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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur l’hermine de la sous-espèce haidarum au Canada - Mise à jour

Habitat

Reid et al. (2000) ont examiné les mentions de capture et d’observation de l’hermine ainsi que les mentions d’indices de sa présence afin de déterminer les préférences de la sous-espèce haidarum en matière d’habitat. Les données qu’ils ont colligées sont présentées en annexe. La plupart des mentions (93 p.100) sont pour la sous-zone biogéoclimatique CWHwh1, qui couvre la majeure partie de l’est de Haida Gwaii jusqu’à environ 350 m d’altitude; moins de 2 p.100 sont pour des altitudes plus élevées, dans la sous-zone CWHwh2, du côté est de l’archipel, et moins de 5 p.100 sont pour la sous-zone CWHvh2, du côté ouest de l’archipel.

Quatre-vingt-sept pour cent des mentions sont pour des milieux forestiers, soit 69 p.100 pour des forêts de conifères, 9 p.100, pour des forêts mixtes, 7 p.100 pour des tourbières ombrotrophes boisées, 1 p.100 pour des forêts de feuillus et 1 p. 100 pour des arbustaies. De l’ensemble des mentions pour des milieux forestiers, 48 p.100 sont pour des forêts non exploitées, 37 p.100 pour des forêts en régénération de plus de 10 ans après une coupe à blanc et 14 p.100 pour des forêts en régénération de moins de 10 ans après une coupe à blanc.


Figure 1 : Mentions de l’hermine de la sous-espèce Haidarum

Figure 1. Mentions de l’hermine de la sous-espèce haidarum.

D'après Reid et.al., 2000


Le reste des mentions, soit 13 p.100, sont pour des milieux non boisés : 5 p. 100 pour des plages, 4 p.100 pour des pâturages et 4 p.100 pour des tourbières minérotrophes.

Ainsi, 57 p.100 des mentions sont soit pour des milieux non boisés, soit pour des forêts en régénération. Seulement 42 p.100Note de bas de page 5 des mentions sont pour des forêts non exploitées, et on peut penser que celles-ci n’étaient pas toutes d’âge mûr.

Cent dix-sept mentions sont accompagnées d’une indication quant à la distance du plan d’eau le plus proche. Dans 77 p.100 de ces cas, cette distance est inférieure à 100 m. L’hermine a été observée plus souvent à proximité de l’océan, d’un estuaire ou d’un cours d’eau que d’un lac ou d’un marais.

Soixante-treize mentions sont accompagnées d’une indication assez précise de l’altitude. Dans 64 p.100 de ces cas, l’altitude est inférieure à 10 m au-dessus du niveau de la mer. Il s’agit des mentions pour les plages et les pâturages et de 60 p.100 des mentions pour les milieux forestiers dont l’altitude est connue. Dans 23 p.100 des cas, l’altitude est comprise entre 11 m et 50 m, et dans 12 p.100 des cas seulement, elle est supérieure à 50 m. La localité la plus élevée où l’hermine a été observée se trouve à 800 m d’altitude, dans un boisé du mont Slatechuck.


Figure 2 : Répartition de l’hermine de la lignée Haidarum

Figure 2. Répartition de l’hermine de la lignée haidarum.

D'après Reid et.al., 2000, et Fleming et Cook, 2000


Reid et al. (2000) mentionnent en plus la capture récente de deux hermines vivantes. La première a été capturée dans une forêt riveraine en régénération, à 47 m du ruisseau Sachs et environ 700 m de l’océan. Le peuplement est dominé par l’épinette de Sitka (de 10 à 109 cm dhp), associée principalement à la pruche de l’ouest (de 31 à 52 cm dhp) et à l’aulne rouge (de 15 à 41 cm dhp). La fermeture du couvert était de 75 à 80 p.100, et la végétation du sous-étage et du plancher forestier était clairsemée. Les débris ligneux grossiers étaient abondants (25 p.100 de la surface est recouverte d’éléments de plus de 5 cm de diamètre). Au moment où l’hermine a été capturée, des ours noirs se nourrissaient de saumon kéta (Oncorhynchus keta) frayant dans les eaux du ruisseau Sachs.

La deuxième hermine a été capturée dans une forêt sèche en régénération d’environ 30 à 40 ans d’âge, à proximité de la borne du premier mille sur la route South Main. Cette forêt est dominée par l’épinette de Sitka (de 17 à 51 cm dhp), associée principalement à la pruche de l’Ouest (de 13 à 36 cm dhp), au thuya géant (de 14 à 48 cm dhp) et à l’aulne rouge (15 cm dhp). La fermeture du couvert était de 70 à 80 p.100, et la couverture d’arbustes et de fougères était modérée.

Il est difficile d’interpréter les mentions de l’hermine. Comme le soulignent Reid et al. (2000), les tendances qui se dégagent ne reflètent pas seulement la répartition du mammifère, mais aussi la répartition des observateurs. Et même si ce biais n’existait pas, l’analyse demeurerait déficiente en raison du manque de données quantitatives sur les différents types de milieux disponibles pour l’espèce.

Ces auteurs sont conscients de l’insuffisance des données sur lesquelles ils fondent leur analyse; cependant, il n’en existe pas d’autres. Sur la base des données limitées dont ils disposent, ils perçoivent trois tendances concernant les milieux que fréquente l’hermine à Haida Gwaii. D’abord, l’hermine n’est pas manifestement inféodée aux forêts d’âge mûr. Quelque 57 p.100 des mentions sont pour des forêts en régénération ou des milieux non boisés, ce qui indique le contraire d’une inféodation aux forêts mûres, voire d’une préférence pour ces milieux, même en tenant compte du biais lié à la répartition des observateurs et du manque de données sur les milieux disponibles pour l’espèce.

En second lieu, les auteurs notent que les mentions sont concentrées dans des milieux riverains ou côtiers, dans une mesure qui ne saurait s’expliquer entièrement par le biais lié aux observateurs.

Troisièmement, les auteurs interprètent le pourcentage élevé de mentions pour des localités situées à faible altitude comme une préférence de l’espèce, puisqu’il existe à Haida Gwaii un réseau routier très développé qui s’élève au-dessus des altitudes où l’hermine a été observée, de sorte que les observations à ces altitudes seraient probablement plus fréquentes si l’espèce y était aussi présente qu’à faible altitude.

Reid et al. (2000) ont conclu que l’hermine de la sous-espèce Haidarum n’est pas inféodée aux forêts mûres, qu’elle fréquente une grande diversité de milieux et qu’elle a probablement une préférence pour les milieux situés à faible altitude et à proximité de l’eau, en particulier de l’océan, d’estuaires et de cours d’eau.

Les conclusions de Reid et al. sont en accord avec ce que l’on connaît des autres populations d’hermine. L’hermine exploite des milieux très divers : en Amérique du Nord, on la rencontre dans les forêts caducifoliées de l’est, les prairies, la toundra, les forêts boréales et les forêts de montagne; en Europe, on la trouve dans un grand nombre de milieux à différents stades de succession, notamment à la lisière des forêts, dans les prés mouilleux, les fossés, les boisés riverains et sur les rives de cours d’eau (Fagerstone, 1987; Banfield, 1977; Cowan et Guiguet, 1965; Lisgo, 1999; Samson et Raymond, 1998; Doyle, 1990; Sullivan et Sullivan, 1980; Simms, 1979b; Fitzgerald, 1977; MacLean et al., 1974; Maher, 1967; Aldous et Manweiler, 1942).

On peut supposer que l’hermine de la sous-espèce haidarum fréquente les milieux où elle trouve suffisamment de proies pour se nourrir et où le risque de prédation est tolérable. La fréquence des observations dans certains types de milieux qui a donné à croire à certaines préférences chez la sous-espèce (Reid et al., 2000) s’explique probablement par une plus grande abondance de proies ou une pression de prédation moins forte, ou les deux à la fois.

Notes de bas de page

Note de bas de page 5

87 p.100 des mentions sont pour des milieux forestiers, dont 48 p.100 pour des forêts non exploitées; 48 p.100 x 87 p.100 = 42 p.100.

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