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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon chinook population de l’Okanagan, au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitatifs et les menaces concernant l’habitat de fraye et de grossissement dans le bassin de l’Okanagan au Canada ont déjà été traités dans la section « Tendances en matière d’habitat ». Par ailleurs, le National Marine Fisheries Service (1998) a identifié la section de la rivière Okanagan située sous le barrage McIntyre comme la première priorité de protection et de remise en état dans l’Okanagan et le bassin de l’Okanagan. Il a également déterminé que la perte potentielle de zones de grossissement adéquates dans le lac Osoyoos représente le plus grand risque pour l’habitat. Bien que ces constatations se rapportent au saumon rouge, elles valent également pour le chinook. Le reste de la présente section porte sur les menaces provenant de l’extérieur du bassin. 

La collecte de géniteurs pour les écloseries (voir la section « Effet d’une immigration de source externe ») et la pêche en rivière et en mer de la population améliorée par les écloseries sont des menaces non quantifiées.

Les chinooks migrant entre l’océan et la rivière Okanagan subissent une mortalité accrue due à la prédation ou aux blessures à chacun des barrages du cours principal et à leurs retenues. Il y a 9 barrages hydroélectriques sur le cours principal par lesquels migrent les chinooks adultes et juvéniles, dont 4 sont exploités par le gouvernement fédéral (Bonneville, Dalles, John Day et McNary) et 5 par les Public Utility Districts (PUD) (Priest Rapids, Wanapum, Rock Island, Rocky Reach et Wells). Ferguson et al. (2004) ont estimé un taux de survie de 80 p. 100 à 85 p. 100 pour les chinooks adultes franchissant 8 barrages hydroélectriques sur le fleuve Columbia et la rivière Snake (affluent du Columbia). Sans qu’elle soit nécessairement spécifique au chinook du bassin du haut Columbia, une estimation similaire pour les chinooks franchissant les 9 barrages du fleuve Columbia en aval de la rivière Okanagan pourrait être appropriée. Dans le cadre des activités actuelles de planification visant les sous-bassins de l’Okanagan, les taux de survie des smolts en dévalaison sont estimés à 86 p. 100 à 91 p. 100 par barrage pour les chinooks de type dulcicole (Moore et al., 2004), ce qui laisse croire qu’entre 26 p. 100 et 43 p. 100 des smolts qui quittent la rivière Okanagan franchissent le dernier barrage (Bonneville).

 

Incidences de la pêche

Le chinook de l’Okanagan migre probablement avec le chinook d’été du haut Columbia, bien que l’on ne dispose pas d’observations directes le confirmant. Le comité technique conjoint sur le chinook (PSC, 2003) utilise des micromarques codées sur les poissons issus de l’écloserie du barrage Wells pour surveiller l’exploitation du chinook d’été du fleuve Columbia (comprenant le chinook du haut Columbia), qui est un des 36 stocks indicateurs du taux d’exploitation surveillés. Les récupérations de marques dans toutes les pêches (comprenant la mortalité accessoire associée) et les échappées sont utilisées pour reconstituer la taille des cohortes par année de ponte pour chaque stock indicateur. À partir de ces données, on évalue les mortalités par pêche totales par année de capture ainsi que les taux d’exploitation par ponte. 

Les mortalités par pêche totales de chinooks d’été du fleuve Columbia ont été calculées jusqu’à l’année de capture 2003 (tableau 2) (PSC, 2003; données inédites du CTC – R. Sharma, 2005, comm. pers.). Pour les années 1979, 1980 et de 1987 à 1990, la mortalité totale a été en moyenne de 71 p. 100 et de 66,9 p. 100, respectivement. De 1991 à 1998, la mortalité totale a été en moyenne de 32,7 p. 100, avec un maximum de 50,2 p. 100 et un minimum de 17,6 p. 100. À partir de 1999, la mortalité totale a été en moyenne de 62,8 p. 100 et elle a augmenté régulièrement, passant de 46,1 p. 100, en 1999, à 76,4 p. 100, en 2003. Ces dernières années, les captures ont été réparties à peu près également entre les pêches du Canada, de l’Alaska et du nord-ouest des États-Unis. L’exploitation canadienne s’est faite principalement dans les pêches à la traîne du nord de la Colombie‑Britannique et de la côte ouest de l’île de Vancouver, alors que l’exploitation américaine se fait principalement dans les pêches à la traîne de l’Alaska et les pêches à la traîne et sportive du nord-ouest des États-Unis (qui comprennent la pêche en rivière).

Les répartitions de la mortalité du chinook d’été du Columbia décrites plus haut sont données par année de capture, les poissons capturés étant âgés de trois à six ans (pontes mélangées). Les taux d’exploitation par ponte fournissent une mesure des incidences de la pêche sur une ponte donnée pour toutes les années de pêche de cette ponte. Actuellement, la plus récente année de ponte terminée pour laquelle de tels taux sont disponibles est 1999 (figure 8). Les taux d’exploitation pour les pontes de 1975 à 1977 varient d’environ 60 p. 100 à 70 p. 100, pour passer par la suite de 70 p. 100, en 1983, à 20 p. 100, en 1991 et en 1992. Les taux d’exploitation ont été beaucoup plus élevés que cela (de 70 p. 100 à 80 p. 100) pour les pontes plus récentes (de 1997 à 1999). De plus, il y a une augmentation de la contribution des pêches du Columbia aux taux d’exploitation des pontes pour les pontes plus récentes (de 1997 à 1999).

Cependant, d’autres analyses par cohorte sur la mortalité totale due aux pêches effectuées par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) laissent penser que les incidences spécifiques sur le chinook de l’Okanagan et de la Similkameen pourraient ne pas être représentées adéquatement par le stock d’écloserie du barrage Wells et que les incidences des pêches pourraient être plus faibles que prévu, mais d’autres analyses sont nécessaires (NOAA, 2005).

Avant l’année de pêche 1999, la plus grande partie de la mortalité due à la pêche était liée aux pêches en mer, alors que l’on estime que la pêche cérémoniale et de subsistance régie par traité dans le cours principal du fleuve Columbia aurait été inférieure à 3 p. 100 depuis 1986 (U.S. vs. Oregon Technical Advisory Committee, 1999). Cependant, les pêches en rivière se sont accrues depuis 2001 (figure 9) en raison d’une augmentation des échappées (figure 10). 

D’autres incidences de la pêche pourraient également être imminentes en raison de changements apportés récemment à la pêche sur le fleuve Columbia pour 2005. Les plans américains de pêche commerciale sur le Columbia sont gérés conformément à l’entente provisoire de gestion de 2005 à 2007 pour le saumon rouge, la truite arc-en-ciel anadrome, le coho, l’esturgeon blanc et le chinook d’amont (2005-2007 Interim Management Agreement for Upriver Chinook, Sockeye, Steelhead, Coho, and White Sturgeon). Le chinook de l’Okanagan pourrait se trouver classé dans ce plan de gestion, très probablement sous la catégorie de chinook d’été du haut Columbia ou peut-être sous celle de chinook de printemps d’amont. Cependant, en vertu de ce plan, les taux de capture du chinook de printemps d’amont dans la partie américaine du fleuve Columbia sont fixés à 12 p. 100 et sont limités sur la base de la liste des espèces protégées en vertu de l’Endangered Species Act (ESA) des États-Unis. La gestion du chinook de printemps n’a pas changé ces dernières années. Cependant, la gestion du chinook d’été du haut Columbia a été modifiée à la suite d’un examen du Technical Advisory Committee (2003), qui a constaté une différence de dates entre les remontes des stocks de chinooks à potentiel de pêche limité, du fait de leur inscription sur la liste de l’ESA (chinooks d’été de la Snake et chinooks de printemps d’amont), et les remontes de chinook d’été dans le haut Columbia, qui ne sont pas inscrites sur la liste de l’ESA, avec pour conséquence que les captures de ce dernier stock vont probablement augmenter. De 1979 à 1988, les taux de capture pour les remontes de chinook d’été dans le haut Columbia n’ont pas dépassé 10 p. 100 (figure 9), et ont baissé à moins de 4 p. 100 de 1989 à 2000. Cependant, les fortes remontes observées depuis 2001 (figure 10) ont été accompagnées d’un accroissement régulier des taux de capture durant les quatre dernières années, l’augmentation ayant été très marquée en 2004 (figure 9).

Pour 2005, l’objectif d’échappée pour la remonte d’été du haut Columbia au barrage Bonneville a été fixé à 29 000 adultes (saumons d’écloserie plus saumons sauvages). La remonte prévue pour ces poissons était de 62 400 individus. Par conséquent, en vertu du nouveau plan de gestion, le taux de capture total maximum autorisé pour ce regroupement a été fixé à 47,6 p. 100 (captures régies par traité : 23,8 p. 100; captures non régies par traité : 23,8 p. 100) (tableau 3).

Tableau 2 : Sources de la mortalité par pêche totale du chinook d’été dans le Columbia au Canada (grisé) et aux États-Unis par année de capture (PSC, 2003; données inédites du CTC - R. Sharma, comm. pers.).
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197914,4 0,0 1,0 9,0 4,0 8,5 0,0 18,9 7,0 1,5 0,0 0,5 4,0 4,5 15,4 9,0 48,9 73,3 26,7 
198032,8 0,0 0,9 9,2 4,3 1,1 0,0 18,1 0,0 0,0 0,0 1,7 0,6 0,0 33,7 2,3 32,7 68,7 31,3 
198716,0 0,0 0,0 8,0 3,7 4,3 2,5 7,4 0,0 0,0 0,0 19,8 11,7 0,6 16,0 32,1 25,9 74,0 26,0 
19881,9 2,2 0,0 10,0 0,0 7,5 1,9 20,9 0,0 1,2 4,0 3,4 13,1 2,8 4,1 19,3 45,5 68,9 31,1 
19897,1 2,1 0,7 5,6 0,7 0,3 0,6 16,4 1,4 1,9 2,4 14,9 7,5 2,5 9,9 24,9 29,3 64,1 35,9 
199010,6 0,0 0,0 7,6 1,1 1,3 0,0 20,3 0,6 0,3 0,0 5,7 10,3 2,6 10,6 18,6 31,2 60,4 39,6 
19914,1 0,0 0,0 2,3 0,5 1,7 0,0 6,3 0,0 1,1 0,7 3,6 4,0 2,3 4,1 9,9 12,6 26,6 73,4 
199218,5 0,0 0,0 3,4 1,9 0,9 0,0 15,4 0,6 0,0 0,0 6,6 1,3 1,6 18,5 9,5 22,2 50,2 49,8 
19937,8 0,0 0,0 1,4 0,0 2,8 0,0 15,6 0,0 0,0 1,8 5,5 3,2 1,4 7,8 10,1 21,6 39,5 60,5 
199417,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 15,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 10,0 0,0 17,5 10,0 15,0 42,5 57,5 
19954,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 7,4 0,0 1,4 0,0 2,0 2,7 0,0 4,1 4,7 8,8 17,6 82,4 
199621,3 0,7 0,0 1,8 0,0 3,0 0,0 2,5 2,5 0,2 0,0 2,5 3,2 3,9 22,0 9,6 10,0 41,6 58,4 
19978,9 0,1 3,7 0,2 0,0 0,4 1,2 1,8 0,0 0,0 0,0 3,3 1,1 0,9 12,7 5,3 3,6 21,6 78,4 
199810,2 0,5 1,2 0,5 0,0 0,1 0,7 0,0 0,0 0,0 0,6 2,1 4,9 1,0 11,9 8,0 1,9 21,8 78,2 
199913,9 5,0 3,0 0,4 0,0 0,6 3,9 0,5 0,0 0,0 5,2 9,3 1,0 3,3 21,9 13,6 10,6 46,1 53,9 
200025,8 2,3 3,5 0,4 0,0 0,0 1,9 4,2 0,7 0,1 5,3 3,3 1,0 4,0 31,6 8,3 12,6 52,5 47,5 
200116,3 6,1 1,4 0,5 0,0 0,0 1,6 11,1 0,2 0,0 4,4 17,5 0,7 6,5 23,8 24,7 17,8 66,3 33,7 
200221,5 0,1 1,3 18,1 0,0 0,0 2,3 14,1 0,1 0,0 0,8 8,3 0,6 5,6 22,9 14,5 35,4 72,8 27,2 
200324,3 1,9 1,0 17,1 0,0 0,0 5,9 11,3 0,1 0,0 1,0 6,2 2,6 5,0 27,2 13,8 35,4 76,4 23,6 
1979-
1980
23,6 0,0 1,0 9,1 4,2 4,8 0,0 18,5 3,5 0,8 0,0 1,1 2,3 2,3 24,6 5,7 40,8 71,0 29,0 
1987-
1990
8,9 1,1 0,2 7,8 1,4 3,4 1,3 16,3 0,5 0,9 1,6 11,0 10,7 2,1 10,2 23,7 33,0 66,9 33,2 
1991-
1998
11,6 0,2 0,6 1,2 0,3 1,1 2,1 6,1 0,4 0,3 0,4 3,2 3,8 1,4 12,3 8,4 12,0 32,7 67,3 
1999-
2003
20,4 3,1 2,0 7,3 0,0 0,1 3,1 8,2 0,2 0,0 3,3 8,9 1,2 4,9 25,5 15,0 22,4 62,8 37,2 


Figure 8 : Taux d’exploitation total par ponte pour la remonte d’été du Columbia

Figure 8 : Taux d’exploitation total par ponte pour la remonte d’été du Columbia.

Il est à noter que l’année 1999 est encore incomplète, car les données sur les chinooks de cinq  ans marqués n’ont pas été traitées.


Figure 9 : Taux de capture finaux du regroupement de chinook d’été du haut Columbia dans le fleuve Columbia

Figure 9 : Taux de capture finaux du regroupement de chinook d’été du haut Columbia dans le fleuve Columbia.

Données de la CRITFC, des Colville Tribes et du DFWW).


Figure 10 : Sommaire des échappées de chinooks du haut Columbia après le barrage Bonneville et avant la pêche additionnelle en amont dans le fleuve Columbia (de 1979 à 2005)

Figure 10 : Sommaire des échappées de chinooks du haut Columbia après le barrage Bonneville et avant la pêche additionnelle en amont dans le fleuve Columbia (de 1979 à 2005).

 

Tableau 3 : Sommaire des taux d’échappée et de capture dans le fleuve Columbia du regroupement de chinook d’été du haut Columbia pour 2005
Moment en 2005Effectifs après le barrage BonnevilleTaux de capture total
Avant la remonte62 400 (prévu)47,6 % (autorisé)
Après la remonte60 173 (réel)30,3 % (réel)

L’échappée réelle a été de 60 173 chinooks d’été. Des estimations préliminaires (Washington Department of Fish & Wildlife - Columbia River Compact - en anglais seulement) indiquent que les captures réelles régies par traité (zone 6 - entre les barrages Bonneville et McNary) ont été d’environ 7 642 chinooks d’été, soit de 12,7 p. 100, ce qui est inférieur au taux autorisé de 23,8 p. 100 (Matylewich, 2005, comm. pers.). Le faible taux de capture a été probablement dû à des retours plus importants que prévu, mais pourrait également être dû à une diminution du nombre de pêcheurs régis par traité durant l’été 2005. La capture commerciale du chinook d’été a été limitée par le total annuel des prises accessoires autorisées de truite arc-en-ciel anadrome, qui est en péril : la pêche au chinook d’été (avec ses captures fortuites de truite arc-en-ciel anadrome) est limitée par le besoin de réserver des prises accessoires de truite arc-en-ciel anadrome pour la pêche commerciale au chinook d’automne. Les pêcheurs s’efforcent d’utiliser des filets maillants à grandes mailles pour cibler les chinooks, car les grandes mailles ne retiennent généralement pas les truites arc-en-ciel; cependant, des truites arc-en-ciel de grande taille (dites de type B) sont tout de même piégées (Matylewich, 2005, comm. pers.).

Pour 2005, les captures non régies par traité (23,8 p. 100) sont allouées à plusieurs groupes (pêcheurs commerciaux, pêcheurs sportifs et pêcheurs autochtones non régis par traité). Les pêches sportives de 2005 dans le fleuve Columbia pour le chinook d’été du haut Columbia en aval du barrage Bonneville (des zones 1 à 5) n’ont plus été limitées aux poissons marqués à partir du 1er juillet 2005 (c.-à-d. que tant les chinooks d’écloserie que les chinooks sauvages pouvaient être conservés). Les captures non régies par traité en aval du barrage Bonneville ont été estimées à 4 174 individus, soit 7,0 p. 100 (en se basant sur l’échappée réelle de 60 173 chinooks d’été). Les captures non régies par traité en amont du barrage McNary ont été estimées à 5 968 individus, soit 10,0 p. 100 (Matylewich, 2005, comm. pers.). En résumé, la pêche du fleuve Columbia pour 2005 avait une allocation de 47,6 p. 100, mais les captures réelles ont été d’environ 18 196 chinooks, soit 30,31 p. 100 (tableau 3). Cela représente quand même une augmentation par rapport aux années précédentes.