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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'héliotin d'Aweme (Schinia avemensis) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’héliotin d'Aweme
Schinia avemensis
au Canada

l’Héliotin d'Aweme (Schinia avemensis)

Espèce en voie de disparition 2006


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Héliotin d'Aweme (Schinia avemensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vi + 30 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Gary G. Anweiler qui a rédigé le rapport de situation sur l’héliotin d’Aweme (Schinia avemensis) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Theresa B. Fowler, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Gold-edged Gem Schinia avemensis in Canada.

Illustration de la couverture

Héliotin d'Aweme – fournie par Gary G. Anweiler.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
PDF : CW69-14/448-2005F-PDF
ISBN 0-662-74257-5
HTML : CW69-14/448-2005F-HTML
ISBN 0-662-74258-3

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 2006

Nom commun : Héliotin d'Aweme

Nom scientifique : Schinia avemensis

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Ce papillon nocturne est un spécialiste de l'habitat qui requiert des dunes actives ou des creux de déflation avec des populations de sa seule plante hôte des chenilles. Il a été observé dans seulement deux petites populations au Canada et deux populations aux États-Unis. Un déclin à grande échelle dans l'habitat de dunes actives au cours des 100 dernières années a probablement résulté en une diminution correspondante du nombre de papillons. Il ne reste que de très petites parcelles éparses et isolées d'habitat convenable, totalisant environ 6 km². Ces papillons sont menacés par la perte d'habitat découlant de la stabilisation des dunes actives par des végétaux indigènes et introduits ainsi que par le surpâturage de la plante hôte des chenilles, qui entraîne des impacts importants pour les petites populations isolées du papillon. La population la plus proche du papillon aux États-Unis est située à environ 1 200 km au sud, au Colorado; l'immigration d'individus vers la population du Canada n'est donc pas possible.

Répartition : Alberta, Saskatchewan et Manitoba

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Résumé

Héliotin d'Aweme
Schinia avemensis

Information sur l’espèce

L’héliotin d’Aweme est un lépidoptère nocturne (hétérocère) de la famille des Noctuidés (noctuelles, vers-gris, légionnaires, etc.) et de la sous-famille des Héliothinés (héliotins). Il est de petite taille (envergure de 16-20 mm) et vole le jour. Ses ailes antérieures sont verdâtre-brun et marron, ou principalement marron, et sont traversées de deux bandes partielles ocre-jaune; leurs bords distaux sont en très grande partie couverts d’une bande jaune bien visible (d’où le nom commun de l’espèce). On n’a pas trouvé de sous-espèce. Les stades immatures (œuf, chenille et chrysalide) ne sont pas décrits.

Répartition

Au Canada, on connaît deux populations disjointes de l’espèce dans l’écozone des Prairies dans le sud des provinces des Prairies. L’une de ses populations ne compte qu’un site, dans le sud-ouest du Manitoba, tandis que l’autre compte trois sites existants et un site historique, dans le sud-ouest de la Saskatchewan et le sud-est de l’Alberta. L’espèce ne compte que trois autres sites dans le monde, tous au Colorado.

Habitat

L’héliotin d’Aweme est toujours observé dans des dunes actives et des creux de déflation, en association étroite avec la plante hôte de la chenille. L’habitat propice semble consister en des colonies de la plante hôte poussant sur des dunes actives où une source de nectar adéquate est présente pour les adultes.

Biologie

Les adultes sont actifs durant le jour. On peut les voir se reposer sur les plantes qui servent d’hôtes aux chenilles ou voler parmi ces plantes, ou se reposer ou s’alimenter de nectar sur des fleurs voisines. L’espèce est univoltine (une génération par année), les adultes des populations canadiennes étant présents du 10 juillet au 20 août. La seule plante hôte connue des chenilles est l’hélianthe des prairies, espèce indigène, et une espèce d’herbe-squelette est la principale source de nectar pour les adultes.

Taille et tendances des populations

Le nombre de sites canadiens de l’espèce semble stable. Par manque de données, on ne peut produire d’estimations démographiques fiables. Toutefois, selon les observations récentes faites à tous les sites canadiens connus, on croit qu’il y avait au Canada entre 700 et 6 000 adultes en 2004-2005.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitatif est la disponibilité de dunes actives ou de dunes avec creux de déflation, abritant des colonies de la plante hôte de la chenille.

La survie à long terme de l’espèce semble principalement menacée par la perte d’habitat résultant de la stabilisation des dunes actives par des végétaux tant indigènes qu’introduits. Ce processus naturel s’est probablement accéléré depuis la colonisation humaine, ce qui a entraîné une réduction du nombre et de l’étendue des feux de friche. Le broutage excessif des hélianthes des prairies pourrait nuire grandement aux petites populations isolées d’héliotin d’Aweme.

Importance de l’espèce

L’héliotin d’Aweme est une espèce qui ne vit que dans les dunes et dont on ne connaît que deux petites populations au Canada et deux populations aux États-Unis (au Colorado).

Protection actuelle

La population manitobaine se trouve principalement, voire entièrement, dans le parc provincial Spruce Woods; elle pourrait aussi s’étendre jusque dans la BFC Shilo adjacente, laquelle relève du gouvernement fédéral. Deux des quatre sites de l’espèce en Alberta et en Saskatchewan, soit celui de Bindloss (Alberta) et de Burstall (Saskatchewan) se trouvent sur des propriétés privées, un troisième (lac Pakowki, en Alberta) se trouvant sur un terrain provincial loué; le lieu exact du quatrième site, historique, est inconnu.

Ni l’organisme Nature Conservancy (NatureServe) ni les trois provinces ou l’héliotin d’Aweme est présent n’ont attribué de classement de conservation à l’espèce. Le papillon ne figure pas sur les listes de la CITES, de l’UICN ni du US Fish and Wildlife.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagea

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee

Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom commun:
héliotin d'Aweme - Jean-François Landry, 2004
Nom anglais:
Gold-edged Gem - Hooper, 1996
Ordre:
Lépidoptères (papillons)
Superfamille:
Noctuoïdés
Famille:
Noctuidés (noctuelles, vers-gris, légionnaires, etc.)
Sous-famille:
Héliothinés (héliotins
Genre:
Schinia
Espèce:
avemensis (Dyar, 1904)

Aucune sous-espèce n’a été trouvée. Les spécimens du Manitoba ont une apparence nettement différente de ceux de l’Alberta, ces derniers ayant une apparence intermédiaire entre ceux du Manitoba et ceux du Colorado. Chuck Harp examine actuellement le statut taxinomique de ces populations dans le cadre d’une vaste révision des Héliothinés d’Amérique du Nord (C. Harp, comm. pers., 2004)

Synonymes:
L’espèce a initialement été décrite sous le nom de Pseudotamila avemensis Dyar.
Numéro de catalogue dans Moths of North America (MONA):
11100
Numéro d’identification du réseau de programmes du patrimoine naturel (Heritage Identifier Number):
IILEYMP180
Citation bibliographique:
Dyar, 1904. New species of North American Lepidoptera and a new limacodid, Journal of the New York Entomological Society 12:39-44.
Spécimens types:
Deux syntypes mâles (dont l’un apparemment perdu) - CAN., Manitoba, Aweme. Le spécimen type restant est déposé au United States National Museum, sous le numéro 7734 (Hardwick, 1996).

Description morphologique

L’héliotin d’Aweme (figure 1) est un petit (envergure de 16-20 mm) lépidoptère nocturne (hétérocère) actif le jour. Les ailes antérieures présentent une couleur de fond verdâtre-brun et marron à presque entièrement marron, et sont traversées par deux bandes partielles ocre-jaune; leurs bords distaux sont en très grande partie couverts d’une bande jaune bien visible (d’où le nom commun de l’espèce). Les ailes postérieures et la plus grande partie du corps sont noires. Les femelles sont légèrement plus grosses et plus foncées que les mâles. La face ventrale est semblable chez les deux sexes, soit noire avec une tache blanche bien visible en forme de coin couvrant l’apex de l’aile antérieure. Hardwick (1958) donne une description systématique de l’espèce, incluant une description et des illustrations des organes génitaux du mâle et de la femelle.

Figure 1. Héliotins d’Aweme. De gauche à droite : face dorsale d’un mâle du Manitoba et d’une femelle de l’Alberta; face ventrale d’une femelle de l’Alberta.

Figure 1. Héliotins d’Aweme. De gauche à droite : face dorsale d’un mâle du Manitoba et d’une femelle de l’Alberta; face ventrale d’une femelle de l’Alberta.

Les spécimens du Colorado sont beaucoup plus foncés que ceux du Manitoba. Les écailles verdâtre-brun des ailes antérieures des spécimens du Manitoba prennent une coloration marron foncé chez les spécimens du Colorado, dont les marques jaunes sont réduites. L’apparence des spécimens de l’Alberta est intermédiaire, mais plus proche de celle des spécimens du Colorado. Le site Web « Papillons nocturnes du Canada » présente une illustration couleur d’un spécimen du Manitoba, tandis que Hardwick donne une illustration couleur d’un spécimen du Colorado (Hardwick, 1996, figure L10).

Les stades immatures (œuf, chenille et chrysalide) ne sont pas décrits.

Description génétique

Il n’existe aucune donnée sur la structure génétique des populations d’héliotin d’Aweme. Une distance d’environ 750 km sépare la population du Manitoba de celle de l’Alberta et de la Saskatchewan, et la population de l’Alberta et de la Saskatchewan se trouve à environ 1 200 km du site du Colorado le plus proche. Il est fortement improbable qu’il y ait flux génique entre ces trois populations.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition mondiale de l’héliotin d’Aweme s’étend depuis le parc provincial Spruce Woods, dans le sud-ouest du Manitoba, vers l’ouest jusque dans l’est de l’Alberta, et, vers le sud, jusque dans le sud du Colorado (É.-U.) (figure 2). La zone d’occurrence mondiale de l’espèce couvre au plus environ 340 600 km². On y trouve quatre populations disjointes, deux au Canada et deux au Colorado.

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne, tant actuelle qu’historique, s’étend depuis le sud-ouest du Manitoba jusque dans le sud-est de l’Alberta. La zone d’occurrence au Canada est d’environ 70 500 km². La zone d’occupation connue ne comprend que quatre petits secteurs de dunes actives ou de creux de déflation totalisant une superficie d’environ 1,5 km² (G. Anweiler, inédit; C. Schmidt, comm. pers., 2004). Il existe également ici et là dans l’ensemble de la zone d’occurrence de l’héliotin d’Aweme dans le sud-est de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan un certain nombre de plus petits secteurs où pourrait vivre l’espèce. On estime à moins de 3-5 km² la superficie totale de ces milieux constituant un habitat de moindre qualité, du fait de leur fragmentation extrême et de leur petite taille individuelle.\

Figure 2. Endroits où des héliotins d’Aweme ont été capturés

Figure 2. Endroits où des héliotins d’Aweme ont été capturés.

Deux endroits où l’espèce a été observée en Saskatchewan et en Alberta sont distants d’environ 50 km, et ces deux endroits sont chacun distants d’environ 180 km du troisième endroit occupé par l’espèce en Alberta (lac Pakowki). La distance entre la population de l’Alberta et de la Saskatchewan et la population du Manitoba est d’environ 750 km.

Il y a d’abondantes formations dunaires dans le sud-ouest de la Saskatchewan (dunes de la région des lacs Bigstick et Crane, dunes Great [Great Sand Hills], dunes de Burstall [Burstall Sand Hills]) et dans le sud de l’Alberta (dunes Middle [Milddle Sand Hills], dunes d’Empress), lesquelles renferment des dunes actives et des creux de déflation (David, 1977; G. Anweiler, données inédites) qui abritent très probablement quelques autres colonies d’héliotin d’Aweme.

Les aires de répartition historique et actuelle de l’héliotin d’Aweme sont essentiellement identiques. La présence de l’espèce dans le sud de la Saskatchewan et de l’Alberta a été insoupçonnée jusqu’en 2004, mais un spécimen de musée jusqu’alors non identifié recueilli en 1939 à Medicine Hat, dans le sud-ouest de l’Alberta, a révélé que l’espèce était présente dans la région depuis de nombreuses années (C. Schmidt, comm. pers., 2004).

Toutes les populations canadiennes d’héliotin d’Aweme vivent dans l’aire écologique nationale des Prairies (COSEPAC, 2003). Le site du Manitoba se trouve dans l’écorégion de la prairie-parc à trembles dans un secteur humide à subhumide; les sites de la Saskatchewan et de l’Alberta se trouvent dans l’écorégion de la prairie mixte, plus aride (Wolfe, 1997; Padbury et Acton, 1991).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’habitat de l’héliotin d’Aweme se limite aux dunes actives et aux creux de déflation dunaires. L’espèce n’a été trouvée que dans des zones de sable mobile ou juste à côté de telles zones (J. Troubridge, comm. pers., 2004; C. Harp, comm. pers., 2004; B. C. Schmidt, comm. pers., 2004; .G. Anweiler, données inédites). Dans ces milieux, l’héliotin d’Aweme vit en association étroite avec des colonies de sa seule plante hôte connue, l’hélianthe des prairies (Helianthus petiolaris Nutt.) (Hardwick, 1996) (figure 3). Aux sites situés près de Bindloss et du lac Pakowki, en Alberta, le papillon n’a été observé qu’autour d’hélianthes poussant au centre du creux de déflation (B.C. Schmidt, comm. pers., 2004; G.G. Anweiler, données inédites).

L’habitat doit aussi compter une source de nectar adéquate pour les adultes. Dans les quatre populations pour lesquelles des données existent, les seules fleurs sur lesquelles on a vu l’héliotin d’Aweme s’alimenter sont celles de l’herbe-squelette commune (Lygodesmia juncea [Pursh] D. Don ex Hook.). (C. Harp, comm. pers., 2004; B.C. Schmidt, comm. pers., 2004; G. Anweiler, données inédites).

Il existe dans le sud des provinces des Prairies d’importants champs de dunes fixées, mais les dunes actives et les creux de déflation sont rares et ne représentent qu’une très petite partie de la superficie totale de champs de dunes; nombre de dunes sont totalement dépourvues de zones notables de sable mobile (David, 1977; S. Wolfe, comm. pers., juillet 2004). L’habitat favorable à l’héliotin d’Aweme est donc extrêmement fragmenté et réparti en petits îlots. Les dunes actives peuvent aussi n’abriter ni héliotins ni hélianthes, possiblement à cause de facteurs tels la topographie et l’humidité (grandes nappes de sable plates plutôt qu’une alternance de crêtes et de creux) et la taille des particules de sable. Le grand secteur de dunes actives des dunes Great, au sud de Prelate (Saskatchewan) et le secteur adjacent des dunes de Burstall présentaient plutôt des nappes de sable et leur relief étant peu prononcé (figure 7). Ces milieux paraissaient aussi constitués d’un sable fin ayant formé une fine croûte superficielle. La végétation y était très éparse ou absente, sauf dans les bordures dunaires et le versant actif des dunes. Seules deux espèces de plantes y étaient abondantes, soit la psoralée lancéolée (Psoralea lanceolata [Pursh]) et la patience veinée (Rumex venosus Pursh); l’hélianthe des prairies y était totalement absent, mais des individus épars poussaient dans les prairies adjacentes et, au site de Burstall, le long de routes passant non loin (G. Anweiler, données inédites).

Figure 3. Colonie d’hélianthe des prairies occupée par l’héliotin d’Aweme aux dunes Spirit, dans le parc national Spruce Woods (Manitoba). Les hélianthes se trouvent au bas de la pente à la bordure du sable mobile. Le 4 août 2004.

Figure 3. Colonie d’hélianthe des prairies occupée par l’héliotin d’Aweme aux dunes Spirit, dans le parc national Spruce Woods (Manitoba). Les hélianthes se trouvent au bas de la pente à la bordure du sable mobile. Le 4 août 2004.

Figure 4. Dunes de Burstall (Saskatchewan). On y voit des nappes de sable dans un relief peu accentué, avec peu de végétation. Les plantes à l’arrière-plan sont des psoralées lancéolées. Le 6 août 2004.

Figure 4 Dunes de Burstall (Saskatchewan). On y voit des nappes de sable dans un relief peu accentué, avec peu de végétation. Les plantes à l’arrière-plan sont des psoralées lancéolées. Le 6 août 2004.

Figure 5. Peuplement massif d’hélianthe des prairies dans un champ en jachère, à l’est de Burstall (Saskatchewan). Le 6 août 2004.

Figure 5. Peuplement massif d’hélianthe des prairies dans un champ en jachère, à l’est de Burstall (Saskatchewan). Le 6 août 2004.

Figure 6. Hélianthes des prairies en pleine floraison sur un front dunaire, dans les dunes Spirit dans le parc provincial Spruce Woods (Manitoba). Le 27 août 2004.

Figure 6. Hélianthes des prairies en pleine floraison sur un front dunaire, dans les dunes Spirit dans le parc provincial Spruce Woods (Manitoba). Le 27 août 2004.

Figure 7. Hélianthes des prairies poussant dans le terrain perturbé d’une route et d’un coupe-feu de la Base des forces canadiennes (BFC) Shilo. Le 4 août 2004.

Figure 7. Hélianthes des prairies poussant dans le terrain perturbé d’une route et d’un coupe-feu de la BFC Shilo. Le 4 août 2004.

La dépendance à l’égard d’un étroit éventail de plantes hôtes est habituelle dans le genre Schinia, bon nombre d’espèces de ce genre étant limitées quant à leurs plantes hôtes à une seule espèce ou à quelques espèces appartenant à un même genre, ou à quelques genres étroitement apparentés (Hardwick, 1996).

L’Helianthus petiolaris est une plante indigène de la famille des Astéracées. Il pousse dans des sols légers ou sableux dans une grande portion du sud du Canada et de la partie continentale des États-Unis, et son aire de répartition semble s’être étendue depuis la colonisation humaine (Heiser, 1969). Contrairement à la plupart des hélianthes indigènes, l’hélianthe des prairies est une plante annuelle; il est donc une des dernières espèces d’hélianthes à fleurir dans la saison de végétation. Il ne pousse à peu près que dans des terrains perturbés, dans le sable ou dans des sols sableux, notamment en bordure des routes, dans les champs en jachère (figure 6), sur des dunes actives et sur des plages (G. Anweiler, obs. pers.). Dans le sud-ouest de la Saskatchewan et dans le sud-est de l’Alberta, l’hélianthe des prairies forme des peuplements presque continus sur de nombreux kilomètres le long de chemins de gravier et de routes pavées. Au site des dunes Spirit, on a observé qu’il était l’une des premières espèces à coloniser les sables mobiles en haut et en bas des crêtes dunaires actives pour y former des peuplements essentiellement purs (figures 4 et figure5). L’hélianthe des prairies a rarement été observé parmi d’autres espèces sur les dunes, à l’exception de la patience veinée à certains endroits (G. Anweiler, données inédites, 2004).

Le milieu de dunes actives occupé par l’héliotin d’Aweme dans les dunes Spirit, dans le parc provincial Spruce Woods, abrite une série d’autres lépidoptères nocturnes rares, dont le Schinia bimatris (Harv.), le Schinia roseitincta (Harv.), le Pygarctia spraguei (Grt.) et au moins trois espèces du genre Copablepharon (J. Troubridge, comm. pers., 2004; Schmidt et Anweiler, 2004; G. Anweiler, données inédites).

Tendancesen matière d’habitat

Selon Wolfe (2001), il y a eu fixation de nombreuses dunes actives dans le sud des provinces des Prairies, à un taux de 10 à 20 p. 100 par décennie, et certaines ont été fixées presque complètement au cours du siècle dernier. Les causes de la transformation de ces zones de dunes actives en dunes fixées végétalisées sont mal connues. Les changements des utilisations des terres et la fréquence des perturbations de même que les changements des conditions climatiques contribuent tous à la stabilisation des dunes (Wolfe, 2001).

Des photographies aériennes montrent que la superficie de dunes actives dans les dunes Middle (d’une superficie d’environ 400 km²), qui était importante en 1937, en Alberta, n’en représentait plus qu’une faible proportion en 1998 (voir Commission géologique du Canada, 2001). Vance et Wolfe (1966) ainsi que Mahus et Wolfe (1999) ont étudié les photographies historiques des dunes et ont conclu qu’il y avait passablement moins de sable dans les dunes Middle depuis les années 1930. Bender et al. (2005) ont quantifié les changements dans les dunes sableuses Middle de 1949 à 1998 à l’aide de photographies aériennes et de l’imagerie satellitaire. Ils ont découvert que de nombreuses dunes individuelles devenaient complètement stabilisées par la végétation à un taux moyen de perte de sept dunes par décennie et que, dans l’ensemble du réseau des dunes, les endroits où le sable est exposé avait diminué en nombre à un taux moyen de 40 p. 100 par décennie. De plus, Gummer et Bender (COSEPAC, 2006) ont extrapolé la perte de dunes dans les dunes sableuses Middle en l’établissant à 53 p. 100 de 1995 à 2005 et ont conclu que toutes les dunes sableuses mobiles du réseau disparaîtront d’ici 2014.

Non loin de là, dans les dunes Great (environ 2 000 km²), en Saskatchewan, le nombre de secteurs de sable mobile soufflé par le vent a été réduit de 60 p. 100 entre les années 1880 et l’année 1980. Ce changement a été largement attribué à de bonnes pratiques de gestion qui ont contribué à réduire la superficie de sable nu soufflé par le vent et à accroître la couverture végétale dans les zones de dunes sensibles (Wolfe, 2001). Enfin, dans les zones de sable mobile des dunes Spirit, au Manitoba, il y a eu accroissement de la superficie végétalisée depuis la fin des années 1920, époque où ont été prises les premières photos aériennes de la région. La superficie de sables mobiles dans les dunes Spirit était d’environ 145 ha en 1928, de 23 ha en 1958 et de 15 ha en 1969; elle est actuellement d’environ 20 ha (Wolfe, 2001; Commission géologique du Canada, 2001).

Protection et propriété

La population manitobaine d’héliotin d’Aweme se trouve en très grande partie, sinon entièrement, à l’intérieur du parc provincial Spruce Woods, l’espèce pouvant aussi être présente dans certains secteurs de la BFC Shilo, adjacente au parc. Le parc est de compétence provinciale tandis que les terres de la BFC Shilo sont de compétence fédérale. Les colonies d’héliotin d’Aweme de Bindloss (Alberta) et de Burstall (Saskatchewan) se trouvent dans des terres privées, et la colonie du lac Pakowki (Alberta) dans un pâturage loué appartenant à la province.

Une bonne part de l’habitat potentiel en Alberta se trouve dans les dunes Middle, dans les terres fédérales de la BFC Suffield. Une autre partie de l’habitat potentiel dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan se trouve dans des pâturages appartenant à la province qui sont loués ou qui font partie de pâturages collectifs. On devra effectuer des recherches additionnelles dans ces secteurs pour déterminer s’ils abritent des héliotins d’Aweme.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Il y a peu de données sur le cycle vital de l’héliotin d’Aweme. Comme tous les Lépidoptères, il connaît une métamorphose complète, passant par les stades d’œuf, de chenille, de chrysalide et d’imago (adulte). L’espèce est univoltine (une génération ou un cycle par année); des adultes ont été recueillis au Canada dans la période estivale s’étendant du 10 juillet au 20 août (tableau 1). On a observé en 2004 au parc provincial Spruce Woods que les adultes ont émergé au moment où les premiers hélianthes des prairies (plante hôte) fleurissaient, et la période de vol s’est terminée tandis que les hélianthes étaient encore en pleine floraison (26 août) (G. Anweiler, données inédites, 2004).

Toutes les espèces de Schina étudiées par Hardwick (1996) pondent leurs œufs dans le capitule en fleur de la plante hôte ou sur lui. L’ovipositeur de l’héliotin d’Aweme présente les lobes modifiés durs semblables à des lames qu’on trouve chez les espèces qui introduisent leurs œufs vers le bas dans les fleurs du capitule des Composées. Hardwick (1996) affirme catégoriquement qu’au Manitoba, les chenilles du Schinia avemensis s’alimentent dans les capitules de l’Helianthus petiolaris, sans plus de détails.

Les œufs des Schinia éclosent en quelques jours, et les chenilles s’alimentent à la surface ou à l’intérieur du capitule en fleur, sur les pièces florales et, dans certains cas, sur les graines en développement de la plante hôte. Les jeunes chenilles de certaines espèces ont des habitudes alimentaires très spécialisées, choisissant un élément particulier de la structure florale, comme les anthères ou le réceptacle. Les espèces qui s’alimentent sur les Composées le font habituellement d’abord à l’intérieur des tubes des corolles. Les chenilles des Schina bouclent leur développement relativement rapidement (en deux à quatre semaines, selon les espèces). On a observé que les espèces qui s’alimentent sur les plantes annuelles (comme l’héliotin d’Aweme) se développent plus rapidement que celles qui s’alimentent sur des vivaces, dans certains cas en moins de 14 jours (Hardwick, 1996).

Une fois son développement terminé, la chenille quitte la plante, s’enfouit dans le sol et forme une loge dans laquelle elle se chrysalide. L’insecte demeure à l’état de chrysalide durant l’hiver et le printemps, et, dans l’été, l’adulte émerge pour s’accoupler et se reproduire quand la plante hôte entre en floraison (Hardwick, 1996). Certaines espèces de Schinia peuvent demeurer à l’état de chrysalide plus d’un an, ce qui constitue une adaptation à la vie en milieu xérique, où les conditions peuvent ne pas permettre à la plante hôte de fleurir chaque année (Hardwick, 1996).

Il semble que tous les Héliothinés adultes vivent peu de temps; dans des élevages en laboratoire, aucun n’a vécu plus d’une semaine (Hardwick, 1996). Il n’existe apparemment pas d’espèce étroitement apparentée à l’héliotin d’Aweme, et l’hybridation, peu probable, n’a jamais été observée.

Herbivores/prédateurs

Il n’y a pas de données relatives aux herbivores et aux prédateurs portant spécifiquement sur l’héliotin d’Aweme. Les observations suivantes, tirées de Hardwick (1996), ont trait à la sous-famille des Héliothinés en général.

Durant les premiers stades larvaires, le cannibalisme tant interspécifique qu’intraspécifique est commun chez les espèces de Schinia qui s’alimentent sur les Composées. 

Les chenilles de différentes espèces de Schinia ont développé certains comportements pour éviter les parasites et les prédateurs : elles peuvent par exemple quitter la plante hôte pour passer la journée dans une loge créée par elles à la surface du sol, ou ramener les rayons du capitule sur le disque et les lier avec de la soie pour former un abri couvert. La forme et la couleur des chenilles de nombre d’espèces leur permettent d’être bien camouflées quand elles sont immobiles sur la plante hôte. Les espèces ont développé des comportements spécifiques quant aux parties de la plante hôte sur lesquelles elles se reposent, de façon à être le moins visibles possible : certaines espèces s’enroulent autour de la base du réceptacle du capitule tandis que d’autres se tiennent droites le long de la tige (Hardwick, 1996).

L’héliotin d’Aweme est sans doute sujet à la prédation et au parasitisme par divers oiseaux, guêpes et autres animaux à tous ses stades de développement, comme la plupart des Lépidoptères, mais on ne dispose pas de données spécifiques à ce sujet.

Le broutage de la plante hôte par des ongulés tant sauvages que domestiqués peut détruire aussi bien les plantes hôtes que les chenilles que ces dernières peuvent abriter. Le capitule en fleur de l’hélianthe des prairies est volontiers consommée par les ongulés sauvages et domestiqués, de sorte qu’il peut y avoir localement de fortes mortalités de chenilles dans certaines conditions, comme durant les périodes de sécheresse où il y a peu d’autres plantes plus désirables ou quand le cheptel est trop abondant ou confiné dans des secteurs restreints, d’où un surpâturage (http://www.npwrc.usgs.gov/resource/literatr/wildflwr/species/helipeti.htm).

Physiologie

Il n’existe pas de données portant spécifiquement sur la physiologie de l’héliotin d’Aweme.

On sait que certaines espèces de Schinia s’alimentant sur des fleurs sont physiologiquement adaptées de façon à terminer leur diapause nymphale au moment où leur plante hôte entre en floraison. Chez certaines espèces, la diapause à l’état de chrysalide peut durer plusieurs années, jusqu’à ce que les conditions redeviennent favorables à la floraison de la plante hôte. Cette adaptation est souvent observée chez les espèces désertiques, où ce sont des pluies rares ou irrégulières qui déclenchent la floraison des plantes hôtes (Hardwick, 1996).

Déplacements et dispersion

L’héliotin d’Aweme a rarement, voire jamais, été observé ailleurs que très près de colonies de sa plante hôte. Cependant, étant donné que les adultes sont petits et ont un vol rapide, ils pourraient être difficiles à voir et à identifier, sauf quand ils s’alimentent de nectar ou se reposent.

Bon nombre de papillons du genre Schinia, bons voiliers et bons colonisateurs, colonisent facilement des milieux se trouvant à un stade de transition dans la succession végétale ou composent sans difficulté avec des plantes qui ne fleurissent pas chaque année. Ils atteignent souvent de fortes densités et peuvent coloniser de petites colonies de plantes qui leur conviennent quand il s’en trouve dans les environs. Les adultes peuvent vagabonder, mais ils demeurent très près de la plante hôte des chenilles (Schweitzer, 2001 in NatureServe, 2004).

Aucun déplacement ou aucune dispersion régulière chez l’héliotin d’Aweme n’ont été observés.

Relations interspécifiques

Il semble que la seule plante hôte de l’héliotin d’Aweme soit une espèce d’hélianthe annuelle indigène. Par ailleurs, les observations de terrain faites dans les colonies de l’Alberta et du Manitoba ainsi qu’à un endroit au Colorado indiquent que l’herbe-squelette commune est la principale source de nectar pour les adultes (G. Anweiler, données inédites; B.C. Schmidt, comm. pers., 2004.; C. Harp, comm. pers., 2004).

Adaptabilité

On a observé que chez le genre Schinia, et en particulier chez les espèces désertiques s’alimentant sur les fleurs de Composées, la diapause nymphale peut durer plusieurs années, ce qui constitue une adaptation à un environnement où les cycles saisonniers de pluie et de floraison peuvent être imprévisibles (Hardwick, 1996).

Comme la plupart des Schina semblent relativement faciles à élever en laboratoire (Hardwick, 1996), il serait possible d’élever en captivité des héliotins d’Aweme en vue de les lâcher en milieu naturel, si cela se révélait souhaitable.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Au cours des 75 dernières années, il n’y a eu aucune mention consignée de l’héliotin d’Aweme pour la région d’Aweme (dunes de Brandon [Brandon Sandhills]). L’espèce a été décrite à partir de spécimens capturés à cet endroit vers 1930 par Norman Criddle, résident de la région. Depuis lors, la seule mention consignée d’héliotin d’Aweme pour le Manitoba est celle de quatre spécimens capturés dans les collines Bald Head (= dunes Spirit), au nord de Glenboro, en juillet et août 1958 (annexe 1). Cependant, durant leurs recherches effectuées les 27 et 28 juillet 2004 dans les dunes Spirit, sises dans le parc provincial Spruce Woods, J. Troubridge et J.D. Lafontaine ont découvert des héliotins d’Aweme sur des fleurs et des feuilles d’hélianthes des prairies près du versant dunaire actif, tôt le matin (J. Troubridge, comm. pers., 2004).

Pratiquement toutes les dunes actives des dunes de Brandon se trouvent aujourd’hui dans le secteur des dunes Spirit du parc provincial Spruce Woods(David, 1977; Wolfe, 2001). Gary Anweiler a visité la région des dunes Spirit le 28 juillet 2004. Il a parcouru toute la bordure du secteur des dunes Spirit dans le parc à la recherche d’héliotins et de colonies de la plante hôte de l’espèce, ainsi que toutes les zones dégagées de sable mobile dans les dunes. Il y avait des colonies d’hélianthe des prairies un peu partout dans les dunes, mais les fleurs étaient encore toutes en bouton en raison d’une saison de croissance tardive, et aucun héliotin n’a été vu. Anweiler est retourné dans le secteur le 4 août et a recherché l’espèce aux mêmes endroits. Cette fois, la floraison des hélianthes était commencée (proportion de plantes en fleur estimée à 0,25 p. 100) et des héliotins adultes étaient présents, s’accouplaient et visitaient des fleurs pour s’alimenter de nectar. Bien qu’il y avait des colonies éparses de la plante hôte dans une bonne partie du secteur, les héliotins n’ont été observés que dans un ensemble de colonies d’hélianthe adjacentes près du versant dunaire actif. Quand le secteur a été revisité les 26 et 27 août 2004, les hélianthes des prairies étaient en pleine floraison, mais aucun héliotin n’a été observé, la saison de vol paraissant alors terminée (G. Anweiler, données inédites).

Du 28 juillet au 4 août, les routes sillonnant le reste des dunes de Brandon, les dunes du lac Oak et les dunes de Lauder (Lauder Sandhills) ont été parcourues en automobile à la recherche de terrains favorables à l’héliotin d’Aweme (dunes dégagées et importants creux de déflation) avec colonies d’hélianthe des prairies. Aucun milieu propice n’a été relevé, et ces secteurs semblaient peu susceptibles d’abriter des colonies d’héliotins (G. Anweiler, données inédites).

Bien qu’aucun héliotin d’Aweme n’ait été rapporté ailleurs au Canada que dans la région des dunes de Brandon avant les recherches sur le terrain réalisées en 2004, on sait qu’il y a des milieux favorables à l’espèce (dunes actives avec colonies de sa plante hôte) plus étendus dans le sud-ouest de la Saskatchewan et près de là en Alberta. La possibilité que l’héliotin d’Aweme soit présent dans d’autres dunes dans le sud des provinces des Prairies avait été soulignée par Hardwick (1996). À la fin de juillet 2004, Anweiler a recherché des héliotins d’Aweme et des milieux favorables à l’espèce dans plusieurs sites dunaires prometteurs le long de la route Yellowhead, et a parcouru les dunes sises à l’extrémité est du lac Good Spirit à la recherche d’héliotins et de colonies d’hélianthe des prairies (tableau 1). En outre, le 6 août 2004, une série de grandes dunes dégagées du secteur nord des dunes Great, au sud de la région de Sceptre et Prelate, de même qu’une série de plus petites dunes dégagées sises au nord de la ville de Burstall ont été parcourues. Seul un vieux spécimen de papillon femellea été trouvé au site de Burstall (annexe 1).

Aucun relevé visant spécifiquement l’héliotin d’Aweme n’a été réalisé en Alberta. Cependant, le 29 juillet 2004, en travaillant à autre chose, Chris Schmidt a trouvé une colonie assez importante d’héliotin d’Aweme dans un petit secteur de creux de déflation dans des sables mobiles au bord de la rivière Red Deer, au nord de Bindloss(B.C. Schmidt, comm. pers., 2004). En juillet 2005, Anweiler a trouvé une deuxième colonie, dans les dunes du lac Pakowki, lui aussi en travaillant à autre chose (Anweiler, observation inédite).

La figure 8 indique les endroits où ont été effectuées des recherches visant l’héliotin d’Aweme et l’habitat propice à l’espèce en 2004 et 2005, et le tableau 1 présente les résultats de ces recherches.

La majeure partie de l’habitat le plus grand et offrant le meilleur potentiel pour l’héliotin d’Aweme a fait l’objet de recherches. D’autres petites parcelles d’habitat potentiel sont dispersées à l’échelle des prairies du sud, mais n’ont pas fait l’objet de recherches récemment pour cette espèce en particulier. En conséquence, il est plausible qu’un nombre limité de sites additionnels renfermant l’héliotin d’Aweme soit trouvé si les recherches dirigées sont menées sur ces sites n’ayant pas encore fait l’objet de relevés. Tous les sites additionnels seront petits et seront également en déclin.

Figure 8. Endroits où l’héliotin d’Aweme a été recherché en 2004 et 2005

Figure 8. Endroits où l’héliotin d’Aweme a été recherché en 2004 et 2005
NuméroEndroitDateHeures de recherche*ObservationsObservateur
1Au nord de Chavin, Alberta29-07-04
10
aucun S. avemensisSchmidt
2Au sud-ouest de North Battleford, Saskatchewan26-07-04
1
aucun S. avemensis ni hôteAnweiler
3Borden Bridge, Saskatchewan26-07-04
0,5
aucun S. avemensis ni hôteAnweiler
4Lac Good Spirit, Saskatchewan27-07-04
6
aucun S. avemensis ni hôteAnweiler
5Certaines des dunes de Brandon, et dunes du lac Oak et de Lauder, Manitoba30-07-04
12
aucun S. avemensis, présence éparse de l’hôteAnweiler
6Dunes Spirit, Manitoba29-07-04
04-08-04
12
S. avemensis et hôte présentsAnweiler
7Dunes Great, au sud de Prelate, Saskatchewan06-08-04
8
aucun S. avemensis ni hôteAnweiler
8Dunes de Burstall, Saskatchewan06-08-04
2
S. avemensis et hôte présentsAnweiler
9Rivière Red Deer, au nord de Bindloss, Alberta29-07-04
3
S. avemensis et hôte présentsSchmidt
10Dunes du lac Pakowki, Alberta21-07-05
4
S. avemensis et hôte présentsAnweiler

Abondance

Il n’existe pas de données quantitatives sur la taille des populations d’héliotin d’Aweme. On devra effectuer des travaux de terrain pour déterminer quelle quantité de milieu propice pourrait abriter des populations de l’espèce, quelle proportion du milieu est occupée dans les secteurs où des colonies ont été trouvées et le nombre d’héliotins dans les colonies sur une période de plus d’un an. Il est difficile de bien évaluer les effectifs, même dans les milieux occupés, à cause de la petite taille et de la mobilité des adultes ainsi que des changements dans les effectifs durant la période d’émergence des adultes et d’année en année. On sait que les effectifs varient grandement d’une année à l’autre en raison des conditions météorologiques et d’autres facteurs (Pohl et al., 2004).

La superficie occupée aux dunes Spirit (Manitoba) est assez petite, l’estimation pour 2004 ayant été d’environ 50 ha, et les secteurs occupés comptaient un assez grand nombre de papillons. Bien qu’il soit difficile d’estimer les effectifs de ce petit papillon très actif au vol rapide réparti sur des parcelles dans le milieu disponible, on peut raisonnablement avancer que le nombre d’adultes à cet endroit se situait en 2004 entre 10 et 50 individus par hectare, ce qui correspond à de 50 à 5 000 adultes (G. Anweiler, données inédites). On doit toutefois souligner qu’il s’agit là d’une estimation fondée sur les observations non systématiques d’un seul observateur, expérimenté, et non sur des données précises.

En Saskatchewan, l’observation de la femelle unique au site de Burstall était inattendue; il pourrait s’agir d’un individu colonisateur issu d’un site sis à un autre endroit encore à découvrir. Par ailleurs, bien que la superficie de dunes à la colonie de Bindloss (Alberta) soit estimée à environ 50 ha, les papillons n’y occupaient que le centre de deux creux de déflation dans des sables mobiles au sein de ces dunes, soit une superficie bien inférieure à ces 50 ha. On peut raisonnablement penser que ce site comptait entre 100 et 500 adultes en 2004 (C. Schmidt, comm. pers., 2004). Aux dunes du lac Pakowki, peu d’hélianthes étaient en fleur au moment du relevé, et après observation de l’ensemble des fleurs dans le plus grand complexe dunaire, le compte total d’héliotins a été de 15 individus. Cependant, l’émergence des adultes ne faisait que commencer, de sorte que le nombre de papillons observés ne représentait probablement qu’une fraction de la population totale du site. On peut raisonnablement penser que l’effectif y était comparable à celui du site des dunes de Burstall, de superficie similaire, soit de 100 à 500 individus.

Fluctuations et tendances

On dispose de trop peu de données pour pouvoir établir les tendances quantitatives des populations, mais on peut se faire une certaine idée de la tendance générale. Premièrement, l’espèce est présente au site du Manitoba depuis au moins 100 ans, et elle est également présente dans le sud-est de l’Alberta depuis au moins 1939. Avant 2004, la colonie manitobaine était la seule connue au Canada. On sait maintenant que l’héliotin d’Aweme est plus répandu dans le sud des provinces des Prairies. Deuxièmement, seule une fraction des dunes actives présentes il y a un siècle existe encore. Bien qu’il semble que ce déclin des dunes actives ait ralenti (David, 1977), à moins de changements climatiques majeurs, il devrait se poursuivre. Ce déclin étendu de l’habitat de dunes actives de l’héliotin d’Aweme au cours des 100 dernières années ou plus s’est sans doute accompagné d’une réduction de la taille et du nombre des populations de l’espèce durant cette période.

Effet d’une immigration de source externe

Les 750 km qui séparent les deux populations canadiennes d’héliotin d’Aweme, situées le long de la partie sud de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan et dans le sud-ouest du Manitoba (figure 2), renferment peu de milieux propices à l’espèce, l’échange d’individus entre ces populations s’en trouvant probablement impossible.

On ne connaît que trois sites de l’espèce (constituant deux populations) à l’extérieur du Canada, tous au Colorado, à environ 1 200 km au sud (figure 2). Par conséquent, la probabilité que des individus du Colorado s’établissent au Canada est, elle aussi, essentiellement nulle. De plus, les individus du Colorado pourraient peut-être survivre au Canada, mais leurs importantes différences phénotypiques (plus grande taille et coloration plus foncée) laissent toutefois penser qu’ils pourraient être adaptés à des conditions différentes.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le seul facteur limitatif principal pour l l’héliotin d’Aweme semble être la quantité d’habitats convenable et, peut-être, le fait que ces habitats se réalisent plus ou moins dans des parcelles petites et considérablement isolées. La menace la plus grave est la perte de sable mobile et poudreux en raison de la stabilisation des dunes, ce qui s'est produit à un rythme rapide dans le passé. Aucune autre menace imminente évidente ne pèse sur les populations canadiennes d’héliotin d’Aweme, qui ont réussi à se maintenir jusqu’à maintenant.

L’utilisation excessive ou négligente de pesticides pourrait affecter certaines populations, mais comme la plus grande partie de l’habitat dunaire dégagé n’avoisine pas des forêts ou des terres cultivées, le risque associé aux pesticides est considéré comme faible. Le broutage excessif par le bétail dans les sites de l’espèce se trouvant sur des terres louées ou privées est plus préoccupant. Dans les pires conditions, quand la végétation se fait rare (c’est-à-dire durant les sécheresses prolongées), le bétail pourrait très bien décimer ou détruire totalement une colonie en consommant les capitules en fleur des hélianthes abritant les œufs et les larves.

L’envahissement de l’habitat dunaire par des plantes introduites, comme le mélilot (Meliotus sp.) et l’euphorbe (Euphorbia sp.), pourrait accélérer la stabilisation des dunes ou entraîner la disparition de colonies de la plante hôte des chenilles. On a observé d’importantes colonies denses de mélilot (Meliotus sp.) couvrant de grandes portions des dunes Spirit au voisinage de zones actuellement occupées par l’héliotin d’Aweme (Anweiler, obs. pers., 2004).

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Importance de l'espèce

L’héliotin d’Aweme est une espèce rare à l’échelle de la planète, avec seulement quatre populations connues, deux dans l’extrême sud des trois provinces des Prairies, et deux au Colorado. Ce petit insecte qui passe relativement inaperçu fait partie d’une communauté dunaire très spécialisée composée d’espèces végétales et animales uniques confinées aux « îlots » de dunes actives déposés il y a des milliers d’années par la fonte des glaciers.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Aucun classement de conservation mondial, national, d’État ou provincial n’a été attribué à l’héliotin d’Aweme par le réseau des programmes du patrimoine naturel (NatureServe, 2004).

La population manitobaine se trouve entièrement ou principalement à l’intérieur du parc provincial Spruce Woods et se trouve protégée en tant qu’espèce sauvage en vertu de la législation sur les parcs provinciaux, mais il n’y a pas de protection active ou de gestion particulière du papillon nocturne. La colonie de Burstall (Saskatchewan) et la colonie de Bindloss (Alberta) se trouvent sur des terres privées, tandis que la colonie du lac Pakowki (Alberta) se trouve sur un terrain provincial loué.

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Résumé technique

Schinia avemensis

Héliotin d'Aweme – Gold-edged Gem

Répartition au Canada :

Aire écologique des Prairies, du sud-ouest du Manitoba au sud-est de l’Alberta (Manitoba, Saskatchewan et Alberta)

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada
70 500 km². Aire du polygone selon COSEPAC, 2003 (y compris tous les sites existants au Canada).
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Importants déclins antérieurs; stable sur une courte période
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Probablement pas
Superficie de la zone d’occupation (km²)
Environ 1,5 km² au total dans 4 sites existants (zone d’occupation maximale possible = ~ 6 km²). Estimation prudente de l’habitat occupé selon les observations de 2004-2005.
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Stable ou en déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Aucune connue
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
Deux populations dans 5 sites
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Aucune connue
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
Grave déclin historique à long terme; stable ou en déclin lent à l’heure actuelle

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
Un an; une plus longue diapause sur plus d’un an est possible
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
Inconnu; estimation entre 700 et 6 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
Stable ou en déclin lent
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Inconnu; probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Probablement, mais il n’y a pas de données pour mesurer
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?
Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Aucune connue
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.
  • Spirit Dunes (Man.) – environ 500 à 5 000;
  • Burstall (Sask.) – inconnu;
  • Bindloss et Pakowki (Alb.) – environ 200 à 1 000.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

La stabilisation de l’habitat de dunes de sable actives par la végétation indigène et introduite, en grande partie attribuable à des processus naturels, probablement accélérée depuis l’établissement en raison du contrôle des feux de friches.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis :probablement stable
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Non
es individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Possible, mais peu probable
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-elle?
Non

Analyse quantitative

Statut existant

COSEPAC : en voie de disparition (2006)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B2ab (iii)

Justification de la désignation : Ce papillon nocturne est un spécialiste de l’habitat qui requiert des dunes actives ou des creux de déflation avec des populations de sa seule plante hôte des chenilles. Il a été observé dans seulement deux petites populations au Canada et deux populations aux États-Unis. Un déclin à grande échelle dans l’habitat de dunes actives au cours des 100 dernières années a probablement résulté en une diminution correspondante du nombre de papillons. Il ne reste que de très petites parcelles éparses et isolées d’habitat convenable, totalisant environ 6 km². Ces papillons sont menacés par la perte d’habitat découlant de la stabilisation des dunes actives par des végétaux indigènes et introduits ainsi que par le surpâturage de la plante hôte des chenilles, qui entraîne des impacts importants pour les petites populations isolées du papillon. La population la plus proche du papillon aux États-Unis est située à environ 1 200 km au sud, au Colorado; l’immigration d’individus vers la population du Canada n’est donc pas possible.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : s.o., aucune donnée de déclin.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Bien que la zone d’occurrence est grande, la zone d’occupation est de moins de 500 km² (zone d’occupation connue : environ 1,5 km²; zone d’occupation possible maximale : environ 6 km²) – B2. La population totale est très fragmentée, l’espèce étant observée dans 2 populations réparties dans 5 sites – (a). La superficie et la qualité de l’habitat convenable continuent de diminuer – (b)(iii). Il n’y a toutefois pas de preuve de fluctuations extrêmes.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : s.o., aucune donnée de déclin et pas assez de renseignements sur la structure de la population.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « menacée », D2. L’ensemble de la population se trouve dans un nombre restreint d’emplacements (2 populations dans 5 sites), et la zone d’occupation est très petite et restreinte (environ 6 km² max.), de sorte que l’espèce semble être sensible aux effets des activités de l’être humain et des phénomènes stochastiques.
  • Critère E (Analyse quantitative) : s.o., aucune donnée.

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Remerciements et experts contactés

Nous remercions les personnes suivantes, qui ont contribué de diverses façons à la réalisation du présent rapport : J. Donald Lafontaine, chercheur et spécialiste des Noctuidés, Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, Ottawa; Jim Troubridge, spécialiste des Noctuidés, Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, Ottawa; Chris Schmidt, lépidoptériste, Université de l’Alberta (Edmonton), Alberta; Chuck Harp, lépidoptériste, Littleton (Colorado).

Nous remercions aussi les nombreux fonctionnaires provinciaux de la Saskatchewan et du Manitoba qui nous ont fourni les permis de recherche nécessaires et l’accès aux terres dont ils avaient la responsabilité. Nous remercions tout particulièrement le personnel du parc provincial Spruce Woods pour nous avoir donné libre accès au parc. Les versions antérieures du présent rapport ont été révisées par les membres du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC ainsi que par des fonctionnaires fédéraux et provinciaux des provinces où l’espèce est présente. Theresa Fowler a coordonné le projet et l’examen par les pairs de l’ébauche du rapport, fourni des commentaires et des suggestions et assuré la présentation finale du rapport. Le financement a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Sources d'information

Anweiler, G.G. Données inédites, 2004. Lépidoptériste, Edmonton (Alberta).

Commission géologique du Canada. 2001. Sand Dune and Climate Change Studies in the Prairie Provinces, Ressources naturelles Canada, Ottawa, 15 p., fichier pdf.

COSEPAC. 2003. Manuel des opérations et des procédures, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, novembre 2003.

COSEPAC. 2006. Rapport de situation du COSEPAC sur le rat kangourou d’Ord – Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, v + 39 p.

David, P.P. 1977. Sand Dune Occurrences of Canada: a theme and resource inventory study of eolian landforms of Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada, Direction des parcs nationaux, Ottawa, 183 p.

Dyar, H.G. 1904. New species of North American Lepidoptera and a new limacodid, Journal of the New York Entomological Society. 12:39-44.

Hardwick, D.F. 1958. Taxonomy, life history, and habits of the elliptoid-eyed species of Schinia (Lepidoptera: Noctuidae) with notes on the Heliothidinae, Can. Ent. Supp. 6.

Hardwick, D.F. 1996. A Monograph to the North American Heliothentinae (Lepidoptera: Noctuidae), hors commerce, 281 p.

Harp, C. Comm. pers. 2004. Correspondance par courriel adressée à G. Anweiler, de juillet à novembre 2004, lépidoptériste et chercheur en matière de Schinia, Littleton (Colorado).

Heiser, C.B. 1969. The North American sunflowers (Helianthus), Mem. Torrey Botanical Club 22:1-212.

Hooper, R.R. 1996. Checklist of Saskatchewan Moths Part 14: Flower Moths, Blue Jay 54(1):44-46.  

Landry, J.-F. Comm. pers. 2004. Courriel adressé à G.G. Anweiler, août 2004, taxinomiste des lépidoptères, CNC, Ottawa

Muhs, D.R., et S.A. Wolfe. 1999. Sand dunes of the northern Great Plains of Canada and the United States, p. 183-197, in D.S. Lemmen et R.E. Vance (éd.), Holocene Climate and Evaluating the Impacts of Climate Change on the Southern Prairies, Commission géologique du Canada, Bulletin 534, Ottawa (Ontario).

NatureServe. 2004. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 4.0, NatureServe, Arlington (Virginie). (en anglais seulement; consulté le 27 octobre 2004).

Padbury, G.A., et D.F. Acton. 1991. Ecoregions of Saskatchewan, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques, Direction générale de la recherche, Agriculture et Agroalimentaire Canada, carte et légende correspondante.

Pohl, G.R., D.W. Langor, J.-F. Landry et J.R. Spence. 2004. Lepidoptera from the boreal mixedwood forest in east-central Alberta: comparison of assemblages from a mature and an old stand, Info. Report NOR-X-396, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Nord.

Schmidt, B.C. Comm. pers. 2004. Lépidoptériste, University of Alberta, Edmonton (Alberta).

Schmidt, B.C., et G.G. Anweiler. 2004. COSEWIC Status Report on White Flower Moth Schinia bimatris, rapport provisoire inédit.

Schweitzer, D.F. 2001. Schinia and Other Flower Moths, in NatureServe.2004. NatureServe.

SCIB (Système canadien d’information sur la biodiversité). Les papillons nocturnes du Canada (consulté en novembre 2004).

Troubridge, Jim. Comm. pers. 2004. Correspondance par courriel adressée à G. Anweiler, de juillet à novembre 2004, lépidoptériste, Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, Ottawa (Ontario).

United States Geological Survey. Native Wildflowers of the North Dakota Grasslands, Prairie Sunflower. Site Web : http:/www.npwrc.usgs.gov/resource/literatur/wildflwr/species/helipeti/ht, en anglais seulement; consulté en novembre 2004.

Vance, R.E., et S.A. Wolfe. 1996. Geological indicators of water resources in semi-arid environments: southwestern interior of Canada, p. 251-263, in A.R. Berger et W.J. Iams (éd.), Geoindicators: assessing rapid environmental changes in earth systems, A.A. Balkema, Rotterdam.

Wolfe, S.A. 1997. Impact of increased aridity on sand dune activity in the Canadian Prairies, Journal of Arid Environments 36:421-432.

Wolfe. S.A. 2001. Eolian Deposits in the Prairie Provinces, Commission géologique du Canada, Dossier public 4118.

Wolfe, S.A. Comm. pers.2004. Correspondance par courriel adressée à G. Anweiler, juillet 2004, géographe, Carleton University, Ottawa.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Gary Anweiler est associé en recherche au Strickland Entomological Museum de la University of Alberta, une autorité reconnue en matière de noctuelles de l’Alberta et membre titulaire du Sous-comité des arthropodes du COSEPAC.

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Collections examinées

  • Strickland Entomological Museum (UASM), University of Alberta, Edmonton (Alberta)
  • Royal Saskatchewan Museum of Natural History (RSMNH), Regina (Saskatchewan)
  • Centre de foresterie du Nord (CFN), Edmonton (Alberta)
  • Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes (CNC), Ottawa (Ontario)
  • Buffalo Museum of Science, Buffalo (État de New York)
  • University of Guelph Entomology Collection, Guelph (Ontario)
  • British Museum (BMNH) of Natural History, Londres, Royaume-Uni
  • Illinois State Natural History Survey, Urbana (Illinois)
  • Natural History Museum of Los Angeles County (LACM), Los Angeles (Californie)
  • Michigan State University (MSU), East Lansing (Michigan)
  • Centre de foresterie des Grands Lacs, Sault Ste. Marie (Ontario)
  • University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba)
  • University of Michigan, Ann Arbor (Michigan)
  • University of Minnesota, St. Paul (Minnesota)
  • New York State Museum, Albany (État de New York)
  • United States National Museum (USNM), Smithsonian Institution, Washington (District de Columbia)
  • Jim Troubridge, collection personnelle
  • Gerald Fauske, collection personnelle
  • Chuck Harp, collection personnelle
  • Chris Schmidt, collection personnelle

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Annexe 1. Sommaire des données sur les spécimens d’héliotin d’Aweme

Sommaire des données sur les spécimens d’héliotin d’Aweme
PaysProvince / ÉtatComtéEndroitDateQuantitéNote de tableauaCollection
Canada (CAN)Alberta (AB) Medicine Hat1939-08-13
1
Strickland Entomological Museum (UASM)
CANAB Vallée de la Red Deer près de Bindloss2004-07-29
15
Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes (CNC); UASM
CANAB Dunes du lac Pakowki2005-07-21
5
UASM; Chuck Harp, collection personnelle
CANSaskatchewan (SK) Burstall2004-08-06
1
CNC
CANManitoba (MB) Aweme????-07-27
1
United States National Museum (USNM)
CANMB Parc provincial Spruce Woods; dunes Spirit2003-07-28
1
USNM
CANMB Parc provincial Spruce Woods; dunes Spirit2003-07-28
 
Collection Troubridge
CANMB Parc provincial Spruce Woods; dunes Spirit2003-07-28
 
CNC
CANMB Parc provincial Spruce Woods; dunes Spirit2003-07-28
 
Collection Harp
CANMB Aweme1905-07-31
7
USNM
CANMB Aweme1912-07-30
1
USNM
CANMB Aweme1911-07-12
2
USNM
CANMB Aweme1904-08-01
2
USNM
CANMB Aweme1903-07-27
 
British Museum of Natural History (BMNH)
CANMB Aweme1903-07-27
 
BMNH
CANMB Aweme1903-07-27
 
Université de Guelph
CANMB Aweme1904-08-01
 
Université du Manitoba
CANMB Aweme1905-07-31
 
BMNH
CANMB Aweme1905-07-31
 
BMNH
CANMB Aweme1912-07-30
 
Université du Manitoba
CANMB Aweme1920-07-08
 
BMNH
CANMB Aweme1920-07-08
 
BMNH
CANMB Aweme1920-07-08
 
Natural History Museum of Los Angeles County (LACM)
CANMB Aweme?1903-07-27
 
Université du Manitoba
CANMB Treesbank1910-07-20
 
BMNH
CANMB Treesbank????-07-17
 
BMNH
CANMB Onah1924-07-31
 
CNC
CANMB Onah1919-07-22
 
CNC
CANMB Onah1921-07-18
 
CNC
CANMB Collines Bald Head, à 13 milles au nord de Glenboro1958-07-24
2
CNC
CANMB Collines Bald Head, à 13 milles au nord de Glenboro1958-08-18
2
CNC
CANMB Treesbank1910-07-20
 
CNC
CANMB Aweme1905-07-31
 
CNC
CANMB Aweme1910-08-20
 
CNC
CANMB Aweme1927-08-06
 
CNC
CANMB Aweme1905-07-31
 
CNC
CANMB Aweme1903-07-27
 
CNC
CANMB Parc provincial Spruce Woods; dunes Spirit2004-08-04
7
CNC; USNM
États-Unis (É.-U.)Colorado (CO)AlamosaGreat Sand Dunes National Monument1965-08-18
 
BMNH
É.-U.COAlamosaGreat Sand Dunes National Monument1965-08-18
 
LACM
É.-U.COAlamosaGreat Sand Dunes National Monument1968-08-01
2
CNC
É.-U.COAlamosaGreat Sand Dunes National Monument1965-08-18
11
CNC
É.-U.COAlamosaMedano Ranch1998-08-14
 
CNC
É.-U.COAlamosaGreat Sand Dunes National Monument2004-08-05
2
CNC
É.-U.COSaguacheIndian Springs Recreation Area1999-08-10/13
6
? (selon Collection Harp)
É.-U.COWeldÀ 3 milles au nord de Roggen1990-08-21
2
? (selon Collection Harp)
É.-U.COWeldÀ 2 milles au nord de Roggen1999-08-15
2
? (selon Collection Harp)

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Annexe 2. Organismes consultés pour obtention de renseignements sur les espèces

Nom du contractuel qui a rédigé le rapport : Gary G. Anweiler

Espèce : héliotin d’Aweme Schinia avemensis (Dyar)  (Lépidoptères, Noctuidés)
OrganismesNom des contacts et dates
Service canadien de la faune
  • Dave Duncan, 28 octobre 2004
  • Martin Raillard, 24 novembre 2004
Ministère des Pêches et des Océans (espèces aquatiques seulement)Sans objet
Parcs CanadaSans objet
Gouvernements des provinces et/ou territoires où l’espèce est présente
  • Dr G. Court, 25 octobre 2004 (Alberta)
  • James Duncan, 24 novembre 2004 (Manitoba)
Centres de données sur la conservation (Conservation Data Centre – CDC) ou centres d’information sur le patrimoine naturel (CIPN, ou NHIC pour Natural Heritage Information Centre) des provinces et/ou territoires où l’espèce est présente
  • MB : CDC (Nicole Firlotte), 8 juin 2004
  • SK : CDC (Jeannette Pepper), 23 août 2004
  • AB : ANHIC (Wayne Nordstrom), 25 octobre 2004
Conseils de gestion des ressources fauniques des provinces et/ou territoires où l’espèce est présente (espèces de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut ou du Nunavik)Sans objet
Secrétariat du COSEPAC pour les renseignements sur les sources de connaissances traditionnelles autochtones
  • Gloria Goulet, 8 juin 2004
Équipe de rétablissement (si existante)Sans objet

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