimé que la taille minimale de la population canadienne est de moins de 200 individus. Une estimation semblable, sans doute tirée de Garcia et al. (1995), a été fournie par Cannings et al. (1999). Dans le relevé le plus récent, Sarell et Haney (2000) ont détecté au moins une soixantaine d’oreillards maculé dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Ils ont estimé que la population totale de la région comptait entre 100 et 200 animaux et conclu que la population entière au Canada comptait moins de 500 individus. Si l’on présume que la région de Cariboo-Chilcotin abrite une population de taille semblable à celle du sud de la vallée de l’Okanagan, comme le supposent Roberts et Roberts (1992), et que la région de la Thompson héberge également 100 à 200 animaux, une estimation de moins de 1 000 individus au total au Canada peut être réaliste. Comme on ignore à quel âge les oreillards maculés atteignent la maturité sexuelle, le nombre d’animaux matures ne peut pas être déterminé. Mais, étant donné que les petits pouvant voler ont été inclus dans certains dénombrements, le nombre d’animaux matures est inférieur au nombre de chauves-souris dans la population totale.

Une étude approfondie de toute l’aire de répartition canadienne utilisant une méthodologie normalisée est nécessaire si on veut obtenir des données de base aux fins de la surveillance à long terme des tendances de la population. La seule région pour laquelle on possède une séquence d’estimations de la population est le sud de la vallée de l’Okanagan (tableau 3). Sept dénombrements de la population, qui couvrent environ 20 années, ne montrent aucune évidence d’un déclin de la population.

Tableau 3. Estimations de l’effectif minimal de la population d’oreillards maculés (Euderma maculatum) dans diverses régions de la Colombie-Britannique. Les estimations sont fondées sur la surveillance acoustique des dénombrements d’émergence des gîtes. D’après Sarell et Haney (2000).
AnnéeOkanagan SudSimilkameenThompsonChilcotin-CaribooSource
198150---Leonard et Fenton (1983)
198629---Fenton et al. (1986)
198734---Wai-Ping et Fenton (1987)
19893824--Collard et al. (1990)
1991550--Chapman et al. (1994)
199229-241192Holroyd et al. (1994)1; Roberts et Roberts (1992)2
1993---62Roberts et Roberts (1993)
2000602--Sarell et Haney (2000)

1 comprend les observations dans les régions de la Thompson et de Cariboo-Chilcotin.
2 recensement partiel de la région de Chilcotin-Cariboo.

Le statut de la population d’oreillards maculés dans l’État du Washington n’est pas établi, mais on a observé l’espèce dans le comté Okanogan, près de la frontière avec la Colombie-Britannique (Sarell et McGuiness, 1993; Johnson et Cassidy, 1997). Des déplacements transfrontaliers sont donc probables.

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Facteurs limitatifs et menaces

Selon Pierson et Rainey (1998), sa rareté ainsi que ses besoins particuliers en matière de gîtes et sa répartition irrégulière font de l’oreillard maculé une espèce préoccupante, à protéger dans l’ensemble de son aire de répartition.

Les habitats d’alimentation et les gîtes ne font l’objet d’aucune menace évidente. La disponibilité de gîtes adaptés peut être un facteur limitatif pour l’oreillard maculé au Canada. Sarell et Haney (2000) ont constaté que les gîtes sur les falaises étaient irrégulièrement distribués dans tout le sud de la vallée de l’Okanagan et qu’ils étaient pour la plupart séparés d’au moins 2 km. Parmi les menaces particulières pour ces gîtes figurent les activités d’escalade et les cours de pilotage d’hélicoptère en milieu montagneux. Toutefois, ces activités semblent se limiter à quelques falaises du sud de la vallée de l’Okanagan. L’exploitation des carrières, les travaux routiers et les activités forestières pourraient aussi avoir des répercussions sur les oreillards maculés qui gîtent (des preuves anecdotiques indiquent que l’espèce est vulnérable aux perturbations sonores) [Garcia et al., 1995]. Les habitats naturels du sud des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont été modifiés par l’agriculture et l’urbanisation, mais l’oreillard maculé fait preuve de souplesse quant à son habitat d’alimentation, se nourrissant dans des prés de fauche, des champs abandonnés et des terrains de golf.

Il est peu probable que les proies de cette espèce, les papillons de nuit, constituent un facteur limitatif. Selon Don Lafontaine (obser. pers.), c’est dans les steppes de purshie tridentée (Purshia tridentata) et d’armoise tridentée (Artemisia tridentata) que la diversité des papillons de nuit dans la vallée de l’Okanagan est la plus forte. Les terres agricoles et les vergers présentent une diversité médiocre, mais tendent à abriter de fortes densités de quelques espèces de papillons de nuit. Dans les grandes régions fruiticoles, par exemple la vallée de l’Okanagan, on ignore quel impact ont sur l’oreillard maculé les pesticides qui sont épandus pour lutter contre les ravageurs.

La perturbation des hibernacles est peut-être une préoccupation majeure pour de nombreuses chauves-souris des régions tempérées, mais on ne connaît pas l’aire de répartition de la population canadienne d’oreillards maculés en hiver. Les relevés réalisés en hiver dans 18 cavernes et mines de l’aire de répartition canadienne n’ont pas permis de trouver d’oreillards maculés en hibernation (Nagorsen et al., 1993). Il se peut que cette chauve-souris hiberne sur les falaises de son aire de répartition estivale ou qu’elle migre vers des sites d’hibernation inconnus, aux États-Unis. Comme les gîtes diurnes sont inaccessibles et que l’espèce se nourrit en vol, les prédateurs sont rares. Aucune maladie ne semble représenter un facteur limitatif.

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Importance particulière de l’espèce

L’oreillard maculé est l’une des trois espèces de chauves-souris de l’ouest de l’Amérique du Nord qui sont confinées aux prairies intermontagnardes de la Colombie-Britannique, au Canada. Les signaux d’écholocation audibles et de basse fréquence, qui peuvent être repérés sans l’aide d’un détecteur électronique de chauves-souris, font de l’oreillard maculé une espèce idéale pour la recherche. Ses signaux d’écholocation de basse fréquence étant inaudibles pour de nombreuses espèces de papillons de nuit, l’oreillard maculé sert de modèle pour l’étude de la coévolution des tactiques prédateur-proie des papillons de nuit et des chauves-souris. La surveillance des signaux audibles d’écholocation fournit un outil simple, mais efficace, pour les relevés des populations. Bien qu’il soit l’un des mammifères les plus spectaculaires du Canada, l’oreillard maculé n’a pu être observé en milieu sauvage que par quelques biologistes et naturalistes en raison de ses activités nocturnes et de ses préférences pour les falaises. Ses signaux d’écholocation audibles n’en font pas moins une espèce idéale pour les programmes éducatifs de sensibilisation aux chauves-souris et à leur conservation.

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Protection actuelle et autres désignations

L’oreillard maculé ne figure pas sur les listes de l’UICN. Il a été désigné espèce préoccupante par le COSEPAC en 1988 (voir Balcombe, 1988). Sa cote mondiale (Natural Heritage Ranking System) est G4 (apparemment hors de danger); ses cotes nationales sont N3N4 (vulnérable à apparemment hors de danger) pour les États-Unis et N3 (vulnérable) pour le Canada. Trois états (Montana, Oregon et Wyoming) classent l’oreillard maculé dans la catégorie S1 (gravement en péril), tandis que quatre autres la considèrent comme S1S2 ou S2 (gravement en péril ou en péril). La Colombie-Britannique a désigné l’oreillard maculé S3S4 (vulnérable à apparemment hors de danger).

En Colombie-Britannique, la loi provinciale sur la faune (Wildlife Act) interdit de tuer l’oreillard maculé. Bien que l’espèce ne soit pas réputée gîter dans les arbres dans la province et qu’elle soit probablement très peu affectée par l’exploitation des parcours naturels, elle est considérée comme une « espèce faunique désignée » (Identified Wildlife Species) dans le Forest and Range Practices Code de la Colombie-Britannique. Les espèces désignées en vertu de ce code sont considérées en péril et nécessitent une gestion particulière comportant l’établissement de zones d’habitat faunique, ou aires d’habitat faunique (Wildlife Habitat Areas, WHA). Les directives[1] du Forest and Range Practices Code précisent qu’une zone d’habitat faunique sera établie en vue de protéger les gîtes et les hibernacles connus et potentiels de l’oreillard maculé. Le cœur de la zone d’habitat faunique comprendra la falaise sur laquelle se trouvent les gîtes et la base du talus ainsi qu’une zone de gestion de 100 m de rayon autour de la falaise. Diverses prescriptions d’aménagement sont aussi recommandées pour ce qui est du tracé des routes, de l’exploitation forestière et de l’épandage des pesticides. Aucune zone de d’habitat faunique n’a été établie pour l’oreillard maculé jusqu’à maintenant. Le Forest and Range Practices Code s’applique seulement aux terres publiques de la province. Or, dans la portion sud de l’aire de répartition canadienne, plus de la moitié de l’habitat de l’espèce n’est pas assujettie au code (tableau 2).


[1] Les lignes directrices du code provincial (Forest and Range Practices Code) relatives à l’oreillard maculé sont en cours d’élaboration.

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Résumé du rapport de situation

L’oreillard maculé est une espèce rare, à répartition irrégulière, qui vit dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, où se trouve la limite nordique de son aire, l’espèce est confinée aux prairies intermontagnardes de la Colombie-Britannique. Bien que l’on puisse dénombrer par relevés acoustiques des signaux d’écholocation (audibles à l’oreille humaine) les individus qui émergent de leur gîte diurne pour se nourrir la nuit, les données de recensement pour la population canadienne sont limitées en raison des irrégularités dans la méthodologie utilisée et des biais géographiques du sud de la vallée de l’Okanagan. Les données de recensement disponibles indiquent que la population canadienne compte moins de 1 000 animaux et qu’elle est stable. Comme les gîtes diurnes connus se trouvent dans des crevasses, on peut supposer que l’espèce a des besoins spécialisés en matière de gîte. Bien que l’oreillard maculé se nourrisse dans une vaste gamme d’habitats, dont des habitats transformés par l’agriculture, son régime alimentaire semble consister essentiellement en papillons de nuit, dont les steppes et les prairies de la Colombie-Britannique hébergent une faune abondante et diversifiée. On ne sait rien de la répartition hivernale de la population canadienne; les individus peuvent hiberner dans des crevasses se trouvant dans l’aire de répartition estivale ou migrer vers les États-Unis pour y passer l’hiver. Parmi les facteurs limitatifs figurent la perturbation des gîtes, la perte d’habitat riverain et les impacts possibles des pesticides sur les proies. Moins de 10 p. 100 de l’aire de répartition canadienne se trouvent dans des aires protégées, et plus de la moitié se trouve sur des terres privées ou des réserves indiennes, dont l’habitat ne bénéficie pas de la protection conférée par le Forest and Range Practices Code de la Colombie-Britannique.

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Résumé technique

Euderma maculatum

Oreillard maculé – Spotted Bat

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²) : 10 600 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence
(ordre de grandeur > 1)?
Non
Zone d’occupation (km²):Inconnue
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). -
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation
(ordre de grandeur > 1)?
-
Nombre d’emplacements existants: 80*
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin,
stable, en croissance ou inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements
(ordre de grandeur > 1)?
Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Stable?

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.). Inconnue
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou
préciser une gamme de valeurs plausibles).
<1 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures
(en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
Stable
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). -
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu par année)? Non
Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune. -
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).
-
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations
(ordre de grandeur > 1)?
-

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Perturbation des gîtes situés sur des falaises
  • Perte d’habitat d’alimentation en bordure des cours d’eau
  • Impact des pesticides sur les proies (papillons de nuit)
Effet d’une immigration de source externeModéré
L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

  • Rare
  • Idaho S2
  • Montana S1
  • Washington S3
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Oui
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? Oui

Analyse quantitative

  • * 80 occurrences;
  • 40 occurrences élémentaires.

The Nature Conservancy (Natural Heritage Ranking System) définit l’« occurrence élémentaire » (element occurrence) pour les petites chauves-souris comme un lieu qui abrite ou a déjà abrité l’espèce et qui est séparé du suivant d’au moins 10 km.

Autres désignations

  • COSEPAC : Espèce préoccupante 1988
  • Colombie-Britannique : S3S4

Statut et justification de la désignation

Statut: Espèce préoccupante

Code alphanumérique : [L’estimation de la population canadienne (< 1 000 adultes) correspond au critère D1 (espèce menacée). L’espèce a toutefois été jugée préoccupante en raison de la possibilité d’un effet d’une immigration des populations voisines provenant des États-Unis. Les aires de gîte et d’alimentation semblent être hors de danger au Canada.]

Justification de la désignation : Au Canada, cette espèce se trouve dans les terres herbeuses intramontagnardes du sud de la Colombie-Britannique. Il s’agit d’une chauve-souris de couleur distincte, ce qui permet de l’identifier sans aucun doute. Contrairement à toute autre espèce de chauve-souris au Canada, le cri d’écholocation de cette espèce peut être entendu par l’être humain. Cette espèce se repose dans les crevasses de grandes falaises. Cette espèce est considérée comme l’espèce de chauve-souris la plus recensée et la plus facile à recenser au Canada. Les estimations de populations, fondées sur des recensements relativement fiables, suggèrent qu’il existe moins de 1000 adultes. À l’heure actuelle, les nombres semblent stables, et relativement peu de menaces pèsent sur les populations ou les habitats. La plus grave menace pour cette espèce est possiblement la petite taille de sa population. L’utilisation de pesticides sur ses proies, la perte de son habitat d’alimentation et la perturbation dans ses sites de repos par des alpinistes sont des menaces possibles. Une immigration de populations avoisinantes aux États-Unis est possible; cependant, le déplacement des individus entre les populations canadiennes et américaines n’a pas été documenté.

Applicabilité des critères

Critère A (population totale en déclin) : < 1 000 adultes au Canada.

Critère B (faible répartition et déclin ou fluctuations) : 10 600 km² au Canada.

Critère C (population totale de petite taille et en déclin) : Aucune évidence de déclin de la population.

Critère D (population très petite ou limitée) : Répond au critère D1 (espèce menacée). < 1 000 adultes au Canada.

Critère E (analyse quantitative) : Probabilité d’extinction au Canada, inconnue.

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Remerciements

Dave Nagorsen remercie Mike Sarell, qui a fourni des copies de ses rapports, des dossiers inédits sur les emplacements et une copie du modèle utilisé pour générer la carte de la qualité de l’habitat. Orville Dyer a généreusement transmis diverses données ainsi qu’une copie numérique de la carte de l’habitat; Laura Friis a, quant à elle, donné des rapports inédits et l’ébauche du compte rendu sur l’oreillard maculé tiré du Forest and Range Practices Code de la Colombie-Britannique. Ted Lea a fourni ses données inédites sur les changements historiques de l’habitat dans le sud de la vallée de l’Okanagan. Don Lafontaine a envoyé des données inédites sur les noctuelles de la vallée de l’Okanagan. Enfin, Daphne Nagorsen a recherché et photocopié diverses références trouvées dans des périodiques de la bibliothèque de l’Université de la Colombie-Britannique.

La préparation du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Dave Nagorsen détient un B.Sc. de l’Université de Guelph et un M.Sc. en zoologie de l’Université de Toronto. Il a été adjoint à la conservation au Département de mammalogie du Musée royal de l’Ontario (Toronto) pendant 10 ans et conservateur des mammifères au Royal British Columbia Museum pendant 20 ans. Actuellement Departmental Associate au Centre de la biodiversité et de la biologie de la conservation du Musée royal de l’Ontario, il s’intéresse à un large éventail de sujets liés aux mammifères. Au cours de sa carrière, il a mené des études sur le terrain et des recensements de mammifères dans les Caraïbes et dans diverses régions du Canada, dont le Bouclier canadien, les basses-terres de la baie d’Hudson, le nord du Yukon et la Colombie-Britannique. Il est l’auteur ou le coauteur de plus de 50 articles et rapports scientifiques publiés, de trois livres, de plusieurs rapports non publiés et de nombreuses publications destinées à un public plus large; il est rédacteur en chef adjoint du Canadian Field-Naturalist. Monsieur Nagorsen participe à plusieurs initiatives de conservation, dont l’Équipe de rétablissement de la marmotte de l’île de Vancouver, le Sous-comité de spécialistes des mammifères terrestres du COSEPAC et le Groupe de spécialistes des rongeurs de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.

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Autorités contactées

Friis, Laura.Spécialiste des espèces, Biodiversity Monitoring and Reporting Section, Ministry of Water, Land and Air Protection. C.P. 9338 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W 9M1.

Goulet, Gloria. Coordonnatrice, Savoir traditionnel autochtone, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario)  K1A 0H3.

Dyer, Orville. Biologiste – espèces sauvages, Fish and wildlife Science Allocation Section, Ministry of Water, Land and Air Protection. 201 3547 Skaha Lake Road, Penticton (Colombie-Britannique)  V2A 7K2.

Guy, Stewart. Gestionnaires de projets, Wildlife Conservation Planning, Ministry of Water, Land and Air Protection. C.P. 9338 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W 9M1.

Lafontaine, Don. Entomologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Biodiversité (entomologie) et lutte intégrée, Ottawa.

Lea, Ted. Coordonnatrice provinciale de l’écologie, Ministry of Sustainable Resources Management, Terrestrial Information Branch, C.P. 9516 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W 9C2.

Ramsay, Leah. Ministry of Sustainable Resources Management, Conservation Data Centre, C.P. 9344 Stn Prov Govt, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W 9M1.

Roberts, Anna. Biologiste consultante, 2002 Grebe Dr. RR3 Williams Lake (Colombie-Britannique)  V2G 1M3.

Sarell, Mike. Ophiuchus Consulting, RR#2 S53a C4, Oliver (Colombie-Britannique)  VOH 1TO.

Steciw, Julie. Biologiste – espèces sauvages, Fish And Wildlife Allocation Section, Ministry of Water, Land and Air Protection. Ste 400-640 Borland St., Williams Lake (Colombie-Britannique)  V2G 4T1.

Surgenor, John. Biologiste – espèces sauvages, Fish And Wildlife Allocation Section, Ministry of Water, Land and Air Protection. 1259 Dalhousie Drive, Kamloops (Colombie-Britannique)  V2C 5Z5.

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Collections consultées

Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

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