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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Otarie à fourrure du Nord (Callorhinus ursinus) au Canada – Mise à jour

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Autres pays

L’élimination d’un grand nombre d’otaries à fourrure de l’Alaska au cours du XIXe siècle a mené, en 1911, à la ratification du Treaty for the Preservation and Protection of Fur Seals and Sea Otters(Ttraité pour la préservation et la protection des phoques otaries à fourrure et des loutres de mer) par la Grande‑Bretagne (pour le Canada), le Japon, la Russie et les États-Unis. La chasse pélagique fut interdite et la récolte d’otaries à fourrure à terre fut réduite. Le traité fut en vigueur jusqu’en 1941, date à laquelle le Japon y mit terme (Roppel, 1984). En 1957, un nouveau traité, la Convention intérimaire sur la conservation des phoques à fourrure  intitulé « Convention intérimaire sur la conservation des phoques à fourrure du Pacifique Nord », fut ratifiée par le Canada, le Japon, la Russie et les États‑Unis. Ce traité interdisait la chasse pélagique des otaries à fourrure de l’Alaska, mais permettait le prélèvement de femelles par les États‑Unis et le Canada à des fins de recherche. En outre, la récolte commerciale des otaries à fourrure dans les îles Pribilof demeurait permise, le Canada se voyant octroyé 15 p. 100 des peaux récoltés et mandaté de mener des recherches sur l’espèce (Baird et Hanson, 1997). En 1984, la convention internationale ne fut pas reconduite, car le Sénat américain refusa d’en ratifier le protocole d’extension. La gestion des otaries à fourrure de l’Alaska dans les eaux américaines fut alors régie par la Fur Seal Act de 1966 et par la Marine Mammal Protection ActLoi sur la protection des mammifères marins (MMPA) de 1972. La récolte commerciale des îles Pribilof fut arrêtée lorsque la National Marine Fisheries Service (NMFS) détermina qu’elle ne pouvait plus se pratiquer en vertu de la législation nationale.

En juin 1988, la population des îles Pribilof a été désignée effondrée (depleted) aux termes de la Marine Mammal Protection Act (MMPA)Loi sur la protection des mammifères marins(MMPA), en raison des déclins d’effectifs d’environ 35 p. 100 depuis les années 1970 (~ 1,3 million d’individus) et 60 p. 100 depuis les années 1950 (~ 2,2 millions d’individus) (Briggs et Fowler, 1984). En outre, un plan de conservation de l’espèce décrivant des mesures de protection et des activités de recherche à mettre en œuvre a été établi en 1993 (NMFS, 1993). La mise à jour d’un plan est en suspens (Angliss et Outlaw, 2005). Depuis 1994, il est illégal, de par des modifications apportées à la MMPA, de tuer intentionnellement un mammifère marin, quel qu’il soit, sauf lorsque cela s’avère nécessaire pour protéger la vie humaine, ou à des fins de subsistance pour les Autochtones vivant en Alaska(Angliss et Lodge, 2002). L’otarie à fourrure de l’Alaska ne figure pas sur la liste de la  Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), et, par conséquent, son commerce international n’est ni réglementé ni surveillé.

 

Canada

Au Canada, l’otarie à fourrure de l’Alaska est protégée en vertu du Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches du Canada, datant de 1993. Aux termes de ce règlement, la chasse à l’otarie à fourrure de l’Alaska dans les eaux canadiennes est interdite, sauf pour les Autochtones, qui doivent obtenir un permis. Les permis sont valables un an et sont délivrés à la discrétion du ministre des Pêches et des Océans. Le règlement n’interdit pas seulement de chasser les otaries à fourrure du Nord. En effet, il stipule également qu’il est interdit d’importunerles mammifères marins, soit de , on entend par là s’adonner à une activité qui enmodifie, perturbe ou compromet les activités lorsqu'il s'agit de leursprocessus vitaux normauxdérange, interrompt ou empêche de mener à bien les activités quotidiennes, d’un mammifère marin (MPO DFO, 2002). L’otarie à fourrure de l’Alaska a été désignée a été déclarée comme étant une espèce « Nnon en périlpar le » par le COSEPAC en 1996.