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Information sur l'espèce

La morue

La morue est un poisson de mer présent sur les plateaux continentaux de l’Atlantique Nord-Ouest et de l’Atlantique Nord-Est. Elle a la forme   caractéristique des gadidés, présentant notamment trois nageoires dorsales et deux nageoires anales, ainsi qu’une couleur qui varie sur toute l’aire de distribution et qui peut tirer tant sur le noir que sur le rouge, en passant par le brun. Sa chair blanche et ferme en fait un poisson idéal pour le séchage et le salage. En général, la taille de la morue à maturité se situe entre 45 et 55 cm, quoique ces dernières années on en ait observé des spécimens adultes plus petits, particulièrement dans l’est du plateau néo-écossais.

Dans les eaux canadiennes, l’aire de distribution de la morue va du banc Georges, à Terre-Neuve et au Labrador, et jusqu’aux eaux situées au large de l’île de Baffin plus au nord. On trouve aussi de la morue dans la région adjacente aux eaux canadiennes des extrémités nord-est et sud-est des Grands Bancs et du Bonnet flamand.

La morue est une espèce à ponte fractionnée, qui pond ses œufs à divers moments sur une période de 3 à 6 semaines. Au stade juvénile, elle a besoin d’un habitat varié comportant des structures verticales comme des zostères et des coraux qui la protègent de ses prédateurs. On connaît mal les besoins de la morue adulte en matière d’habitat, mais la température et les sources de nourriture semblent  être des facteurs déterminants de sa distribution et de son abondance. 

La morue adulte a une alimentation variée. Des analyses des contenus stomacaux de certaines morues ont révélé la présence de poissons comme le capelan, le lançon, le hareng, le sébaste et la tanche-tautogue, ainsi que de nombreux invertébrés comme les encornets, les moules et les ophiures. Au stade larvaire, la morue se nourrit surtout d’amphipodes et de copépodes, mais au stade juvénile elle se nourrit de  crustacés et d’euphausiacés.

Évaluation du COSEPAC

Le COSEPAC a évalué quatre populations de morue en mai 2004 : celle de Terre-Neuve et du Labrador, celle du Nord laurentien, celle des Maritimes et celle de l’Arctique Le présent guide ne porte que sur la population de morue des Maritimes, qui, aux fins de gestion, a été définie par le MPO comme étant composée de cinq stocks distincts : 1) le stock du sud du golfe du Saint-Laurent (division 4T de l’OPANO), 2) le stock du détroit de Cabot (division 4Vn de l’OPANO), 3) le stock de l’est du plateau néo-écossais (divisions 4VsW de l’OPANO), 4) le stock de la baie de Fundy et de l’ouest du plateau néo-écossais (division 4X de l’OPANO) et 5) la morue de la partie canadienne du banc Georges(division 5Zej,m de l’OPANO). Le COSEPAC justifie ainsi la désignation de la population de morue des Maritimes comme préoccupante :

Attention spéciale:

Les morues franches dans le Sud du golfe du Saint-Laurent, sur l'ensemble du plateau néo-écossais et dans le golfe du Maine comprennent un assemblage hétérogène de stocks qui connaissent de faibles niveaux d'abondance en tant que groupe. Ces niveaux ne sont pas sans précédents pour la morue dans le Sud du golfe, le Sud-Ouest du plateau néo-écossais, la baie de Fundy et le banc Georges, mais celles se trouvant dans l'Est du plateau néo-écossais sont à des niveaux historiques les plus bas et connaissent un déclin continu en l'absence de la pêche dirigée. Dans l'ensemble, la morue de la région entière a connu un déclin de 14 p. 100 au cours des 30 dernières années et a fait preuve d'une vulnérabilité aux activités anthropiques. Les menaces à la persistance comprennent la pêche dirigée, les prises accessoires dans d'autres pêches, la prédation naturelle et les changements naturels et ceux produits par la pêche sur l'écosystème.

Menaces qui pèsent sur la morue

Toutes les formes d’exploitation que sont la pêche dirigée, les prises accessoires, la pêche illégale, les déclarations erronées, les rejets et la prédation naturelle sont considérées comme des causes possibles de l’absence de rétablissement des stocks de morue. La pression de pêche peut aussi avoir contribué à des changements génétiques, comme l’arrivée à maturité à un plus jeune âge et des taux de croissance plus faibles. Cela, associé à des changements dans l’écosystème dus à des causes naturelles et à la pêche, par exemple les modifications de l’habitat, et à des changements dans les interactions entre espèces, a contribué à une hausse des taux de mortalité parmi la population de morue des Maritimes.

Protection de la morue

Des mesures de conservation destinées à protéger la population de morue des Maritimes sont en place. Les stocks dans lesquels la biomasse et la production restent basses (4VsW et 4Vn, mai-novembre) font l’objet d’un moratoire limitant les captures à la plus faible quantité possible de prises accessoires (soit moins de 150 tonnes par an). Dans le cas de stocks qui ne sont pas assujettis à un moratoire, la protection est assurée au moyen de Plans de gestion intégrée de la pêche (PGIP), dans le cadre desquels la mortalité par pêche totale est régie par un total autorisé des captures (TAC). On surveille le risque de dépassement du TAC au moyen d’un Programme de vérification à quai (PVQ) et par l’affectation d’observateurs dans les secteurs préoccupants.

Parmi les mesures de conservation qui ont été adoptées, il faut citer une taille limite applicable aux captures et des fermetures saisonnières aux sites des frayères pour empêcher de nuire aux poissons reproducteurs. Dans le cas du stock de 4T en particulier, une fermeture à longueur d’année est en vigueur dans la vallée de Shediac, qui a été reconnue comme zone d’alevinage. 

Conséquences possibles pour les intervenants

Une fois la morue ajoutée à la liste de la Loi sur les espèces en péril, les activités qui touchent cette espèce ou son habitat pourraient faire l’objet d’un examen minutieux. Les interdictions générales ne s’appliquent pas aux espèces préoccupantes. Un plan de gestion serait élaboré aux termes de la LEP et diverses mesures pourraient être mises en œuvre pour assurer la conservation de la population de morue des Maritimes.

Ces mesures sont susceptibles d’avoir des répercussions diverses sur les intervenants concernés. La liste suivante n’étant pas exhaustive, nous vous invitons à profiter de la présente consultation pour signaler les omissions qu’elle comporte.

Autochtones

Les peuples autochtones seront invités à participer à l’élaboration d’un plan de gestion de la population de morue des Maritimes. Il est possible que soient envisagées des stratégies de gestion ayant des répercussions sur les peuples autochtones qui pratiquent une pêche commerciale dans des eaux fréquentées par la morue.

Industrie de la pêche

Si une activité de pêche particulière est jugée menaçante pour la survie d’une espèce inscrite sur la liste, des mesures de gestion seront prises pour éliminer la menace. Il pourrait notamment s’agir d’accroître la présence d’observateurs dans certaines zones, de fermer des zones à la pêche, de faire modifier les engins ou d’adopter d’autres mesures élaborées en collaboration avec l’industrie pour éliminer ou réduire les interactions avec l’espèce considérée.

Industrie du pétrole et du gaz

On connaît mal les effets des activités de l’industrie du pétrole et du gaz sur les populations de poisson de fond. Il se peut que la prospection sismique ait un effet délétère sur les poissons démersaux ainsi que sur les larves et leurs œufs. Les projets d’activités pétrolières et gazières visés par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) devront, conformément à cette loi, tenir compte des effets de ces activités sur les espèces inscrites sur la liste de la LEP.

Opérations militaires

Il est possible qu’on demande aux Forces maritimes de l’Atlantique d’établir des lignes directrices pour leurs exercices et pour la restauration du milieu sous-marin dans des zones d’habitat de la morue. Il se pourrait aussi qu’on leur demande de s’abstenir de procéder à certains types d’exercice dans ces zones. Tel qu’il est indiqué dans la LEP, ces exigences pourraient être levées en cas d’urgence ou pour des motifs de sécurité nationale.

 Activités scientifiques

 Il est possible que les personnes qui veulent effectuer des recherches sur la morue ou dans des zones faisant partie de son habitat aient à se conformer à des consignes strictes. Cela pourrait avoir pour effet de limiter le type et/ou la durée des recherches autorisées sur la morue et d’accroître les délais de planification des projets de recherche.