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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi) au Canada

COSEPAC Résumé

Uropappe de Lindley
Uropappus lindleyi

Information sur l’espèce

Appartenant à la famille des Astéracées, l’uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi, anciennement Microseris lindleyi) mesure environ 10 à 70 cm de haut et n’a habituellement qu’une seule tige, issue d’une racine pivotante mince. Les longues feuilles basilaires sont linéaires et acuminées; celles de la tige, habituellement linéaires, se trouvent dans la moitié inférieure de la tige. Les tiges florifères peuvent être basilaires ou axillaires, et leur capitule, solitaire et terminal, produit des fleurs jaunes ligulées.

Des études génétiques portant sur le genre Microseris(=Uropappus) ont permis de découvrir de nombreuses différences, en matière d’enzymes et d’ADN, entre le M. lindleyi et les autres espèces du genre. Ces différences justifient, en partie, la reconnaissance du genre Uropappus. On n’a détecté aucune variation chez l’U. lindleyi dans le matériel génétique provenant des États-Unis, et aucune étude n’a été menée sur le matériel génétique provenant du Canada.

Répartition

L’uropappe de Lindley se rencontre, de façon discontinue, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et depuis l’État de l’Idaho et le centre de l’État de Washington jusqu’à l’Oregon, l’Utah, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et la Californie. On lui connait une occurrence historique dans les îles San Juan, dans le nord-ouest de l’État de Washington. Au Canada, on trouve l’uropappe de Lindleyuniquement dans les îles Gulf du sud-ouest de la Colombie-Britannique. Moins de 1 p. 100 de l’aire de répartition de l’espèce se trouve au Canada. À l’heure actuelle, sa zone d’occurrence au Canada est d’environ 150 km². La superficie réellement occupée est d’environ 0,01 km², mais la zone d’occupation calculée au moyen d’un quadrilatère de 1 km ou de 2 km pour les cinq localités atteint 20 km².

Habitat

En Colombie-Britannique, les populations d’uropappe de Lindleysont situées dans les écosystèmes du chêne de Garry (Quercus garryana) et d’autres écosystèmes associés de la zone côtière sèche à douglas du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes. Cette zone profite d’un climat méditerranéen relativement chaud et sec. On rencontre l’espèce dans plusieurs habitats différents, allant des falaises de grès et des pentes escarpées herbeuses aux forêts décidues ou conifériennes xériques. On ne trouve pas de renseignements précis sur les tendances de l’uropappe de Lindley, en matière d’habitat, dans le sud-est de l’île de Vancouver ou les îles Gulf adjacentes. Malgré tout, l’espèce doit certainement faire face aux mêmes menaces que les écosystèmes du chêne de Garry, notamment en ce qui concerne le développement agricole, l’urbanisation et les plantes exotiques envahissantes.

Biologie

L’uropappe de Lindley est une espèce annuelle. En Colombie-Britannique, la période de floraison s’étend de la fin avril à la mi-mai, et la période de production de graines, de la mi-mai à juin. Par rapport aux espèces semblables du genre Microseris, l’uropappe de Lindley se distingue par des caractéristiques telles que l’autogamie, la taille réduite des fleurs et un nombre d’écailles (bractées) moindre autour du capitule. Les écailles du pappus, terminées par une soie et fixées au sommet des fruits, peuvent se prendre aux plumes des oiseaux et permettre la dispersion des graines sur une longue distance. La plupart des graines, par contre, sont plus susceptibles d’être dispersées localement, par le vent et la gravité.

Taille et tendances des populations

Il existe cinq localités du Canada où l’uropappe de Lindleya été relevé depuis 1974 et où il existe toujours. En 1998, on a enregistré une population supplémentaire, laquelle a probablement été détruite par la construction domiciliaire depuis. Les populations comptent entre environ 20 à 1 200 plantes et occupent des superficies de moins de 1 à 1 ha. L’étude la plus récente portant sur les populations a montré qu’il y a probablement près de 2 000 individus au Canada. Le potentiel d’immigration en provenance de l’aire de répartition principale est très faible. Même à l’échelle locale, les échanges de graines ou de pollen se produisent rarement, probablement à cause du manque de vecteurs de dispersion efficaces.

Facteurs limitatifs et menaces

En Colombie-Britannique, la menace la plus imminente pour l’uropappe de Lindleyest la destruction de l’habitat causée par la construction domiciliaire, sur des terres privées. Presque toutes les populations se trouvent sur des propriétés privées de grande valeur, avec vue sur la mer. La destruction de l’habitat entraîne également une plus grande fragmentation des populations. De plus, une importante part de ce qui reste d’habitat adéquat pour l’uropappe de Lindleya été grandement altérée par l’envahissement d’espèces introduites.

Importance de l’espèce

En Californie, les graines d’uropappe de Lindley sont recueillies à l’état sauvage et vendues dans au moins une pépinière de plantes indigènes; on ne leur connaît pas d’autres usages culturels, médicinaux ou spirituels. Puisque les populations canadiennes représentent la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, elles pourraient avoir une importance évolutive et écologique particulière. Des études génétiques sur le genre Microseris (auquel l’uropappe de Lindley appartenait initialement) indiquent quel’uropappe de Lindley (=M. lindleyi) montre des différences distinctes par rapport aux autres membres du genre. Par conséquent, la reclassification récente de l’uropappe de Lindley le place dans le genre Uropappus, monotypique (U. lindleyi).

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, l’uropappe de Lindleyest coté G5, ce qui indique qu’il est considéré comme une espèce « fréquente à très commune, manifestement non en péril, risquant peu de disparaître dans les conditions actuelles ». Outre la Colombie-Britannique, seul l’Utah surveille l’uropappe de Lindley à titre d’espèce rare et lui accorde la cote S1 (espèce gravement en péril) dans l’État ou la province à cause de certains facteurs qui risquent particulièrement de la faire disparaître. Comme au Canada on ne trouve l’espèce qu’en Colombie-Britannique, on lui a attribué la cote N1 (espèce gravement en péril), à cause de son extrême rareté ou parce que certains facteurs risquent particulièrement de la faire disparaître. À l’échelle provinciale, l’uropappe de Lindleya été coté S1 par le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique et figure sur la liste rouge du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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