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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le stylophore à deux feuilles au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Stylophore à deux feuilles
Stylophorum diphyllum
au Canada

Stylophore à deux feuilles

En voie de disparition 2007

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum)au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 26 p.

Rapports précédents :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 23 p.

Bowles, J.M., et M.J. Oldham. 1993. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum) au Canada.Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.Pages 1-23.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Jane M. Bowles et Samuel R. Brinker qui ont rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Erich Haber, Ph.D., coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site Web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWICAssessment and Update Status Report on the wood-poppyStylophorum diphyllum in Canada.

Illustration de la couverture :

Stylophore à deux feuilles -- Photo par ©Sam Brinker.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.

de catalogue CW69-14/118-2008F-PDF

ISBN 978-0-662-08751-9

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2007

Nom commun : Stylophore à deux feuilles

Nom scientifique : Stylophorumdiphyllum

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Une remarquable herbe vivace des terrains boisés caroliniens qui est confinée en trois petites populations grandement fragmentées occupant de très petites zones. La qualité de l'habitat diminue en raison de la présence de plantes envahissantes et de la perturbation de l’habitat par les activités récréatives, qui augmentent le risque de piétinement. D’autres perturbations potentielles de l'habitat pourraient survenir avec l'expansion de l’aménagement domiciliaire et d'autres activités commerciales près de deux sites. L’espèce est couramment en vente dans les pépinières, mais les plantes de jardin cultivées au Canada proviennent probablement de stocks des États-Unis. L’évaluation du COSEPAC n’inclut pas les plantes cultivées.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1993. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en novembre 2007. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Stylophore à deux feuilles
Stylophorum diphyllum

Information sur l’espèce

Le stylophore à deux feuilles (Stylophorum diphyllum) est une plante herbacée vivace à latex jaune à orange et à gros rhizome. La plante fleurit au début du printemps et, ses fleurs sont d’un jaune éclatant, réunies en groupes de 1 à 4 fleurs terminant chacun une longue pousse dépourvue de feuilles, outre les 2 ou 3 feuilles plus ou moins opposées. Chaque fleur comporte quatre pétales jaunes, mesurant 2 à 5 cm de longueur, et de nombreuses étamines. Le fruit est une capsule ovoïde, pubescente, grisâtre, s'ouvrant en 3 ou en 4 segments par des fentes longitudinales. La plupart des feuilles sont basilaires, leur pétiole est long, et le dessous du limbe est pâle. Les feuilles sont profondément divisées en 5 ou 7 segments irrégulièrement lobés ou dentés.

Répartition

Le stylophore à deux feuilles est confiné au nord-est de l’Amérique du Nord, où sa répartition est centrée au Kentucky et au Missouri, mais qui s’étend vers le sud jusqu’en Georgie et en Alabama. Dans la partie occidentale de son aire de répartition, l’espèce est présente en Arkansas, dans l’est du Missouri et au Michigan. En Ontario, on connaît quatre spécimens historiques, récoltés durant les années 1880, tous le long de la rivière Thames, près de London. Les trois populations existantes se trouvent près de London, où leur habitat couvre une superficie totale inférieure à 1 ha. La zone d’occurrence mesure 150 km², et la zone d’occupation, 3 km², d’après une grille de 1 km par 1 km, ou 12 km², d’après une grille de 2 km par 2 km.

Habitat

Le Stylophorum diphyllum se trouve habituellement dans des bois riches en espèces, dans des ravins et sur des versants boisés, au fond de ravins, le long de ruisseaux sylvestres et au pied d’escarpements. En Ontario, il est présent à la limite nord de son aire de répartition mondiale et se trouve en forêt de feuillus dans une plaine de till, dans des ravins boisés et sur les versants d’une vallée.

Biologie

L’espèce est une plante herbacée demeurant verte en été, et typique des forêts de feuillus. Sa croissance débute de la mi-avril à la fin d’avril, à partir d’un rhizome court et épais. Sa floraison a lieu de mai au début de juin, et ses graines se dispersent de la fin de juin à juillet. Les parties végétatives restent vertes jusqu’à la fin de septembre ou au début d’octobre, puis elles dépérissent. Les graines se forment rapidement dans les fleurs, qui peuvent s’autopolliniser ou recevoir du pollen d’autres fleurs. Elles ont besoin d’une période de dormance froide avant de germer. La plante peut fleurir dès sa première année, mais ce n’est généralement pas le cas en milieu naturel. Une fois établie, la plante peut souvent vivre cinq années ou plus. Elle forme généralement des colonies ou des peuplements denses, mais la population du sud de l’Ontario compte des individus isolés.

Taille et tendances des populations

Les trois populations canadiennes connues du stylophore à deux feuilles renfermaient respectivement, en 2006, environ 255, 250 et 24 individus adultes. La plus grande des populations connues a été en partie remblayée en 1993, et son effectif est alors passé d’environ 800 individus à environ 170. Depuis, l’effectif a légèrement augmenté, atteignant environ 250 individus, mais ce nombre n’est pas fondé sur un relevé détaillé. Les deux autres populations ont toutes deux légèrement augmenté depuis 2004, mais on ne sait pas exactement s’il s’agit d’une fluctuation naturelle à court terme ou d’une tendance.

Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces auxquelles sont exposées le stylophore à deux feuilles au Canada sont la destruction ou la modification de son habitat, les effets du lotissement des terrains voisins, la compétition exercée par les plantes envahissantes, les activités récréatives et la contamination génétique. L’espèce n’a sans doute jamais été abondante au Canada, où elle survit dans un isolement relatif. Le recrutement à partir de la population la plus proche, se trouvant au Michigan et en Ohio, est peu probable.

Importance de l’espèce

Au Canada, le stylophore à deux feuilles se trouve à la limite de son aire de répartition mondiale et semble génétiquement distinct de la population principale de l’espèce. Outre une certaine popularité comme plante de jardin, l’espèce n’a pas d’usage connu.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le stylophore à deux feuilles est considéré comme une espèce en voie de disparition au Canada (COSEPAC, 2000) et en Ontario. L’espèce et son habitat sont protégés en vertu de laLoi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario ainsi qu’au titre de la Déclaration de principes provinciale. Deux des populations sont présentes sur des terrains privés, et la troisième se trouve dans une aire de conservation. Le stylophore à deux feuilles est également considéré comme une espèce préoccupante, sur le plan de sa conservation, dans quatre États des États-Unis, l’Alabama, l’Arkansas, la Georgie et la Virginie. Un certain nombre de mesures visant à atténuer les risques auxquels l’espèce est exposée a été entrepris à la suite des actions prises par l’équipe de rétablissement formée en 1997.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Stylophorum diphyllum (Michaux) Nuttall
Synonymes : Chelidonium diphyllum Michaux; Meconopsis diphylla DC
Noms français : stylophore à deux feuilles
Noms anglais : wood-poppy, celandine poppy, mock poppy, yellow poppy
Famille : Papavéracées
Grand groupe végétal : Eudicotylédones
Spécimen type : Lectotype déposé à Paris?

Le Stylophorum diphyllum est la seule espèce du genre Stylophorum en Amérique du Nord. Il a été d’abord été décrit par Michaux (1803) à titre d’espèce du genre Chelidonium, puis il a été transféré au genre Stylophorum par Nuttall (1818). Prain (1895) a par la suite proposé de retourner l’espèce au genre Chelidonium, en faisant valoir que ses parties végétatives ressemblent à celles du Chelidonium majus, une espèce de l’Ancien Monde.

Description morphologique

Le Stylophorum diphyllum est une plante herbacée pubescente vivace pouvant atteindre une hauteur d’environ 40 cm et produisant un gros rhizome. Les tiges, les sépales et parfois les feuilles portent de gros poils multicellulaires, peu nombreux à nombreux. La plupart des feuilles sont basilaires, leur pétiole est long, et le dessous du limbe est pâle. Les feuilles sont profondément pinnatiséquées en 5 ou 7 segments irrégulièrement lobés ou dentés, séparés par des incisions qui atteignent, ou presque, la nervure médiane. Les fleurs sont réunies en groupes pauciflores sous-tendus par 2 ou 3 feuilles plus ou moins opposées. Les deux sépales sont pubescents et légèrement charnus. Les quatre pétales, d’un jaune éclatant, mesurent 2 à 5 cm de longueur. Les étamines sont nombreuses, chacune étant constituée d’un filet très mince et d’une anthère oblongue. L’ovaire, densément pubescent, est plus ou moins elliptique, atténué vers le haut en un long style qui persiste sur le fruit. Ce dernier est une capsule penchée, vert grisâtre, couverte de poils raides, mais souples, et il s’ouvre en 3 ou en 4 segments par des fentes longitudinales (Gleason, 1952; Ernst, 1962). Toutes les parties de la plante renferment un latex amer jaune ou orange. Gleason et Cronquist (1991) donnent une description technique de l’espèce.

Des dessins de la feuille et de la fleur du Stylophorum diphyllum sont présentés dans Gleason (1952). Des illustrations plus détaillées de l’anatomie ont été publiées dans Ernst (1962). Une planche en couleurs figure dans Boynton (1918). Un dessin a été réalisé par Susan A. Reznicek pour un article de A. A. Reznicek (1988). Le dessin de la figure 1 a été réalisé par la rédactrice principale du présent rapport, à partir de croquis exécutés sur le terrain.

Au début du printemps, les grandes fleurs jaune vif du Stylophorum diphyllum sont caractéristiques et attirent le regard d’assez loin. À cette époque de l’année, la pubescence de la plante est également très évidente, tout comme la couleur pâle du dessous des feuilles. À l’état végétatif, la plante ressemble de façon frappante à la grande chélidoine (Chelidonium majus), espèce adventice relativement commune, originaire de l’Ancien Monde. Chez le C. majus, les feuilles sont toutes alternes; le S. diphyllum est doté d’une ou de plusieurs feuilles basilaires, et ses feuilles sont opposées ou verticillées à l’extrémité de la tige florifère. De plus, les fleurs du C. majus sont beaucoup plus petites que celles du S. diphyllum, leurs pétales sont plus étroits et ne mesurent qu’environ 1 cm de longueur, et les sépales et les capsules du C. majus sont glabres. La capsule du S. diphyllum est ovoïde et garnie de poils raides, tandis que celle du C. majusest cylindrique-linéaire et glabre.

Figure 1. Croquis du Stylophorum diphyllum réalisé par Jane Bowles.

Figure 1. Croquis du Stylophorum diphyllum réalisé par Jane Bowles.

Description génétique 

Le Stylophorum diphyllumse reproduit par voie sexuée et semble à la fois allogame et autogame. Le degré de diversité génétique existant d’une population à l’autre et à l’intérieur de chacune d’elles est en train d’être déterminé au moyen de marqueurs de la génétique moléculaire. Le travail est en cours, mais les premiers résultats semblent indiquer une variation à l’intérieur d’une population canadienne, entre les populations canadiennes ainsi qu’entre les populations du Canada et celles des États-Unis (Gharebaghi, 1996; Galbraith, comm. pers., 2005). La distance séparant les populations et la nature instable de l’habitat se trouvant entre elles semblent constituer des obstacles importants à un échange génétique entre populations.

Unités désignables 

Au Canada, le Stylophorum diphyllumconstitue une seule unité désignable, puisque ses populations se trouvent à proximité l’une de l’autre et sont toutes situées dans la même zone écologique définie par le COSEPAC, celle des Plaines des Grands Lacs.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Stylophorum diphyllum est confiné à l’est de l’Amérique du Nord. Sa répartition générale est indiquée dans la carte de la figure 2.

La carte a été dressée à partir de renseignements fournis par les organismes compétents des divers États et de données tirées de spécimens d’herbiers et de publications (Bowles et Oldham, 1993). Selon Fernald (1950), l’aire de répartition s’étend depuis l’ouest de la Pennsylvanie jusqu’au Wisconsin et, vers le sud, jusqu’au sud-ouest de la Virginie, au Tennessee et au Missouri. Cependant, il n’existe aucun spécimen d’herbier confirmant l’existence du Stylophorum diphyllum au Wisconsin (Wisconsin State Herbarium, 2006). Par ailleurs, l’inclusion de la Pennsylvanie dans l’aire de répartition semble être fondée sur un seul spécimen, probablement récolté dans l’ouest de cet état, mais dans un emplacement non précisé, ainsi que sur des mentions non confirmées de l’espèce pour le comté d’Allegheny (Buker et Thompson, 1986). Trois emplacements sont actuellement connus en Pennsylvanie, mais aucun n’est situé en milieu naturel; Buker et Thompson (1986) ne pouvaient pas confirmer que l’existence actuelle ou historique de l’espèce à l’état indigène dans cet état.

Figure 2. Répartition mondiale du Stylophorum diphyllum.

Figure 2. Répartition mondiale du Stylophorum diphyllum.

Aire de répartition canadienne 

Au Canada, le Stylophorum diphyllum est actuellement connu de trois emplacements, tous situés près de London, en Ontario, à la limite nord de la région forestière des feuillus, correspondant à la zone carolinienne d’Ontario (figure 3).

L’espèce semble toujours avoir été très rare au Canada. Toutes les mentions historiques proviennent de la même région. L’aire de répartition canadienne de l’espèce représente moins de 1 p. 100 de son aire de répartition mondiale.

On ne connaît que quatre récoltes historiques de l’espèce. Trois populations existantes se trouvent près de Plover Mills, dans le comté de Middlesex. Pour l’une des récoltes historiques, tout ce qui est inscrit comme emplacement est « Thames River ». Compte tenu des indications vagues de l’emplacement de ces récoltes, il est difficile de déterminer auxquelles des populations existantes elles pourraient correspondre, le cas échéant. De 1889 à 1987, aucune récolte n’a été faite. Keddy (1987) en a déduit que l’espèce était disparue de l’Ontario. Phipps (comm. pers., 1993) a affirmé avoir vu une petite colonie de Stylophorum diphyllum en fleurs, près d’Ilderton, en 1972. Dufton (comm. pers., 1993) a photographié une population près de Fanshawe, en Ontario, également au début des années 1970. Un double de cette photo a été déposé à l’herbier de la University of Western Ontario. En 1987, le Stylophorum diphyllum a été redécouvert par David Stephenson le long d’un petit affluent de la Thames, près de London, en Ontario (Stephenson, 1987). En 1994, la rédactrice principale du présent rapport et Marjory Dufton ont retrouvé la population se trouvant près de Fanshawe. En 1996, cette même rédactrice et James Phipps ont retrouvé la population se trouvant près d’Ilderton.

Figure 3. Répartition du Stylophorum diphyllum en Ontario.

Figure 3. Répartition du Stylophorum diphyllum en Ontario

La zone d’occurrence de l’espèce en Ontario a été établie en calculant la superficie du triangle formé par les trois sites, au moyen d’un logiciel de système d’information géographique. La zone d’occurrence mesure environ 150 km². La superficie totale actuellement occupée par les populations a également été calculée au moyen du logiciel, en traçant le périmètre de chacune, ce qui a donné une superficie totale inférieure à 1 ha, les trois sites mesurant respectivement 0,48 ha, 0,45 ha et 19,5 . Selon les critères du COSEPAC, la zone d’occupation mesure 3 km², d’après une grille de 1 km par 1 km, ou 12 km², d’après une grille de 2 km par 2 km.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat 

Le Stylophorum diphyllum est une plante caractéristique des forêts riches. Parmi les données sur l’habitat mentionnées se rapportant aux spécimens d’herbier collectés dans l’ensemble de l’aire de répartition figurent les bois riches en espèces, les ravins et les versants boisés, les ruisseaux sylvestres, les fonds de ravin et la base d’escarpements. La plupart des spécimens récoltés semblent provenir de ravins et de versants, mais il s’agit sans doute d’un artéfact en raison des caractéristiques de répartition de ce qui reste des terres boisées qui se trouvent sur des terres impropres à l’agriculture. Au nombre des descriptions plus précises de l’habitat comportant de l’information sur les conditions édaphiques figurent « bois riches et humides de hêtres », « bois calcaires riches », « versants et terrasses calcaires », « bois riches humides », « versants mésiques » et « bois d’érables et de hêtres sur sable loameux ». Selon les descriptions supplémentaires fournies par Kiger (1997), l’espèce pousse aussi dans les fourrés, les landes à thuya, les dunes ombragées et, parfois, les champs, souvent en terrain incliné, sur sol loameux ou sableux.

En Ontario, les trois populations se trouvent sur des terrains boisés mésiques riches de feuillus mixtes, sur argile loameuse issue de till calcaire d’origine glaciaire. Deux de ces populations (de London et de Fanshawe) se trouvent sur des berges inclinées de la Thames, tandis que la troisième (d’Ilderton) se trouve sur une plaine de till assez éloignée de tout cours d’eau. À London et à Ilderton, des individus isolés poussent dans des milieux perturbés (dans des remblais et des rejets de drainage, respectivement) voisins de la population principale. En milieu naturel, le Stylophorum diphyllum pousse habituellement sous ombre complète, tandis qu’en culture la plante peut prospérer sous ensoleillement partiel (obs. pers.). L’habitat paraissant propice au Stylophorum diphyllum semble être beaucoup plus répandu et étendu que ne le sont, même localement, les populations elles-mêmes de l’espèce.

Les populations de l’Ontario se trouvent sous couvert forestier d’érable à sucre (Acer saccharum), de frêne blanc (Fraxinus americana), de hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia), de cerisier tardif (Prunus serotina) et de micocoulier occidental (Celtis occidentalis). Les plus grands arbres mesurent environ 40 cm de diamètre à hauteur d’homme. La strate arbustive est clairsemée à dense, le couvert forestier étant constitué principalement de cerisiers de Virginie (Prunus virginiana) et de gaules. Là où le Stylophorum diphyllum est présent, il est souvent l’espèce dominante de la strate herbacée, les plantes les plus proches étant souvent d’autres individus de l’espèce. La strate herbacée renferme également de nombreuses espèces du cortège caractéristique des bois riches, comme le caulophylle faux-pigamon (Caulophyllum thalictroides), l’hydrophylle de Virginie (Hydrophyllum virginianum), l’hydrophylle du Canada (H. canadense), l’érythrone d’Amérique (Erythronium americanum), l’asaret du Canada (Asarum canadense), la verge d'or à tige flexible (Solidago flexicaulis), l’élyme étalé (Elymus hystrix), l’impatiente du Cap (Impatiens capensis), la smilacine à grappes (Maianthemum racemosum) et le petit prêcheur (Arisaema triphyllum). Une espèce exotique envahissante, l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), est également présente dans deux des sites (Bowles, données inédites).

Tendances en matière d’habitat 

À London, une coupe forestière intensive suivie d’un remblayage a fortement réduit la superficie de l’habitat connu du Stylophorum diphyllum en 1993. Depuis, la population restante s’est un peu étendue. L’érosion et le dépôt de sédiments dans la vallée du ruisseau et au bord du remblai endommagent les individus isolés durant certaines tempêtes. L’ouverture du couvert causée par l’abattage d’arbres et la mortalité d’arbres causée par les travaux de remblayage ont été suivies par une croissance dense de gaules. On ne sait pas exactement quels ont été les effets globaux des modifications du couvert forestier.

À Fanshawe, bon nombre des arbres entourant le site où se trouve le Stylophorum diphyllum sont morts au cours des cinq dernières années, ce qui a créé des ouvertures dans le couvert et laissé une quantité considérable de débris ligneux grossiers. La croissance des arbustes du sous-étage (principalement le Prunus virginiana) a augmenté et fait peut-être de l’ombre sur le peuplement d’origine. L’Alliaria petiolata est abondant dans ce site, mais son abondance semble avoir diminué légèrement à proximité de l’aire du Stylophorum diphyllum,peut-être grâce aux mesures d’atténuation consistant à arracher les rosettes de cette plante envahissante qui se trouvent près des individus de S. diphyllum. Ces changements survenus dans l’habitat ont peut-être aussi eu un effet sur les populations de souris (qui consomment les graines de la plante) et de fourmis (qui dispersent ces graines) ainsi que sur la quantité d’ombre, la compétition, les traitements du sol et les mycorhizes. Au cours des deux dernières années, le recrutement a soudainement augmenté dans ce site.

À Ilderton, la population se trouve au bord d’une érablière exploitée. Outre la construction d’un canal de drainage municipal à proximité, l’aménagement du site a très peu changé au cours des 30 dernières années. Les rejets du canal ont procuré des sites de recrutement au Stylophorum diphyllum.

Protection et propriété 

Les sites de London et d’Ilderton sont situés sur des terrains privés. Le site de London se trouve à l’intérieur de la zone de croissance de 30 ans prévue pour la ville de London, et le lotissement est en cours dans les environs. Un plan d’aménagement communautaire en préparation pour le secteur devrait fournir quelques balises permettant de protéger la population. Cependant, l’expansion domiciliaire en cours dans le secteur devrait faire augmenter le degré de perturbation et la pression des activités récréatives dans le site et pourrait aussi accroître la présence d’espèces exotiques compétitrices.

Le site d’Ilderton fait partie d’une grande érablière commerciale bien établie. Les propriétaires connaissent la présence du Stylophorum diphyllum et ne prévoient pour le moment aucune modification de l’utilisation du terrain qui pourrait toucher la population. Les travaux d’aménagement et de construction liés au canal de drainage pourraient nuire à certains des individus.

La population de Fanshawe se trouve dans une aire de conservation qui appartient au Upper Thames River Conservation Authority et est gérée par cet organisme. Celui-ci connaît la présence du Stylophorum diphyllum sur le terrain et a aménagé le site de manière à favoriser la protection de la plante, en déplaçant un sentier et en installant des affiches.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Le Stylophorum diphyllumest une plante vivace polycarpique. Chaque individu produit une ou plusieurs tiges florifères. Le plus grand nombre de tiges florifères à avoir été observé chez un individu est de 19, tandis que la moyenne est de 8,3. Le nombre de tiges florifères présente une forte corrélation avec la taille de la plante, mesurée en termes de superficie occupée par le feuillage. Cultivée ex situ,la plante peut fleurir dès la première année, tandis que, dans la nature, aucune floraison n’a été observée chez les plants mesurant moins de 20 cm de diamètre (Bowles, 1997). Les plants cultivés ex situ ou marqués dans la nature fleurissent chaque année, mais elles commencent à décliner et à présenter des signes de dépérissement au centre de leur collet au bout de 4 ou 5 ans. La floraison est indéfinie, mais elle atteint un maximum durant une dizaine de jours du milieu à la fin de mai. Généralement, chaque tige produit 1 à 4 fleurs, mais d’autres fleurs ou même d’autres tiges florifères peuvent apparaître après la période de floraison maximale et en automne. Ce phénomène se produit beaucoup plus fréquemment chez les populations ex situ que chez les populations sauvages. Chaque capsule produit 0 à 99 graines bien remplies, le nombre moyen étant de 39. Par conséquent, un individu de grandeur moyenne peut produire plus de 1 000 graines par année.

Le Stylophorum diphylluma un régime phénologique semblable à celui de nombreuses plantes herbacées des forêts décidues, qui restent vertes tout l’été. Dans le sud de l’Ontario, la croissance végétative est manifeste de la mi-avril à la fin d’avril, et la floraison se termine vers la fin de mai ou le début de juin. Dans les feuilles, la photosynthèse se poursuit jusqu’au début de l’automne. Les fruits ont alors fini de se désintégrer et de libérer leurs graines.

Les dates de floraison indiquées pour les spécimens déposés à l’herbier de la University of Michigan montrent la relation habituelle avec la latitude : la récolte la plus hâtive de sujet en fleurs a été faite un 11 avril, et le spécimen provenait du comté de Cheatam, au Tennessee (36° 10' N environ), tandis que la récolte la plus tardive a été faite un 18 juin, et le spécimen provenait du comté d’Antrim, au Michigan (45 °N environ). Lindsey et Newman (1956) ont noté une fourchette de 30 jours pour la date de première floraison. Selon eux, la floraison exige au préalable une période de croissance de 30 jours, une température atteignant 10 °C et une chaleur cumulative d’environ 1 150 degrés-jours. Au Canada, la date de première floraison se situe habituellement durant la première ou la deuxième semaine de mai (Bowles, données inédites).

Les graines du Stylophorum diphyllum renferment un albumen huileux blanc et charnu ainsi qu’un embryon rudimentaire. Les études de germination effectuées par Baskin et Baskin (1984) ont montré que la plupart des graines germent au cours du printemps suivant leur production. Le régime de dormance s’est révélé assez complexe, faisant intervenir à la fois des mécanismes morphologiques et physiologiques. Les graines renfermant un embryon peu développé sont considérées comme morphologiquement dormantes, tandis que celles inhibées par des facteurs physiologiques sont considérées comme physiologiquement dormantes. Or, la dormance semble être à la fois morphologique et physiologique chez le Stylophorum diphyllum. Une température d’au moins 5 ºC est requise pour que l’embryon commence à croître en vue de la germination.

En 1998, des graines provenant de populations de Canada ont été séchées à l’air et conservées au réfrigérateur, à 3 °C, de juin à octobre, puis placées dans des caissettes, en couche froide, pour l’hiver. L’année suivante, leur taux de germination a été de plus de 80 p. 100. Des essais de germination ultérieurs faisant appel à des méthodes semblables ont été infructueux, et aucune germination n’a été relevée chez des graines qui avaient été semées dans des emplacements marqués à l’intérieur des sites duStylophorum diphyllum (Bowles, données inédites).Herbivores et maladies

Un broutage limité a été observé chez les individus sauvages de l’espèce. Généralement, il s’agit des capsules qui sont prélevées soit par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), soit par la marmotte commune (Marmota monax). Le latex âcre et jaune de la plante agit probablement comme répulsif pour de nombreux herbivores potentiels. Très peu de broutage par des invertébrés (notamment les insectes et les mollusques) a été observé chez les individus sauvages de l’espèce. La plus grande partie de la mortalité observée chez les plants adultes semble faire suite à un ramollissement et à une pourriture du centre du collet, mais on ne sait pas s’il s’agit d’une maladie ou simplement d’une pourriture consécutive à la sénescence de plants plus vieux. Les graines sont également consommées par les souris.

Déplacement et dispersion 

La graine du Stylophorum diphyllum mesure environ 2 mm de longueur et 1,5 mm de largeur et est enveloppée d’un arille caronculé (Gunn et Seldin, 1976; Gunn, 1980), lequel serait une adaptation favorisant la dispersion par les fourmis (Nordhagen, 1959). La graine renferme un albumen charnu, huileux et blanc (figure 4). Chez les espèces végétales dispersées par les fourmis, ces dernières sont attirées par les acides gras que renferme l’élaïosome et transportent normalement les graines à leur colonie, où l’organe riche en huile est enlevé et où le reste de la graine est abandonné. Des graines placées sur une allée de béton, dans un jardin, ont été enlevées par les fourmis en moins d’une minute (Bowles, obs. pers.). Dans le site de London, 79 p. 100 des 600 graines qui avaient été disposées sur de petites caissettes ont été enlevées en 24 heures. Dans ce même site, lorsque la moitié des graines ont été recouvertes d’une cage en grillage métallique empêchant la prédation par les rongeurs, 25 à 33 p. 100 des graines ainsi protégées ont été enlevées, tandis qu’aucune ne l’a été dans le site de Fanshawe. Cela semble indiquer qu’il n’y a pas de fourmis à Fanshawe, ou qu’elles n’y prélèvent pas les graines, ce qui expliquerait le très faible recrutement observé dans ce site durant cette période. À Fanshawe, les graines non protégées ont apparemment été consommées surtout par des souris, car des excréments de souris renfermant des téguments de graine ont été trouvés dans les caissettes employées pour l’expérience (Bowles, 2000).

Adaptabilité

Les fleurs grandes et voyantes du Stylophorum diphyllum sont fréquentées par les insectes, mais Elrod (1904) a découvert que la production de graines demeure normale lorsqu’on empêche aux insectes d’avoir accès aux fleurs.

Selon Baskin et Baskin (1984), le Stylophorum diphyllumne se multiplie pas par voie végétative, même si la plante peut s’étendre par la croissance de son rhizome. Cependant, ce rhizome est très court et épais, et la propagation individuelle des individus demeure très limitée.

Selon Baskin et Baskin (1984), la période de stratification froide nécessaire à la germination des graines a une valeur adaptative chez les plantes herbacées des forêts de feuillus, car elle permet aux plantules de ne pas être exposées aux températures extrêmes de l’hiver, mais de profiter de la période d’ensoleillement printanier précédant l’apparition du feuillage des arbres.

Figure 4. Photo d’une graine de Stylophorum diphyllum, avec élaïosome huileux constitué de cellules translucides.

Figure 4. Photo d’une graine de Stylophorum diphyllum, avec élaïosome huileux constitué de cellules translucides.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les données historiques donnent à croire que le Stylophorum diphyllum était très rare en Ontario même avant que l’établissement des colons européens n’entraîne la destruction de son habitat. Il s’est écoulé près d’un siècle entre les rares premières mentions de l’espèce et les observations récentes. Pourtant, la plante est très voyante lorsqu’elle apparaît au début du printemps et pourrait difficilement passer inaperçue. De plus, les sites se trouvant dans l’aire de répartition historique connue de l’espèce sont plutôt bien herborisés.

Depuis 1987, la rédactrice principale du présent rapport a mené des recherches dans l’aire de répartition historique connue du Stylophorum diphyllum, de même que les chercheurs Brinker, Oldham et Stephenson. À partir d’anciennes photos aériennes (1947), ils ont délimité les secteurs de l’aire de répartition historique qui étaient couverts par des forêts matures en 1947 et ont pu conserver un couvert forestier depuis ce temps. Les sites prometteurs ont été explorés à pied durant la période de la floraison du Stylophorum diphyllum. En tout, plus de 70 heures-personnes ont été consacrées à la recherche de l’espèce.

Les seules populations canadiennes connues du Stylophorum diphyllum sont séparées entre elles par au moins 15 km et séparées des populations sauvages américaines les plus proches par quelque 200 km. Les populations canadiennes comprennent chacune un groupe de quelques individus à plusieurs centaines d’individus, avec quelques individus ou colonies poussant à l’écart de la population principale. Les populations de London et d’Ilderton occupent une superficie de 100 à 150 , sans compter les individus périphériques situés respectivement jusqu’à 40 et 150 m de la population principale. La population de Fanshawe est beaucoup plus petite : jusqu’en 2005, elle comptait à peine 5 à 8 individus matures, occupant une superficie inférieure à 1 m². En 2005, elle a connu un certain recrutement. En 2006, toute la population d’origine était disparue, mais 24 nouveaux individus ont été recensés dans une superficie d’environ 19,5 m².

Abondance

Les trois populations connues du Stylophorum diphyllum telles qu’elles étaient en 2006 sont décrites plus bas. Chacune a connu une augmentation au cours des deux ou trois dernières années, mais celle-ci résulte peut-être d’une fluctuation normale en réponse aux facteurs climatiques ou autres, plutôt que d’une réelle croissance.

London

Découverte en 1987, la population de London se trouve aujourd’hui à l’intérieur des limites de la ville. Selon les estimations, la population d’origine aurait compté environ 740 individus regroupés dans une principale colonie dont la superficie mesurait environ 10 m par 15 m ainsi que quelques petites colonies et individus isolés, pour un total d’environ 800 individus (Bowles, 1997). Le compte de 5 000 individus donné par Gosnell et Stephenson (1996) est jugé erroné, en raison de la façon de définir les individus et de la méthode de dénombrement qui consistait à multiplier les mesures de densité par la superficie occupée.

En 1993, il y a eu récolte de bois et travaux de remblayage dans le site, et la population principale s’est trouvée enfouie. Selon Gosnell et Stephenson (1996), il serait resté de la population d’origine quelque 160 individus répartis entre 6 colonies, puis il y aurait eu un certain recrutement.

En 1997, une cartographie et un relevé plus complets ont permis de recenser environ 235 individus matures et une cinquantaine de nouveaux individus. Parmi les problèmes qui influent sur le dénombrement des individus mentionnons les pentes très abruptes et des colonies d’individus comportant chacun plusieurs tiges.

La population de London a fait l’objet d’une surveillance de 1997 à 2005, mais n’a pas fait l’objet d’un nouveau recensement. Les colonies ont conservé un effectif plus ou moins stable, d’environ 250 individus, avec un certain recrutement et renouvellement. En 2006, le propriétaire a refusé l’accès au terrain pour un recensement de la population.

Fanshawe

La population de Fanshawe a été redécouverte en 1994. Elle comptait alors environ 8 individus occupant une superficie d’environ 1,5 m de diamètre. Au cours des dix années suivantes, plusieurs des individus de cette population sont morts, apparemment par suite de la pourriture du collet. Aucun recrutement n’a été observé jusqu’en 2005. En 2006, il ne restait aucun des individus de la population d’origine, mais 24 nouveaux individus ont été relevés dans une superficie d’environ 5 m par 6 m.

Ilderton

La population d’Ilderton a été redécouverte en 1996. Elle se composait alors d’un groupe principal d’environ 140 individus et d’un groupe de 20 individus isolés. Le relevé de 2006 a permis de dénombrer un groupe principal de 180 individus, deux autres colonies étalées d’environ 35 et 28 individus et un certain nombre d’individus isolés, pour un total d’environ 255 individus. Un relevé supplémentaire réalisé en mai 2006 a mené à la découverte de deux autres colonies, de 5 et 12 individus, à environ 150 m de la population principale. Il semble donc que la population d’Ilderton se soit légèrement accrue.

Immigration de source externe

Le recrutement à partir des populations les plus proches, situées au Michigan et en Ohio, est peu probable. En effet, ces populations sont situées à de grandes distances des populations de l’Ontario, et le territoire les séparant comprend de vastes étendues d’un habitat non propice au Stylophorum diphyllum, notamment des terres agricoles, des zones urbaines et de grandes étendues d’eau (en l’occurrence, le lac Érié, le lac Sainte-Claire et les rivières Sainte-Claire et Détroit). Il semble par ailleurs que le Stylophorum diphyllum soit dispersé par les fourmis, et on ne connaît aucun agent assurant sa dispersion à grande distance. La survie à long terme du Stylophorum diphyllum au Canada dépend donc de la conservation des trois populations connues.

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Facteurs limitatifs et menaces

Destruction et modification de l’habitat

La destruction de l’habitat (provoquée par le remblayage) a été la principale cause du déclin de la population de London observé en 1994. Malgré son caractère unique, cette perturbation a eu des effets persistants, notamment l’érosion, la sédimentation et la modification des strates de la végétation ligneuse, où les gaules remplacent graduellement les arbres morts et moribonds. Les populations de mauvaises herbes risquant de faire compétition au Stylophorum diphyllum ont également augmenté.

La population d’Ilderton est située à la lisière d’une érablière exploitée et est adjacente à un canal de drainage municipal. Certaines activités menées dans l’érablière, comme l’abattage d’arbres ou l’aménagement de chemins d’accès, risquent de nuire à la population. Plusieurs individus isolés se sont établis dans les débris évacués par le canal de drainage et risquent fort d’être perturbés par de futurs travaux d’entretien.

Lotissement

Comme la population de London se trouve maintenant à l’intérieur des limites de la ville, ce n’est qu’une question de temps avant que les terres adjacentes ne soient aménagées à des fins résidentielles. Le Stylophorum diphyllum et son habitat sont bien sûr protégés en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Déclaration de principes provinciale. Or, certains individus sont établis tout près de la lisière du terrain boisé et subiront assurément les effets des activités d’aménagement par suite d’une augmentation du piétinement, d’une multiplication des espèces envahissantes, d’autres perturbations. Comme le site est situé sur des pentes très abruptes, toute visite constitue une menace pour la plante. Il est effet très difficile de traverser, d’escalader ou de descendre les versants sans endommager le substrat et les plantes.

Espèces envahissantes

L’Alliaria petiolata est abondant dans le site de Fanshawe et peut faire directement compétition au Stylophorum diphyllum et particulièrement les plantules de cette espèce. Dans le cadre d’activités de rétablissement, les rosettes de cette espèce envahissante qui se trouvaient près d’individus établis de S. diphyllum ont été éliminées chaque printemps. La perturbation causée par l’extirpation de ces rosettes a créé des sites propices à la germination des graines et à la croissance des plantules du S. diphyllum et semble y avoir entraîné une diminution des effectifs de l’A. petiolata en 2006. En revanche, la population d’A. petiolata va croissant dans les sites de London et d’Ilderton.

La renouée du Japon (Polygonum cuspidatum) est présente dans le site de London. Des mesures de lutte y ont été appliquées pour empêcher sa propagation, mais n’ont pas encore permis de l’éradiquer. Le géranium de Robert (Geranium robertianum), dont nombre de plantules ont été observées sous des individus adultes de Stylophorum diphyllum et autour de ceux-ci, y est également préoccupant, car il pourrait faire compétition aux plantules du S. diphyllum.

Prédation des graines

On a observé une prédation des graines par des cerfs de Virginie et des marmottes communes qui se nourrissaient de capsules et par des souris qui mangeaient les graines tombées sur le sol. Le broutage semble être limité et ne devrait pas constituer un facteur limitatif important pour les populations de London ou d’Ilderton. En revanche, la prédation des graines par les souris peut constituer un facteur limitatif important qui toucherait le recrutement à Fanshawe, où la population est très réduite (Bowles, 2000).

Intrusion et activités récréatives

La population de London est située dans un secteur où circulent de nombreux vélos de montagne. On voit parfois surgir des sentiers non autorisés, certains près du peuplement de Stylophorum diphyllum.

En 1998, la relocalisation d’un sentier, qui était situé non loin de la population de Fanshawe, a permis de réduire le risque de piétinement.

Contamination génétique

Le Stylophorum diphyllumest une plante attrayante et est vendu dans les jardineries du sud de l’Ontario. On ne connaît pas l’origine des plantes en vente sur le marché, mais elles viennent sûrement des États-Unis. Sachant la plante indigène, certains jardiniers amateurs bien intentionnés l’ont introduite dans des ravins et d’autres zones naturelles, mais ils ne tiennent habituellement aucun registre de ces introductions. Or, selon les résultats préliminaires d’analyses génétiques (Galbraith, comm. pers., 2005), les populations canadiennes pourraient être génétiquement distinctes de celles des États-Unis. Elles risquent donc d’être génétiquement contaminées par celles des États-Unis, et il est fort possible que le rétablissement soit difficile à suivre à cause de l’impossibilité de distinguer les populations indigènes des populations introduites en se fondant sur l’aspect de la plante.

Autres facteurs naturels ou anthropiques

En raison de son aspect frappant, surtout pendant la floraison, les jardiniers amateurs de fleurs sauvages, qui chercheraient à transplanter des individus ou à récolter des graines, ou les photographes et les naturalistes, qui risqueraient de piétiner, pourraient présenter une menace pour la population de Stylophorum diphyllum.

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Importance de l'espèce

L’arille caronculé, ou élaïosome, est un organe huileux, charnu et voyant qui enveloppe la graine du Stylophorum diphyllum et qui semble attirer les fourmis (Gates, 1943; Nordhagen, 1959; Bowles, obs. pers.). La teneur en lipides totaux de l’élaïosome du Stylophorum diphyllum a été analysée et s’est avérée très élevée. Ces lipides renfermaient les acides gras suivants : acide palmitique, 48 p. 100; acide oléique, 41,9 p. 100; acide linoléique, 5,2 p. 100; acide palmitoléique, 1,9 p. 100; acide stéarique, 1,7 p. 100 (Draper, comm. pers., 1997). D’après les résultats d’expériences sur le terrain, les fourmis, et les souris, sont des prédateurs des graines du S. diphyllum. Les escargots et les limaces en consomment parfois l’élaïosome (Bowles, données inédites).

En général, les plantes de la famille des Papavéracées sont riches en certains alcaloïdes, dont de puissants narcotiques possédant des propriétés médicinales ou toxiques (Ernst, 1962). Cette famille se caractérise également par un latex âcre qui devient généralement foncé en séchant. Selon Gunn et Seldin (1976), le rhizome et le latex de couleur safran du Stylophorum diphyllum n’ont aucun usage connu. Moerman (1998) ne mentionne aucun usage du S. diphyllumpar les peuples autochtones de l’Amérique.

En raison de ses fleurs voyantes, le Stylophorum diphyllum est recherché par certains comme plante ornementale. Une fois établie, la plante est facile à cultiver dans les jardins floraux ombragés, où elle se ressème en abondance pour former de grands peuplements. L’espèce a été introduite en Europe comme plante ornementale en 1854 (Boynton, 1918) et est vendue dans les pépinières du sud de l’Ontario.

Les populations canadiennes du Stylophorum diphyllum sont situées à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce et sont isolées. Un certain nombre d’autres espèces présentes dans le sud de l’Ontario ont une répartition similaire. Les populations situées à l’extrémité de l’aire de répartition de l’espèce génétiquement distincte revêtent une grande importance pour la diversité de l’espèce.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Stylophorum diphyllum figure actuellement sur la liste des espèces en voie de disparition de l’Ontario, protégées en vertu de la Loi sur les espèces en voie disparition de la province, ainsi que sur la liste des espèces péril (COSEPAC, 2000) de l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Il fait également l’objet d’un programme de rétablissement (Bowles, 2007). La mise sur pied de l’équipe de rétablissement remonte à 1997. Diverses mesures ont été prises au cours des sept années suivantes et ont permis de mieux comprendre les caractéristiques de l’espèce au Canada et d’atténuer les risques auxquels celle-ci était exposée. Ainsi, de nouveaux relevés ont permis de découvrir une nouvelle population, deux populations ont été établies ex situ, des données complémentaires sur la biologie de l’espèce ont été compilées, des expériences in situ ont permis de mieux comprendre la prédation des graines, on a éliminé les rosettes de l’envahissante alliaire officinale se trouvant à proximité de certains individus de la population de Stylophorum diphyllum de Fanshawe, et l’habitat essentiel a été désigné.

Le tableau 1 indique le statut officiel de l'espèce dans les différents États des États-Unis où elle est présente.

Tableau 1. Statut du Stylophorum diphyllum dans divers États des États-Unis
StatutÉtatSource
S1 (gravement en péril)
  • Alabama
  • Georgie
  • (Alabama NHP, 2006)
  • (Georgia DNR, 2006)
S2 (en péril)Virginie(Virginia DCR, 2006)
S3 (rare)Arkansas(Arkansas NHC, 2006)
S4 (apparemment non en péril)Virginie-Occidentale(NatureServe, 2006)
S5 (non en péril)Kentucky(NatureServe, 2006)
Espèce exotiqueDelaware, Maryland(NatureServe, 2006)
Espèce non classée ou en cours d’examenIllinois, Indiana, Ohio, Michigan, Missouri, Tennessee, Wisconsin(NatureServe, 2006)

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Résumé technique

Stylophorum diphyllum

Stylophore à deux feuilles – Wood-poppy

Répartition au Canada : sud de l'Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada : 150 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue) : Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? Non
Superficie de la zone d’occupation (km²)
[La superficie actuelle où se trouvent trois populations mesure moins de 1 ha.] :
3 km², d’après une grille de 1 km par l km, et 12 km², d’après une grille de 2 km par 2 km
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue) : En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)? Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés : 3
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue) : Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)? Non
Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue) : En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc : 5 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles) : ~ 530
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue: Diminution majeure, suivie d’une stabilité ou d’une légère augmentation
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines
dix années ou trois générations, selon la plus élevée des
deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
~ 35 %
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)? Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin,
stable, en croissance, inconnue)
:
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? Non

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune:

London : ~ 250
Fanshawe : 24
Ilderton : 255

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Destruction et modification de l’habitat
  • Lotissement
  • Espèces envahissantes
  • Prédation des graines
  • Intrusion et activités récréatives
  • Contamination génétique
  • Dommages dûs au piétinement
  • Récolte

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur? États-Unis :
[autres compétences ou organismes] : Voir le tableau 1
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnue, très peu probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes
existe-t-elle?
Non

Analyse quantitative

s.o.

Statut actuel

COSEPAC : En voie de disparition (2000, 2007)

MRN : En voie de disparition

Statut et justification de la désignation

Statut: En voie de disparition

Code alphanumérique : En voie de disparition, B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation : Une remarquable herbe vivace des terrains boisés caroliniens qui est confinée en trois petites populations grandement fragmentées occupant de très petites zones. La qualité de l'habitat diminue en raison de la présence de plantes envahissantes et de la perturbation de l’habitat par les activités récréatives, qui augmentent le risque de piétinement. D’autres perturbations potentielles de l'habitat pourraient survenir avec l'expansion de l’aménagement domiciliaire et d'autres activités commerciales près de deux sites. L’espèce est couramment en vente dans les pépinières, mais les plantes de jardin cultivées au Canada proviennent probablement de stocks des États-Unis. L’évaluation du COSEPAC n’inclut pas les plantes cultivées.

Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Menacée, A2ace Une diminution de 35 % des populations depuis trois générations et une diminution continue de la qualité de l’habitat compte tenu des menaces continues que représentent les espèces exotiques envahissantes et d’autres facteurs.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : En voie de disparition B1ab(iii)+2ab(iii) La limite de la zone d’occurrence et de la zone d’occupation est inférieure à la catégorie « en voie de disparition », et trois emplacements sont grandement fragmentés compte tenu d’une diminution continue de la qualité de l’habitat.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Menacée, C2a(i) Aucune population ne compte plus de 1 000 individus matures, mais l’espèce correspond presqu’à la catégorie « en voie de disparition » étant donné qu’une seule population dépasse à peine le cap de 250 individus mature.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Menacée, D1+2 Moins de 1 000 individus matures et seulement trois populations occupant une zone d’occupation de moins de 20 km².

Critère E (Analyse quantitative) : Non disponible

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Remerciements et experts contactés

Les rédacteurs sont reconnaissants envers les membres de l’équipe de rétablissement du stylophore à deux feuilles qui ont fourni une rétroaction et une aide et, particulièrement, envers les propriétaires qui ont permis l’accès à leurs propriétés.

Les personnes qui suivent possèdent des connaissances sur les populations existantes et historiques du stylophore à deux feuilles et ont prêté assistance dans le cadre des études sur l’espèce ou des recherches d’autres populations.

Michael J. Oldham, botaniste, Centre d'information sur le patrimoine naturel, Peterborough (Ontario)

  • rédacteur du rapport de situation initial
  • connaissance de la flore dans le comté de Middlesex

David Galbraith, conservation et recherche, Jardins botaniques royaux, Hamilton (Ontario)

  • études génétiques sur le Stylophorum diphyllum
  • établissement ex situ de la population au Jardins botaniques royaux

David Stephenson, expert-conseil, Natural Resources Solutions, Guelph (Ontario)

  • découverte de la population du Stylophorum diphyllum à London en 1987
  • réalisation d’un inventaire des sciences biologiques du site du Stylophorum en 1987

Marjory Dufton, naturaliste, London (Ontario)

  • découverte et photographie de la population du Stylophorum diphyllum de Fanshawe au début des années 1970

James B. Phipps, professeur émérite, Departmentof Biology, University of Western Ontario, London (Ontario)

  • découverte de la population du Stylophorum diphyllum à Ilderton en 1972

Brenda Gallagher, technicienne, Upper Thames Conservation Authority, London (Ontario)

  • connaissance des populations de London et d’Ilderton

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Sources d’information

Alabama Natural Heritage Program. 2006. Alabama Inventory List – The Rare, Threatened, & Endangered Plants and Animals of Alabama, juin 2006. (PDF, 1,29 Mo, consulté le 15 décembre 2006).

Argus, G.W., K.M. Pryer, D.J. White et C.J. Keddy (éd.). 1982-1987. Atlas des plantes vasculaires rares de l'Ontario, parties I, II, III et IV, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, Looseleaf.

Arkansas Natural Heritage Commission. 2006. Rare species search engine. (consulté le 17 décembre 2006).

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

J. Bowles

Jane M. Bowles a obtenu un doctorat de la University of Western Ontario en 1980. Elle travaille comme écologiste autonome dans le sud de l’Ontario depuis plus de 25 ans et a effectué des inventaires des sciences biologiqueset des recherches dans les domaines de l’écologie de la conservation et des espèces en péril. Elle mène des études sur le Stylophorum diphyllum et des activités de rétablissement de cette espèce depuis 1997, et elle est auteure du programme de rétablissement. Elle est membre du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC depuis 2002 ainsi que du Comité de détermination du statut des espèces en péril de l'Ontario depuis 2006. Elle fait également partie des équipes de rétablissement du stylophore à deux feuilles, du chardon de Pitcher et des dunes herbeuses du lac Huron, de la prairie à grandes graminées, de la forêt carolinienne et des écosystèmes du territoire de la Première nation Walpole. Depuis 1995, elle est professeure adjointe à la University of Western Ontario, où elle est également conservatrice de l’herbier et directrice de l’arboretum Sherwood Fox.

S. Brinker

Samuel R. Brinker a obtenu un baccalauréat en sciences de l’environnement de la University of Waterloo. Il effectue depuis plus de huit ans des recherches sur les espèces en péril et des évaluations de zones naturelles. Il a commencé par réaliser des relevés sur le terrain à titre de biologiste et a effectué l’inventaire des espaces naturels de la ville de Hamilton. Par la suite, il a occupé différentes fonctions au sein de Parcs Ontario, puis il s’est joint au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, où il a été naturaliste de parc, puis biologiste des espèces en péril. M. Brinker travaille actuellement comme écologiste-conseil et effectue des évaluations portant sur diverses espèces de plantes vasculaires et de reptiles en péril. Il réalise également des inventaires de milieux humides et des inventaires des sciences biologiques dans des parcs et des zones protégées. Il fait également partie de l’équipe de rétablissement de la bartonie paniculée (Bartonia paniculata ssp. paniculata) et a participé à l’élaboration du programme de rétablissement écosystémique de l’oponce de l’Est et des savanes des flèches de sable du lac Érié.

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Collections examinées

Aucun spécimen d'herbier n'a été examiné pour la mise à jour du présent rapport de situation.

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