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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné à grande bouche au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Méné à grande bouche
Notropis dorsalis
au Canada

méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Espéce non en péril
2003



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l'évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l'évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC.2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné à grande bouche (Notropis dorsalis) au Canada -- Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . viii + 23 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

McCulloch, B.R. 2003. Rapport de situation du COSEPAC sur le méné à grande bouche (Notropis dorsalis) au Canada -- Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné à grande bouche (Notropis dorsalis) au Canada -- Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-23.

Rapport précédent :

Tompkins, A. 1985. COSEWIC status report on the bigmouth shiner Notropis dorsalis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 19 p.

 

Note de production :

Ce rapport a été édité par Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Bigmouth Shiner Notropis dorsalis in Canada.

Illustration de la couverture :
Méné à grande bouche (Notropis dorsalis) – Photographie reproduite avec la permission de Ken Stewart.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
No de catalogue : CW69-14/371-2004F-PDF
ISBN : 0-662-76847-7
HTML : CW69-14/371-2004F-HTML
ISBN : 0-662-76848-5

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2003

Nom commun :
Méné à grande bouche

Nom scientifique :
Notropis dorsalis

Statut :
Espèce non en péril

Justification de la désignation :
Il n’existe pas de menaces démontrables ou éventuelles, et cette espèce n’est pas particulièrement sensible aux perturbations de l’habitat. Elle a été observée en cinq nouveaux endroits depuis 1985. Il se pourrait bien aussi qu’elle soit présente dans des régions de l’ouest du Manitoba où des aires d’habitat convenable n’ont pas fait l’objet de relevés et possiblement dans l’est de la Saskatchewan.

Répartition :
Manitoba

Historique du statut :
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1985. Réexamen du statut et retrait de la liste (non en péril) en novembre 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Méné à grande bouche
Notropis dorsalis

Information sur l’espèce

Le méné à grande bouche a une silhouette élancée caractéristique, avec le ventre relativement plat et le dos plus arqué que les autres espèces apparentées du genre Notropis. Vus par en dessus, les yeux semblent orientés vers le haut chez les individus dont la longueur totale est de plus de 1,5 cm, parce que la pupille est décentrée vers le dos. Le corps est jaune-olive sur le dos et argenté sur les flancs et le ventre. Une bande longitudinale s’étend au milieu du dos, entourant la base de la nageoire dorsale. Au Manitoba, le méné à grande bouche, le méné paille (Notropis stramineus), le méné pâle (Notropis volucellus) et le méné de rivière (Notropis blennius) se ressemblent beaucoup. 

 

Répartition

L’aire de répartition du méné à grande bouche s’étend dans le bassin de la baie d’Hudson (rivière Rouge), le bassin des Grands Lacs et le bassin du Mississippi à partir du nord du Michigan jusque dans le sud du Manitoba, et de l’est de l’Illinois jusque dans le réseau de la rivière Platte, l’est du Wyoming et le nord du Colorado. Des populations disjointes sont présentes dans l’ouest de l’État de New York et en Pennsylvanie, dans l’ouest du Michigan, dans le nord de l’Ohio, dans le nord de la Virginie-Occidentale et dans l’ouest du Tennessee.

Au Manitoba, l’aire de répartition du méné à grande bouche comprend les rivières Cypress, Shell, Little Saskatchewan et Assiniboine ainsi que les ruisseaux Oak et Epinette, qui se trouvent tous dans le bassin hydrographique de la rivière Assiniboine. L’espèce a également été observée dans le cours inférieur de la rivière Roseau, près du confluent avec la rivière Rouge (bassin de la rivière Rouge) ainsi que dans les rivières Woody et Roaring (bassin du lac Winnipegosis).

 

Habitat

Au Manitoba, le méné à grande bouche semble préférer les petits cours d’eau mesurant jusqu’à 12 mètres de largeur et un mètre de profondeur, bien qu’on ait également constaté sa présence dans des rivières plus importantes, comme l’Assiniboine.

 

Biologie

Le méné à grande bouche est une espèce qui présente un taux de croissance élevé et variable et qui vit au maximum trois ans. Les adultes mesurent entre 50 et 75 mm. On ne sait rien sur le comportement reproducteur et les sites de fraye du méné à grande bouche au Manitoba ou ailleurs. La fraye a lieu entre la fin de mai et le mois d’août selon la localité.

Le méné à grande bouche est souvent associé au méné paille au Manitoba et aux États-Unis. Au Manitoba, dans les cours d’eau plus petits, on les capture avec de grandes quantités de ménés à nageoires rouges (Luxilus cornutus) et de mulets à cornes (Semotilus atromaculatus). Souvent, le naseux de rapides (Rhinichthys cataractae) et le naseux noir de l’ouest (Rhinichthys obtusus) s’ajoutent à cet assemblage. Il n’y a pas de données disponibles sur les déplacements du méné à grande bouche au Manitoba. Cependant, comme l’espèce était régulièrement présente dans les récoltes automnales répétées faites à divers endroits dans les rivières Cypress et Assiniboine tout au long des années 1980 et 1990, on pense qu’il y a certains déplacements. Ailleurs, on a découvert que le méné à grande bouche migre vers l’amont en automne et en hiver et revient vers l’aval en été. Les déplacements nycthéméraux peuvent comprendre un déplacement vers des eaux peu profondes la nuit, probablement lié au fait que la menace présentée par les prédateurs terrestres est moindre durant cette période et à la présence de larves d’insectes émergentes.

On possède peu d’information sur le régime alimentaire du méné à grande bouche. Des spécimens récoltés dans la rivière Cypress à l’automne de 1995 se nourrissaient exclusivement de corises (famille des Corixidés). Les estomacs contiennent souvent des organismes benthiques, notamment des nymphes d’insectes aquatiques, ainsi que des matières végétales et des boues de fond. Le goût joue probablement un rôle plus important que la vue dans la recherche d’aliments.

 

Taille et tendances des populations

Les populations de ménés à grande bouche de la partie ouest de l’aire de répartition augmentent alors que celles de la partie est sont en déclin. L’augmentation observée dans l’ouest a été attribuée à des changements dans l’habitat, plus précisément à la canalisation de rivières. Au Wisconsin, les populations semblent stables. D’après les récoltes effectuées dans la rivière Cypress au Manitoba, il semble que les populations sont relativement stables.

 

Facteurs limitatifs

Les perturbations anthropiques, comme l’eutrophisation résultant du développement des zones riveraines, ont entraîné des baisses des populations de ménés à grande bouche. Cependant, il semble que la modification des caractéristiques hydrologiques des cours d’eau par suite de leur canalisation a été bénéfique à l’espèce. Il est possible que l’élévation des niveaux d’eau au printemps ait une incidence sur la reproduction étant donné que les habitats préférés, les sources de nourriture et les sites de fraye peuvent être touchés. En Ohio, le déclin de certaines populations de ménés à grande bouche a été attribué à la compétition avec une espèce envahissante, le Notropis buccatus (silverjaw minnow). L’arrivée récente du méné bleu (Cyprinella spiloptera) dans le bassin hydrographique de la baie d’Hudson n’aura probablement pas d’effet négatif sur le méné à grande bouche à cause de contraintes physiques freinant la dispersion de cette nouvelle espèce et de différences dans les préférences des deux espèces en matière d’habitat.

L’agriculture et l’exploitation forestière sont deux utilisations des terres pratiquées à grande échelle dans l’aire de répartition actuelle du méné à grande bouche au Manitoba. La présence de bétail dans les cours d’eau peut accélérer l’érosion des rives et accroître l’envasement, deux facteurs pouvant avoir des effets néfastes sur l’habitat du poisson. Aux fins des activités forestières, plusieurs traverses de cours d’eau peuvent être aménagées chaque année, selon les plans d’exploitation annuels des sociétés forestières. Les ponceaux mal installés peuvent empêcher le passage des poissons et accroître l’envasement des cours d’eau soit directement, soit à cause des sédiments provenant des eaux de ruissellement de l’infrastructure routière.

 

Importance de l’espèce

Le méné à grande bouche est une espèce indigène aux États-Unis et au Canada. En Ohio, il figure actuellement sur la liste des espèces menacées (threatened). En Pennsylvanie, il est recommandé qu’on lui attribue le statut d’espèce menacée (threatened). Dans l’État de New York, la situation de l’espèce demeure inconnue. Au Manitoba, le méné à grande bouche n’a pas d’importance économique directe. Il est toutefois utilisé comme appât dans plusieurs États. Les trois sous‑espèces du Notropis dorsalis peuvent présenter un intérêt sur le plan scientifique parce qu’elles constituent des populations géographiquement isolées.

 

Protection actuelle ou autres désignations

Le méné à grande bouche n’est pas protégé au Canada, mais la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral interdit la destruction de l’habitat du poisson, à moins qu’elle ne soit autorisée par le Ministre.

Le méné à grande bouche a été classé par le COSEPAC en 1985 parmi les espèces préoccupantes au Canada. Au Manitoba, le Centre de données sur la conservation du Manitoba (CDCM) a attribué au méné à grande bouche les cotes G5 (mondiale) et S3 (provinciale). La cote mondiale G5 indique que l’espèce est clairement répandue, abondante et non en péril dans toute son aire de répartition et qu’il est pratiquement impossible qu’elle disparaisse dans les conditions actuelles. La cote provinciale S3 indique que l’espèce est peu commune dans la province, avec 21 à 100 occurrences.

Comme plusieurs espèces de poissons, le méné à grande bouche est sensible à la sédimentation causée par les routes et autres traverses linéaires, par l’érosion des rives et par l’intrusion du bétail dans les plans d’eau. Dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce au Manitoba, l’agriculture et l’exploitation forestière sont des utilisations des terres importantes.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions
(depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de page 1
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page 2
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page 3
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page 4
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 5
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

 Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
méné à grande bouche
Notropis dorsalis
au Canada
2003

Information sur l'espèce

Taxinomie

Classe :

Actinoptérygiens

Ordre :

Cypriniformes

Famille :

Cyprinidés

Nom scientifique :

Notropis dorsalis (Agassiz)

Nom commun :

méné à grande bouche

Nom anglais :

Gilbert’s minnow, central bigmouth shiner, bigmouthed shiner


Description

Le méné à grande bouche (Notropis dorsalis) est un Cyprinidé des plaines qui atteint une longueur maximale de 75 mm (figure 1). Cette espèce se trouve en général dans les eaux peu profondes de ruisseaux et de petites rivières, mais elle peut parfois être présente dans de grandes rivières. Ce méné se nourrit principalement d’insectes aquatiques, mais des matières végétales, des boues de fond et des insectes terrestres peuvent également constituer une partie de son régime. Le méné à grande bouche a une silhouette élancée caractéristique, avec le ventre relativement plat et le dos plus arqué que les autres espèces apparentées du genre Notropis. Vus par en dessus, les yeux semblent orientés vers le haut parce que la pupille est décentrée vers le dos. Le corps est jaune-olive sur le dos et argenté sur les flancs et le ventre. Une bande longitudinale s’étend au milieu du dos, entourant la base de la nageoire dorsale.


Figure 1 : Spécimen frais de méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Figure 1 : Spécimen frais de méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Photographie reproduite avec la permission de Ken Stewart.

Au Manitoba, le méné à grande bouche, le méné paille, le méné pâle et le méné de rivière se ressemblent. Ken W. Stewart (Département de biologie, Université du Manitoba, Winnipeg) donne la description suivante pour l’identification des quatre espèces : collectivement, les quatre espèces se distinguent de tous les autres ménés du Manitoba par les caractéristiques suivantes : 1) absence d’une bande latérale foncée se prolongeant jusque sur la tête; 2) absence d’une tache noire à la base de la nageoire caudale ou de la nageoire dorsale; 3) origine de la nageoire dorsale située au-dessus de celle des nageoires pelviennes; 4) écailles latérales pas plus de deux fois plus hautes que longues. Le méné à grande bouche et le méné paille présentent tous deux de petites taches noires au-dessus et au-dessous de chaque pore de la ligne latérale. Le méné à grande bouche se distingue du méné paille et du méné pâle à son dos arqué et à son profil ventral plat; il possède en outre une rangée intérieure de dents pharyngiennes et la bande sombre médio-dorsale est d’une largeur uniforme devant la nageoire dorsale et est continue autour de la base de cette dernière. Le méné à grande bouche se différencie du méné de rivière par la présence d’une seule rangée interne de dents pharyngiennes des deux côtés au lieu de deux au moins d’un côté, par sa nageoire anale comptant habituellement sept rayons au lieu de huit et par les petites taches noires décrites ci-dessus le long de la ligne latérale (K.W. Stewart, comm. pers., 2003). Les ménés à grande bouche du Manitoba ont la nuque couverte d’écailles. Cette dernière caractéristique permet de les classer dans la sous-espèce N. d. dorsalis (K.W. Stewart, comm. pers., 2003).

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Répartition

En résumé, l’aire de répartition du méné à grande bouche s’étend dans le bassin de la baie d’Hudson (rivière Rouge), le bassin des Grands Lacs et le bassin du Mississippi à partir du nord du Michigan jusque dans le sud du Manitoba, et de l’est de l’Illinois jusque dans le réseau de la rivière Platte, l’est du Wyoming et le nord du Colorado. Des populations disjointes sont présentes dans l’ouest de l’État de New York et en Pennsylvanie, dans l’ouest du Michigan, dans le nord de l’Ohio et dans le nord de la Virginie-Occidentale (Page et Burr, 1991), ainsi que dans l’ouest du Tennessee (Etnier et Starnes, 1993) (figure 2). On reconnaît trois sous‑espèces : le Notropis d. piptolepis, indigène du réseau de la rivière Platte au Wyoming et au Colorado, le N. d. keimi, indigène des bassins hydrographiques du lac Ontario et de la rivière Allegheny dans l’État de New York et en Pennsylvanie, et le N. d. dorsalis, qui occupe tout le reste de l’aire de répartition (Page et Burr, 1991).

Dans le premier rapport de situation sur l’espèce, Tompkins (1985) a fourni une description très détaillée de l’aire de répartition du méné à grande bouche aux États-Unis. Cette description ne sera pas répétée dans la présente mise à jour étant donné qu’il n’existe pas de nouvelles données sur ce point dans les ouvrages publiés.

À l’époque du premier rapport de situation, Tompkins (1985) délimitait la répartition canadienne du méné à grande bouche comme suit : rivière Pembina (tributaire de la rivière Rouge) dans le sud du Manitoba, près de la frontière américaine, et rivières Woody et Roaring, qui se jettent dans le lac Swan (figure 2 dans Tompkins, 1987). Fedoruk (1970) est le premier à avoir signalé la présence du méné à grande bouche dans la partie canadienne de la rivière Pembina, après y avoir récolté 84 spécimens à cinq endroits en 1968.


Figure 2 : Répartition nord-américaine du méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Figure 2 : Répartition nord-américaine du méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Tirée de Page et Burr (1991) et Etnier et Starnes (1993).

La localisation des mentions pour la rivière Pembina d’après Fedoruk (1970) et Copes et Tubb (1966) est illustrée à la figure 3 dans Tompkins (1987). Les spécimens récoltés par Copes et Tubb (1966) provenaient de la partie américaine du bassin de la Pembina. Les spécimens des rivières Woody et Roaring qui sont conservés au Musée royal de l’Ontario ont d’abord été identifiés comme des ménés pâles (Notropis volucellus) et figuraient à tort sur les cartes de répartition de cette espèce dans Scott et Crossman (1974) (K.W. Stewart, comm. pers., 2003). Le méné pâle ne se trouve que dans les tributaires situés à l’est de la rivière Rouge dans le sud‑est du Manitoba (K.W. Stewart, comm. pers., 2003).


Figure 3 : Répartition canadienne du méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Figure 3 : Répartition canadienne du méné à grande bouche (Notropis dorsalis)

Les points noirs indiquent les localités figurant dans le premier rapport de situation (Tompkins, 1985) et les points gris, les nouvelles localités signalées.

Depuis la publication du premier rapport de situation, la répartition du méné à grande bouche ne s’est pas étendue vers le nord, mais elle est plus grande, l’espèce ayant été récoltée dans les rivières Cypress, Shell, Little Saskatchewan et Assiniboine, ainsi que dans les ruisseaux Oak et Epinette. L’espèce a également été trouvée dans le cours inférieur de la rivière Roseau, près du confluent avec la rivière Rouge (figure 3); 27 individus y ont été récoltés par l’auteur, Dave Tyson et Gavin Hanke en mai 1991. Le méné à grande bouche a été signalé pour la première fois dans la rivière Assiniboine en 1979 à l’intersection avec la route provinciale 34 (Stewart et al., 1985), dans la rivière Little Saskatchewan en 1954 près du confluent avec la rivière Assiniboine, dans la rivière Cypress en 1985 à l’intersection avec la route provinciale 2 et dans la rivière Shell en 1953 (annexes 1, 3 of 5 dans McCulloch et Franzin, 1996). Il a été signalé pour la première fois dans le ruisseau Oak en 1973 et dans le ruisseau Epinette en 1989 (annexe 7 dans McCulloch et Franzin, 1996). L’expansion de l’aire de répartition d’espèces comme la barbotte des rapides (Noturus flavus) (McCulloch et Stewart, 1998) et l’éperlan (Osmerus mordax) (Wain, 1993) au Manitoba est attribuable à une dispersion récente par voie naturelle dans le cas de la barbotte des rapides, à cause des niveaux élevés dus aux eaux de fonte entre la tête de la rivière Rouge et le cours supérieur du Mississippi, et à un transfert dans des seaux à appâts dans le cas de l’éperlan, mais la dispersion du méné à grande bouche vers le Manitoba semble être associée au retrait des glaces du Wisconsin.

La présence du méné à grande bouche dans les rivières Shell et Little Saskatchewan en amont des barrages Shellmouth et Rivers, respectivement, qui ont tous deux freiné la dispersion de la barbotte des rapides dans ces rivières (McCulloch et Stewart, 1998), corrobore l’hypothèse selon laquelle le méné serait présent au Manitoba depuis longtemps. L’absence de mention de l’espèce pour la rivière Souris, malgré les relevés intensifs effectués en 1974 par le groupe de Hallum du Musée manitobain de l’homme et de la nature et en 1995 par un groupe de recherche dirigé par Bill Franzin, du ministère des Pêches et des Océans, peut s’expliquer par le manque d’habitat approprié à la suite d’altérations de l’écoulement et du débit de la rivière dues à la construction de barrages de retenue sur une bonne partie de la rivière. Il est possible que ces barrages aient éliminé tout long tronçon offrant l’habitat particulier, relativement peu profond, que préfère l’espèce.

Le méné à grande bouche est fort probablement présent dans d’autres cours d’eau de l’ouest du Manitoba. Sa répartition actuellement connue au Manitoba reflète le manque relatif d’activités de récolte dans cette région. Les récoltes annuelles effectuées en septembre tout au long des années 1980 et pendant la majeure partie des années 1990 par Ken Stewart et les étudiants de la classe de biologie des poissons de l’Université du Manitoba ont permis presque à elles seules la détermination de la répartition actuellement connue du poisson dans le sud du Manitoba, mais les contraintes temporelles des relevés de fin de semaine ont habituellement limité les activités de récolte dans le bassin hydrographique de la rivière Assiniboine de Winnipeg jusqu’aux environs de Brandon, vers l’ouest, et jusqu’à la rivière Little Saskatchewan, vers le nord.

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Habitat

Au Manitoba, le méné à grande bouche semble préférer les petits cours d’eau mesurant jusqu’à 12 mètres de largeur et un mètre de profondeur, mais sa présence dans des rivières plus larges comme l’Assiniboine est documentée. Stewart comm. pers., affirment que le méné à grande bouche vit souvent dans les radiers et les rapides où la vitesse du courant est modérément élevée, préférant par rapport au méné paille des eaux plus rapides. Le méné à grande bouche se tient aussi plus près de la partie amont des radiers et des rapides que le méné paille (K.W. Stewart, comm. pers., 2003). C’est dans les rivières Pembina et Cypress que le méné à grande bouche semble le plus commun. La rivière Cypress est un petit cours d’eau (jusqu’à 12 mètres de largeur) à pente moyenne et à substrat caractérisé par des affleurements de shales. Dans l’une des quelques études détaillées de l’habitat effectuées dans la rivière Cypress, le méné à grande bouche a été observé à des endroits où la largeur du chenal se situait entre 2 et 12 mètres (moyenne de 5,5 m), la profondeur de l’eau entre 0,11 et 1,0 mètre (moyenne de 0,41 m) et la vitesse du courant entre 0,10 et 0,62 m/sec (moyenne de 0,39 m/sec). Les substrats étaient formés des combinaisons de matériaux suivantes : gravier et shales; gros galets et blocs; shales et limon; gros galets et shales; et sable et shales. Le méné à grande bouche s’est avéré l’espèce la plus abondante (plus de 20 p. 100 des prises totales) dans des zones fluviales où les eaux s’étendaient sur 3 à 4 mètres de largeur et dont la profondeur se situait entre 0,28 et 0,5 mètre, le courant était de 0,39 à 0,62 m/sec et le substrat, constitué de gravier et de shales (B. Franzin, 1995, données inédites).

Dans la rivière Little Saskatchewan, un seul méné à grande bouche a été capturé dans une zone à substrat de sable et de gravier où la profondeur de l’eau était de 0,69 mètre (annexe 3 dans McCulloch et Franzin, 1996). L’espèce a également été capturée dans un habitat similaire dans les ruisseaux Oak et Epinette. Dans la rivière Assiniboine, le méné à grande bouche a toujours été capturé en petit nombre (< 10 individus) dans ses localités où le substrat est constitué de gravier, de sable et d’affleurements de shales et la profondeur de l’eau est d’au plus un mètre (annexe 1 dans McCulloch et Franzin, 1996).

Ailleurs, le méné à grande bouche occupe surtout des petits cours d’eau permanents à fond sableux instable dans les prairies (Mendelson, 1975; Pflieger, 1997). Becker (1983) et Mendelson (1975) ont observé que l’espèce était absente ou rare dans les gros cours d’eau. Dans les cours d’eau plus petits, l’abondance diminuait lorsque la largeur du cours d’eau devenait supérieure à 3 mètres. Toutefois, cette tendance à préférer les cours d’eau plus petits n’est pas observée dans toute l’aire de répartition du méné à grande bouche, Johnson et Becker (1970) ayant signalé que l’espèce était commune dans des cours d’eau sableux de taille moyenne du bassin hydrographique du Mississippi et Starrett (1950) qu’elle était abondante dans la rivière Des Moines. Dans les tributaires de la rivière Rouge au Dakota du Nord, Copes et Tubb (1966) ont constaté que les eaux légèrement troubles sur substrat sableux étaient celles où l’espèce était le plus abondante. Les autres habitats occupés comprenaient des petits cours d’eau à substrat limoneux (Eddy et Underhill, 1974) ou à substrat sableux recouvert de limon (Gilbert, 1980). Mendelson (1975) a constaté que le méné à grande bouche manifeste une préférence marquée pour les eaux peu profondes en amont de fosses. O’Shea et al. (1990) ont observé le méné à grande bouche et le méné paille dans des tronçons larges présentant de nombreux bancs de sable et de faibles quantités d’habitat riverain dans la rivière Platte, au Nebraska.

Bien qu’il soit difficile de déterminer le taux de changement de l’habitat, Tompkins (1987) a indiqué que les tendances des populations aux États-Unis donnaient à penser que la quantité d’habitat approprié avait augmenté dans les plaines centrales, mais qu’elle avait diminué dans la partie est de l’aire de répartition. Pflieger (1971) a avancé que la canalisation de cours d’eau dans les prairies au début du 20e siècle avait créé des habitats favorables au méné à grande bouche. De fait, Scarnecchia (1988) a constaté que les populations de ménés à grande bouche étaient nettement plus abondantes dans les tronçons canalisés que dans les tronçons non canalisés du ruisseau Pillsbury, en Iowa. Le pourcentage de ménés à grande bouche dans les prises totales n’était que de 1 à 4 p. 100 dans les tronçons non canalisés alors qu’il était de 22 à 54 p. 100 dans les tronçons canalisés (Scarnecchia, 1988). En général, on canalise un plan d’eau soit pour protéger l’infrastructure et les propriétés contre l’érosion fluviale naturelle, soit pour assurer, au moyen d’un ponceau, l’écoulement des eaux sous une route. Dans ce dernier cas, on doit habituellement effectuer de légers travaux de canalisation pour permettre à l’eau de passer dans le ponceau; on obtient alors un écoulement uniforme, présentant peu ou pas de variation.

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Biologie générale

On possède peu d’information sur la biologie et le cycle vital du méné à grande bouche. Selon Keeton (1963 dans Tompkins, 1987), l’espèce aurait une croissance rapide et une durée de vie maximale de trois ans. En Ohio, Trautman (1981) a observé des variations considérables dans la taille de jeunes de l’année (de 28 à 50 mm) et d’individus d’âge 1+ (de 33 à 63 mm). Les poissons adultes mesuraient entre 50 et 75 mm. Dans un échantillon de ménés à grande bouche provenant de la rivière Pembina, la longueur totale des individus variait de 65 à 74 mm (K.W. Stewart, comm. pers., 2003). Dans un groupe de 129 ménés à grande bouche capturés dans la rivière Cypress à l’automne de 1995, les spécimens mesuraient de 28 à 75 mm. Il a été impossible de déterminer le sexe des spécimens qui mesuraient moins de 47 mm de longueur totale, ce qui donne à penser que la maturité n’est atteinte qu’au delà de cette longueur. Parmi les poissons dont le sexe a été déterminé, 70 p. 100 étaient des femelles et 30 p. 100, des mâles (McCulloch, données inédites). La figure 4 présente la distribution des fréquences de longueur chez les ménés à grande bouche capturés dans la rivière Cypress en 1995. Bien que la plupart des spécimens capturés aient été des individus matures, il y avait assurément recrutement dans la population.

On ne sait rien sur le comportement reproducteur et les sites de fraye du méné à grande bouche au Manitoba (K.W. Stewart, comm. pers., 2003) ou ailleurs (Tompkins, 1987). Selon Becker (1983), la fraye pourrait avoir lieu entre la fin de mai et le début d’août au Wisconsin, et Starrett (1951) a constaté que la fraye se déroule à la fin de juillet et en août en Iowa. Selon Gilbert (1980), la fraye aurait lieu de mai à juin en Illinois; au Missouri, elle a lieu en juin et en juillet (Pflieger, 1997).


Figure 4 : Distribution des fréquences de longueur chez 129 ménés à grande bouche capturés à l’automne de 1995

Figure 4 : Distribution des fréquences de longueur chez 129 ménés à grande bouche capturés à l’automne de 1995

Fedoruk (1970) a constaté que le méné à grande bouche se trouvait souvent en association avec le méné paille dans la rivière Pembina. La même association a été observée au Kansas (Cross, 1967), en Iowa (Harlan et Speaker, 1957), au Minnesota (Eddy et Underhill, 1974), en Pennsylvanie (Cooper, 1983) et au Missouri (Hanson et Campbell, 1963). Dans le cadre d’études sur les habitats effectuées dans la rivière Platte au Nebraska, O’Shea et al. (1990) ont réuni les deux espèces en un assemblage méné paille‑méné à grande bouche à cause de similarités dans leurs préférences en matière de nourriture et d’habitat et parce qu’il était difficile d’identifier les spécimens de moins de 25 mm.

Ailleurs au Manitoba, le méné à grande bouche est récolté avec le méné paille dans la rivière Assiniboine, mais les effectifs de ce dernier dépassent souvent ceux du premier selon un ratio de plusieurs centaines pour un (annexe 1 dans McCulloch et Franzin, 1996). Dans la rivière Cypress, où on peut trouver des populations de ménés à grande bouche parmi les plus élevées, l’espèce est souvent capturée avec de grandes quantités de ménés à nageoires rouges et de mulets à cornes. Le naseux de rapides et le naseux noir de l’ouest s’ajoutent souvent à cet assemblage, mais en nombre moins élevé (annexe 4 dans McCulloch et Franzin,1996). Il convient de noter que les techniques de récolte (traits de senne) utilisées dans la rivière Cypress couvrent souvent plusieurs types d’habitat, y compris des fosses et des rapides. Comme le méné à nageoires rouges et le mulet à cornes ont tous deux tendance à préférer les fosses rocheuses ou sableuses (Page et Burr, 1991), la présence de ces deux espèces dans les captures à la senne était probablement due au passage de la senne dans des fosses, alors que celle des ménés à grande bouche, des naseux de rapides et des naseux noirs de l’ouest était due au passage de la senne dans les radiers et les rapides. Stewart comm. pers., notent aussi que le naseux noir de l’ouest est communément associé au méné à grande bouche, étant donné que ces deux espèces partagent des microhabitats très similaires. La co-occurrence du naseux de rapides et du méné à grande bouche est moins commune, étant donné que le naseux de rapides préfère des eaux plus vives (K.W. Stewart, comm. pers., 2003). Il est intéressant de noter que le méné paille est souvent capturé avec le méné à nageoires rouges, le mulet à cornes, le naseux noir de l’ouest et le naseux de rapides dans la rivière Souris, où le méné à grande bouche est absent (annexe 2 dans McCulloch et Franzin, 1996).

Il n’y a pas de données disponibles sur les déplacements du méné à grande bouche au Manitoba. Cependant, comme l’espèce était régulièrement présente dans les récoltes automnales répétées faites à divers endroits dans les rivières Cypress et Assiniboine tout au long des années 1980 et 1990, on pense qu’il y a certains déplacements, de nouveaux individus venant reconstituer la population après les prélèvements effectués. Ailleurs, Mendelson (1975) a découvert que le méné à grande bouche migre vers l’amont en automne et en hiver et revient vers l’aval en été. Les déplacements nycthéméraux comprennent un déplacement vers des eaux peu profondes la nuit, probablement lié au fait que la menace présentée par les prédateurs terrestres est moindre durant cette période et à la présence de larves d’insectes émergentes (Mendelson, 1975).

On sait peu de choses sur le régime alimentaire du méné à grande bouche au Manitoba. Des spécimens capturés dans la rivière Cypress à l’automne de 1995 se nourrissaient exclusivement de corises (famille des Corixidés) (McCulloch, données inédites). En Iowa, Starrett (1950) a observé que le méné à grande bouche augmentait sa consommation d’insectes terrestres en automne par suite de la réduction du nombre de larves d’Éphéméroptères et de Trichoptères (phryganes). Starrett (1950) a également constaté que les nymphes, les larves et les Diptères aquatiques formaient une grande partie du régime alimentaire le reste de l’année. Ailleurs, Gilbert (1980) a signalé que le méné à grande bouche consomme principalement des insectes, mais il a également trouvé des matières végétales et des boues de fond dans les estomacs. Mendelson (1975) a observé que les organismes benthiques étaient plus abondants que les organismes dérivants dans les contenus stomacaux dans toutes les périodes d’échantillonnage. La présence de larves de phryganes (Hydropsyche spp.), ainsi que de Dicranota spp. et d’acariens (Libertia spp.) dans l’estomac des ménés à grande bouche confirme la préférence de l’espèce pour les microhabitats peu profonds situés en amont des fosses, comme Mendelson (1975) l’avait observé au Wisconsin.

Selon Tompkins (1987), le goût joue un rôle plus important que la vue dans la recherche de nourriture. On a observé en aquarium que la recherche de nourriture s’effectue près du fond ou sur le fond, le poisson nageant rapidement au‑dessus du substrat en aspirant le sable, dont il sélectionne les aliments en rejetant le reste par la bouche ou l’ouverture branchiale (Pflieger, 1997). La bouche basse et horizontale paraît adaptée à une alimentation sur le fond (Hubbs, 1941).

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Taille et tendances des populations

Dans le premier rapport de situation sur le méné à grande bouche, Tompkins (1985) a fourni des données détaillées sur la taille et les tendances des populations dans la partie américaine de l’aire de répartition de l’espèce; cette information ne sera pas répétée dans le présent document. En résumé, Gilbert (1980) pense que les populations de ménés à grande bouche occupant la partie occidentale de l’aire de répartition augmentent, alors que celles de la partie orientale diminuent. Les hausses observées dans la partie ouest sont attribuées à des changements dans l’habitat, en particulier à la canalisation de rivières (voir la section « Habitat »). Au Wisconsin, Lyons (1996) a constaté que le pourcentage de ménés à grande bouche présents dans les prises effectuées dans les années 1970 (23 p. 100) était légèrement supérieur à celui des années 1990 (21 p. 100). Lorsqu’il a été signalé pour la première fois au Tennessee en 1990, le méné à grande bouche était l’espèce la plus abondante dans le ruisseau Bear. Lors de trois récoltes effectuées auparavant dans ce ruisseau entre 1967 et 1986, le méné à grande bouche était absent (Etnier et Starnes, 1993). Pflieger (1997) signale également que l’aire de répartition et l’abondance du méné à grande bouche au Missouri ont toutes deux augmenté pendant les 50 dernières années.

Depuis le premier rapport de situation, nous avons grandement enrichi nos connaissances sur la répartition du méné à grande bouche au Manitoba; en effet, on sait maintenant que l’espèce est présente dans la rivière Assiniboine et plusieurs de ses tributaires, ainsi que dans la rivière Roseau. Il est difficile d’évaluer la taille et les tendances des populations vu l’absence de données quantitatives comparables. Le faible nombre de ménés à grande bouche qui caractérise en général les captures effectuées dans les rivières Assiniboine et Shell rend difficile toute analyse. D’autres cours d’eau, comme les ruisseaux Oak et Epinette, ont fait l’objet d’un nombre d’échantillonnages trop restreint pour que l’on puisse déterminer la taille et les tendances des populations. Dans la rivière Cypress, des échantillonnages répétés effectués en septembre à l’aide de sennes à l’intersection avec la route 2 ont permis de capturer 130 ménés à grande bouche en 1986, 58 en 1987, 52 en 1991, 58 en 1992 et 60 en 1993 et en 1994 (annexe 4 dans McCulloch et Franzin, 1996).

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Facteurs limitatifs

Tompkins (1987) a conclu que le méné à grande bouche ne peut tolérer que des perturbations anthropiques mineures. L’eutrophisation due au développement riverain dans le lac Oneida, dans l’État de New York, a été la cause probable de la diminution des populations de ménés à grande bouche (Clady, 1976). Cependant, il semble que le méné à grande bouche a profité de modifications des caractéristiques hydrologiques de cours d’eau dues aux activités humaines pendant la colonisation de l’Amérique du Nord. Comme on l’a déjà mentionné, Pflieger (1971) a exprimé l’avis que la canalisation de cours d’eau des prairies a créé au Kansas des habitats favorables au méné à grande bouche, et Scarnecchia (1988) a constaté que les populations de ménés à grande bouche étaient nettement plus abondantes dans les tronçons de cours d’eau canalisés que dans les tronçons non canalisés. De plus, non seulement cette espèce est le méné le plus largement répandu et le plus abondant en Iowa, mais elle semble étendre son aire de répartition du fait de la transformation de cours d’eau en milieux fluviaux peu profonds dont la largeur, la profondeur et le courant sont homogènes. Le méné à grande bouche est l’une des quelques espèces observées sur les substrats sableux apparemment stériles qui sont communs dans les petits et les moyens cours d’eau en Iowa (Iowa Department of Natural Resources – site Web, 2003).

Starrett (1951) a également observé que le méné à grande bouche était moins vulnérable aux crues que ne l’étaient les espèces coexistantes, parce qu’il quittait les petits cours d’eau pour gagner la rivière Des Moines en Iowa, évitant ainsi d’être piégé dans des bras morts. Aucun changement dans l’abondance n’a été observé. La reproduction pourrait être touchée par les hauts niveaux d’eau au printemps, à cause de leur incidence sur les habitats préférés, les sources de nourriture et les frayères. Selon Fedoruk (1970), les niveaux de turbidité élevés observés dans la rivière Rouge ont probablement empêché une dispersion plus importante au Manitoba. Depuis le premier rapport de situation, le méné à grande bouche a été signalé à de nombreux endroits dans le bassin hydrographique de la rivière Assiniboine. Selon le moment de la dispersion dans ces secteurs, il se pourrait que le méné à grande bouche ait été obligé d’emprunter la rivière Rouge pour gagner le réseau de la rivière Assiniboine. Ainsi, à moins que les niveaux de turbidité dans la rivière Rouge n’aient été moins élevés pendant la période de dispersion qu’ils ne le sont maintenant, il est possible que le méné à grande bouche tolère davantage les eaux troubles qu’on ne l’avait constaté antérieurement, du moins pour sa dispersion. Stewart comm. pers., affirment que le méné à grande bouche peut être observé au Manitoba dans des eaux modérément troubles à troubles.

En Ohio, le déclin de certaines populations de ménés à grande bouche a été attribué à la compétition avec une espèce envahissante, le Notropis buccatus (silverjaw minnow) (Trautman, 1981). Aucun Cyprinidé envahissant apparu récemment dans le bassin hydrographique de la baie d’Hudson ne partage l’habitat du méné à grande bouche aussi étroitement que ne le fait le Notropis buccatus. Le méné bleu (Cyprinella spiloptera), avec lequel le méné à grande bouche forme souvent un assemblage incluant aussi le méné paille et le méné émeraude (Notropis atherinoides) au Wisconsin (Mendelson 1975), a été capturé pour la première fois dans la rivière Roseau en 1988 et, en juillet 1990, il s’était dispersé jusque dans le bief aval du déversoir de Portage la Prairie sur la rivière Assiniboine (annexe 1 dans McCulloch et Franzin, 1996). Ce déversoir, constituant très probablement un obstacle à la dispersion du méné bleu vers l’amont dans la rivière Assiniboine, est situé en aval de tous les endroits où le méné à grande bouche a été récolté sur la rivière Assiniboine et en aval de l’embouchure de la rivière Cypress. Le méné bleu préfère les rivières de moyenne à grande taille et de turbidité modérée à élevée, où on le trouve sur des substrats sableux, graveleux ou pierreux (Gilbert et Burgess, 1980). Mendelson (1975) a observé en aquarium que parmi le méné à grande bouche, le méné bleu et le méné paille, dans les diverses combinaisons de paires d’individus intraspécifiques et interspécifiques possibles, c’était le méné à grande bouche qui montrait le plus grand « intérêt » pour l’autre poisson – de même espèce ou non ‑ présent dans l’aquarium (coordination la plus marquée des déplacements avec ceux de l’autre poisson, comme dans un banc de poissons). Toujours selon Mendelson (1975), chaque espèce semble dans la nature pouvoir coexister avec les autres grâce à des adaptations morphologiques différentes.

L’agriculture et l’exploitation forestière sont deux utilisations des terres pratiquées à grande échelle dans l’aire de répartition actuelle du méné à grande bouche au Manitoba. La présence de bétail dans les cours d’eau peut accélérer l’érosion des rives et accroître l’envasement, deux facteurs pouvant avoir des effets néfastes sur l’habitat du poisson. Aux fins des activités forestières, plusieurs traverses de cours d’eau peuvent être aménagées chaque année, selon les plans d’exploitation annuels des sociétés forestières. Les ponceaux mal installés peuvent empêcher le passage des poissons et accroître l’envasement des cours d’eau soit directement, soit à cause des sédiments provenant des eaux de ruissellement de l’infrastructure routière.

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Importance de l'espèce

Stewart comm. pers., affirment que le méné à grande bouche n’a pas d’importance économique autre que son rôle écologique dans les milieux lotiques. Toutefois, il est utilisé comme appât dans plusieurs États, dont le Colorado (Beckman, 1953) et l’Iowa (Iowa Department of Natural Resources - site Web, 2003).

D’après Tompkins (1987), les trois sous-espèces du Notropis dorsalis auraient un intérêt scientifique parce qu’elles constituent des populations géographiquement isolées.

Comme pour plusieurs espèces de Cyprinidés et autres poissons non pêchés, on possède peu d’information sur les paramètres fondamentaux du cycle biologique et sur les besoins du méné à grande bouche. Pendant l’exercice 2002-2003, le méné à grande bouche a été ciblé pour étude dans le cadre du Programme d’intendance de l’habitat (Environnement Canada, 2003). L’espèce sera étudiée dans le cadre des projets suivants : ruisseau Sturgeon; ententes de conservation intégrées; projet de la biosphère du Mont-Riding et réserve de prairie à herbes hautes du Manitoba.

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Protection actuelle ou autres désignations

Le méné à grande bouche est indigène aux États-Unis et au Canada. En Ohio, Trautman (1981) a estimé que l’espèce était presque disparue. Il figure actuellement sur la liste des espèces menacées (threatened) en Ohio, parce que sa répartition est limitée à deux petits bassins hydrographiques qui se déversent au nord dans le lac Érié (annexe F dans Anonyme, 1997). En 1998, le méné à grande bouche ne figurait pas sur les listes en Pennsylvanie, mais une recommandation visait à lui faire attribuer le statut d’espèce menacée (threatened), parce qu’il ne se trouve que dans la partie nord-est de l’État. Clady (1976) a estimé que l’espèce était menacée dans l’État de New York. Cependant, dans cet État, le méné à grande bouche ne figure actuellement pas sur les listes des espèces éteintes, disparues de l’État, en voie de disparition, menacées ou préoccupantes. Sa situation dans cet État demeure donc inconnue.

En avril 1985, le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC, aujourd’hui le COSEPAC) a attribué au méné à grande bouche le statut d’espèce rare au Canada. À la suite de changements effectués par le COSEPAC dans les diverses catégories, l’espèce a été désignée vulnérable. Après de nouvelles modifications des catégories, l’espèce a été désignée préoccupante au Canada « à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels » (COSEPAC, 2002).

Il n’y a pas de protection spécifique pour le méné à grande bouche au Canada. Toutefois, la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral interdit la détérioration, la destruction ou la perturbation (DDP) de l’habitat du poisson.

Le Centre de données sur la conservation du Manitoba (CDCM) a attribué des cotes aux espèces en péril. Ces cotes comprennent une cote mondiale (G) et une cote provinciale (S). Le méné à grande bouche a reçu les cotes G5 et S3. La cote mondiale G5 indique que l’espèce est clairement répandue, abondante et non en péril dans toute son aire de répartition et qu’il est pratiquement impossible qu’elle disparaisse dans les conditions actuelles (site Web du CDCM, 2003). La cote provinciale S3 indique que l’espèce est peu commune dans la province, avec 21 à 100 occurrences.

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Résumé du rapport de situation

À l’instar de plusieurs espèces sensibles à la sédimentation due à l’érosion des rives et à l’intrusion du bétail dans les plans d’eau, il semble que le méné à grande bouche a connu un accroissement de ses effectifs aux endroits où les rives des cours d’eau ont été clôturées. Dans le ruisseau Eagle, dans le comté de Buffalo (Wisconsin), les chercheurs ont constaté un doublement de la population totale de poissons et ont noté la présence de poissons occupant en général des cours d’eau favorables à la truite. L’augmentation totale du nombre de poissons incluait une hausse importante de la population de ménés à grande bouche (U.S. EPA, 1993). On a entrepris de nombreuses activités coopératives (p. ex. Cows and Fish, plans agro‑environnementaux) dans l’ensemble des Prairies canadiennes pour protéger les zones riveraines tout en favorisant la production de bétail. Une bonne partie de la protection des zones riveraines s’effectue en éloignant le bétail grâce à l’installation de clôtures. Les efforts soutenus visant à protéger les zones riveraines devraient être favorables aux populations de ménés à grande bouche dans une grande partie de l’aire de répartition de l’espèce au Manitoba.

On manque d’information appropriée sur l’habitat essentiel de l’espèce, la taille, la structure et la stabilité de ses populations ainsi que sa répartition. Cependant, l’espèce a été découverte dans cinq nouvelles localités depuis 1985 et il se pourrait qu’elle soit présente dans d’autres régions qui n’ont pas fait l’objet de relevés dans l’ouest du Manitoba et peut‑être dans l’est de la Saskatchewan. Toutefois, cette espèce se trouve au Canada à la limite nord de son aire de répartition mondiale et, pour le moment, le Manitoba est la seule province où elle est présente.

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Résumé technique

Notropis dorsalis

Méné à grande bouche
Bigmouth shiner

Répartition canadienne : Manitoba


Information sur la répartition

Zone d’occurrence(km2)
[calculée à partir de la figure 2]

< 10 000 km2


Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue


Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non


Zone d’occupation (km2)
[calculée à partir de la figure 3]

< 500 km2


Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue


Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non


Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés)

8 (24 sites)


Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Probablement pas de pertes; 5 nouvelles localités depuis 1985.


Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?

Non


Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)

Inconnue



Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)

Inconnue, mais probablement 1 an comme chez d’autres ménés.


Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)

Inconnu


Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue

Inconnue


S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte)

Inconnu


Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.


La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?

Oui. Les populations sont fragmentées au point qu’elles occupent des bassins hydrographiques distincts.


Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue


Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

Non


Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune :

Inconnu



Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Il n’y a pas de menaces apparentes ou imminentes pour la population canadienne.


Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Non en péril (voir ci‑dessous)


Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?

Oui


Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Peut‑être


Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants au Canada?

Oui


Une immigration de source externe est‑elle probable?

Négligeable



Analyse quantitative

Non disponible


Statut actuel

COSEPAC : rare (= vulnérable, = préoccupante) 1985

Cotes de Nature Conservancy

Mondiale : G5



Canada

nationale : N3

régionale : Manitoba – S3



É.‑U.

nationale : N5

régionale :
 CO – S4, IL – S5, IA – S5, KS – S2, MI – S?, MN – S?, MO – S?, NE – S4, NY – S3, ND – S?, OH – S2, PA – S2, SD – S5, TN – S1, WI – S4, WV – SX, WY – S5


Statut et justification de la désignation

Statut : espèce non en péril

Code alphanumérique : s.o.

Justification de la désignation : Il n’existe pas de menaces démontrables ou éventuelles, et cette espèce n’est pas particulièrement sensible aux perturbations de l’habitat. Elle a été observée en cinq nouveaux endroits depuis 1985. Il se pourrait bien aussi qu’elle soit présente dans des régions de l’ouest du Manitoba où des aires d’habitat convenable n’ont pas fait l’objet de relevés et possiblement dans l’est de la Saskatchewan.


Applicabilité des critères

Critère A (Population totale en déclin) :
ne s’applique pas -- la population totale n’est pas en déclin.

Critère B (Aire de répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation) :
ne s’applique pas -- la zone d’occurrence est < 20 000 km2, et la zone d’occupation < 500 km2, mais il n’y a pas de signe de déclin ou de fluctuation.

Critère C (Petite population totale et déclin) :
ne s’applique pas -- on ne connaît pas les effectifs des populations, mais de nouvelles localités ont été découvertes depuis la dernière évaluation et il n’y a pas de signe de déclin.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition restreinte) :
ne s’applique pas -- le nombre d’individus matures serait > 1000 et la zone d’occupation est également > 20 km2; en outre, l’espèce compte plus de 5 localités.

Critère E (Analyse quantitative) :
ne s’applique pas -- il n’y a pas de données disponibles pour une analyse quantitative.

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Remerciements

L’auteur remercie les personnes suivantes pour leur aide dans la compilation des données qui ont servi à la rédaction du présent document : Ken Stewart (chercheur boursier senior, Département de zoologie, Université du Manitoba), Bill Franzin (chercheur scientifique, Division des sciences environnementales, Pêches et Océans Canada, Winnipeg, Manitoba) et Gavin Hanke (conservateur de zoologie, musée de Manitoba, Manitoba). La réalisation du présent rapport a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada. Un merci tout spécial à Robert Campbell.


Ouvrages cités

Anonyme.1997. Appendix F: Species classified as endangered, threatened, of special interest, extirpated or extinct in Ohio. Draft Environmental Impact Statement/Little Darby National Wildlife Refuge. 9 p.

Becker, G.C. 1983. The fishes of Wisconsin, University of Wisconsin Press, Madison, Wisconsin.

Beckman, W.C. 1953. Guide to the fishes of Colorado. University of Colorado Museum, Colorado Game and Fish Department, U.S. Fish and Wildlife Service.

Clady, M.D. 1976. Change in the abundance of inshore fishes in Oneida Lake, 1916 to 1970. New York Fish and Game Journal 23(1): 73-81.

Cooper, E.C. 1983. Fishes of Pennsylvania and the Northwestern United States. Pennsylvania State University Press, University Park and London. 243 p.

COSEPAC. 2002. Espèces canadiennes en péril. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Mise à jour de mai 2002).

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Bruce McCulloch est biologiste en évaluation d’impact à Pêches et Océans Canada (MPO). Il travaille au bureau de district d’Edmonton où il effectue entre autres des examens de projets et de la supervision de personnel et fait partie de plusieurs groupes de travail fédéraux-provinciaux. M. McCulloch est diplômé de l’Université du Manitoba, où il a fait une maîtrise sur la répartition de la barbotte des rapides (Noturus flavus) au Manitoba et les interactions de ce poisson avec les poissons indigènes. Avant de se joindre au MPO en 2001, il a travaillé pour Westworth Associates Environmental Ltd., où il a participé à un certain nombre de travaux importants dans le domaine des pêches, notamment des inventaires de reconnaissance des poissons et de leur habitat en Colombie-Britannique et l’établissement d’un programme de surveillance des écosystèmes aquatiques à proximité d’une décharge de déchets dangereux dans le centre-ouest de l’Alberta. M. McCulloch a effectué plusieurs évaluations des poissons et de leurs habitats partout en Alberta en vue du remplacement de ponceaux et de ponts et de l’installation de traverses de pipelines. Il a également dirigé le volet pêches d’un certain nombre d’études de planification fonctionnelle touchant les traverses de cours d’eau dans le centre de l’Alberta, des inventaires de base des écosystèmes aquatiques et des collectes de tissus de poissons aux fins d’analyses chimiques. À titre de contractuel, il a travaillé pour le ministère des Pêches et des Océans où il a participé à des études démographiques sur le touladi, le grand corégone, le grand brochet et le meunier noir dans la région des lacs expérimentaux de l’Ontario. En tant que consultant, M. McCulloch a réalisé une étude sur les espèces de poisson non pêchées dans la partie supérieure du bassin hydrographique de la rivière Missouri dans le sud-ouest de la Saskatchewan; il a entrepris des recherches sur les effets des effluents thermiques d’une centrale thermique d’Hydro-Manitoba sur les communautés ichtyennes de la rivière Assiniboine; il a étudié les effets des traverses routières sur les populations de poisson dans l’est du Manitoba; il a participé à la collecte de données pour l’évaluation des effets de l’exploitation forestière et des feux de forêt sur les populations de poisson dans le secteur de Fort McMurray, dans le nord de l’Alberta; enfin, il a dirigé une recherche sur la sélection des proies par les dorés jaunes juvéniles au Manitoba. Il est membre de l’American Fisheries Society, détient une carte de certification de plongeur en eau libre PADI et est accrédité comme chef d’équipe pour la pêche à l’électricité en Alberta.
M. McCulloch est un grand amateur de la pêche à la ligne et d’ornithologie et aime jouer de la guitare et de la basse pendant ses temps libres.

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Autorités consultées

Ken Stewart. Senior Scholar, Département de zoologie, Université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba).

Bill Franzin. Chercheur scientifique, Division des sciences environnementales, Pêches et Océans Canada, Winnipeg (Manitoba).

Gavin Hanke. Conservateur -- zoologie, Musée du Manitoba, Winnipeg (Manitoba).


Collections consultées

s.o.

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