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Programme de rétablissement du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) au Canada - 2016

Partie 2 : « Programme de rétablissement du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) en Colombie-Britannique et en Alberta », préparé par l’équipe de rétablissement des invertébrés du sud de la région intérieure de la Colombie-Britannique pour le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique

Programme de rétablissement du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) en Colombie-Britannique et en Alberta

porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna)

Préparé par l’équipe de rétablissement des invertébrés du sud de la région intérieure de la Colombie-Britannique

Novembre 2011

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Liste des figures

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Information sur le document

À propos de la série de Programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les programmes ou plans de rétablissement visant à conseiller la Province de la Colombie-Britannique quant à l’approche stratégique générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Les programmes de rétablissement sont préparés conformément aux priorités et aux mesures de gestion prévues dans le cadre de conservation de la Colombie-Britannique (British Columbia Conservation Framework). La Province prépare de tels plans ou programmes afin de coordonner les mesures de conservation et de respecter ses engagements en matière de rétablissement des espèces en péril en vertu de l’Accord pancanadien pour la protection des espèces en péril et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement d’une espèce en péril est le processus selon lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du territoire est freiné ou renversé, et les menaces sont éliminées ou atténuées afin d’améliorer les chances de persistance de l’espèce à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement doit résumer les données scientifiques les plus rigoureuses existant sur une espèce ou un écosystème pour être en mesure d’identifier les buts, les objectifs et les méthodes de rétablissement qui assurent une orientation coordonnée du rétablissement. Ces documents décrivent ce qu’on sait et ce qu’on ignore à propos d’une espèce ou d’un écosystème; ils identifient les menaces pour l’espèce ou l’écosystème et expliquent ce qui devrait être fait pour atténuer ces menaces.

Prochaines étapes?

Dans certains cas, un ou plusieurs plans d’action seront élaborés afin de définir et de guider la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d’action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs du programme de rétablissement. Cependant, lorsque des renseignements suffisants permettant d’orienter la mise en œuvre pour l’espèce peuvent être intégrés au programme de rétablissement, un plan d’action distinct n’est pas nécessaire.

Pour de plus amples renseignements

Pour en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement à l’adresse suivante (en anglais seulement)

Pour en savoir plus sur le cadre de conservation adopté par la Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web publiée à ce sujet par le ministère de l’Environnement de cette province à l’adresse suivante (en anglais seulement)

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Référence recommandée

Le rapport original (en anglais) dont la traduction française est présentée ici doit être cité comme suit :

B.C. Southern Interior Invertebrates Recovery Team. 2011. Recovery strategy for Half-moon Hairstreak (Satyrium semiluna) in British Columbia and Alberta. Prepared for the B.C. Ministry of Environnement, Victoria, BC. 33 pp.

Illustration/photographie de la couverture
Denis Knopp (photo prise dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands, BC Parks, juin 2007).

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement

Données de la publication originale anglaise

Données de catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

British Columbia Southern Interior Invertebrates Recovery Team

Recovery strategy for half-moon hairstreak (Satyrium semiluna) in British Columbia and Alberta [electronic resource] / prepared by the British Columbia Southern Interior Invertebrates Recovery Team.

"November 2011".
Includes bibliographical references.
Electronic monograph in PDF format.

1. Satyrium--British Columbia. 2. Rare butterflies--British Columbia. 3.Wildlife recovery--British Columbia. I. British Columbia. Ministry of Environnement II.Title.

QL561 L8 B7 2011
333.95’571609711
C2011-909068-6

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Avis

Le présent programme de rétablissement a été préparé par l’équipe de rétablissement des invertébrés du sud de la région intérieure de la Colombie-Britannique. Il vise à conseiller les compétences responsables et les organisations susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a reçu ces recommandations dans le cadre des engagements pris en vertu de l’Accord pancanadien pour la protection des espèces en péril et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Ce document présente les mesures jugées nécessaires au rétablissement des populations du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta, à la lumière des dernières données scientifiques et des connaissances traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le programme sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Les buts, objectifs et méthodes de rétablissement pourraient être modifiés compte tenu de nouvelles connaissances ou en fonction de nouvelles orientations.

Les compétences responsables et tous les membres de l’équipe de rétablissement ont pu examiner le présent document. Cependant, ce document ne représente pas nécessairement la position officielle de ces organismes, ni l’opinion personnelle de tous les membres de l’équipe de rétablissement.

Le rétablissement de cette espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent programme. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les Canadiens à participer au rétablissement du porte-queue demi-lune.

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Membres de l’équipe de rétablissement

Sylvie Desjardins, Université de la Colombie-Britannique, campus Okanagan, Kelowna (Colombie-Britannique).

Orville Dyer (coprésident), ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Penticton (Colombie-Britannique).

Jennifer Heron (coprésidente), ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique).

Stephen Hureau, Environnement Canada – Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique).

Dan Shervill, Environnement Canada – Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique).

Ron Casorso, Conseil national de recherches du Canada – White Lake Observatory, Penticton (Colombie-Britannique).

Cyndi Smith, Agence Parcs Canada, Parc national des Lacs-Waterton (Alberta).

Dennis St. John, entomologiste amateur, Willowbrook (Colombie-Britannique).

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Compétences responsables

Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l’élaboration du programme de rétablissement du porte-queue demi-lune, en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. L’Agence Parcs Canada et Environnement Canada ont aussi participé à la préparation de ce programme de rétablissement.

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Remerciements

De nombreuses personnes ont fourni des renseignements pour la préparation de ce programme. Jennifer Heron (ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique) a écrit l’ébauche du programme de rétablissement, qui a ensuite été modifiée, compte tenu des suggestions de membres de l’équipe de rétablissement des invertébrés du sud de la région intérieure de la Colombie-Britannique. Orville Dyer (ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique) a fourni une importante rétroaction et des suggestions pour la rédaction du programme de rétablissement. Dennis St. John a fourni des données et partagé son expertise scientifique; les recherches qu’il a effectuées, individuellement et en collaboration (sur plusieurs années), sur le porte-queue demi-lune et d’autres papillons dans le sud de l’Okanagan sont cruciales pour le rétablissement de ces espèces en Colombie-Britannique. Brenda Costanzo a fourni des données sur les communautés végétales présentes dans l’intérieur sud de la Colombie-Britannique.

Le document a aussi été relu par Jeff Brown (ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique), Diane Casimir (Agence Parcs Canada), et Norbert Kondla (consultant). Des membres du personnel du réseau de parcs et d’aires protégées de la Colombie-Britannique (Sarah Bunge et Andrea Mead, avec l’appui de leur supérieur, Mark Weston) ont consacré temps et ressources à la recherche du porte-queue demi-lune. Norbert Kondla, Jennifer Heron et Denis Knopp ont fourni des photos. Leah Westereng a refait le formatage de ce document conformément aux normes du ministère de l’Environnement (voir Ministry of Environnement, 2010a) et a grandement contribué aux modifications de forme et à l’achèvement de l’ensemble du document.

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Sommaire

Le porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) figure sur la liste des espèces en voie de disparition au Canada, à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a classé le papillon comme espèce en voie de disparition, en raison de son aire de répartition petite et restreinte et de son déclin, qui résulte probablement de la perte d’habitat. En Colombie-Britannique, la cote de conservation du porte-queue demi-lune est de S1 (en péril), et l’espèce figure sur la liste rouge de la province. Le cadre de conservation de la Colombie-Britannique classe le porte-queue demi-lune comme une priorité 1 sous le but 3 (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes). Le porte-queue demi-lune est désigné comme espèce en péril en vertu de la Forest and Range Practices Act et figure parmi les espèces désignées en vertu de la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy). Dans l’Alberta Conservation Information Management System (ACIMS), l’espèce est cotée S1 (en péril, liste rouge) à l’échelle provinciale. Le rétablissement du porte-queue demi-lune est considéré comme réalisable du point de vue biologique et technique.

Le porte-queue demi-lune est un petit papillon de la famille des Lycénidés dont les ailes ont une envergure de 2,0 à 3,4 cm. Le dessus des ailes est d’un noir brunâtre et charbonneux uniforme. Le porte-queue demi-lune est une espèce univoltine (une génération par année) dont la période de vol s’étend de la fin de mai à la fin de juin en Colombie-Britannique et de la fin de juin à la fin de juillet en Alberta. La période de vol coïncide avec la période de floraison des plantes nectarifères, notamment l’ériogone jaune (Eriogonum flavum) en Alberta et la verge d’or du Missouri (Solidago missouriensis) en Colombie-Britannique et en Alberta. La période de vol décline habituellement avec la sénescence (vieillissement) des plantes hôtes des larves, qui sont des lupins (du genre Lupinus).

Au Canada, le porte-queue demi-lune se rencontre seulement dans les prairies sèches et arides du sud de la Colombie-Britannique et du sud-ouest de l’Alberta. L’espèce a été observée à huit localités : sept d’entre elles se trouvent dans le sud de la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique et une se trouve dans le cône Blakiston, au PNLW, en Alberta. La zone d’occurrence combinée de l’espèce, en Colombie-Britannique et en Alberta, est d’environ 346 km2. L’espèce pourrait être présente à d’autres localités dans les prairies non inventoriées du sud de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

En Colombie-Britannique, ce sont principalement l’urbanisation et l’aménagement de terres agricoles qui menacent le porte-queue demi-lune de manière incontestable. D’autres menaces potentielles auraient besoin d’être clarifiées en Colombie-Britannique, notamment la compétition avec les plantes et les animaux introduits et les changements de l’habitat causés par les espèces introduites ainsi que les impacts sur l’habitat du surpâturage par les animaux d’élevage. Les menaces potentielles (et qui ont besoin d’être clarifiées), tant en Colombie-Britannique qu’en Alberta, sont, entre autres, le surpâturage par les ongulés indigènes, les changements climatiques et les catastrophes naturelles partout dans l’aire de répartition canadienne du papillon; et les changements, à l’échelle de l’aire, de la dynamique et des processus écologiques résultant d’une combinaison de la lutte contre les incendies, de l’empiètement des forêts, du changement des caractéristiques chimiques du sol et de la disponibilité de l’eau.

Le but en matière de population et de répartition est d’assurer la persistance des populations du porte-queue demi-lune dans toutes les localités existantes connues (et toute nouvelle localité) à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

Les objectifs du rétablissement sont les suivants :

  1. Établir des mesures de protectionnote 1 de l’habitat pour les huit localités existantes du porte-queue demi-lune.
  2. Évaluer et atténuer les menaces connues et potentielles pour chaque localité du porte-queue demi-lune.
  3. Confirmer la répartition des populations (existantes et nouvelles) du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta.
  4. Combler les lacunes dans les connaissances notamment sur le cycle de vie, la dispersion et les populations et les besoins en matière d’habitat.

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Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement du porte-queue demi-lune au Canada est jugé réalisable selon les critères du gouvernement fédéral (2009) :

  1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

    Oui. Des populations du porte-queue demi-lune sont présentes à sept localités en Colombie-Britannique et à une localité en Alberta.

  2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

    Oui. Le porte-queue demi-lune est présent dans les prairies d’armoises du sud de l’Okanagan en Colombie-Britannique. La localité située en Alberta dans le parc national des Lacs-Waterton se trouve dans des prairies naturellement dominées par les danthonies, la fétuque scabre et la kœlérie à crêtes (Achuff et coll., 2002). La cartographie de l’habitat en Colombie-Britannique et en Alberta semble indiquer qu’une quantité considérable d’habitat potentiel est disponible.

    Un habitat considéré comme convenable selon des critères visuels existe en Alberta, dans les cônes alluviaux des ruisseaux Sofa et Stoney, dans le PNLW et dans les environs du PNLW. Certaines parties du cône du ruisseau Sofa ont été inventoriées, mais des relevés supplémentaires sont nécessaires. La végétation paraît semblable à celle de sites occupés au cône Blakiston. Néanmoins, d’autres travaux sont requis pour déterminer si l’espèce est présente dans ces zones.

  3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

    Oui. Les menaces significatives sur l’habitat du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta peuvent être atténuées par la protection de l’habitat, l’éducation, la lutte contre les espèces introduites et des changements aux régimes de pâturage des animaux d'élevage (lorsqu’ils sont jugés nécessaires), qui tiennent compte des répercussions négatives sur les plantes hôtes des papillons. La prise de mesures visant à maintenir les milieux de prairies naturels et la connectivité s’avère importante pour préserver la viabilité à long terme des métapopulations à chaque localité.

  4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, ou leur élaboration peut-être prévue dans un délai raisonnable.

    Oui. Il existe des techniques de rétablissement efficaces permettant de restaurer l’habitat du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta. Ces techniques sont axées sur la protection de l’habitat (en Colombie-Britannique), l’enlèvement des plantes introduites et la lutte contre elles (en Colombie-Britannique et en Alberta), et la gestion des régimes non adéquats de pâturage des animaux d’élevage (en Colombie-Britannique et, si des nouvelles localités sont découvertes en Alberta, à l’extérieur du PNLW).

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1 Évaluation de l’espèce par le COSEPAC note *

Date de l’évaluation :
Avril 2006
Nom commun (population) :
porte-queue demi-lune
Nom scientifique :
Satyrium semiluna
Statut selon le COSEPAC :
espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
Cette espèce est distribuée en deux populations isolées dans de petites aires restreintes à l’extrême nord de l’aire de répartition de l’espèce. Il est probable que la population dans son ensemble ait connu un déclin dans le passé à la suite d’une perte d’habitat. Les deux populations sont toujours menacées par la perte et la dégradation de l’habitat. En Colombie-Britannique, l’espèce est présente dans une région faisant l’objet de grandes pressions en matière d’aménagement. En Alberta et en Colombie-Britannique, les plantes nuisibles envahissantes représentent également une grave menace.
Présence au Canada :
Colombie-Britannique, Alberta
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée en voie de disparition en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

notes

note 1

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

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2 Information sur la situation de l’espèce

porte-queue demi-lune Espèce État Note a

Désignation juridique :
Espèce sauvage désignée (C.-B.):Espèce État Note b
Oui
Wildlife Act de la C.-B.:Espèce État Note c
Non
Annexe de la LEP :
annexe 1 (2007)
Statut de conservationEspèce État Note d
Liste de la C.-B. :
rouge
Classement en C.-B. :
S1 (2006)
Liste de l’Alb. :
rouge
Classement en Alb. :
S1 (2006)
Classement national :
N1 (2009)
Classement mondial :
G4 (2007)
Classements infranationaux (É.-U.) :Espèce État Note e
Californie :
SNR;
Colorado :
S3;
Idaho :
SNR;
Montana :
S4;
Nevada :
SNR;
Oregon :
SNR;
Utah :
SNR;
État de Washington :
S4;
Wyoming :
SNR
Cadre de conservation de la Colombie-BritanniqueEspèce État Note f
But 1 : Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.
PrioritéEspèce État Note g : 3 (2009)
But 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes deviennent en péril.
Priorité : 6 (2009)
But 3 : Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.
Priorité : 1 (2009)
Groupes de mesures du cadre de conservation :
Établissement du rapport de situation; planification; inscription sous la Wildlife Act; envoi au COSEPAC; protection de l’habitat; restauration de l’habitat; intendance des terres privées

notes de information sur la situation de l’espèce

note a

Source de données : Conservation Data Centre (2010) de la Colombie-Britannique, sauf indication contraire.

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note b

Espèce sauvage désignée (Identified Wildlife) en vertu de la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique, qui vise les catégories d’espèces en péril, les ongulés et les espèces sauvages importantes à l’échelle régionale (Province of British Columbia, 2002).

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note c

Non désignée comme espèce sauvage en vertu de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (Province of British Columbia, 1982).

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note d

S = infranational; N = national; G = mondial; B = population reproductrice; X = espèce vraisemblablement disparue du territoire; H = possiblement disparue du territoire; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, susceptible de disparaître du territoire; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = sans objet; NR = non classée; U = non classable. Données des États-Unis provenant de NatureServe (2009).

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note e

Source de données : NatureServe (2009).

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note f

Source de données : Ministry of Environnement (2010b).

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note g

Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (priorité la plus élevée) à la priorité 6 (priorité la plus faible).

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3 Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

Le porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna, famille des Lycénidés) était considéré comme une sous-espèce du S. fuliginosum jusqu’à récemment, lorsque Warren (2005) a fourni des données permettant de lui accorder le statut d’espèce. Il a été suggéré que les populations de la Colombie-Britannique (figures 1 et 2) et de l’Alberta (figures 3 et 4) pourraient être des sous-espèces distinctes, compte tenu de multiples différences visuelles (N. Kondla, comm. pers., 2008). Tant que d’autres études taxinomiques et/ou génétiques ne l’auront pas démontré, les populations de porte-queue demi-lune de la Colombie-Britannique et de l’Alberta seront considérées comme une seule espèce. Par conséquent, aucune sous-espèce du S. semiluna n’a été identifiée pour l’instant au Canada.

Le porte-queue demi-lune (figures 1 à 4) est un petit papillon dont les ailes ont une envergure de 2,0 à 3,4 cm (Guppy et Shepard, 2001; N. Kondla, comm. pers., 2008). Contrairement à de nombreuses autres espèces de porte-queues en Colombie-Britannique et en Alberta, le porte-queue demi-lune adulte n’a pas de « queues »; cette caractéristique morphologique permet de distinguer l’espèce des autres espèces de porte-queues. Le dessus des ailes est d’un noir brunâtre et charbonneux uniforme (figure 1 pour les papillons de la Colombie-Britannique; figure 3 pour les papillons de l’Alberta) avec une bordure d’écailles pâles dont la couleur varie du gris au chamois et au blanc, selon l’éclairage. La bordure d’écailles tend à être « plus pâle » chez les femelles (N. Kondla, comm. pers., 2009). Le dessous des ailes (figure 2 pour les papillons de la Colombie-Britannique; figure 4 pour les papillons de l’Alberta) est d’un brun grisâtre, a une bordure blanche à peine visible et deux rangées de taches noires vers la moitié extérieure de l’aile. Ces taches noires sont entourées d’écailles blanches diffuses; il y a aussi des taches entièrement blanches. Chez de nombreux individus, ces taches sont floues. Le corps lui-même est d’un gris charbonneux sur la face dorsale et d’un gris blanchâtre plus pâle sur la face ventrale. De façon générale, les femelles tendent à être plus grandes et plus pâles que les mâles dans une population donnée (N. Kondla, comm. pers., 2008). Pour obtenir plus d’information sur l’apparence de l’espèce, consultez Bird et coll. (1995), Layberry et coll. (1998), Mattoon et Austin (1998), Guppy et Shepard (2001), Warren (2005) et le rapport de situation du COSEPAC (2006).

De nombreux spécimens de la Colombie-Britannique et de l’Alberta ont été comparés, et on a constaté que les mâles de la Colombie-Britannique tendent à être clairement (de façon mesurable) plus grands que les mâles de l’Alberta (COSEPAC, 2006). De plus, la couleur globale des spécimens de l’Alberta est d’un gris plus pâle que celle des spécimens de la Colombie-Britannique, et les spécimens de l’Alberta n’ont pas de taches marquées sur les ailes. Pour une description détaillée du porte-queue demi-lune, consultez Bird et coll. (1995), Layberry et coll. (1998), Guppy et Shepard (2001) et le rapport de situation du COSEPAC (2006).

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Figure 1. Le dessus des ailes d’un porte-queue demi-lune de la Colombie-Britannique. Spécimen du mont Anarchist (localité n° 2) près d’Osoyoos, en Colombie-Britannique (21 juin 1975, capturé par J.L. Gordon), conservé dans la Spencer Entomological Collection du Beaty Biodiversity Museum, à l’Université de la Colombie-Britannique. Photo : J. Heron.

Dorsal wing surfaces of B.C. specimen of Half-moon Hairstreak

Photo : J. Heron © Environnement Canada

Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une photo du dessus des ailes d’un porte-queue demi-lune de la Colombie-Britannique. Spécimen du mont Anarchist (localité n° 2) près d’Osoyoos, en Colombie-Britannique (21 juin 1975, capturé par J.L. Gordon), conservé dans la Spencer Entomological Collection du Beaty Biodiversity Museum, à l’Université de la Colombie-Britannique. Photo : J. Heron.

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Figure 2. Le dessous des ailes d’un porte-queue demi-lune. La tache discale sur ce spécimen n’est pas habituelle; elle est généralement plus foncée sur les autres spécimens (voir la flèche). Spécimen du mont Anarchist (localité n° 2) près d’Osoyoos, en Colombie-Britannique (21 juin 1975, capturé par J.L. Gordon), conservé dans la Spencer Entomological Collection du Beaty Biodiversity Museum, à l’Université de la Colombie-Britannique. Photo : J. Heron.

Ventral wing surfaces of Half-moon Hairstreak

Photo : J. Heron © Environnement Canada

Description longue pour la figure 2

La figure 2 est une photo du dessous des ailes d’un porte-queue demi-lune. Spécimen du mont Anarchist (localité n° 2) près d’Osoyoos, en Colombie-Britannique (21 juin 1975, capturé par J.L. Gordon), conservé dans la Spencer Entomological Collection du Beaty Biodiversity Museum, à l’Université de la Colombie-Britannique. Photo : J. Heron.

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Figure 3. Le dessus des ailes d’un porte-queue demi-lune mâle de l’Alberta (cône Blakiston). Ce spécimen paraît plus foncé que le mâle de la Colombie-Britannique, mais c’est en raison de la qualité de la photo. Pour comparer les porte-queues de la Colombie-Britannique et ceux de l’Alberta (p. ex. de la taille, de la couleur), il faudrait faire appel à de nombreux spécimens. Photo : N. Kondla.

Dorsal wing surfaces of AB male specimen of Half-moon Hairstreak

Photo : N. Kondla © Environnement Canada

Description longue pour la figure 3

La figure 3 est une photo du dessus des ailes d’un porte-queue demi-lune mâle de l’Alberta (cône Blakiston). Photo : N. Kondla.

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Figure 4. Le dessous des ailes d’un porte-queue demi-lune mâle de l’Alberta. Spécimen provenant du cône Blakiston, en Alberta. Photo : N. Kondla.

Ventral wing surfaces of AB male specimen of Half-moon Hairstreak

Photo : N. Kondla © Environnement Canada

Description longue pour la figure 4

La figure 4 est une photo du dessous des ailes d’un porte-queue demi-lune mâle de l’Alberta. Spécimen provenant du cône Blakiston, en Alberta. Photo : N. Kondla.

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Espèce semblable : Le porte-queue demi-lune adulte peut-être confondu avec un autre lycénidé, le bleu de Boisduval (Plebejus icarioides). La période de vol du porte-queue demi-lune et celle du bleu de Boisduval coïncident en Colombie-Britannique et en Alberta (Bird et coll., 1995; Layberry et coll., 1998; Guppy et Shepard, 2001; Kondla, 2003a). Les deux espèces ont une couleur semblable sur le dessous des ailes, et aucune d’elles ne possède de queue. En revanche, le dessus des ailes du bleu de Boisduval mâle est bleu, et celui de la femelle est bleu pâle (non illustré). Les femelles de cette espèce observées dans les mêmes localités canadiennes que le porte-queue demi-lune sont habituellement de couleur brune sur les dessus des ailes avec peu d’écailles bleues. Le porte-queue demi-lune garde les ailes fermées lorsqu’il est perché et se nourrit de nectar, tandis que le bleu de Boisduval ouvre souvent les ailes pendant qu’il se repose ou se nourrit (N. Kondla, comm. pers., 2008).

Œufs : Les œufs du porte-queue demi-lune sont d’un blanc verdâtre et, à l’occasion, d’un brun-jaune (Scott, 1986a, 1986b, 1992); la teinte brun-jaune est liée à l’âge de l’œuf (D. Jones, comm. pers., 2008). Les œufs sont décrits plus en détail dans Scott (1986a, 1986b, 1992) et ont fait l’objet d’observations par Jones (comm. pers., 2008). L’observation d’un œuf en Colombie-Britannique, à la localité du lac White (localité n° 3, voir la carte à la figure 6; D. St. John, comm. pers., 2008) est documentée. Il n’y a aucune observation d’œufs documentée pour l’Alberta.

Chenilles : La tête des chenilles du porte-queue demi-lune est brune, et leur corps est vert pâle avec des motifs blancs sur les côtés (Scott, 1986a, 1986b, 1992; G. Pratt, comm. pers., 2008). Les chenilles sont décrites plus en détail dans Ballmer et Pratt (1988). Il n’y aucune observation de chenilles documentée, ni pour les localités en Colombie-Britannique, ni pour celle en Alberta.

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3.2 Populations et répartition

L’aire de répartition mondiale du porte-queue demi-lune se limite à l’ouest de l’Amérique du Nord; elle s’étend du centre-sud de la Colombie-Britannique, jusqu’au parc national des Lacs-Waterton en Alberta vers l’est; et, vers le sud, à travers l’est de l’État de Washington et de l’Oregon, dans l’Idaho, le nord-est de la Californie, le nord du Nevada, et, vers l’est, jusqu’au Montana, au Wyoming et au Colorado (figure 5). Des observations en Colombie-Britannique et en Alberta constituent les mentions les plus au nord dans l’aire de répartition mondiale de l’espèce (COSEPAC, 2006; B.C. Conservation Data Centre, 2010), et les localités dans ces deux provinces sont séparées par plus de 400 km d’habitat apparemment non convenable.

Les relevés du porte-queue demi-lune effectués de 2003 à 2010 (voir la section 6.1 Mesures déjà achevées ou en cours) confirment l’existence de huit localitésnote 2 au Canada : sept en Colombie-Britanniquenote 3 (COSEPAC, 2006; B.C. Conservation Data Centre, 2010) et une en Alberta (COSEPAC, 2006; Poll et Poll, 2008; tableau 1). La population de la Colombie-Britannique et celle de l’Alberta sont considérées comme isolées en raison de la grande distance (> 400 km) et de l’habitat non convenable qui séparent les localités (COSEPAC, 2006). La localité en Alberta est considérée comme isolée des principales populations états-uniennes (figure 5), et l’immigration de source externe reste peu probable.

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Figure 5. Aire de répartition mondiale du porte-queue demi-lune (COSEPAC, 2006).

Global range of Half-moon Hairstreak
Description longue pour la figure 5

La figure 5 montre l’aire de répartition mondiale du porte-queue demi-lune (COSEPAC, 2006). Au Canada, l’espèce se trouve au sud de l’Okanagan et au sud de l’Alberta. La majorité de son étendu est aux États-Unis.

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Une estimation actuelle des effectifs du porte-queue demi-lune à chacune des localités en Colombie-Britannique et en Alberta n’est pas disponible. Il est difficile d’estimer la taille des populations, et les effectifs fluctuent d’une année à l’autre. Le porte-queue demi-lune est souvent observé en petits nombres et n’est pas nécessairement observé dans tous les sites chaque année. En raison des fluctuations météorologiques et des fluctuations naturelles des populations de papillons, il est difficile d’établir une tendance. Par exemple, en 2003, Kondla (COSEPAC, 2006) a détecté la présence d’une population dans la partie ouest du lac White (localité n° 3) (tableau 1); en 2005, St. John (comm. pers., 2008) n’y a trouvé aucun spécimen malgré des relevés intensifs effectués durant la période de vol; en 2006, St. John y a trouvé un spécimen à la fin de juin; et, en 2007, St. John a observé de nombreux individus à proximité, mais pas près des mêmes plantes hôtes exactement qu’en 2003 ou en 2006. Même si les effectifs ont déjà été estimés dans le passé (Kondla, 2003a, 2004b; COSEPAC, 2006), ces chiffres ne sont fondés ni sur des données de marquage-recapture, ni sur d’autres données scientifiques, et la validité des estimations des populations demeure discutable.

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Tableau 1a. LocalitésTable 1a note a connues du porte-queue demi-lune au Canada en date de 2010. - Alberta
LocalitéNom de la localitéRégime foncierAltitude (m)Date d’observation plus récente
1Parc national des Lacs-Waterton Tableau 1a note bParc national1 2902009 (Kondla, 2009)
Tableau 1b. LocalitésTableau 1b note a connues du porte-queue demi-lune au Canada en date de 2010. - Colombie-Britannique
LocalitéNom de la localitéRégime foncierAltitude (m)Date d’observation plus récente
2Mont Anarchisttableau 1b note bTerres privées8002003 (COSEPAC, 2006)
33a. Est, lac Whitetableau 1b note bCNRCtableau 1b note e6152007 (Scott et coll., 2007).
33b. Ouest, lac Whitetableau 1b note cCNRC5952010 (SCF-ECtableau 1b note g, données inédites).
44a. Col Richtertableau 1b note bTerres privées (nombreux propriétaires)7002003 (COSEPAC, 2006)
44b. Site du mont Kobautableau 1b note b et site de Kilpoolatableau 1b note c,tableau 1b note dAire protégée South Okanagan Grasslandstableau 1b note f7652009 (B.C. Conservation Data Centre, 2010)
5Ruisseau Blindtableau 1b note bTerres privées9842010 (SCF-EC, données inédites).
6Lac Kilpoolatableau 1b note b,tableau 1b note dTerres privées7002010 (SCF-EC, données inédites).
7Près du parc provincial Keremeos Columnstableau 1b note bTerres privées1 1402003 (COSEPAC, 2006)
8Site d’East Chopakatableau 1b note cAire protégée South Okanagan Grasslandstableau 1b note fInconnue2007 (Knopp et coll., 2008)

tableau 1a notes

note a

Aucune donnée disponible sur la taille de la population ou la zone d’occupation à chaque localité.

Retour à la table 1 note a referrer

note b

Localité répertoriée précédemment dans le rapport de situation du COSEPAC (2006) à la page 9 et/ou à la page 17.

Retour à la table 1 note b referrer

note c

Nouvelle localité (ou site à l’intérieur d’une localité) non répertorié précédemment dans COSEPAC (2006).

Retour à la table 1 note c referrer

note d

Malgré leur nom sembable, le lac Kilpoola (terres privées) et le site de Kilpoola (aire protégée South Okanagan Grasslands) sont deux localités distinctes. La distance entre ces localités est grande, et il n’y a probablement pas de lien entre les populations.

Retour à la table 1 note d referrer

note e

CNRC = Conseil national de recherches du Canada.

Retour à la table 1 note e referrer

note f

L’aire protégée South Okanagan Grasslands (parc provincial) est une vaste étendue de terres composée de zones multiples et fragmentées dans le sud de l’Okanagan (c.-à-d. que ce ne sont pas des terres contiguës). Les deux localités indiquées ici sont séparées par une distance considérable, et il n’y a pas d’habitat convenable pour le porte-queue demi-lune entre elles.

Retour à la table 1 note f referrer

note g

SCF EC : Service canadien de la faune – Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).

Retour à la table 1 note g referrer

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Dans les prairies non explorées du sud de la Colombie-Britannique, notamment entre le sud de la vallée de l’Okanagan et le PNLW, il pourrait y avoir d’autre habitat convenable au porte-queue demi-lune, où l’espèce est présente (c.-à-d. d’autres localités). Il est possible que les individus de l’espèce passent inaperçus aux yeux des observateurs qui ne sont pas des lépidoptéristes, en raison de leur petite taille, leur couleur grise indistincte et leurs effectifs peu nombreux. Les zones prioritaires en Colombie-Britannique pour la réalisation de relevés sont, entre autres, l’est de la région de l’Okanagan, les prairies sèches de Rock Creek à Grand Forks et certaines parties du sud du sillon des Rocheuses.

Il pourrait y avoir d’autres localités de l’espèce dans les prairies non inventoriées du sud de l’Alberta. Les relevés supplémentaires effectués en 2009 dans d’autres habitats du PNLW (c.-à-d. les cônes alluviauxnote 4 des ruisseaux Sofa et Stoney) n’ont permis de déceler aucune nouvelle occurrence (Kondla, 2009), et aucune autre observation du porte-queue demi-lune n’a été enregistrée dans le cadre d’autres activités de recherche menées dans l’habitat convenable autour du PNLW (N. Kondla, comm. pers., 2008). Des relevés supplémentaires dans les pentes fleuries d’armoises de la vallée de la rivière South Castle, en Alberta, pourraient permettre de trouver d’autre habitat convenable au porte-queue demi-lune (N. Kondla, comm. pers., 2008).

La zone d’occurrence du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique est de 341 km2 dans le sud de la vallée de la rivière Okanagan (figure 6; B.C. Conservation Data Centre, 2010). La superficie de l’aire de répartition en Colombie-Britannique, calculée est mise à jour en fonction de nouvelles données, est inférieure à celle calculée précédemment dans le rapport d’évaluation du COSEPAC (2006). La localité le plus au nord se trouve dans le bassin du lac White, au sud-ouest de Penticton (l’observation la plus récente effectuée par St. John, 2008), et la localité le plus au sud se trouve le long de la frontière avec les États-Unis, environ 6 km à l’ouest d’Osoyoos (Knopp et coll., 2008).

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Figure 6. Aire de répartition (zone ombragée) et distribution (numérosnote 5 des localités) du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2010).

Range (shaded) and distribution
Description longue pour la figure 6

La figure 6 montre l’aire de répartition et la distribution (numéros des localités) du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2010). L’espèce se trouve au sud de l’Okanagan.

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En Alberta, la superficie de l’aire de répartition et la zone d’occurrence du porte-queue demi-lune sont identiques et inférieures à 5 km2 (COSEPAC, 2006). Il y a une seule localité connue en Alberta, au cône Blakiston, dans le parc national des Lacs-Waterton. (figure 7; COSEPAC, 2006).

Figure 7. Aire de répartition (zone en noir) du porte-queue demi-lune en Alberta.

Range (solid black area) of Half-moon Hairstreak
Description longue pour la figure 7

La figure 7 montre l’aire de répartition du porte-queue demi-lune en Alberta. L’espèce se trouve dans un aire de <5 km2 dans le Waterton Lakes National Park.

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3.3 Besoins du porte-queue demi-lune

Les périodes de vol du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta ne coïncident pas, et elles atteignent un pic et varient en fonction des conditions météorologiques dans les deux provinces. En Colombie-Britannique, les observations du porte-queue demi-lune vont de la fin de mai au début de juillet (COSEPAC, 2006; D. St. John, comm. pers., 2008; N. Kondla, comm. pers., 2008; B.C. Conservation Data Centre, 2010), et l’espèce y est univoltine (Guppy et Shepard, 2001; Layberry et coll., 1998) et le pic de la période de vol survient les deux dernières semaines de juin (B.C. Conservation Data Centre, 2010). En Colombie-Britannique, la durée de vie du porte-queue demi-lune adulte est probablement inférieure à deux semaines (D. St. John, comm. pers., 2008). En Alberta, les observations du porte-queue demi-lune ont été enregistrées en juillet (COSEPAC, 2006), et l’espèce y est univoltine (Layberry et coll., 1998; Guppy et Shepard, 2001), et le pic de la période de vol survient les deux dernières semaines de juillet (COSEPAC, 2006).

La période de vol du porte-queue demi-lune coïncide avec le début de la période de floraison et de la sénescence des plantes hôtes des larves de l’espèce (COSEPAC, 2006) (voir la section 3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques). Les femelles adultes déposent leurs œufs sur les plantes hôtes des larves ou dans la litière de feuilles, à la base de ces plantes (Scott, 1986b, 1992; G. Pratt, comm. pers., 2008). La ponte n’a été observée ni en Colombie-Britannique ni en Alberta, et, par conséquent, l’emplacement exact des œufs sur la plante hôte (p. ex. le haut, le milieu ou le bas de la tige) est inconnu. L’éclosion survient au printemps suivant. Pratt (comm. pers., 2008) fait observer que les chenilles (en Californie) commencent probablement à se nourrir sous la protection du manteau neigeux, avant la fonte de la neige, à mesure que les pousses des plantes hôtes croissent. D’après les observations effectuées, les chenilles (ailleurs dans l’aire de répartition mondiale de l’espèce) seraient très grandes et bien développées avant la floraison des plantes hôtes (G. Pratt, comm. pers., 2008). Les chenilles se nourrissent jusqu’à la fin d’avril/au début de mai, puis elles entrent dans une courte période de nymphose, de laquelle elles ressortent adultes, entre le début et le milieu du mois de juin. L’alimentation des chenilles n’a été observée ni en Colombie-Britannique, ni en Alberta.

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3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques

Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques en Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, l’habitat du porte-queue demi-lune comprend les écosystèmes secs à graminées cespiteuses et à armoises, où se trouvent les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères ainsi qu’une végétation arbustive sur laquelle les papillons peuvent se percher. Les fourmis (espèce inconnue) semblent être liées aux populations de porte-queues, mais le rôle biologique des fourmis dans le cycle vital de l’espèce n’est pas clair.

En Colombie-Britannique, l’habitat du porte-queue demi-lune se trouve dans la partie intérieure sud de la vallée de la rivière Okanagan, dans un écosystème à armoises et à agropyres à épi. Les localités 2, 4 et 8 se trouvent à l’intérieur de la zone biogéoclimatique intérieure à douglas, variante très sèche et très chaude des prairies de l’Okanagan (IDFxh1a), et de la zone biogéoclimatique à pin ponderosa, variante très sèche et très chaude des prairies de l’Okanagan (PPxh1a). Parmi les types de végétation présents dans la région se trouvent l’armoise tridentée (Artemisia tridentata), l’agropyre à épi (Pseudoroegneria spicata), la fétuque d’Idaho (Festuca idahoensis), la kœlérie à crêtes (Koeleria cristata) et la calamagrostide rouge (Calamagrostis rubescens), qui sont communément associées à ce type d’habitat. La localité n° 3 (lac White) se trouve dans la variante PPxh1a, les plantes communément associées étant l’agropyre à épi, la stipe comateuse (Hesperostipa comata) et l’armoise tridentée. Cette classification de l’écosystème est fondée sur les normes établies par le ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique (2011). La végétation des autres localités (2, 4a, 5, 6, 7) n’a pas fait l’objet d’évaluation. Il est probable, cependant, que la végétation de ces localités soit semblable à celle des autres localités décrites.

La période de vol du porte-queue demi-lune coïncide avec la période de floraison des plantes nectarifères, notamment la verge d’or du Missouri (Solidago missouriensis) et l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) (COSEPAC, 2006), l’ériogone fausse-berce (Eriogonum heracleoides) (figure 8; COSEPAC, 2006; Knopp et coll., 2008) et la tétradymie blanchâtre (Tetradymia canescens) (figure 9; Knopp et coll., 2008; D. St. John, comm. pers., 2008). Les plantes nectarifères sont probablement choisies de façon opportuniste, plutôt que de façon spécifique (D. St. John., comm. pers., 2008).

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Figure 8. porte-queue demi-lune s’abreuvant de nectar sur des fleurs d’ériogone fausse-berce au site d’East Chopaka (localité n° 8), dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands en Colombie-Britannique, 2008. Photo : D. Knopp.

Half-moon Hairstreak nectaring on parsnip-flowered buckwheat

Photo : D. Knopp © Environnement Canada, 2008

Description longue pour la figure 8

La figure 8 montre un porte-queue demi-lune s’abreuvant de nectar sur des fleurs d’ériogone fausse berce au site d’East Chopaka (localité n° 8), dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands en Colombie-Britannique, 2008. Photo : D. Knopp.

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Figure 9. porte-queue demi-lune s’abreuvant de nectar sur des fleurs de tétradymie blanchâtre au mont Kobau (localité n° 4b), dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands en Colombie-Britannique, 2008. Photo : D. Knopp.

Half-moon Hairstreak nectaring on grey horsebrush

Photo : D. Knopp © Environnement Canada, 2008

Description longue pour la figure 9

La figure 9 montre un porte-queue demi-lune s’abreuvant de nectar sur des fleurs de tétradymie au mont Kobau (localité n° 4b), dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands en Colombie-Britannique, 2008. Photo : D. Knopp.

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La période de vol du porte-queue demi-lune décline habituellement avec la sénescence des plantes hôtes des larves, des lupins (du genre Lupinus), mais il n’est pas clair quelles espèces particulières de lupins se trouvent en Colombie-Britannique. Dans la localité du lac White (localité n° 3), le lupin soufré (Lupinus sulphureus) et le lupin soyeux (Lupinus sericeus) sont probablement des plantes hôtes des larves (D. St. John, comm. pers., 2008). Ailleurs dans l’aire de répartition mondiale de l’espèce, le lupin soyeux et le lupin à éperon (Lupinus arbustus) sont des plantes hôtes des larves connues. Toutefois, le lupin à éperon n’est probablement pas une plante hôte en Colombie-Britannique, car il figure sur la liste rouge de la province, et on le pense disparu de la province (B.C. Conservation Data Centre, 2010).

Le porte-queue demi-lune a été observé en Colombie-Britannique à des altitudes de 600 à 1 100 m.

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Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques en Alberta

La localité en Alberta (tableau 1, figure 7) est située dans les prairies de l’écorégion de la forêt-parc des contreforts, dans le PNLW. Plus précisément, la localité se trouve dans le cône alluvial du ruisseau Blakiston (COSEPAC, 2006), qui est l’un des plus grands cônes alluviaux dans les Rocheuses canadiennes (Scott et Suffling, 2000). L’écosection du ruisseau Blakiston est composée de prairies sèches sur des sols qui se sont formés sur un relief fluvial à texture grossière, bien à modérément bien drainé (Achuff et coll., 2002).

Dans la localité en Alberta, la végétation est naturellement dominée par des danthonies (Danthonia spp.), la fétuque scabre (Festuca scabrella) et la kœlérie à crêtes (Koeleria macrantha) (Achuff et coll., 2002), les graminées cespiteuses étant une composante dominante. Le lupin soyeux représentait jusqu’à 15 % de la couverture dans les parcelles de végétation commune au milieu des années 1990 (Achuff et coll., 2002) et 14 % (plage de 0 à 63 %) dans les parcelles situées à l’intérieur de milieux où les porte-queues étaient présents (Kondla, 2004b). L’ériogone jaune (Eriogonum flavum) représentait jusqu’à 25 % (plage de 0 à 25 %) de la couverture dans les mêmes parcelles (Kondla, 2004b).

La période de vol du porte-queue demi-lune en Alberta coïncide avec la période de floraison des plantes nectarifères, notamment l’ériogone jaune et la verge d’or du Missouri. La période de vol décline habituellement avec la sénescence des plantes hôtes des larves, des lupins, surtout le lupin soyeux, mais probablement aussi le lupin argenté (Lupinus argenteus), qui est relié par des formes intermédiaires au lupin soyeux (Kuijt, 1982). L’ACIMS n’a pas attribué de cote de conservation aux écosystèmes de prairie où se trouve la localité en Alberta (Government of Alberta, 2011).

Le porte-queue demi-lune a été observé au cône Blakiston, en Alberta, à des altitudes de 1 290 à 1 300 m.

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Information biologique applicable en Colombie-Britannique et en Alberta

Les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères pourraient constituer des sites d’accouplement pour le porte-queue demi-lune. Des papillons s’accouplant ont été observés en Colombie-Britannique sur les fleurs d’ériogone jaune, de verge d’or du Missouri (D. St. John, observation pers., 2008), d’armoise douce (Artemisia frigida) ainsi que sur plusieurs espèces de lupins. De plus, les armoises tridentées pourraient également être importantes pour l’accouplement, en Colombie-Britannique, selon quatre observations (D. Knopp, comm. pers., 2008). En Colombie-Britannique, les arbustes d’armoise tridentée pourraient être un important perchoir pour les papillons mâles (COSEPAC, 2006). Dans le PNLW, des papillons s’accouplant ont été observés sur diverses espèces de verge d’or (Solidago spp.) et d’ériogone (Eriogonum spp.), sur des armoises douces ainsi que sur diverses espèces de lupins (N. Kondla, comm. pers., 2008).

La présence du porte-queue demi-lune semble intimement liée à celle des fourmis, des fourmis ayant été observées en étroite association avec des lupins dans des secteurs occupés par le porte-queue demi-lune au lac White (localité n° 3) (D. St. John, comm. pers., 2008). Les fourmis pourraient entretenir une relation mutualiste avec les chenilles, protégeant ces dernières des prédateurs et des parasitoïdes en échange de sécrétions nutritives contenant des acides aminés et des glucides (Pierce, 1987; Leimar et Axén, 1993, in COSEPAC, 2006). La production de sécrétions sucrées par les chenilles pourrait également avoir pour but de réduire la prédation par les fourmis. Pratt (comm. pers., 2008) a élevé de nombreuses espèces de Lycénidés et constaté que celles-ci dépendent étroitement des fourmis, au point où leur présence dans certains milieux serait obligatoirement liée à celle des fourmis. Pratt (comm. pers., 2008) a aussi observé des fourmis rousses (Formica spp.) et des fourmis charpentières (Camponotus spp.) en association avec des chenilles du porte-queue demi-lune en Californie.

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3.3.2 Rôle écologique

Le porte-queue demi-lune n’est probablement pas un pollinisateur essentiel de ses plantes hôtes des larves ou de ses plantes nectarifères (matures), et il n’aurait aucun autre rôle écologique crucial connu, par exemple comme élément du réseau trophique. Le porte-queue demi-lune est probablement la proie de plusieurs espèces de petits mammifères, d’invertébrés prédateurs et d’oiseaux.

Une association mutualiste pourrait exister entre le porte-queue demi-lune et diverses espèces de fourmis (p. ex. des fourmis rousses et/ou des fourmis charpentières), qui sont une composante écologique importante de la faune arthropode dans les prairies.

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3.3.3 Facteurs limitatifs

Spécificité à l’égard de la plante hôte

Le porte-queue demi-lune dépend des plantes hôtes des larves et, en leur absence, il ne peut pas compléter son cycle vital (voir la section 3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques). Le papillon choisit probablement ses plantes hôtes nectarifères (matures) de façon opportuniste et semble visiter uniquement les quelques espèces qui sont en fleurs durant sa période de vol. Ses préférences à l’égard des plantes nectarifères ne semblent donc pas dictées par des besoins biologiques particuliers (D. St. John, comm. pers., 2008).

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Capacité de dispersion limitée

Le porte-queue demi-lune n’a probablement pas une grande capacité de dispersion, malgré qu’il n’y aucune donnée indiquant la distance que l’espèce peut parcourir entre colonies de plantes hôtes. L’isolement dû à sa faible capacité de dispersion peut diminuer la diversité génétique d’une même population et augmenter les différences génétiques entre localités et entraîner une dépression de consanguinité et faire en sorte qu’aucune immigration de source externe n’est possible.

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Myrmécophilie

La myrmécophilie chez les papillons est l’association étroite ou la relation mutualiste existant entre les papillons au stade larvaire (chenille) et les fourmis au stade adulte (voir la section 3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques). Il est possible que la présence de fourmis sur une plante hôte détermine si le papillon adulte pond ou non ses œufs sur cette plante (D. St. John, comm. pers., 2008).

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Spécificité de l’habitat

La présence d’armoises pourrait être un important besoin en matière d’habitat du porte-queue demi-lune, en Colombie-Britannique; ces plantes sont, en effet, présentes dans la plupart des localités où l’espèce a été observée dans cette province (D. St. John, observation pers., 2008). Il se pourrait, toutefois, que ce ne soit pas la plante elle-même, mais plutôt sa fonction structurale qui est importante, comme perchoir et pour l’accouplement des papillons. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier cette information. Les papillons adultes peuvent se reposer sur les armoises et se retrouvent bien camouflés entre leurs feuilles. De plus, à la base de ces plantes pérennes, les chenilles seraient protégées dans une certaine mesure. Au Canada, il se pourrait que ce soit la disponibilité restreinte de l’habitat qui constitue un facteur limitatif pour le porte-queue demi-lune, et non pas ses besoins spécifiques en matière d’habitat, outre la disponibilité des plantes hôtes et la relation avec les fourmis. La présence d’armoises dans une localité donnée et leur utilisation par les papillons comme perchoir pourraient constituer une relation opportuniste, et les aspects structuraux et la taille d’une parcelle d’habitat d’armoises (et pas l’espèce végétale elle-même) pourraient être le facteur limitatif. Les mâles se perchent et patrouillent un territoire pour repérer un partenaire; ce comportement a été observé en Colombie-Britannique et en Alberta (N. Kondla, comm. pers., 2008). Des papillons de l’espèce ont été observés perchés sur plusieurs espèces du genre Chrysothamnus et du genre Lupinus ainsi que sur des pins (Warren, 2005). D’autres recherches sont nécessaires pour clarifier les relations pouvant exister en Colombie-Britannique et en Alberta.

En Alberta, il n’y a pas d’armoises arbustives au cône Blakiston, dans le PNLW, où l’on sait que le porte-queue demi-lune est présent. Les individus de l’espèce observés au cône Blakiston ne semblent pas utiliser la végétation haute comme perchoir; ils volent près du sol et se perchent sur la végétation herbacée peu élevée, principalement sur des lupins qui poussent dans la région (N. Kondla, comm. pers., 2011). En 2009, des relevés ont été effectués au seul emplacement connu où des armoises arbustives sont présentes dans le parc (à une distance de près de 6 km et à 200 m d’altitude), mais aucun porte-queue demi-lune n’y a été observé (Kondla, 2009).

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Court durée du stade adulte

La période de vol du porte-queue demi-lune est courte; un papillon de l’espèce vivant environ deux semaines (D. St. John, comm. pers., 2008). Le mauvais temps et la sénescence prématurée des plantes hôtes, combinés à la courte période de vol et au déclin de la qualité et de la quantité d’habitat, peuvent limiter la croissance de la population.

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Brouteurs indigènes

Des ongulés indigènes sont présents en Colombie-Britannique et en Alberta (WLNP), partout dans l’habitat du porte-queue demi-lune, et il est connu qu’ils broutent les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères. En Colombie-Britannique, les ongulés brouteurs indigènes n’ont probablement pas d’effets importants. Des espèces indigènes, notamment le wapiti (Cervus canadensis), le cerf mulet (Odocoileus hemionus) et le cerf de Virginie (O. virginianus) broutent sur le cône Blakiston (Alberta), durant l’hiver; environ 700 à 1 000 wapitis se ressemblant y ont été observés (C. Smith, comm. pers., 2008). On ne sait pas dans quelle mesure la présence de brouteurs indigènes constitue un facteur limitatif pour le porte-queue demi-lune. De plus, on ne connaît pas non plus l’impact qu’ont les autres espèces se nourrissant de plantes (p. ex. les insectes herbivores, les rongeurs).

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4 Menaces

Les menaces sont définies comme étant les activités (humaines) ou les processus immédiats qui ont causé, causent ou pourraient causer la destruction, la dégradation ou la perturbation de la biodiversité et des processus naturels. Elles peuvent être passées (historiques), en cours ou susceptibles de surgir dans l’avenir. Les menaces ne comprennent pas les caractéristiques biologiques intrinsèques de l’espèce ou de la population (p. ex. dépression de consanguinité, petite taille de la population, isolement génétique), qui sont considérées comme des facteurs limitatifs.

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4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentée (tableau 2) est fondée sur le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat pour les mesures de conservation (IUCN CMP) et est compatible avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et le Cadre de conservation de la province. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, consulter le site Web du Partenariat pour les mesures de conservation (CMP, 2010; en anglais seulement). Pour savoir comment les valeurs sont attribuées ou l’impact global est calculé, consulter Master et coll. (2009) et les notes de bas de tableau. Les menaces qui pèsent sur le porte-queue demi-lune ont été évaluées pour la Colombie-Britannique et l’Alberta (tableau 2).

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Tableau 2. Classification des menaces qui pèsent sur le porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta.
Menace #Description de la menaceImpactTableau 2 note aPortéeTableau 2 note bGravitéTableau 2 note cImmédiatetéTableau 2 note dLocalitésStresseTableau 2 note e

tableau 2 notes

note a

Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. L’impact de chaque stress est déterminé selon les cotes de portée et de gravité et tient compte seulement des menaces actuelles et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce ou de la diminution ou de la dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %).

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note b

Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce touchée dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %).

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note c

Gravité – Compte tenu de la portée, niveau de dommage que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de dix ans ou de trois générations. Correspond habituellement à l’ampleur de la réduction de la population (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %).

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note d

Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct mais qui pourrait être limitative.

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note e

Stress – conditions ou aspects (principales caractéristiques écologiques, démographiques ou individuelles) d’un but de conservation qui sont détériorés ou réduits par une menace (p. ex. résultats directs ou indirects des activités humaines).

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1Développement résidentiel et commercialMoyenRestreinteExtrêmeÉlevée à modérée--
1.1Habitations et zones urbainesMoyenRestreinteExtrêmeÉlevéeLocalités 2, 4a, 5, 6, 7 (C.-B.)Disparition locale; viabilité réduite des populations; diminution des plantes hôtes disponibles; puits pour la dispersion
1.2Zones commerciales et industriellesMoyenRestreinteExtrêmeÉlevéeLocalités 2, 4a, 5, 6, 7 (C.-B.)Disparition locale; viabilité réduite des populations; diminution des plantes hôtes disponibles; puits pour la dispersion
2Agriculture et aquacultureMoyenGénéraliséeModéréeÉlevée--
2.3Élevage et élevage à grande échelleMoyenGénéraliséeModéréeÉlevée7 des 8 localités utilisées pour le pâturage des animaux d’élevage.Changements des espèces végétales et de la structure des communautés végétales en raison de brouteurs domestiques sélectifs; piétinement accru des plantes hôtes et des communautés végétales en C.-B.; populations réduites à certaines localités où le régime de pâturage est incompatible; puits pour la dispersion là où les papillons adultes peuvent pondre leurs œufs sur des plantes se trouvant dans les milieux surpâturés; disponibilité réduite des plantes hôtes des larves et des plantes nectarifères; mortalité accrue des œufs et des chenilles (piétinement).
6Intrusions et perturbations humainesFaibleGrandeLégèreÉlevée--
6.1Activités récréativesFaibleGrandeLégèreÉlevéeLes 8 localités, mais surtout la n° 1 en Alb.Diminution des plantes hôtes disponibles; mortalité directe des plantes hôtes (piétinement par les randonneurs et les cavaliers); mortalité directe des œufs et des chenilles (piétinement par les randonneurs et les cavaliers); effectifs réduits.
7Modification du système naturelMoyenGénéraliséeModéréeFaible--
7.1Incendies et lutte contre les incendiesMoyenGénéraliséeModéréeFaibleLes 8 localitésCharge de combustible accrue, ce qui change la structure du sol et la composition en nutriments, ce qui, à son tour, entraîne des changements de la communauté végétale; diminution des plantes hôtes disponibles; effectifs réduits; nombre réduit de localités.
8Espèces et gènes envahissants ou problématiquesFaibleGénéraliséeLégèreÉlevée--
8.1Espèces exotiques/non indigènes envahissantesFaibleGénéraliséeLégèreÉlevéeLes 8 localités

Compétition accrue pour les ressources (p. ex. avec les plantes hôtes); plus forte pression de prédation sur le porte-queue demi-lune (de la part d’espèces exotiques, comme les mouches tachinaires); consommation accrue des plantes hôtes par les invertébrés herbivores. Cela entraîne une réduction de l’ensemble de plantes hôtes disponibles et la mortalité directe des papillons.

Altération possible de l’habitat du porte-queue demi-lune en Alberta par les centaurées.

9PollutionInconnuRestreinteInconnueModérée--
9.3Effluents agricoles et forestiersInconnuRestreinteInconnueModéréePossible à 5 localités sur des terres privées (C.-B.)Diminution des plantes hôtes des larves et des plantes nectarifères disponibles; mortalité directe des chenilles et des papillons adultes; réduction du taux de survie des chenilles et des papillons adultes.
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsMoyenGénéraliséeModéréeFaible--
11.1Déplacement et altération de l’habitatMoyenGénéraliséeModéréeFaibleLes 8 localitésTaux de survie réduit des chenilles qui atteignent la diapause; effectifs réduits; diminution des plantes hôtes disponibles en raison du changement de leur phénologie et de changements de la structure de l’écosystème de prairie.
11.4Tempêtes et inondationsMoyen à faibleRestreinteÉlevée à modéréeFaible1 localité (Alb.)Perte directe de plantes hôtes; taux de survie réduit des chenilles qui atteignent la diapause; effectifs réduits; diminution des plantes hôtes disponibles en raison du changement de leur phénologie et de changements de la structure de l’écosystème de prairie.

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4.2 Description des menaces

La perte d’habitat directe ou la conversion des terres aux fins d’aménagement agricole ou urbainnote 6 constituent la principale menace pesant sur le porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique (tableau 2, menace à impact moyen). Les écosystèmes de prairies de basse altitude du sud de l’Okanagan, qui comprennent l’habitat du porte-queue demi-lune, sont considérés comme un des quatre écosystèmes les plus menacés au Canada (Schluter et coll., 1995) en raison de la conversion résultant de l’aménagement agricole ou urbain.

En Alberta, la principale menace sur le porte-queue demi-lune dans le PNLW découle des activités récréatives (p. ex. l’équitation, la randonnée pédestre, l’aménagement de sentiers), qui ont lieu immédiatement dans l’habitat de l’espèce. La perte potentielle d’habitat pouvant être causée par des inondations catastrophiques constitue une menace secondaire, mais qui n’est pas immédiate. Les espèces végétales envahissantes sont une des autres menaces pesant sur l’espèce.

À l’échelle du Canada, l’impact des menaces pesant sur le porte-queue demi-lune est élevénote 7. L’information détaillée est exposée ci-dessous, par catégorie de menace de niveau 1.

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4.2.1 Menaces actuelles note 8

Menace 1 (IUCN-CMP). Développement résidentiel et commercial (1.1 Habitations et zones urbaines; 1.2 Zones commerciales et industrielles)

Cette menace touche cinq localités en Colombie-Britannique se trouvant sur des terres privées et qui pourraient être soumises à des travaux d’aménagement, sous une forme ou une autre, par les propriétaires fonciers (il n’est pas possible de distinguer l’aménagement commercial de l’aménagement urbain). Il s’agit d’une menace potentielle généralisée à l’intérieur de l’habitat potentiel non exploré en Alberta (à l’extérieur du PNLW) et en Colombie-Britannique. Il y a une grande superficie d’habitat convenable potentiel pour le porte-queue demi-lune à l’extérieur du PNLW, protégée par Conservation de la nature Canada dans le cadre de servitudes de conservation liées au projet de travaux d’aménagement du parc de Waterton (Waterton Park Front Project) (C. Smith, comm. pers., 2011).

En Colombie-Britannique, les principales menaces sur le porte-queue demi-lune sont la perte, la fragmentation et la dégradation de l’habitat dans le cas des communautés végétales et des écosystèmes d’armoises et de graminées cespiteuses, tant sur les sites privés connus que dans l’habitat potentiel sur des terres privées. Il se produit actuellement et de façon continue une perte physique directe et irrémédiable de l’habitat de prairie (p. ex. par les travaux d’aménagement résidentiel et commercial) partout dans la vallée de la rivière Okanagan. La fragmentation accrue des communautés d’armoises réduit le taux de ré-utilisation après des événements stochastiques naturels. Les effets indirects de la conversion de l’habitat comprennent notamment la fragmentation des populations de l’espèce et l’incapacité de dispersion à travers les limites établies en raison des travaux d’aménagement.

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Menace 2 (IUCN CMP). Agriculture et aquaculture (2.3 Élevage et élevage à grande échelle)

On sait qu’il y a pâturage d’animaux d’élevage dans les sept localités situées en Colombie-Britannique. La majeure partie du sud de la vallée de la rivière Okanagan est utilisée pour le pâturage depuis plus de 100 ans. Le COSEPAC (2006) a identifié le pâturage par les animaux d’élevage comme une menace potentielle pour le porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique. Le pâturage entraîne des changements chez les espèces végétales et dans la structure de la communauté végétale en raison des brouteurs domestiques sélectifs, qui choisissent de brouter certaines plantes plutôt que d’autres. Le pâturage par les animaux d’élevage peut modifier la végétation, parce que les animaux la piétinent et s’en nourrissent et la litière de feuilles parce qu’ils la piétinent. Le pâturage peut avoir une incidence sur les plantes hôtes utilisées pour la ponte des œufs et l’alimentation des chenilles, la litière de feuilles utilisée pour le développement larvaire et les plantes nectarifères ainsi que les plantes sur lesquelles se perchent les papillons adultes.

L’habitat occupé que l’on connaît dans le PNLW (Alberta) a fait l’objet de pâturage autorisé des bovins et des chevaux jusqu’aux années 1960. Cependant, le pâturage des animaux d’élevage n’est pas considéré comme une menace potentielle sur le porte-queue demi-lune en Alberta. C’est ainsi, parce que, contrairement aux écosystèmes de graminées cespiteuses intermontagnards de l’ouest de la Colombie-Britannique, les prairies de steppes courtes des Prairies canadiennes ont évolué avec les brouteurs (bovidés), les graminées cespiteuses (Milchunas et coll., 1988), et les influences du surpâturage. Par conséquent, le pâturage n’entraîne pas de changement significatif dans les Prairies canadiennes (Milchunas et coll., 1988).

Le pâturage, que ce soit par les animaux d’élevage ou les ongulés indigènes, signifie présence de déjections et d’urine animales, ce qui peut augmenter la proportion de sol nu, à cause du piétinement ou de la perturbation répétés de la végétation, modifie la croûte microbiotique et peut aussi détruire les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères pour le porte-queue demi-lune. Les régimes de pâturage modifient la végétation naturelle, ce qui peut accroître l’établissement de plantes non indigènes introduites et la compétition par les espèces non indigènes (voir ci-dessus). Les répercussions sont très variables selon l’intensité du pâturage, le nombre d’animaux d'élevage et la saison de pâturage.

L’impact global du pâturage dans l’habitat du porte-queue demi-lune n’a pas fait l’objet d’étude. Les effets cumulatifs de la défécation et du piétinement touchent probablement l’habitat du porte-queue demi-lune, parce que les animaux piétinent et broutent les plantes hôtes, ce qui réduit leur disponibilité. Le pâturage léger pourrait s’avérer profitable pour l’habitat du porte-queue demi-lune à certains sites (D. St. John, comm. pers., 2008), étant donné que l’abondance des lupins et des achillées, par exemple, augmente avec le pâturage des bovins (Aleksoff, 1999). Les effets peuvent, néanmoins, être négatifs, si le piétinement des plantes hôtes et de la litière de feuilles entraîne la perte des œufs et des chenilles au moment de l’année où ces stades vitaux sont le plus actifs et le plus vulnérables.

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Menace 6 (IUCN CMP). Intrusions et perturbations humaines (6.1 Activités récréatives)

Les activités récréatives menacent (à divers degrés) les parcelles d’habitat du porte-queue demi-lune, dans toutes les localités de l’espèce en Colombie-Britannique et en Alberta. Dans les localités situées à l’intérieur de parcs provinciaux, la randonnée pédestre est permise, mais pas l’utilisation de véhicules tout-terrain (malgré que ceux-ci pourraient être utilisés illégalement, mais actuellement cela ne constitue pas une grande inquiétude). Des véhicules tout-terrain sont probablement utilisés dans les cinq localités sur des terres privées, et il s’y déroule probablement aussi d’autres activités récréatives, mais les détails particuliers de cette menace sont inconnus.

En Colombie-Britannique, les localités situées dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands et celle située dans le bassin du lac White sont très utilisées pour la randonnée pédestre. L’utilisation de véhicules tout-terrain dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands, dans le site d'East Chopaka (localité n° 8), même si minimale, pourrait avoir un impact négatif sur les plantes hôtes si elles sont écrasées par les véhicules.

En Alberta, les activités récréatives seraient la principale menace sur le porte-queue demi-lune et son habitat. Le PNLW est un parc populaire reconnu pour la randonnée et les possibilités récréatives offertes, notamment l’équitation au cône Blakiston. Deux routes traversent le cône. Les activités récréatives augmentent probablement l’érosion le long des sentiers et la propagation des plantes introduites le long des sentiers et des routes. Cependant, si des routes et sentiers supplémentaires ne sont pas aménagés et que les randonneurs utilisent les sentiers et les routes existants, l’érosion le long des routes et des sentiers récréatifs, et près de ceux-ci, pourrait ne pas affecter l’habitat du porte-queue demi-lune. Il n’en demeure pas moins que la poussière soulevée par les activités récréatives pourrait menacer le développement des chenilles sur les plantes hôtes, à proximité immédiate des routes ou des sentiers.

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4.2.1 Menaces potentielles note 9

Les menaces énumérées ci-dessous ont été identifiées comme des menaces potentielles, compte tenu de recherches et d’informations sur les menaces relatives à d’autres espèces en péril en Colombie-Britannique et en Alberta, vivant dans des milieux semblables.

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Menace 7 (IUCN CMP). Modification du système naturel (7.1 Incendies et lutte contre les incendies)

La lutte contre les incendies dans le cadre des programmes de protection, en Colombie-Britannique et en Alberta, constitue une menace potentielle dans les huit localités du porte-queue demi-lune au Canada. La lutte contre les incendies semble avoir accru l’intensité potentielle des incendies, ce qui provoquerait des incendies intenses et étendus, plutôt que des incendies plus petits et moins intenses laissant intacte une partie de la communauté végétale.

En Colombie-Britannique, si des feux ne se sont pas déclarés régulièrement, l’empiétement par les arbres pourrait avoir réduit la superficie occupée par les communautés d’armoises à certains sites, en raison de l’ombre et de la concurrence des arbres (p. ex. au site de Kilpoola (localité n° 4b) dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands). La lutte contre les incendies est menée de façon continue depuis plus de 100 ans dans la région. Elle permet la succession végétale naturelle, lente et continue des pins (plusieurs espèces du genre Pinus) et d’autres arbres indigènes dans les terrains dégagés. Le brûlage dirigé, effectué notamment dans une partie du cône Blakiston dans le PNLW, fait partie du plan de brûlage décennal du parc (C. Smith, comm. pers., 2009). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si le brûlage dirigé constitue une possibilité envisageable pour la restauration de l’habitat, ou si des méthodes de substitution, telles que le fauchage et l’enlèvement de la végétation, peuvent être appliquées.

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Menace 8 (IUCN CMP). Espèces et gènes envahissants ou problématiques (8.1 Espèces exotiques/non indigènes envahissantes)

Les espèces introduites pourraient constituer une menace pour l’habitat du porte-queue demi-lune et les écosystèmes connexes, à toutes les localités en Colombie-Britannique et en Alberta.

En Colombie-Britannique, parmi les espèces végétales envahissantes dominantes poussant dans l’habitat et les localités connues du porte-queue demi-lune, on retrouve le brome des toits (Bromus tectorum), la potentille dressée (Potentilla recta), la linaire vulgaire (Linaria vulgaris) et la centaurée diffuse (Centaurea diffusa). En Alberta, la centaurée maculée (Centaurea maculosa) est l’espèce introduite qui prédomine. Même si la structure et la diversité des communautés végétales n’ont pas fait l’objet d’études dans les écosystèmes où le porte-queue demi-lune est présent en Colombie-Britannique et en Alberta, on sait qu’ailleurs elles subissent un changement en raison de la compétition pour les ressources et de la libération de substances allélopathiques par la centaurée (voir p. ex. Kelsey et Locken, 1987; Tyser et Key, 1988). D’autres études portent à croire que l’augmentation de la sédimentation du sol et du ruissellement des eaux de surface est liée à la présence de la centaurée (Lacey et coll.,1989). De façon générale, ces espèces introduites entrent probablement en compétition avec les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères pour les ressources et changent les propriétés chimiques du sol et la faune terrestre d’invertébrés. Cette menace potentielle serait répandue et continue partout en Colombie-Britannique et en Alberta.

L’introduction de mouches tachinaires (famille des Tachinidés) comme agents de lutte biologique contre la spongieuse européenne (Lymantria dispar) et d’autres ravageurs agricoles constitue une menace potentielle pour le porte-queue demi-lune. Dès 1906, sur une période de cinquante ans, plus de 45 espèces de mouches tachinaires ont été introduites en Amérique du Nord (Elkinton, 2004; Mahr, 1999). Les mouches tachinaires, comme le Compsilura concinnata, parasitent plus de 200 espèces de lépidoptères hôtes aux États-Unis (Elkinton, 2004; Mahr, 1999), y compris des espèces non nuisibles. On ne connaît pas la répartition de cette espèce, ni celle d’autres mouches tachinaires non indigènes, dans l’ouest de l’Amérique du Nord. La menace potentielle posée par ce mécanisme de lutte biologique est inconnue.

La présence d’espèces végétales envahissantes dans l’habitat du porte-queue demi-lune accroît la compétition pour les ressources entre celles-ci et les plantes hôtes ou la prédation des œufs, des chenilles ou des adultes par les espèces d’insectes envahissants. Il faudrait mener d’autres recherches pour déterminer la gravité de cette menace. Une chose est sûre la présence d’espèces envahissantes devrait avoir un certain impact.

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Menace 9 (IUCN CMP). Pollution (9.3 Effluents agricoles et forestiers)

Il est possible d’appliquer des herbicides dans les localités qui se trouvent sur des terres privées en Colombie-Britannique.

La dérive d’herbicides à partir de zones agricoles adjacentes pourrait avoir un impact négatif sur le porte-queue demi-lune, provoquant la mortalité directe de papillons dans les sites touchés, mais l’impact réel est inconnu et non documenté. Les herbicides appliqués contre les plantes introduites (s’ils sont appliqués à grande échelle) pourraient avoir un impact sur les plantes hôtes des larves et les plantes nectarifères non ciblées, tuant à la fois la plante hôte et/ou d’éventuelles chenilles du porte-queue demi-lune sur la plante. Les impacts sont localisés et sont probablement réduits par les techniques améliorées de lutte antiparasitaire intégrée. Les localités en Colombie-Britannique, qui se trouvent dans les parcs provinciaux ou sur des terres fédérales, ne sont pas adjacentes à des zones de pulvérisation agricole.

L’application de pesticides par pulvérisation localisée d’espèces ciblées est effectuée au cône Blakiston, dans le PNLW. Les herbicides peuvent être utilisés dans les parcs et les aires protégées de la Colombie-Britannique pour lutter contre les plantes envahissantes (si le plan de gestion du parc en question permet l’utilisation d’herbicides). L’application serait effectuée en tenant compte de la protection de l’écosystème et comporterait des dispositions visant à protéger les occurrences de l’espèce à proximité.La menace posée par l’application de pesticides à grande échelle pourrait s’appliquer si des localités du porte-queue demi-lune sont découvertes à l’extérieur du PNLW.

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Menace 11 (IUCN CMP). Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (11.1 Déplacement et altération de l’habitat)

Les changements climatiques sont considérés comme une menace potentielle aux impacts incertains pour l’habitat du porte-queue demi-lune à toutes les localités en Colombie-Britannique et en Alberta.

En Colombie-Britannique, le sud de la vallée de l’Okanagan est considéré comme ayant l’un des climats les plus chauds dans la province, et les changements climatiques devraient entraîner une augmentation des sécheresses et un changement de la phénologie des plantes hôtes dans cette région. La croissance des feuilles et la floraison des plantes hôtes pourraient aussi être écourtées à cause des extrêmes de température qui seront plus élevés dans la région. Il s’agit de prévisions hypothétiques, mais possibles à long terme.

Le décalage de la période de croissance des plantes hôtes (des larves) au printemps pourrait, soit provoquer une sénescence prématurée des plantes hôtes avant que les chenilles n’aient atteint une biomasse dont l’énergie est suffisante pour leur permettre de survivre durant l’hiver, soit réduire le taux de survie des chenilles qui atteignent la diapause.

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Menace 11 (IUCN CMP). Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (11.4 Tempêtes et inondations)

La menace que représente l’augmentation de la fréquence, de la gravité ou de l’immédiateté des tempêtes et des inondations s’applique à la localité du porte-queue demi-lune située dans le PNLW (Alberta). Une importante augmentation des précipitations est prévue durant l’hiver et le printemps au PNLW. Cette augmentation entraînera probablement l’augmentation des débits de pointe dans le parc, qui, à son tour, augmentera la fréquence et la gravité des crues printanières (Scott et Suffling, 2000). On s’attend à ce que les inondations entraînent des dommages accrus dus à l’érosion ainsi qu’un transport élargi de sédiments vers le cône alluvial du ruisseau Blakiston, qui accueille des populations du porte-queue demi-lune. Dans l’habitat potentiel (où la présence du porte-queue demi-lune n’est pas confirmée) aux cônes des ruisseaux Sofa et Stoney (Scott et Suffling, 2000), cette menace s’applique également. Les inondations annuelles qui ont lieu au cône Blakiston ne produisent généralement pas de lames d’eau se déversant sur l’ensemble de l’habitat. En général, l’inondation s’écoule dans différents chenaux. Une inondation catastrophique peut, cependant, apporter des dépôts de sédiments vers les cônes alluviaux, ce qui pourrait ensevelir des plantes hôtes et augmenter l’érosion du sol. Des recherches additionnelles s’imposent pour déterminer si les inondations représentent une menace et/ou un avantage pour l’habitat du porte-queue demi-lune.

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Menaces potentielles sur l’habitat potentiel non exploré du porte-queue demi-lune, à l’extérieur du PNLW (Alberta)

L’utilisation intensive des terres, la conversion de prairies indigènes à l’agriculture, et l’aménagement pour des activités récréatives ou l’exploitation pétrolière et gazière constituent probablement les menaces les plus significatives pour l’habitat convenable des papillons à l’extérieur du PNLW.

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5 But et objectifs du rétablissement

5.1 But en matière de population et de répartition

Le but en matière de population et de répartition est d’assurer la persistance des populations du porte-queue demi-lune dans toutes les localités existantes connues (et dans toute nouvelle localité) à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

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5.2 Justification du but en matière de population et de répartition

Il y a peu de localités du porte-queue demi-lune au Canada et, globalement, le but en matière de population et de répartition vise à s’assurer qu’aucune population ne disparaisse au Canada. Selon les données historiques sur l’abondance et la répartition de l’espèce, il n’y aurait qu’un petit nombre de populations existantes confirmées et de spécimens de musée. Rien n’indique que l’espèce a déjà été plus répandue; il ne convient donc pas de fixer comme objectif d’en accroître l’abondance par des mesures actives, même si une abondance accrue pourrait permettre d’inscrire l’espèce dans une catégorie de moindre risque.

Le but en matière de population et de répartition pour le porte-queue demi-lune ne peut pas être quantifié en raison de lacunes dans les connaissances : les effectifs de la population sont inconnus, il n’y a pas suffisamment d’information pour mener une analyse qui permettrait d’établir la population minimale viable, les capacités de dispersion et de recolonisation de l’espèce sont inconnues, et les besoins en matière d’habitat ne sont pas clairs.

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5.3 Objectifs de rétablissement

  1. Établir des mesures de protectionnote 10 de l’habitat pour les huit localités existantes du porte-queue demi-lune.
  2. Évaluer et atténuer la portée des menaces connues et potentielles pour chaque localité du porte-queue demi-lune.
  3. Confirmer la répartition des populations (existantes et nouvelles) du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta.
  4. Combler les lacunes dans les connaissances, notamment sur le cycle de vie, la dispersion et les populations et les besoins en matière d’habitat.

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6 Approches pour l’atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Élaboration du rapport de situation (terminée)

  • Rapport de situation du COSEPAC terminé (COSEPAC, 2006).

Transmission au COSEPAC (terminée)

  • Le porte-queue demi-lune a été évalué « en voie de disparition » (COSEPAC, 2006). Réévaluation prévue en 2016.

Planification (en cours)

  • Programme de rétablissement de la Colombie-Britannique terminé (le présent document, 2011).

Protection de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)

Colombie-Britannique
  • Deux localités du porte-queue demi-lune se trouvent dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands, qui est protégée en vertu de la Park Act de la Colombie-Britannique.
  • Le porte-queue demi-lune est désigné comme espèce en péril en vertu de la Forest and Range Practices Act et figure parmi les espèces désignées en vertu de la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy). Neuf zones d’habitat faunique (Wildlife Habitat Areas) et les mesures générales connexes visant les espèces sauvages ont été proposées (mais ne sont pas encore approuvées) pour protéger l’habitat des conséquences de l’exploitation des parcours.
  • Relevés dans l’aire de répartition du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique (Kondla, 2003b; Knopp et coll., 2008; B.C. Ministry of Environment, 2009; S. Hureau, comm. pers., 2010).
  • Relevés sur les terres fédérales au lac White (localité n° 3) (Conseil national de recherches du Canada) (D. St. John, comm. pers., 2004-2008; S. Hureau, comm. pers., 2010).
  • Relevés dans le sud de l’Okanagan et confirmation des populations au site de Kilpoola (localité n° 4b) dans l’aire protégée South Okanagan Grasslands et dans d’autres zones du sud de l’Okanagan (B.C. Ministry of Environment, 2007, 2009).
Alberta
  • Le porte-queue demi-lune est présent sur des terres fédérales dans le parc national des Lacs-Waterton (Alberta). Cet habitat est protégé en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada.
  • Relevés du Satyrium fuliginosum (ou Sooty Hairstreak) dans le PNLW (Kondla, 2003ab; 2004b; N. Kondla, données inédites, comm. pers., 2008).
  • Transects de surveillance du porte-queue demi-lune dans le parc national des Lacs-Waterton (Poll et Poll, 2008, Kondla, 2009).
  • Aperçu de la conservation en ce qui concerne les papillons dans le rapport du projet Southern Headwaters At Risk Project (SHARP) (Kondla, 2004a).
  • Relevés des espèces végétales introduites dans le PNLW; cartographie de l’emplacement des plantes hôtes du porte-queue demi-lune (C. Smith, comm. pers., 2008).
  • Relevé de trois sites potentiels en dehors du PNLW – aucun porte-queue demi-lune n’a été observé (Kondla, 2009).

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6.2 Tableau de planification du rétablissement

Tableau 3a. Planification du rétablissement du porte-queue demi-lune - Groupe de mesures du cadre de conservation : protection de l’habitat; intendance des terres.
Obj. no.Mesures pour atteindre les objectifsMenacenote a ou préoccupation abordéePrioriténote b
3

Protection de l’habitat :

  • Confirmer la répartition de l’espèce aux localités connues
Lacunes dans les connaissances 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 8.1, 9.3Essentielle
1

Protection de l’habitat :

  • En Colombie-Britannique, élaborer un plan de protection de l’habitat, notamment en collaboration avec les responsables du Programme de conservation de l’Okanagan Sud et de la Similkameen, pour identifier les localités prioritaires en ce qui concerne la protection de l’habitat (compte tenu des besoins en matière d’habitat d’autres espèces en péril) sur les terres privées, et en collaboration avec les gestionnaires des terres, et les responsables de parcs et d’aires protégées (et d’autres propriétés appartenant aux gouvernements fédéral et provincial).
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 9.3Essentielle
1, 2

Protection de l’habitat :

  • En Colombie-Britannique, identifier les mesures appropriées de protection et d’atténuation des menaces pour toutes les localités en vertu d’une protection juridique (p. ex. les aires protégées, les zones d’habitat faunique, les plans de gestion du paysage), mais aussi les moyens de protection non juridiques (p. ex. les pratiques de gestion exemplaires, les accords d’intendance).
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 9.3Essentielle
2

Protection de l’habitat :

  • En Colombie-Britannique, élaborer des lignes directrices spécifiques sur le porte-queue demi-lune pour les gestionnaires des terres, les promoteurs, les propriétaires et les résidents; inclure des options pour la gestion de l’habitat de prairie pour les invertébrés selon différentes pratiques d’utilisation des terres, notamment le pâturage et les activités récréatives.
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 9.3Essentielle
1,2

Protection de l’habitat :

  • En Colombie-Britannique, établir des mesures de protection et d’atténuation des menaces adaptées au régime foncier pour toutes les localités.
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 9.3Essentielle
2, 3, 4
  • Clarifier les comparaisons à grande échelle des tendances de répartition de l’espèce dans les zones d’aménagement urbain (en Colombie-Britannique), en périphérie des terres agricoles (en Colombie-Britannique), dans les zones d’activités récréatives (en Colombie-Britannique et en Alberta) et dans les milieux de prairie non perturbés (témoins) (en Colombie-Britannique et en Alberta). Les résultats permettront de clarifier la nature des menaces et le degré de perturbation tolérable par l’espèce dans les sites qui pourraient constituer l’habitat de survie et de rétablissement.
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 9.3Nécessaire
4
  • Déterminer les effets du pâturage sur l’habitat du porte-queue demi-lune, tant pour les animaux d’élevage que pour les ongulés indigènes (qu’il s’agisse d’espèces végétales indigènes ou non indigènes).
  • Définir divers types de régimes de pâturage (au moyen de définitions existantes si possible) et surveiller l’utilisation des pâturages à l’aide du Grassland Monitoring Manual for B.C. (manuel de surveillance des prairies pour la Colombie-Britannique) (Grasslands Conservation Council of BC, 2009), qui fournit une méthode permettant de déterminer si un état de référence a changé (compte tenu de la perte de couches végétales, de croûtes biologiques, etc.). Déterminer si ce régime de surveillance est utile en tant qu’outil de gestion du risque pour protéger les localités et/ou l’habitat du porte-queue demi-lune.
Lacunes dans les connaissances; 2.3Nécessaire
2

Accroître la sensibilisation à l’espèce :

  • En Colombie-Britannique, collaborer avec les responsables du Programme de conservation de l’Okanagan Sud et de la Similkameen et avec d’autres organismes de conservation afin d’inclure l’espèce dans les programmes de communication avec les propriétaires fonciers pour accroître leur sensibilisation à l’espèce et à ses besoins, ainsi qu’aux menaces sur l’espèce en fonction du propriétaire (p. ex. l’utilisation de pesticides agricoles).
1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 8.1, 9.3Bénéfique
3

Cartographier et inventorier l’habitat potentiel :

  • Cartographier les polygones (au moyen d’applications SIG, de cartes des écosystèmes terrestres, et de l’interprétation photographique) en fonction de l’habitat potentiel à l’extérieur des localités connues du porte-queue demi-lune (p. ex. les vallées du sud de l’Okanagan, de la basse Similkameen, de la Thompson et de la basse Kootenay, en dehors du PNLW).
  • Utiliser les données existantes sur l’habitat pour les localités connues afin d’établir les priorités relatives aux polygones pour les relevés. Par exemple, effectuer des évaluations de la végétation aux localités connues et dans les endroits présentant des caractéristiques d’habitat semblables, tant dans les parcelles d’habitat non inventoriées que dans les localités connues, accorder la priorité à ces milieux lors de relevés futurs, comparer la densité des plantes hôtes entre milieux, etc.
  • Identifier les propriétaires fonciers des sites prioritaires et collaborer avec les groupes d’intendance (p. ex. le Programme de conservation de l’Okanagan Sud et de la Similkameen, Conservation de la nature Canada, MULTISAR) pour entrer en contact avec les propriétaires afin de demander leur permission pour effectuer des relevés sur leurs terres.
  • Effectuer des relevés afin de déterminer si le porte-queue demi-lune est présent dans l’habitat potentiel.
1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 7.1, 8.1Bénéfique
2, 4
  • Établir un programme de surveillance et une méthode normalisée pour la collecte de données sur les localités (y compris la caractérisation de l’habitat) et pour quantifier/identifier les principales menaces aux localités connues.
1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 7.1, 8.1Nécessaire
4
  • Déterminer la qualité et la quantité d’habitat nécessaires pour assurer la persistance d’une population dans une localité donnée ou à l’intérieur d’une grande parcelle particulière d’habitat. La collecte de données portera, entre autres, sur les densités de plantes hôtes et leur état (p. ex. déterminer si elles ont une maladie), l’étendue de la zone occupée par les plantes hôtes à chaque localité, les associations possibles avec des fourmis (p. ex. déterminer les espèces de fourmis qui se trouvent sur les plantes hôtes), des évaluations systématiques des menaces pour pouvoir établir des comparaisons entre sites (p. ex. sur l’intensité de pâturage) et d’autres données, selon les besoins.
Lacunes dans les connaissances; 1.1, 1.2, 2.3, 6.1, 7.1, 8.1Essentielle
Tableau 3b. Planification du rétablissement du porte-queue demi-lune - Groupes de mesures du cadre de conservation : élaboration du rapport de situation
Obj. no.Mesures pour atteindre les objectifsMenacenote a ou préoccupation abordéePrioriténote b
4
  • Encourager la recherche sur l’espèce par les établissements universitaires dans les domaines prioritaires.
Lacunes dans les connaissancesBénéfique

tableau 3 notes

note a

Les numéros de menaces sont ceux de la classification de l’IUCN CMP (voir le tableau 2 pour les détails).

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note b

Essentielle = urgente et importante; la mesure doit être prise immédiatement; nécessaire = importante, mais non urgente; la mesure peut-être prise dans les 2 à 5 prochaines années; bénéfique = la mesure est bénéfique et pourrait être prise quand cela sera possible.

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6.3 Description du tableau de planification du rétablissement

Les mesures recommandées ont été classées d’après les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie-Britannique.

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6.3.1 Protection de l’habitat et intendance des terres privées

La protection de l’habitat et la gestion des localités connues sont considérées comme essentielles, particulièrement en Colombie-Britannique, où cinq localités se trouvent sur des terres privées et où il existe aussi un habitat potentiel non exploré. En Colombie-Britannique, la collaboration dans le cadre du Programme de conservation de l’Okanagan Sud et de la Similkameen afin d’identifier les sites prioritaires pour la protection de l’habitat et la mise en commun de cette information avec les besoins en matière d’habitat d’autres espèces en péril aideront à déterminer les sites prioritaires à prendre en considération lorsqu’on saisit les occasions d’intendance et de protection. En Alberta, la collaboration avec des organismes de conservation dans le but de sensibiliser les gens à l’existence possible d’autres localités du porte-queue demi-lune, tant en Colombie-Britannique qu’à l’extérieur du PNLW (Alberta), sera importante pour confirmer la répartition de l’espèce.

En Colombie-Britannique, il s’avère important d’identifier et d’établir des mesures de protection et d’atténuation des menaces adaptées au régime foncier pour toutes les localités (p. ex. des zones d’habitat faunique, des plans de gestion du paysage et des pratiques de gestion exemplaires). Il est important d’effectuer un examen plus approfondi des lois fédérales et provinciales et des règlements régionaux et municipaux afin d’identifier les lacunes de protection pouvant être comblées par des moyens de protection non prévus par la loi ou les règlements, tels que les accords d’intendance et les lignes directrices relatives aux pratiques de gestion exemplaires.

La plupart des menaces sur l’habitat du porte-queue demi-lune ne sont pas claires et ont besoin d’être clarifiées. D’autres recherches sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces papillons peuvent coexister avec l’aménagement urbain et à savoir s’ils peuvent vivre ou non en périphérie des terres agricoles.

Les espèces végétales et animales introduites se trouvant un peu partout dans l’aire de répartition du porte-queue demi-lune risquent de présenter un danger pour ce papillon en modifiant son habitat ou en le prenant comme proie. Il est important de savoir si les espèces introduites mettent en danger la qualité de l’habitat afin d’éviter, par exemple, de déployer des efforts pour protéger une propriété renfermant de l’habitat convenable, mais où les espèces introduites nuisibles au porte-queue demi-lune sont dominantes.

Un programme de surveillance à long terme pourrait être mis en œuvre, étant donné que le porte-queue demi-lune est souvent observé en petits nombres et que, dans certains sites, il n’est pas nécessairement observé chaque année. Des relevés doivent être réalisés en périphérie de l’aire de répartition canadienne de l’espèce pour déterminer si le porte-queue demi-lune y est présent, pour recueillir des données nulles aux fins de la délimitation de l’aire de répartition de l’espèce et mesurer l’expansion possible de l’aire provoquée par les changements climatiques au fil du temps.

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6.3.2 Élaboration du rapport de situation

Des recherches supplémentaires doivent être effectuées sur les menaces, la biologie et la relation symbiotique avec des espèces de fourmis, les besoins en matière de plantes hôtes et de structure d’habitat, pour confirmer l’habitat nécessaire au maintien d’une population de porte-queue demi-lune à une localité connue. Ces données aideront à atténuer les menaces aux autres localités. Par ailleurs, il faudra mener des recherches sur l’utilisation de l’habitat, le cycle vital et les caractéristiques démographiques de l’espèce, afin de combler les lacunes dans les connaissances sur l’espèce, son rôle écologique et ses besoins en matière d’habitat.

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7 Information sur l’habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement

Les menaces qui pèsent sur l’habitat du porte-queue demi-lune ont été identifiées. Pour atteindre le but en matière de population et de répartition, qui est d’assurer la persistance des populations du porte-queue demi-lune dans l’aire de répartition de l’espèce au Canada, il est recommandé de déterminer les caractéristiques spécifiques de l’habitat du porte-queue demi-lune et de faire une description géospatiale dans le paysage des localités connues, de façon à faciliter la gestion des mesures d’atténuation des menaces qui pèsent sur l’habitat.

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7.1 Description de l’habitat de survie et de rétablissement

Une description géospatiale de l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement du porte-queue demi-lune au Canada n’est pas proposée dans le présent programme de rétablissement.

À l’heure actuelle, seuls les besoins généraux en matière d’habitat sont connus pour le porte-queue demi-lune (voir la section 3.3.1). Cependant, les caractéristiques biophysiques de l’habitat de survie et de rétablissement du porte-queue demi-lune devraient comprendre une densité minimale de plantes hôtes des larves et de plantes nectarifères (Lupinus spp.), un couvert arbustif d’armoises où les papillons peuvent se percher et se reposer (Colombie-Britannique seulement) et les composantes de l’habitat permettant d’assurer la présence d’espèces de fourmis pouvant être liées au porte-queue demi-lune (les détails particuliers sur ces composantes sont peu clairs, voire inconnus). Il est recommandé de terminer les travaux encore requis pour quantifier les besoins spécifiques en matière d’habitat de l’espèce et de faire la description géospatiale de l’habitat de survie et de rétablissement pour chaque localité connue, de façon à faciliter la prise de mesures visant l’atteinte du but en matière de population et de répartition. La cartographie de l’habitat dans la localité du PNLW est en cours (C. Smith, comm. pers., 2011).

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7.2 Études requises afin de décrire l’habitat de survie et de rétablissement

Tableau 4. Études requises afin de décrire l’habitat de survie et de rétablissement pour atteindre le but en matière de population et de répartition pour le porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta.
Description de l’activitéRésultat/justificationDate de début

1. Élaborer une stratégie de relevé pour le porte-queue demi-lune afin :

  • de documenter l’aire de répartition actuelle et de décrire l’utilisation de l’habitat pour chaque localité (y compris les possibles relations de mutualisme avec d’autres espèces, p. ex. des fourmis et des plantes hôtes);
  • d’orienter la cartographie de l’habitat et de l’aire de répartition potentiels
  • Données normalisées recueillies sur l’habitat et comparaison des localités et des caractéristiques des localités de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce.
  • Liste prioritaire des polygones d’habitat pour faire le relevé de l’habitat n’ayant jamais fait l’objet d’un relevé.
2012
2. Mettre en œuvre la stratégie de relevé pour décrire l’aire de répartition actuelle et potentielle (p. ex. recueillir des données, établir des cartes).
  • Les recherches dans l’habitat connu et potentiel permettront de comparer l’habitat occupé et l’habitat non occupé, et aideront à clarifier les caractéristiques de l’habitat de survie et de rétablissement.
2014
3. Cartographier l’habitat du porte-queue demi-lune en se fondant sur les données recueillies au cours des relevés (p. ex. en utilisant un protocole normalisé pour la collecte de données sur l’habitat).
  • Cartes de l’habitat de survie et de rétablissement.
2014
4. Caractériser l’utilisation de l’habitat à chaque étape du cycle vital du porte-queue demi-lune.
  • Qualifier et quantifier les composantes de l’habitat utilisées aux différents stades du cycle vital de l’espèce, et donc l’habitat de survie et de rétablissement nécessaire à chaque stade.
2012

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8 Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous permettent de définir et d’évaluer les progrès accomplis vers l’atteinte du but en matière de population et de répartition et des objectifs de rétablissement. Les mesures de rendement sont indiquées pour chaque objectif.

Objectif 1 – Protection de l’habitat

  • Élaboration d’un plan de protection détaillé de l’habitat pour toutes les localités connues (et toute nouvelle localité) du porte-queue demi-lune d’ici 2016.
  • Élaboration d’accords d’intendance et/ou de conventions de conservation pour toutes les localités connues (et toute nouvelle localité) du porte-queue demi-lune situées sur des terres privées d’ici 2016.
  • Au besoin, prise de mesures de protection et d’atténuation des menaces pour toutes les localités, en vertu d’une protection juridique (p. ex. aires protégées, zones d’habitat faunique, plans de gestion du paysage) et de règlements adoptés par les administrations publiques locales (p. ex. des plans communautaires officiels et des zones nécessitant un permis d’aménagement) d’ici 2016.

Objectif 2 – Menaces

  • Préparation de lignes directrices sur les pratiques de gestion exemplaires pour le porte-queue demi-lune pour chaque propriétaire foncier ou gestionnaire des terres, compte tenu des menaces propres à la localité (élevage de bétail et pâturage; équitation, etc.) d’ici 2016.
  • Atténuation de l’impact des principales menaces (perte d’habitat directe ou conversion des terres aux fins d’aménagement agricole ou urbain en Colombie-Britannique; activités récréatives en Alberta) sur les populations d’ici 2016.

Objectif 3 – Répartition

  • Préparation d’un calendrier de recensement pour l’habitat potentiel non exploré du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta au plus tard en 2012.
  • Élaboration d’un protocole de recensement normalisé pour le suivi des populations et l’évaluation de l’habitat du porte-queue demi-lune au plus tard en 2012.
  • Recensement de l’habitat potentiel du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique et en Alberta d’ici 2016.

Objectif 4 – Lacunes dans les connaissances

  • Début d’études pour combler les lacunes dans les connaissances (p. ex. en ce qui concerne le cycle vital, les besoins en matière d’habitat, l’atténuation des menaces et d’autres informations manquantes) au plus tard en 2012.

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9 Effets sur les espèces non ciblées

Les aires de répartition de plusieurs autres espèces de plantes et d’animaux en voie de disparition ou menacés chevauchent l’aire de répartition et l’habitat du porte-queue demi-lune. Les mesures de conservation prises pour rétablir et protéger les écosystèmes de prairies pour le porte-queue demi-lune sont sans doute bénéfiques pour toutes les espèces qui dépendent de ces écosystèmes menacés. De même, les mesures de conservation en cours ou proposées pour protéger les autres espèces en péril bénéficieront probablement au porte-queue demi-lune – une approche plurispécifique est recommandée pour la planification de la conservation.

L’habitat des espèces suivantes, entre autres, inscrites sur la liste fédérale des espèces en péril, peut chevaucher l’habitat du porte-queue demi-lune en Colombie-Britannique : Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus); blaireau d’Amérique (Taxidea taxus); salamandre tigrée de l’Ouest (Ambystoma mavortium); crapaud du Grand Bassin (Spea intermontana); crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus); couleuvre à nez mince du Grand Bassin (Pituophis catenifer deserticola); pic de Lewis (Melanerpes lewis); et couleuvre agile (Coluber constrictor).

En Alberta, l’habitat de prairie des espèces suivantes notamment, inscrites sur la liste fédérale des espèces en péril, peut chevaucher l’habitat du porte-queue demi-lune : Pipit de Sprague (Anthus spragueii), Courlis à long bec (Numenius americanus) et grenouille léopard – population des régions boréales et des prairies de l’Ouest (Lithobates pipiens).

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10 Références

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Communications personnelles

Stephen Hureau, Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique), communication personnelle à Orville Dyer et à Jennifer Heron.

David Jones, communication personnelle à Dennis St. John.

Norbert Kondla, entomologiste amateur, Calgary (Alberta), communication personnelle à Cyndi Smith et à Jennifer Heron.

Gordon Pratt, University of California Riverside, San Diego (Californie), communication personnelle à Jennifer Heron.

Cyndi Smith, conservation biologist, Parc national des Lacs-Waterton, communication personnelle à Jennifer Heron.

Dennis St. John, entomologiste amateur, Willowbrook (Colombie-Britannique), communication personnelle à Jennifer Heron et à Orville Dyer.

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notes

note 1

Un habitat protégé (voir la section 3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques) est défini comme un habitat géré de manière à assurer le maintien à long terme (c.-à-d. 100 ans) de l’espèce. La protection peut-être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d’intendance, des conventions de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l’utilisation des terres, et l’établissement d’aires protégées avec des plans de gestion appropriés.

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note 2

Les localités sont basées sur les paramètres biologiques du papillon (p. ex. la distance de dispersion et la connectivité entre occurrences connues, et à savoir s’il y a mélange entre individus de différentes localités). Pour le rétablissement de l’espèce, une localité désigne une population autonome qui ne se mélange pas avec les populations d’autres localités. Les individus de sites à l’intérieur d’une même localité peuvent se mélanger.

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note 3

Le rapport de situation du COSEPAC (2006) sur le porte-queue demi-lune mentionne six localités en Colombie-Britannique; cependant, depuis que ce rapport a été rédigé, une autre localité a été répertoriée dans cette province (B.C. Conservation Data Centre, 2008; Knopp et al., 2008).

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note 4

Un cône alluvial est une masse de matériaux (dépôt alluvial) basse, étendue et relativement plane à légèrement inclinée, dont la forme évoque celle d’un éventail. Elle est déposée généralement par un cours d’eau à l’endroit où il émerge d’une vallée étroite de montagne dans une plaine ou une vallée étendue (United States Geological Survey, 2011).

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note 5

Les numéros sur la carte correspondent aux localités de l’espèce qui sont indiquées au tableau 1. Consultez la note en bas de page n° 2 pour obtenir la définition du terme « localité ».

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note 6

Même si les modifications du système naturel et les changements climatiques ont aussi un impact moyen, ces menaces sont seulement considérées comme des menaces potentielles pouvant se manifester dans le futur.

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note 7

L’impact global des menaces a été calculé selon Master et coll., à partir du nombre de menaces de niveau 1 touchant l’espèce : quatre menaces à impact moyen, deux menaces à impact faible et une menace à impact inconnu (tableau 2).

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note 8

Les menaces actuelles comprennent les menaces de niveau 2, lorsque l’immédiateté de la menace est élevée (tableau 2; CMP, 2010).

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note 9

Les menaces actuelles comprennent les menaces de niveau 2 lorsque l’immédiateté de la menace est modérée, faible ou inconnue; ou que l’impact est inconnu (tableau 2; CMP, 2010).

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note 10

Un habitat protégé (voir la section 3.3.1 Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques) est un habitat géré de manière à assurer le maintien à long terme (c.-à-d. 100 ans) de l’espèce. La protection peut-être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d’intendance, des covenants de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l’utilisation des terres, et l’établissement d’aires protégées et de plans de gestion appropriés pour ces aires.

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