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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chevalier noir au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

On ne sait presque rien de la taille des populations de chevaliers noirs de l’Ontario. Il est donc impossible de dégager des tendances. On peut cependant faire quelques déductions en examinant les données historiques et actuelles.

Dans le bassin du lac Érié, l’espèce a souvent été capturée dans la rivière Grand et ses affluents. On l’a récemment récoltée dans presque tous les sites historiques connus ainsi que dans plusieurs nouveaux endroits. En 2002 et en 2003, plus de 400 chevaliers noirs ont été pris dans 24 localités à l’échelle du bassin de la rivière Grand. La répartition des populations se concentre généralement dans les portions peu fragmentées et les portions du milieu du réseau hydrographique. De nouvelles localités ont été identifiées dans la rivière entre Waterloo et Paris, en aval du déversoir à Caledonia ainsi qu’à York. Ces nouvelles mentions sont probablement attribuables à l’utilisation de méthodes mieux ciblées (pêche électrique avec matériel portable et embarqué). À la fin mai, on a capturé des chevaliers noirs prêts à frayer sur des radiers en aval du déversoir à Caledonia et dans la zone de conservation de la Bernache cravant entre Paris et Brantford. On a trouvé des chevaliers juvéniles et adultes dans 35 p. 100 des sites fréquentés par l’espèce. Enfin, on n’a récolté aucun chevalier noir lors des récentes campagnes d’échantillonnage mises en œuvre dans le bassin de la rivière Speed, dans la rivière Conestogo en aval de Wallenstein, en aval d’Inverhaugh dans la rivière Grand, et dans la rivière Nith en aval de New Hamburg, où l’on n’en avait d’ailleurs jamais capturé.

Aucun chevalier noir n’a été récolté dans le ruisseau Catfish depuis 1938. Les échantillonnages réalisés à au moins douze reprises dans tous les sites historiques du ruisseau entre 1941 et 2002 (E. Holm, ROM, données inédites; N.E. Mandrak, données inédites) à l’aide de méthodes adéquates (pêche à l’électricité avec matériel portable et pêche à la senne) n’ont donné aucun résultat. Le ruisseau Catfish est un ruisseau aux eaux très troubles et au débit très lent, situé dans un bassin hautement agricole (N.E. Mandrak, obs. pers.); il semble donc qu’on n’y trouve plus d’habitat convenable et que le chevalier noir l’a abandonné.

Dans le bassin du lac Sainte-Claire, on a capturé des chevaliers noirs dans le cours supérieur de la rivière Thames et ses affluents (figue 3). Les rivières Thames et Grand n'ont fait l’objet d’aucun échantillonnage récent, mais on y a récemment (depuis 2002) signalé la présence de l’espèce dans le chenal principal et la plupart des affluents, où elle avait été récoltée par le passé.

Dans le bassin du lac Huron, le chevalier noir a été trouvé dans les rivières Bayfield et Maitland (figure 3). Au cours d’un échantillonnage récent (2002; N.E. Mandrak, données inédites), on l’a observé dans tous les endroits de ces rivières où on le trouvait par le passé.

En 2002, on a trouvé pour la première fois un chevalier noir dans la rivière Ausable (N.E. Mandrak, données inédites), dans l’un des 25 sites échantillonnés dans l’ensemble du bassin. Bien qu’on ne l’y avait jamais observé auparavant, il est probablement indigène de la rivière Ausable. Il faudra faire d’autres échantillonnages dans les habitats adéquats au moyen de méthodes ciblées (pêche électrique avec matériel portable ou pêche à la senne) pour déterminer l’importance de l’occurrence de l’espèce dans ce bassin.

En 1998, plusieurs spécimens de chevaliers noirs ont été récoltés dans un réservoir du ruisseau Spencer, un affluent de l’ouest du lac Ontario. Le caractère disjoint de ces mentions et la nature apparemment impropre de l’habitat du réservoir portent à penser que ces spécimens y ont été introduits. On ne peut toutefois écarter l’hypothèse d’une capture dans les eaux de tête, entre le ruisseau Spencer et la rivière Grand.

La nature disjointe des populations de chevalier noir dans la portion américaine des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron (Trautman, 1981; Bailey et al., 2004) et les vastes superficies d’habitat impropre séparant les populations américaines et canadiennes rendent toute immigration de source externe hautement improbable.