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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le noyer cendré au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

La menace la plus grave et la plus répandue qui pèse actuellement sur le noyer cendré est le chancre du noyer cendré, maladie qui a été observée pour la première fois au Wisconsin, en 1967 (Renlund, 1971). On croyait d’abord que l’agent de cette maladie était le Melanconis juglandis, et ce n’est qu’en 1979 qu’on a établi que le champignon responsable est en fait le Sirococcus clavigignenti-juglandacearum (Nair et al., 1979).

Tableau 2 : Sommaire des occurrences connues du noyer cendré au Nouveau-Brunswick, selon les classes d’effectif estimatif
Classe d’effectifNombre de localitésNombre de sites
Plus de 1 0006220
100-1 00011104
10-1002237
1-101111
Total50372


Figure 3 : Répartition du noyer cendré au Québec

Figure 3 : Répartition du noyer cendré au Québec (ministère des Ressources naturelles du Québec, 2002).

Ministère des Ressources naturelles du Québec, 2002.


Figure 4 : Sites québécois du noyer cendré où cette espèce constitue au moins 25 p. 100 de la surface terrière ou du couvert forestier

Figure 4 : Sites québécois du noyer cendré où cette espèce constitue au moins 25 p. 100 de la surface terrière ou du couvert forestier (ministère des Ressources naturelles du Québec, 2002).

Ministère des Ressources naturelles du Québec, 2002.

On ne connaît pas l’origine du chancre du noyer cendré. Cependant, plusieurs facteurs semblent indiquer qu’il s’agit d’un pathogène exotique récemment introduit. Ces facteurs sont la propagation rapide et agressive de la maladie, la rareté des noyers cendrés résistants, l’absence apparente de diversité génétique chez le champignon et le fait que les chancres les plus vieux semblent avoir environ 50 ans (Anderson, 1996). Le chancre du noyer cendré s’attaque à toutes les classes d’âge ou de dimensions, et l’infection peut s’introduire par les bourgeons, les cicatrices foliaires ou divers types de lésions (Ostry, 1995; Davis et Meyer, 1997).

Le chancre du noyer cendré peut infecter et tuer des individus de toutes les classes d’âge et de toutes les classes de dimensions. Les arbres atteints peuvent produire des rejets, mais ceux-ci finissent généralement par être infectés à leur tour et n’arrivent pas à atteindre un âge appréciable (Schlarbaum, comm. pers.).

L’infection peut s’introduire par les bourgeons, les cicatrices foliaires, les lenticelles ou les lésions. Les arbres sont tués par dépérissement apical ou par annélation. Chez les arbres infectés, des colonnes de stroma (formées d’hyphes du champignon) percent l’écorce externe des branches et des tiges, ce qui expose le stroma et les pycnides du champignon (Tisserat et Kuntz, 1983). Comme les spores ont besoin d’eau libre pour s’échapper de leur matrice gélatineuse, elles sont libérées par les pycnides durant les périodes de pluie ou d’humidité relative élevée (Cree, 1995). Les spores peuvent être transportées d’une branche à l’autre par les gouttelettes d’éclaboussement résultant de l’impact des gouttes de pluie. (Tisserat et Kuntz, 1981). Les spores peuvent aussi être transportées depuis le houppier infecté jusqu’au bas de l’arbre par le ruissellement de l’eau de pluie, ce qui peut provoquer l’apparition de plusieurs chancres finissant par anneler la tige (Anderson, 1996; Ostry et al., 1994).

Tisserat et Kuntz (1983) ont trouvé des spores du champignon dans des échantillons d’air prélevés lors de pluies torrentielles jusqu’à 40 m de la source d’inoculum la plus proche, mais le nombre de spores présentes diminuait exponentiellement avec la distance de cette source. D’autres observations de Tisserat et Kuntz (1981) tendent à indiquer que les spores peuvent parcourir des distances encore plus grandes. Ces auteurs ont découvert des chancres résultant d’une infection naturelle à plus de 100 m du noyer chancreux le plus proche (Tisserat et Kuntz, 1983). Ils estiment même que les aérosols ou petites gouttelettes renfermant des spores peuvent être transportées par le vent à plus de 1 km (Tisserat et Kuntz, 1983). Les spores peuvent survivre au moins 8 heures en milieu aérien (Tisserat et Kuntz, 1981).

Après la mort d’un arbre, le champignon peut continuer de produire des spores pendant 20 mois (Tisserat et Kuntz, 1984). Plusieurs espèces d’insectes ont été trouvées sur des arbres infectés et étaient associées aux spores du champignons (Katovich et Ostry, 1998). Halik et Bergdahl (2002) ont constaté qu’au moins 17 espèces de coléoptères peuvent agir comme vecteurs de la maladie en transportant les spores du pathogène. Par ailleurs, des études réalisées au Québec ont montré que le pathogène peut être transporté vers de nouveaux sites sur les fruits du noyer noir et du noyer cendré (Innes, 1998).

L’inoculation artificielle de l’agent du chancre du noyer cendré a déjà permis de provoquer des infections chez le noyer noir, mais aucune infection grave n’a jamais été observée dans les peuplements naturels et plantations de cette espèce.


Résistance

On ne sait pas exactement si la résistance au chancre du noyer cendré n’existe que sous la forme d’une immunité complète ou se présente à des degrés divers. On a signalé dans certains peuplements infectés la présence d’arbres ne présentant aucun signe de la maladie (Ostry et al., 1994), mais d’autres observations semblent indiquer que les arbres peuvent présenter divers degrés de résistance tout en étant infectés. Comme le chancre du noyer cendré est depuis longtemps présent dans l’est des États-Unis et que la maladie a fait disparaître les arbres ou en a réduit le nombre dans de nombreuses régions, l’existence d’arbres survivants bien qu’infectés à divers degrés est peut-être indicatrice d’une certaine résistance (Schlarbaum, comm. pers.).

Ostry et al. (1994) font valoir que les individus sains poussant parmi les individus malades pourraient être des arbres résistants, mais il n’a pas encore été démontré que cette résistance apparente est fondée sur des facteurs génétiques.


Le chancre du noyer cendré au Canada

Au Canada, les premiers spécimens de chancre du noyer cendré ont été récoltés au Québec en 1990 (Innes et Rainville, 1996), en Ontario en 1991 (Davis et al., 1992) et au Nouveau-Brunswick en 1997 (Harrison et al., 1998). Le chancre du noyer cendré est actuellement présent dans toute l’aire du noyer cendré en Ontario et au Québec, mais il n’a encore été signalé que dans une partie limitée de l’aire de l’arbre au Nouveau-Brunswick (figure 5; Hopkin et al., 2001).


Figure 5 : Répartition du noyer cendré et du chancre du noyer cendré au Canada

Figure 5 : Répartition du noyer cendré et du chancre du noyer cendré au Canada (Hopkin et al., 2001).

Hopkin et al., 2001.

En Ontario, le chancre du noyer cendré a été identifié pour la première fois en 1991 par l’unité chargée du Relevé des insectes et des maladies des arbres (RIMA) au Service canadien des forêts. Cependant, l’âge des chancres examinés révèle que la maladie était présente en Ontario depuis au moins 20 ans. En 1992, l’unité chargée du RIMA a prélevé des échantillons dans 30 localités du sud-ouest de l’Ontario, et la maladie était présente dans 22 de ces localités. La mortalité d’arbres entiers à cause de la maladie était particulièrement remarquable dans le district de Cambridge du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), où 27 p. 100 des arbres examinés avaient été tués par le chancre. Aucun cas de mortalité d’arbre entier n’a été signalé dans l’est de la province, mais plus de 90 p. 100 des arbres examinés étaient infectés. Des données sur la croissance, l’état de santé et la mortalité ont été recueillies dans des parcelles servant à suivre la croissance et le rendement des arbres dans toutes les régions d’Ontario. Le chancre du noyer cendré n’a été identifié avec certitude que chez 3 arbres; dans les autres cas, on a supposé que les dégâts et la mortalité avaient été causés par le chancre du noyer cendré. Selon les registres, les 32 parcelles renfermaient en tout 40 noyers cendrés vivants (tableau 3), dont 17 ont été jugés potentiellement infectés par le chancre. De plus, 21 arbres morts ont été observés dans le cadre des relevés, et dans 4 cas le chancre du noyer cendré a été mentionné comme cause de la mort.

Toujours en Ontario, des bénévoles de la FGCA ont mené une enquête auprès de propriétaires fonciers entre 1996 et 1998. Environ 500 des propriétaires interrogés ont signalé la présence de sites de noyer cendré dans leurs terrains, et 304 ont fourni des coordonnées géographiques suffisamment précises pour permettre le pointage des sites sur une carte (figure 6). De plus, 263 des propriétaires ont fourni des données sur l’état de santé des noyers cendrés. Ces arbres étaient en mauvais état dans 47 p. 100 des sites où leur état de santé était précisé. Par ailleurs, le noyer cendré a été mentionné comme espèce préoccupante (species of concern) dans le cadre du programme Ontario Tree Atlas, mené de 1996 à 2000. Des fiches individuelles ont été remplies par les bénévoles sur l’état de santé de chacun des 170 noyers cendrés signalés (figure 6). Selon les données de l’Atlas, 44 p. 100 de ces noyers étaient en mauvais état.

Tableau 3. Sommaire des données du MRNO sur la croissance et le rendement du noyer cendré dans le sud de l’Ontario. Le chancre du noyer cendré a été identifié avec certitude chez seulement 3 arbres; dans les autres cas, on a supposé que les dégâts et la mortalité avaient été causés par le chancre du noyer cendré.
District du MRNOCantonNombre de parcellesNombre d’arbres vivantsNombre d’arbres peut‑être chancreuxNombre d’arbres mortsNombre d’arbres dont la mort a pu être causée par le chancre
AylmerColchester23 1 
AylmerDunwich111  
AylmerMosa1  2 
 sous-total 413 
CambridgeLincoln1  1 
KemptvilleCharlottenburgh13   
KemptvilleEdwardsburgh111  
KemptvilleFinch11   
KemptvilleKenyon3513 
KemptvilleLancaster11   
 sous-total 1123 
MidhurstCollingwood111  
MidhurstGlenelg1  1 
MidhurstKeppel221  
MidhurstOro2321 
MidhurstOsprey2  52
MidhurstSullivan111  
MidhurstSydenham2  22
 sous-total 7594
TweedBedford121  
TweedDummer21041 
TweedHungerford2221 
TweedHuntington3323 
TweedS. Fredericksburg11   
 sous-total 1895 
Total  4017214


Le chancre du noyer cendré aux États-Unis

Aux États-Unis, le facteur qui a le plus d’impact sur la taille des populations de noyer cendré est la mortalité due au chancre du noyer cendré (Sirococcus clavigignenti-juglandacearumV.M.G. Nair, Kostichka et Kuntz). Le chancre du noyer cendré a été observé pour la première fois au Wisconsin, en 1967, mais le champignon responsable de cette maladie n’a été décrit qu’en 1979 (Nair, 1979). Sinclair (1987) a constaté que des noyers cendrés de tous âges et de toutes dimensions présentent des signes de la maladie, dans la plus grande partie de l’aire de répartition de l’espèce. Les arbres chancreux se rencontrent dans des peuplements mélangés ou relativement purs, dans les sols secs, stériles et minces du haut des crêtes, ou dans les sols humides, fertiles et profonds du fond des vallées. Les arbres infectés peuvent former des poches isolées ou occuper de vastes zones (Kuntz et al., 1979, Prey et Kuntz, 1982). Les jeunes noyers cendrés peuvent produire des rejets, mais la croissance de ceux-ci est limitée par le champignon, et ils meurent généralement au cours de la première année (Ostry et al., 1994).


Figure 6 : Données issues de l’enquête auprès des propriétaires fonciers et données de l’Ontario Tree Atlas sur la santé du noyer cendré en Ontario

Figure 6 : Données issues de l’enquête auprès des propriétaires fonciers et données de l’Ontario Tree Atlas sur la santé du noyer cendré en Ontario.

Selon Ostry et al. (1994), les données d’inventaire forestier du USDA Forest Service révèlent que le nombre de noyers cendrés vivants a connu une baisse énorme aux États-Unis au cours des 10 à 15 dernières années. Le groupe chargé de l’analyse et des relevés du USDA Forest Service a signalé que le nombre de noyers cendrés ayant un diamètre d’au moins 5 po avait baissé de 77 p. 100 en Caroline du Nord et en Virginie au cours d’une période de 30 ans (USDA Forest Service, 2003). Bien que ces données soient fondées sur des échantillons et, par conséquent, qu’une marge d’erreur soit possible, elles confirment les déclins dans le cadre d’études supplémentaires ou parallèles. Par exemple, selon les estimations, le nombre de noyers cendrés infectés du chancre au Wisconsin est passé de 30 p. 100 à 70 p. 100 entre 1976 et 1992 et, au cours de la même période, le nombre de noyers centrés tués par la maladie dans les zones d’échantillonnage est passé de 8,5 p. 100 à 27 p. 100 (Cummings Carlson et al., 2004). Tisserat (1984) a signalé que la proportion d’arbres infectés est passée de 5 p. 100 à 71 p. 100 en six ans, mais cette observation ne porte que sur une plantation et n’est donc pas nécessairement indicatrice de la situation existant en milieu naturel. De l’avis de Skilling et al. (1993), il faudrait des relevés supplémentaires pour pouvoir évaluer de manière plus précise l’état de santé du noyer cendré. De tels relevés sont d’ailleurs prévus, ou même déjà entrepris, dans plusieurs États.


Symptômes de la maladie

La description suivante des symptômes du chancre du noyer cendré est tirée du Guide des maladies des arbres en Ontario (Davis et Meyer, 1997) :

Le symptôme le plus évident de la maladie est la formation de chancres renfoncés de forme allongée qui prennent habituellement naissance sur les cicatrices foliaires, les bourgeons ou les plaies. Au printemps, un liquide noir d’encre s'écoule des fissures du chancre. En été, le chancre détermine une tache noire suie, souvent entourée d'une bordure blanchâtre. L'écorçage révèle la présence de zones de cambium nécrosé de couleur brune à noire. Les chancres les plus vieux peuvent être persistants. Ils s'observent dans les fissures de l'écorce ou sont recouverts d'écorce fragmentée clairsemée et entourés de couches successives de tissus calleux. En général, l'infection touche d'abord la partie inférieure du houppier, puis gagne les parties inférieures de l'hôte sous l'effet de la dispersion des spores à partir des chancres. La maladie infecte les arbres de tous âges et de toutes dimensions, dans tous les sites. Les chancres se répandent autour des branches et du tronc et finissent ainsi par provoquer l’annélation et la mort de l’arbre.


Lutte contre la maladie

On ne connaît aucun moyen de lutte contre le chancre du noyer cendré. Certains chercheurs des États-Unis estiment que la sélection de matériel génétiquement résistant est l’avenue la plus prometteuse pour les programmes de rétablissement.


Autres organismes nuisibles au noyer cendré

Outre le chancre du noyer cendré, plusieurs insectes et pathogènes peuvent nuire au noyer cendré. Nous ne mentionnerons ici que les organismes pouvant causer des dommages appréciables.

Après le chancre du noyer cendré, la maladie qui cause sans doute le plus dommages au noyer cendré est la « bunch disease », maladie du type « balai de sorcière » qu’on croit causée par un organisme de type phytoplasme (USDA-FS, 1990). Sur le tronc et les branches principales, des bourgeons axillaires ou adventifs qui normalement resteraient à l’état dormant se développent prématurément et forment des balais de sorcière, c’est-à-dire des touffes de pousses ressemblant à des drageons, avec les feuilles rabougries et chlorosées (Seliskar, 1976; Meador et al., 1986). Ces pousses anormales ne possèdent aucune résistance au froid et sont tuées par l’hiver. Les branches infectées ne produisent pas la quantité normale de noix (Berry, 1973). Par ailleurs, dans les jeunes plantations de noyers du Québec, une des maladies les plus nuisibles est le chancre fusarien. Le chancre phomopsien a également été observé dans cette province, sur les tiges et les branches.

 Plusieurs maladies foliaires sont communes au noyer cendré et à d’autres arbres du genre Juglans. La plus nuisible de ces maladies est l’anthracnose causée par le Marssonina juglandis (Lib.) Magnus., qui provoque l’apparition de taches sur les feuilles. On signale que ce pathogène peut infecter et tuer le feuillage ainsi que les jeunes pousses (Myren, 1991; Service canadien des forêts, 1994; Black et al., 1977).

McLaughlin (2001) mentionne que l’Armillaria gallica H. Marxm. & Romagn. peut provoquer une maladie racinaire chez le noyer cendré. Les feuillus sont les hôtes préférés de ce champignon, qui peut en tuer les individus affaiblis. Cette maladie peut accélérer le déclin des arbres déjà infectés par le chancre du noyer cendré.

L’insecte le plus nuisible au noyer cendré est le charançon du noyer (Conotrachelus juglandis), coléoptère qui s’attaque aux jeunes tiges et aux fruits mais ne provoque généralement pas de dégâts graves (Rink, 1990). On rencontre également sur le noyer cendré des perce-bois, des défoliateurs, des charançons s’attaquant aux noix, des punaises réticulées et des scolytes (Rink, 1990). La chenille à tente estivale (Hyphantria cunea Drury), provoque une défoliation chez toute une gamme d’espèces de feuillus, notamment du genre Juglans (Nystrom et Britnell, 1994). En s’alimentant, cette chenille grégaire (Cannon, 1985) peut provoquer une défoliation appréciable dans les secteurs où ses populations sont nombreuses; elle ne tue pas les arbres sains, mais des mesures de lutte sont parfois recommandées (Anderson, 1978). La chenille du noyer (Datana integerrima Grote & Robinson) commune dans le sud de l’Ontario et le nord-est des États-Unis (Anon., 1985), se nourrit de divers feuillus mais préfère les espèces du genre Juglans. Elle est considérée comme un défoliateur important des Juglans (Farris et Appleby, 1979).

L’Acrobasis demotella Grt. est une pyrale perce-tige. Il suffit d’une chenille de cette pyrale pour tuer une pousse ou une flèche et ainsi produire une déviation dans l’arbre (Martinat et Wallner, 1980). Nystrom et Britnell (1994) estiment que cet insecte pourrait causer des dommages graves au noyer cendré et au noyer noir au Canada.

Rink (1990) signale que le Quiscale bronzé peut détruire les noix immatures du noyer cendré et que l’arbre peut être fortement endommagé par les incendies et les tempêtes. Le noyer cendré est également très sensible aux gelées printanières tardives (MRNO, 2000).