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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le stylophore à deux feuilles au Canada – Mise à jour

Importance de l'espèce

L’arille caronculé, ou élaïosome, est un organe huileux, charnu et voyant qui enveloppe la graine du Stylophorum diphyllum et qui semble attirer les fourmis (Gates, 1943; Nordhagen, 1959; Bowles, obs. pers.). La teneur en lipides totaux de l’élaïosome du Stylophorum diphyllum a été analysée et s’est avérée très élevée. Ces lipides renfermaient les acides gras suivants : acide palmitique, 48 p. 100; acide oléique, 41,9 p. 100; acide linoléique, 5,2 p. 100; acide palmitoléique, 1,9 p. 100; acide stéarique, 1,7 p. 100 (Draper, comm. pers., 1997). D’après les résultats d’expériences sur le terrain, les fourmis, et les souris, sont des prédateurs des graines du S. diphyllum. Les escargots et les limaces en consomment parfois l’élaïosome (Bowles, données inédites).

En général, les plantes de la famille des Papavéracées sont riches en certains alcaloïdes, dont de puissants narcotiques possédant des propriétés médicinales ou toxiques (Ernst, 1962). Cette famille se caractérise également par un latex âcre qui devient généralement foncé en séchant. Selon Gunn et Seldin (1976), le rhizome et le latex de couleur safran du Stylophorum diphyllum n’ont aucun usage connu. Moerman (1998) ne mentionne aucun usage du S. diphyllumpar les peuples autochtones de l’Amérique.

En raison de ses fleurs voyantes, le Stylophorum diphyllum est recherché par certains comme plante ornementale. Une fois établie, la plante est facile à cultiver dans les jardins floraux ombragés, où elle se ressème en abondance pour former de grands peuplements. L’espèce a été introduite en Europe comme plante ornementale en 1854 (Boynton, 1918) et est vendue dans les pépinières du sud de l’Ontario.

Les populations canadiennes du Stylophorum diphyllum sont situées à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce et sont isolées. Un certain nombre d’autres espèces présentes dans le sud de l’Ontario ont une répartition similaire. Les populations situées à l’extrémité de l’aire de répartition de l’espèce génétiquement distincte revêtent une grande importance pour la diversité de l’espèce.