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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur l’hermine de la sous-espèce haidarum au Canada - Mise à jour

Protection actuelle ou autres désignations

Le M. e. haidarum a été classé comme sous-espèce vulnérable par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (Youngman, 1984) et figure sur la « liste rouge » de la Colombie-Britannique, au nombre des espèces que l’on croit en péril à l’échelle de la province et du monde en raison de leur rareté et de leur vulnérabilité (B.C. Conservation Data Centre, 1999). Le statut actuel de sous-espèce vulnérable a été attribué par le COSEPAC principalement pour ces deux raisons, mais aussi parce que les données disponibles en 1984 ne permettaient pas de croire que la population était menacée.

Ni le fait de figurer sur la liste rouge provinciale des espèces en péril, ni le statut de sous-espèce vulnérable attribué par le COSEPAC ne protègent cependant le M. e. haidarum contre la mortalité liée à l’activité humaine, notamment au piégeage, et contre les effets néfastes de l’altération du milieu. Bien qu’il n’y ait pas de saison de piégeage de l’hermine à Haida Gwaii, l’hermine se prend parfois dans les pièges posés pour d’autres espèces, en particulier pour la martre. Il faut noter cependant que le nombre d’hermines prises ainsi dans les dernières années est extrêmement faible (Reid et al., 2000) et ne devrait avoir aucune incidence sur la population de la sous-espèce, pas plus que les quelques individus qui peuvent être tués soit intentionnellement comme animaux nuisibles, soit par des animaux domestiques, soit autrement. Par ailleurs, bien que le M. e. haidarum ne semble pas inféodé aux forêts mûres, la transformation de grandes étendues de ces forêts en peuplements secondaires denses risque à moyen terme de réduire considérablement la disponibilité de milieux nécessaires à la survie de la sous-espèce.

À l’heure actuelle, le M. e. haidarum n’est pas mentionné dans le code d’exploitation forestière de la province (Province of B.C., 1999), qui oblige à tenir compte des besoins des espèces désignées dans la gestion des activités de coupe. S’il devait être ajouté à la liste des espèces désignées par le code, il restera à voir si les mesures d’atténuation prises par l’industrie forestière, le cas échéant, s’avéreront bénéfiques à l’hermine.


Recommandation de l’auteur

Il est très difficile d’établir le statut qu’il convient d’attribuer au M. e. haidarum vu l’absence presque totale de données concernant la population actuelle. Il est impossible, à partir des données disponibles, de faire la preuve que la sous-espèce répond aux critères justifiant le statut d’espèce menacée ou d’espèce en voie de disparition tels que définis par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et on ne peut pas espérer disposer prochainement de données plus concluantes.

L’application de critères quantitatifs comme ceux définis par le COSEPAC est difficile, même lorsqu’on dispose d’une quantité raisonnable de données, et devient extrêmement difficile lorsque la situation de l’espèce présente autant d’incertitude que le cas du M. e. haidarum.Akcakaya et al. (2000) traitent de cette difficulté. Ces auteurs proposent un processus de prise de décision qui intègre l’incertitude en utilisant des nombres flous pour indiquer la probabilité d’adéquation à tel ou tel critère ou de conformité à tel ou tel énoncé. Il ne s’agit donc pas de déterminer simplement par un oui ou par un non si la situation de l’espèce justifie tel ou tel statut considéré, mais plutôt d’arriver à la meilleure estimation possible, soit au statut qui convient probablement le mieux pour l’espèce. Nous n’avons pas employé la méthode proposée par Akcakaya et al. pour la détermination du statut du M. e. haidarum parce qu’elle nous aurait probablement obligé à solliciter la contribution de plusieurs experts. Il semble cependant qu’elle conviendrait particulièrement dans ce cas, si le COSEPAC souhaitait l’appliquer.

Il y a peu de chances pour que de nouvelles données puissent être colligées dans un proche avenir. La population d’hermine semble si clairsemée qu’il n’est probablement plus possible de l’étudier directement, à moins de faire augmenter la densité de population en réduisant les facteurs limitatifs. Une façon de déterminer l’incidence de la prédation sur l’hermine par la martre serait de retirer les martres d’une bonne partie de Haida Gwaii puis de vérifier si l’intervention a une incidence sur l’effectif d’hermines. Les organismes gouvernementaux concernés auraient peut-être intérêt à procéder à cette expérimentation pendant que la population d’hermine semble encore assez abondante pour qu’une éventuelle réponse soit mesurable. L’expérience ne pourrait toutefois que confirmer la raison du déclin du M. e. haidarum, et non l’arrêter. Par ailleurs, l’élimination de la martre à grande échelle comme mesure à long terme d’atténuation de la prédation sur l’hermine, en supposant qu’elle soit possible, ne serait fort probablement pas politiquement défendable.

En résumé, il semble qu’une augmentation de la pression de prédation par la martre, peut-être accompagnée d’autres facteurs, a fort probablement causé un déclin très important de la population d’hermine à Haida Gwaii depuis le début du 20e siècle; il semble en outre que celle-ci continue de décliner à cause d’interactions avec des espèces introduites, et qu’à moins d’une intervention, le M. e. haidarum risque à plus ou moins longue échéance de disparaître de Haida Gwaii. Nous recommandons donc ce qui suit :

  1. que le statut d’espèce menacée soit attribué au M. e. haidarum;

  2. qu’à la lumière des données génétiques récentes, le COSEPAC accorde à la sous-espèce M. e. haidarum le niveau de priorité normalement réservé à une espèce distincte.