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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur 
l’uropappe de Lindley
Uropappus lindleyi 
au Canada

L’uropappe de Lindley

En voie de disparition 2008

COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada



COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 24 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier feu George W. Douglas et Shyanne J. Smith qui ont rédigé le rapport de situation sur l’uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi) au Canada. Ce rapport a été préparé grâce à l’initiative et à l’aide financière de Parcs Canada. La participation de l’entrepreneur à la rédaction du rapport de situation s’est terminée suivant l’acceptation du rapport provisoire. Erich Harber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision avec la participation des membres du COSEPAC. Cet examen peut avoir entraîné des modifications et des ajouts à la version initiale de ce rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Lindley's False Silverpuffs Uropappus lindleyi in Canada.

Illustration de la couverture

Uropappe de Lindley-- Illustration par Douglas et al. 1998.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.
de catalogue CW69-14/558-2008F-PDF
ISBN978-0-662-04197-9

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Uropappe de Lindley

Nom scientifique : Uropappuslindleyi

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette plante florifère annuelle de la Colombie-Britannique n’est présente qu’à cinq endroits dans les îles Gulf. L’espèce ne semble plus être présente sur l’île de Vancouver. Le nombre d’individus présents au Canada est extrêmement faible. L’espèce est également constamment menacée par la perte et la dégradation de l’habitat causées par des facteurs tels que la construction domiciliaire et la prolifération de plantes envahissantes.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Uropappe de Lindley
Uropappus lindleyi

Information sur l’espèce

Appartenant à la famille des Astéracées, l’uropappe de Lindley (Uropappus lindleyi, anciennement Microseris lindleyi) mesure environ 10 à 70 cm de haut et n’a habituellement qu’une seule tige, issue d’une racine pivotante mince. Les longues feuilles basilaires sont linéaires et acuminées; celles de la tige, habituellement linéaires, se trouvent dans la moitié inférieure de la tige. Les tiges florifères peuvent être basilaires ou axillaires, et leur capitule, solitaire et terminal, produit des fleurs jaunes ligulées.

Des études génétiques portant sur le genre Microseris(=Uropappus) ont permis de découvrir de nombreuses différences, en matière d’enzymes et d’ADN, entre le M. lindleyi et les autres espèces du genre. Ces différences justifient, en partie, la reconnaissance du genre Uropappus. On n’a détecté aucune variation chez l’U. lindleyi dans le matériel génétique provenant des États-Unis, et aucune étude n’a été menée sur le matériel génétique provenant du Canada.

Répartition

L’uropappe de Lindley se rencontre, de façon discontinue, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et depuis l’État de l’Idaho et le centre de l’État de Washington jusqu’à l’Oregon, l’Utah, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et la Californie. On lui connait une occurrence historique dans les îles San Juan, dans le nord-ouest de l’État de Washington. Au Canada, on trouve l’uropappe de Lindleyuniquement dans les îles Gulf du sud-ouest de la Colombie-Britannique. Moins de 1 p. 100 de l’aire de répartition de l’espèce se trouve au Canada. À l’heure actuelle, sa zone d’occurrence au Canada est d’environ 150 km². La superficie réellement occupée est d’environ 0,01 km², mais la zone d’occupation calculée au moyen d’un quadrilatère de 1 km ou de 2 km pour les cinq localités atteint 20 km².

Habitat

En Colombie-Britannique, les populations d’uropappe de Lindleysont situées dans les écosystèmes du chêne de Garry (Quercus garryana) et d’autres écosystèmes associés de la zone côtière sèche à douglas du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes. Cette zone profite d’un climat méditerranéen relativement chaud et sec. On rencontre l’espèce dans plusieurs habitats différents, allant des falaises de grès et des pentes escarpées herbeuses aux forêts décidues ou conifériennes xériques. On ne trouve pas de renseignements précis sur les tendances de l’uropappe de Lindley, en matière d’habitat, dans le sud-est de l’île de Vancouver ou les îles Gulf adjacentes. Malgré tout, l’espèce doit certainement faire face aux mêmes menaces que les écosystèmes du chêne de Garry, notamment en ce qui concerne le développement agricole, l’urbanisation et les plantes exotiques envahissantes.

Biologie

L’uropappe de Lindley est une espèce annuelle. En Colombie-Britannique, la période de floraison s’étend de la fin avril à la mi-mai, et la période de production de graines, de la mi-mai à juin. Par rapport aux espèces semblables du genre Microseris, l’uropappe de Lindley se distingue par des caractéristiques telles que l’autogamie, la taille réduite des fleurs et un nombre d’écailles (bractées) moindre autour du capitule. Les écailles du pappus, terminées par une soie et fixées au sommet des fruits, peuvent se prendre aux plumes des oiseaux et permettre la dispersion des graines sur une longue distance. La plupart des graines, par contre, sont plus susceptibles d’être dispersées localement, par le vent et la gravité.

Taille et tendances des populations

Il existe cinq localités du Canada où l’uropappe de Lindleya été relevé depuis 1974 et où il existe toujours. En 1998, on a enregistré une population supplémentaire, laquelle a probablement été détruite par la construction domiciliaire depuis. Les populations comptent entre environ 20 à 1 200 plantes et occupent des superficies de moins de 1 à 1 ha. L’étude la plus récente portant sur les populations a montré qu’il y a probablement près de 2 000 individus au Canada. Le potentiel d’immigration en provenance de l’aire de répartition principale est très faible. Même à l’échelle locale, les échanges de graines ou de pollen se produisent rarement, probablement à cause du manque de vecteurs de dispersion efficaces.

Facteurs limitatifs et menaces

En Colombie-Britannique, la menace la plus imminente pour l’uropappe de Lindleyest la destruction de l’habitat causée par la construction domiciliaire, sur des terres privées. Presque toutes les populations se trouvent sur des propriétés privées de grande valeur, avec vue sur la mer. La destruction de l’habitat entraîne également une plus grande fragmentation des populations. De plus, une importante part de ce qui reste d’habitat adéquat pour l’uropappe de Lindleya été grandement altérée par l’envahissement d’espèces introduites.

Importance de l’espèce

En Californie, les graines d’uropappe de Lindley sont recueillies à l’état sauvage et vendues dans au moins une pépinière de plantes indigènes; on ne leur connaît pas d’autres usages culturels, médicinaux ou spirituels. Puisque les populations canadiennes représentent la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce, elles pourraient avoir une importance évolutive et écologique particulière. Des études génétiques sur le genre Microseris (auquel l’uropappe de Lindley appartenait initialement) indiquent quel’uropappe de Lindley (=M. lindleyi) montre des différences distinctes par rapport aux autres membres du genre. Par conséquent, la reclassification récente de l’uropappe de Lindley le place dans le genre Uropappus, monotypique (U. lindleyi).

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, l’uropappe de Lindleyest coté G5, ce qui indique qu’il est considéré comme une espèce « fréquente à très commune, manifestement non en péril, risquant peu de disparaître dans les conditions actuelles ». Outre la Colombie-Britannique, seul l’Utah surveille l’uropappe de Lindley à titre d’espèce rare et lui accorde la cote S1 (espèce gravement en péril) dans l’État ou la province à cause de certains facteurs qui risquent particulièrement de la faire disparaître. Comme au Canada on ne trouve l’espèce qu’en Colombie-Britannique, on lui a attribué la cote N1 (espèce gravement en péril), à cause de son extrême rareté ou parce que certains facteurs risquent particulièrement de la faire disparaître. À l’échelle provinciale, l’uropappe de Lindleya été coté S1 par le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique et figure sur la liste rouge du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Uropappus lindleyi (DC.) Nutt.

Synonymes :

  • Microseris lindleyi (DC.) A. Gray,
  • Calaïs linearifolia DC.,
  • Microseris linearifolia (Nutt.) Schultz-Bip.,
  • Uropappus linearifolius Nutt.

Noms français :

uropappe de Lindley, microséris de Lindley

Noms anglais :

Lindley’s False Silverpuffs, Lindley’s microseris

Famille :

Astéracées (famille des Composacées)

Grand groupe végétal :

Eudicotylédones

On a connu l’Uropappus lindleyisous plusieurs noms. Peck (1961) traite de cette plante en parlant de l’U. linearifolius Nutt. Ailleurs dans le nord-ouest des États-Unis, Cronquist (1955) et Chambers (1960) employaient plutôt le nom Microseris linearifolia. Au cours des dernières années, on a parlé du M. lindleyi (Douglas et al., 1998 et 2002; NatureServe, 2003) ou de l’U. lindleyi (Chambers, 1993; Kartesz et Meacham, 1999). Actuellement, l’espèce est appelée U. lindleyidans la publication Flora of North America. Il s’agit de la seule espèce du genreUropappus. La première récolte de l’espèce au Canada a été faite à l’île Saturna, par H. Janszen, en 1974.

Description morphologique

L’Uropappus lindleyi est une plante annuelle qui mesure 10 à 70 cm de hauteur et possède habituellement une seule tige, portée par une racine pivotante mince (figure 1; figure 2; Douglas et al., 1998). Les feuilles basilaires, de 15 à 30 cm de long, sont linéaires et longuement acuminées. Elles peuvent être entières ou, plus souvent, posséder des lobes linéaires orientés vers la base. Les feuilles de la tige sont généralement linéaires, entières et positionnées dans la moitié inférieure de la tige. Les tiges florifères sont basilaires ou axillaires. Chaque capitule, terminal et solitaire, produit des fleurs jaunes ligulées et des bractées involucrales lancéolées de 15 à 30 mm de long. Les akènes de 7 à 17 mm sont longs, minces, noirâtres et finement côtelés. Le pappus est constitué de cinq écailles linéaires, chacune terminée par une soie relativement courte s’élevant d’une entaille distincte dans la pointe de l’écaille.

Dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, on peut confondre l’Uropappus lindleyi avec bon nombre d’autres espèces aux feuilles semblables, à fleurs ligulées, appartenant à la tribu des Lactucées. Toutefois, une inspection plus approfondie de la soie qui s’élève de l’entaille, tout au bout de chaque écaille du pappus, permet de le différencier facilement.

Figure 1. Morphologie de l’Uropappus lindleyi

  1. a) plante entière,
  2. b) fruit à écailles du pappus terminées par une soie, 
  3. c) involucre de bractées entourant le capitule. Dessin tiré de Douglas et al. (1998), reproduit avec la permission des auteurs.

Figure 1. Morphologie de l’Uropappus lindleyi : a) plante entière, b) fruit à écailles du pappus terminées par une soie, c) involucre de bractées entourant le capitule. Dessin tiré de Douglas et al. (1998), reproduit avec la permission des auteurs.

Figure 2. Uropappus lindleyi en graines, à l’île Galiano, en Colombie-Britannique. La plante du centre de la photo présente un gros capitule sphérique avec akènes mûrs. Photo de S.J. Smith, 2004.

Figure 2. Uropappus lindleyi en graines, à l’île Galiano, en Colombie-Britannique. La plante du centre de la photo présente un gros capitule sphérique avec akènes mûrs. Photo de S.J. Smith, 2004

Description génétique 

Des travaux de recherche portant sur la génétique du genre Microseris ont été menés à partir de matériel végétal venant des États-Unis, notamment de Californie (Pak et al., 2001; Battjes et al., 1994; Price et Bachmann, 1975; Jansen et al., 1991a et b; Wallace et Jansen, 1990). Ces études portaient sur des variations d’allozymes et d’ADN observées entre les espèces de Microseris. Bien que l’U. lindleyiait généralement été abordé comme faisant partie du genre Microseris, de nombreuses différences de morphologie, d’allozymes et d’ADN ont poussé plusieurs chercheurs à proposer que cette espèce soit reclassée sous le nom d’Uropappus lindleyi (Battjes et al., 1994; Jansen et al., 1991; Wallace et Jansen, 1990). La Flora of North America la désigne maintenant comme U. lindleyi (Chambers, 2006).

L’examen de la variation génétique au sein de l’Uropappus lindleyi n’ayant toutefois pas été effectué, il se peut que les populations canadiennes soient génétiquement isolées par les 300 km les séparant de l’aire de répartition principale de l’espèce, dans la portion est de la chaîne des Cascades, dans l’État de Washington (University of Washington Herbarium Database, 2004). Il se peut également que bon nombre des populations canadiennes soient isolées les unes des autres par des distances de 10 à 15 km ainsi que par des plans d’eau de plus de 1 km de largeur.

Unités désignables 

Une seule unité désignable est reconnue pour les cinq localités, toutes situées dans une seule et même écozone.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On rencontre l’U. lindleyi, de manière discontinue, d’une part dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et d’autre part depuis l’Idaho et le centre de l’État de Washington jusqu’à l’Oregon, l’Utah, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et la Californie (Cronquist, 1955; Chambers, 1993; figure 3). On lui connaît une occurrence historique (1956) dans les îles San Juan, dans le nord-ouest de l’État deWashington (Atkinson et Sharpe, 1993), quelque 8 à 12 km au sud des populations canadiennes.

Figure 3. Répartition de l’Uropappus lindleyi en Amérique du Nord (d’après USDA, NRCS, 2007).

Figure 3.  Répartition de l’Uropappus lindleyi en Amérique du Nord (d’après USDA, NRCS, 2007)

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’U. lindleyi a seulement été relevé dans le sud-est de l’île de Vancouver et sur les îles Gulf adjacentes (Douglas et al., 1998, 2002; figure 4). L’aire de répartition canadienne de l’espèce est fragmentée, en plus d’être isolée de l’aire de répartition principale, aux États-Unis. Les populations canadiennes se trouvent à environ 300 km au nord-ouest des populations existantes les plus proches, dans l’État de Washington (University of Washington Herbarium Database, 2004; figure 3). L’aire de répartition canadienne représente moins de 1 p. 100 de l’aire de répartition totale de l’espèce en Amérique du Nord (figures 3 et 4).

Figure 4. Sites canadiens de l’Uropappus lindleyi (l= existant; X= disparu).

Figure 4.  Sites canadiens de l’Uropappus lindleyi.

Comme l’espèce a été enregistrée pour la première fois au Canada en 1974, on ne connaît pas l’importance de la présence de l’U. lindleyi avant cette date. La zone d’occurrence de l’espèce au Canada est d’environ 150 km², d’après la superficie du polygone convexe comprenant les sites existants. La superficie réellement occupée par l’espèce est de 0,01 km², mais la zone d’occupation pour les cinq sites est de 5 km², d’après un quadrilatère de 1 km, ou de 20 km², d’après un quadrilatère de 2 km.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat 

On rencontre l’U. lindleyi dans les milieux dégagés et secs des vallées, des contreforts et des plaines, dans l’ensemble de l’aire de répartition aux États-Unis (Cronquist, 1955). On trouve les populations de Colombie-Britannique à l’intérieur ou à proximité des écosystèmes du chêne de GarryNote de bas de page1 et d’écosystèmes connexes de la zone côtière sèche à douglas du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes (Nuszdorfer et al., 1991). Cette région est abritée des précipitations venant de l’ouest par les monts Olympic, au sud-ouest, et les montagnes de l’île de Vancouver, à l’ouest, ce qui entraîne un climat relativement chaud et sec, de type méditerranéen.

L’espèce pousse sur les falaises de grès, les pentes escarpées herbeuses ainsi que dans les forêts conifériennes et décidues xériques et claires de la zone côtière sèche à douglas. Sur les falaises de grès, les plantes poussent dans les fissures et sur les saillies (figure 5). Parmi les rares plantes qui s’établissent près de l’U. lindleyi sur ces falaises, on compte le brome de Sitka (Bromus sitchensis), le camassie de Suksdorf (Camassia leichtlinii), la carotte naine (Daucus pusillus) et l’orpin à feuilles pruineuses (Sedum spathulifolium). Les pentes escarpées et herbeuses sont principalement couvertes d’espèces exotiques, comme la canche précoce (Aira praecox), le brome raide (Bromus rigidus), le brome stérile (B. sterilis) et le genêt à balais (Cytisus scoparius).

Figure 5. L’Uropappus lindleyi poussant sur une falaise de grès de l’île Saturna. Au centre de la photo, on peut voir des capitules en graines, sphériques, blanchâtres et plumeux. Photo de G.W. Douglas.

Figure 5. L’Uropappus lindleyi poussant sur une falaise de grès de l’île Saturna. Au centre de la photo, on peut voir des capitules en graines, sphériques, blanchâtres et plumeux. Photo de G.W. Douglas.

Les forêts associées à l’U. lindleyi peuvent se trouver sur des pentes et des escarpements rocheux et sont dominées par le chêne de Garry (Quercus garryana). Il peut aussi s’agir de boisés mixtes à étage supérieur de douglas (Pseudotsuga menziesii), d’arbousier (Arbutus menziesii) et de chêne de Garry. Sèches, claires et d’orientation sud à ouest, ces forêts sont situées sur des pentes fortes (de 70 à 90 p. 100), en terrain bien drainé graveleux ou rocheux et à des altitudes allant de 50 à 80 mètres. Parmi les espèces indigènes qui dominent le sous-étage de ces forêts mixtes, on compte l’élyme glauque (Elymus glaucus), le lomatium utriculé (Lomatium utriculatum)et la sélaginelle de Wallace (Selaginella wallacei). Le brome stérile, la canche précoce,la crételle des prés (Cynosurus cristatus), le genêt à balais et la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) sont des espèces introduites fréquentes.

Tendances en matière d’habitat 

Il n’existe pas de données précises sur les tendances en matière d’habitat de l’U. lindleyi dans le sud-est de l’île de Vancouver ou dans les îles Gulf adjacentes, mais l’espèce suit presque assurément les mêmes tendances que les écosystèmes du chêne de Garry avec lesquels elle est souvent étroitement associée. Les études sur le terrain ont indiqué qu’il existe toujours des superficies d’habitat potentiel non occupées par l’U. lindleyi. Une certaine réduction de ces superficies est toutefois probable, étant donné la fragmentation de l’habitat, grandement amplifiée par l’expansion urbaine.

Parmi les plus grandes menaces ayant influé sur les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes connexes au cours du dernier siècle, on compte le développement agricole, l’urbanisation et les espèces introduites envahissantes. Ces facteurs ont mené à la réduction des écosystèmes du chêne de Garry à moins de 5 p. 100, par rapport à leur étendue initiale, dans la région de Victoria (Lea, 2002). Les écosystèmes du chêne de Garry sont isolés et fragmentés, de sorte qu’il ne peut y avoir d’échanges importants de matériel génétique entre eux.

Protection et propriété 

La plus grande part de l’habitat occupé par l’U. lindleyi se trouve sur des terres privées. Le seul site se trouvant sur des terres publiques est situé dans l’île Galiano, où la population s’étend jusque dans un parc régional. Bien qu’une bien petite partie de cet habitat soit protégée, une plus grande part pourrait l’être au moyen de conventions de conservation, puisque certains de ces habitats se trouvent sur des falaises littorales à forte pente dont le développement est généralement difficile et coûteux. Ce type de convention permet déjà de protéger l’habitat d’une population de l’île Saturna.

Note de bas de page 1

La taxinomie et la nomenclature suivent Douglas et al. (1998, 1999a et b, et 2001).

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Biologie

Peu de recherches ont été menées sur l’Uropappus lindleyi, mais d’importantes études taxinomiques ont porté sur le genre Microseris au sens large, surtout aux États-Unis.

Cycle vital et reproduction 

L’U. lindleyi est une espèce annuelle qui fleurit de la mi-avril à la mi-mai en Colombie-Britannique. La production de graines a lieu de la mi-mai à juin. La floraison étant asynchrone, on observe souvent des boutons floraux sur des plantes en fleurs. La situation ne semble pas être le résultat de différentes conditions de microhabitat, puisqu’on a rencontré côte à côte des plantes au stade de la libération des graines et d’autres, au stade des boutons.

Herbivores 

On dispose de peu de renseignements au sujet du broutage de la plante par les animaux. Les rédacteurs du présent rapport n’ont observé pratiquement aucun broutage de l’U. lindleyi en 2004, mais Fairbarns (comm. pers., 2004) a relevé des plantes abondamment broutées par les cerfs.

Physiologie 

Tout comme les espèces annuelles de Microseris semblables poussant en climat plutôt chaud et sec, l’U. lindleyi présente certaines caractéristiques particulières : il est autogame (autopollinisation); la taille des fleurs et le nombre d’écailles du pappus sont réduits; la plante est acaule à subacaule (Chambers, 1955; Stebbins, 1972).

Dispersion

Les écailles du pappus, terminées par une soie, pourraient avoir tendance à se prendre dans les plumes des oiseaux, ce qui pourrait entraîner leur dispersion sur une grande distance. La plupart des graines, toutefois, sont plutôt dispersées localement par le vent et la gravité. Les écailles du pappus sont insérées à angle sur l’akène, de manière à former une couronne ouverte, ce qui permet probablement au vent de déplacer les akènes, légers, principalement sur de petites ou moyennes distances.

Relations interspécifiques

Aucune donnée sur les relations interspécifiques de l’U. lindleyi n’est disponible.

Adaptabilité 

Il existe peu de renseignements sur les réussites en matière de germination des graines et de multiplication artificielles. Toutefois, certains fournisseurs de semences de fleurs sauvages vendent les graines de l’espèce (Payne, 2004).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

On trouve souvent l’U. lindleyi dans des microhabitats en pente quelque peu inaccessibles, ce qui pourrait expliquer le manque de données datant d’avant la première observation de l’espèce, en 1974. Des études non systématiques de l’habitat de l’U. lindleyi ont été entreprises par des botanistes au cours des 30 dernières années et ont mené à peu de résultats concluants. Une fouille exhaustive des superficies d’habitat convenant spécifiquement à l’U. lindleyi a été effectuée en 2003 et 2004 par plusieurs botanistes (voir l’annexe 1 pour les sites de recherche infructueuse). Cependant, il est possible que des populations supplémentaires existent en petites colonies à des endroits n’ayant pas été étudiés de manière approfondie. Il est impossible d’obtenir plus de renseignements concernant les activités de recherche puisque le rédacteur principal (George Douglas) est aujourd’hui décédé.

Abondance

Au Canada, on connaît cinq localités où pousse actuellement l’U. lindleyi, toutes situées dans les îles Gulf (figure 4; tableau 1). En 1998, on a enregistré une population dans le sud de l’île de Vancouver. Cette population, dont le site a été revisité par les rédacteurs en 2004, est aujourd’hui considérée comme disparue, à la suite de la construction d’un complexe résidentiel ayant éliminé la plus grande part de la pente sur laquelle on trouvait l’espèce. La taille des populations existantes varie de 20 à 1 200 individus environ, sur des superficies allant de moins de un mètre carré à un hectare.

Les observations les plus récentes des cinq populations d’U. lindleyi de Colombie-Britannique, effectuées en 2003 et en 2004 (figure 4), portent à croire qu’elles comptent un total d’environ 2 000 individus (tableau 1).

Tableau 1. Emplacement et taille des populations d’Uropappus lindleyi en Colombie-Britannique
PopulationDernière observationObservateurNombre d’individus / superficie occupée
Île North Pender
1996
Penny20 / ? m² – 2004 recherche infructueuse
Île de Vancouver
2004
Douglas et SmithDisparue
Île Ruxton
2003
Ennis800 / 1 ha
Île Saturna : Population 1
2003
Janszen22+ / 0,7 m²
Île Saturna : Population 2
2004
Douglas et Smith28 / 8 m²
Île Galiano : Sous-population 1
2003
Janszen390 / 512 m²
Île Galiano : Sous-population 2
2004
Douglas et Smith800 / 440 m²

Fluctuations et tendances

Les tendances des populations ne sont pas connues et sont difficiles à évaluer étant donné la nature annuelle de l’espèce.

Immigration de source externe

On ne connaît pas le potentiel d’immigration de source externe, en provenance de l’aire de répartition principale de l’espèce, à 300 km de distance, sur le versant est de la chaîne des Cascades, aux États-Unis, mais on peut considérer qu’elle est très peu probable. Même localement, la fréquence des échanges génétiques entre les populations est inconnue. Les populations canadiennes sont fragmentées et séparées par des distances de 10 à 15 km.

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Facteurs limitatifs et menaces

La menace la plus directe pour l’U. lindleyi en Colombie-Britannique est la destruction de son habitat par la construction domiciliaire sur des terres privées. Les cinq populations existantes d’U. lindleyi se trouvent dans les îles Gulf, et une seule d’entre elles n’est pas entièrement située sur des terres privées, qui sont, pour la plupart, des propriétés avec vue sur la mer. Ces propriétés ainsi que celles situées sur le littoral sont les sites les plus convoités dans le secteur pour la construction de complexes résidentiels. Les renseignements obtenus à l’île Salt Spring sont typiques de la tendance en matière de construction domiciliaire dans les îles Gulf. À l’île Salt Spring, l’augmentation marquée de la construction domiciliaire est liée à l’augmentation de la population, qui a fait un bond de 78 p. 100 entre 1986 et 2001. Les projections de croissance prévoient une augmentation de 43 p. 100 d’ici 2026 (Linda Adams, comm. pers., 2003).

La destruction de l’habitat menace aussi l’espèce, indirectement, en augmentant la fragmentation naturelle des populations. Il en résulte également une importante fragmentation de l’habitat, qui limite la capacité de l’espèce à s’établir à de nouveaux endroits ou à rétablir les populations disparues.

Une bonne partie de l’habitat convenant à l’U. lindleyi a été grandement altérée par des espèces introduites envahissantes. Cette dégradation de l’habitat représente une menace importante et urgente pour l’U. lindleyi et d’autres espèces indigènes ainsi que pour leur habitat dans les écosystèmes du chêne de Garry, dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles Gulf adjacentes.

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Importance de l'espèce

L’U. lindleyi n’est pas bien connu dans le commerce horticole, mais les graines sauvages de l’espèce sont actuellement cueillies et vendues par au moins une pépinière de plantes indigènes en Californie (Payne, 2004). On ne lui connaît pas d’autres usages culturels, médicinaux ou spirituels.

Les populations existantes de Colombie-Britannique se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition principale de l’U. lindleyi et se trouvent à une distance approximative de 300 km au nord des populations américaines. Les populations périphériques d’une espèce sont parfois divergentes du point de vue génétique et morphologique par rapport à ses populations plus centrales et peuvent avoir une importance évolutive et écologique démesurée par rapport au pourcentage de l’effectif de l’espèce qu’elles représentent (Mayr, 1982; Lesica et Allendorf, 1995). La protection des populations périphériques génétiquement distinctes peut revêtir une importance particulière pour la survie à long terme de l’espèce dans son ensemble (Lesica et Allendorf, 1995). Aucune étude n’a été entreprise sur la génétique de la plupart des plantes indigènes de Colombie-Britannique, par rapport aux populations plus méridionales des mêmes espèces. Par contre, dans le cas des populations de Colombie-Britannique d’une espèce similaire, le Microseris bigelovii (isolées par rapport au centre de répartition du M. bigelovii en Californie), on a pu en confirmer le caractère génétiquement distinct (van Heusden et Bachmann, 1992).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Statut international 

Ni la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES), ni l’Endangered Species Act des États-Unis, ni les Listes rouges de l’UICN ne traitent de l’U. lindleyi. À l’échelle mondiale, on a donné à l’U. lindleyi la cote G5, qui indique qu’on le considère comme une espèce « commune, répandue et abondante » (NatureServe, 2003).

L’Utah est le seul État des États-Unis à classer l’uropappe de Lindley comme espèce gravement en péril (S1, critically imperilled; NatureServe, 2003). En Arizona, en Californie, en Idaho, au Nevada, au Nouveau-Mexique, en Oregon, au Texas et dans l’État de Washington, l’espèce est cotée SNR (espèce non classée; NatureServe, 2003).

Statut national et provincial 

Au Canada, l’U. lindleyi ne se trouve qu’en Colombie-Britannique, et, aux niveaux national et provincial, l’espèce est respectivement classée N1 et S1. Ces cotes correspondent au risque le plus élevé pouvant s’appliquer à une espèce à l’échelle nationale ou provinciale et indiquent que l’espèce en question est « gravement en péril à cause de son extrême rareté (généralement cinq occurrences ou moins, ou très petit nombre d’individus restants), ou parce que certains facteurs risquent particulièrement de la faire disparaître du territoire ou de la faire disparaître entièrement » (NatureServe, 2003). L’espèce est également sur la liste rouge des espèces menacées ou en voie de disparition du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique (Douglas et al., 2002).

Comme l’espèce figure sur la liste rouge du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, elle pourrait également figurer sur la liste établie en vertu de la Wildlife Amendment Act (2004) provinciale.

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Résumé technique

Uropappus lindleyi

Uropappe de Lindley – Lindley’s false silverpuffs

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population).

De 3 à 4 mois

Tendance et dynamique de la population

Pourcentage observé d’une réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières générations.

Inconnu

Pourcentage prévu d’une réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années.

Inconnu

Pourcentage observé d’une réduction du nombre total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure.

Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont parfaitement comprises?

En partie

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?

Des menaces pèsent constamment sur la superficie et la qualité de l’habitat. Non

Tendance observée du nombre de populations.

Déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?

Non

Nombre d’individus matures dans chaque population

  • Île Ruxton : 800
  • Île North Pender : 20
  • Île Galiano : 1189
  • Île Saturna (1) : 22+
  • Île Saturna (2) : 28
  • Total : 2000

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence (km²) Fondée sur un polygone convexe :

150 km²

Tendance observée dans la zone d’occurrence. Perte historique :

Déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?

Non

Superficie estimée de la zone d’occupation (km²).

La superficie réelle de l’habitat occupé est de 0,01 km², mais la zone d’occupation pour les 5 sites, selon un quadrilatère de 1  km sur 1 km, est de 5 km², ou de 20 km² au total selon un quadrilatère de 2 km sur 2 km: 20 km²

Tendance observée dans la zone d’occupation:

Déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation?

Non

La population totale est-elle très fragmentée?

Oui

Nombre d’emplacements actuels:

5

Tendance du nombre d’emplacements:

Déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?

Non

Tendance observée en matière de qualité de l’habitat:

Déclin

Analyse quantitative

[0,00 % de probabilité de disparition du pays d’ici années]

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Destruction de l’habitat par l’aménagement immobilier sur les propriétés privées
  • Fragmentation de l’habitat
  • Envahissement par des espèces de plantes exotiques

Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

États-Unis : non en péril

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Inconnu

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Probablement

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition, 2008

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation : Cette plante florifère annuelle de la Colombie-Britannique n’est présente qu’à cinq endroits dans les îles Gulf. L’espèce ne semble plus être présente sur l’île de Vancouver. Le nombre d’individus présents au Canada est extrêmement faible. L’espèce est également constamment menacée par la perte et la dégradation de l’habitat causées par des facteurs tels que la construction domiciliaire et la prolifération de plantes envahissantes.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Déclin du nombre d’individus matures) : Sans objet; aucune donnée sur le déclin.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Espèce en voie de disparition, B1ab(iii)+2ab(iii), la zone d’occurrence et la zone d’occupation étant inférieures aux limites maximales pour correspondre à la catégorie en voie de disparition; seulement 5 emplacements gravement fragmentés avec perte de superficie dans la zone d’occupation et d’individus matures en raison de la disparition récente du pays d’une population et des répercussions continues sur l’habitat présumées découlant de la prolifération de plantes envahissantes et de la construction.
  • Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : La taille démographie est inférieure à la limite maximale pour correspondre à la catégorie en voie de disparition et le déclin continu peut être présumé en raison de la prolifération d’espèces envahissantes et des pressions imposées par les travaux sur les terres, mais le régime démographique selon ce critère n’est pas satisfait.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Espèce menacée, D2; seulement 5 populations et une zone d’occupation maximale de 20 km².
  • Critère E (Analyse quantitative) : Aucune donnée.

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Remerciements et experts contactés

Harvey Janszen et Frank Lomer ont fourni des renseignements sur les sites qu’ils ont visités en 2003. Harvey Janszen a prêté main-forte aux travaux sur le terrain à l’île Gulf en 2004. Jenifer Penny, du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, a fourni des renseignements tirés de la base de données du Conservation Data Centre. Tim Ennis a gentiment accepté de nous fournir des données sur la population de l’île Ruxton. Brenda Costanzo, Matt Fairbarns, Ted Lea, Terry McIntosh et Hans Roemer ont formulé des commentaires utiles sur une ébauche préliminaire du manuscrit.

Experts contactés

  • Florence Caplow. Janvier 2004. Botaniste, Washington Natural Heritage Program, Department of Natural Resources, P.O. Box 47014, Olympia (Washington) 98504-7014.
  • Adolf Ceska (Ph.D.). Juin 2004. Botaniste, Ceska Geobotanical.
  • Matt Fairbarns. Juin 2004. Botaniste, Aruncus Consulting.
  • Harvey Janszen. Janvier 2004. Botaniste, 251 East Point Road, île Saturna (Colombie-Britannique) V0N 2Y0, Canada.
  • Jenifer Penny. Janvier 2004. Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, Wildlife Inventory Section, Resources Inventory Branch, Ministry of Environment, Lands and Parks, P.O. Box 9344, Station Provincial Government, Victoria (Colombie-Britannique) V8W 9M1.
  • Hans Roemer (Ph.D). Juin 2004. Botaniste, Victoria.
  • Nancy Turner (Ph.D.). Janvier 2004. Professeur, School of Environmental Studies, P.O. Box 1700, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique).

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Sources d’information

Adams, L. Comm. pers. 2003. Correspondance par courriel adressée à S.J. Smith, Chief Administrative Officer, Executive and Trust Area Services, Islands Trust (Colombie-Britannique).

Atkinson, S., et F. Sharpe. 1993. Wild Plants of the San Juan Islands. 2nd Edition, The Mountaineers, Seattle, 191 p.

Battjes, J., K.L. Chambers et K. Bachmann. 1994. Evolution of microsporangium numbers in Microseris (Asteraceae: Lactuceae), Journal of Botany 81(5):641-647.

Chambers, K.L. 1955. A biosystematic study of the annual species of Microseris, Contributions to the Dudley Herbarium 4:207-312.

Chambers, K.L. 1960. Microseris, pages 554-562, in Illustrated Flora of the Pacific States: Washington, Oregon and California, Vol. IV, Bignoniaceae to Compositae, R. Ferris (éditeur), Stanford Univ. Press, Stanford (Californie),732 p.

Chambers, K.L. 1993. Uropappus, pages 355-356, in The Jepson Manual: Higher Plants of California, J.C. Hickman (éditeur), University of California Press, Berkeley (Californie), 1400 p.

Chambers, K.L. 2006. Uropappus, in Flora of North America Editorial Committee, éd. 1993+, Flora of North America North of Mexico, 12+ vols, New York et Oxford, vol. 19, p. 322.

Cronquist, A. 1955. Vascular Plants of the Pacific Northwest. Part 5: Compositae, University of Washington Press, Seattle, 343 p.

Douglas , G.W., D. Meidinger et J.L. Penny. 2002. Rare Native Vascular Plants of British Columbia. Second edition, province de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 359 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 1999a. Illustrated Flora of British Columbia. Volume 3. Dicotyledons (Diapensiaceae through Onagraceae), Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 423 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 1999b. Illustrated Flora of British Columbia. Volume 4. Dicotyledons (Orobanchaceae through Rubiaceae), Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 427 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 2001. Illustrated Flora of British Columbia. Vol. 7. Monocotyledons (Orchidaceae to Zosteraceae), Ministry of Sustainable Resource Development, and Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique), 379 p.

Douglas, G.W., G.B. Straley et D. Meidinger. 1998. Illustrated Flora of British Columbia. Volume 1. Gymnosperms and Dicotyledons. (Aceraceae through Asteraceae), Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 436 p.

Fairbarns, M. Comm. pers. 2004. Correspondance par courriel adressée à G.W. Douglas, septembre 2004, botaniste, Aruncus Consulting, Victoria (Colombie-Britannique).

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Kartesz, J.T., et C.A. Meacham. 1999. Digital Floristic Synthesis of North America North of Mexico, Published for the Biota of North America Program of the North Carolina Botanical Garden, by Patricia Ledlie Bookseller, Incorporated, Buckfield (Maine).

Lea, Ted. 2002. Historical Garry Oak Ecosystems of Greater Victoria and Saanich Peninsula, 1:20,000 Map, Terrestrial Information Branch, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

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Mayr, E. 1982. Adaptation and selection, Biologisches Zenralblatt 101:161-174.

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USDA, NRCS. 2007. The PLANTS Database (site disponible en anglais seulement, consulté le 23 octobre 2007), National Plant Data Center, Baton Rouge (Louisiane) 70874-4490, États-Unis.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

George W. Douglas (décédé) détenait une maîtrise en foresterie de la University of Washington ainsi qu’un doctorat en botanique de la University of Alberta, à Edmonton. M. Douglas a étudié les plantes rares pendant plus de 20 ans. Il est l’auteur principal des titres suivants : Les plantes vasculaires rares du Yukon (1981), The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985) et Rare Native Plants of British Columbia (1998, 2002). Il était également directeur principal de la publication Illustrated Flora of British Columbia (de 1998 à 2002). Il a occupé le poste de botaniste de programme au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique de 1991 à 2003. Au cours de cette période, M. Douglas a rédigé ou corédigé 33 rapports de situation du COSEPAC, trois mises à jour de rapports de situation et trois rapports d’intendance sur des plantes rares.

Détentrice d’un baccalauréat en géographie de la University of Victoria, Shyanne J. Smith dirige depuis 2001 des projets d’inventaire, de recherche et de cartographie botaniques en Colombie-Britannique. Elle est coauteure du National Recovery Plan for Southern Maidenhair Fern (2004), de quatre rapports de situation du COSEPAC et de trois rapports d’intendance sur des plantes rares.

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Collections examinées

Les spécimens déposés à l’herbier du Royal British Columbia Museum (V), à Victoria, ont été examinés et vérifiés.

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Annexe 1 - Sites où plusieurs botanistes ont cherché l’Uropappus lindleyi, sans résultat, en 2003 et 2004

Sites adéquats où les recherches ont été infructueuses

  • Bodega Ridge, île Galiano
  • Mont Sutil, île Galiano
  • Mont Galiano, île Galiano
  • Mont Warburton-Pike (monts Brown Ridge), île Saturna
  • Mont Fisher (monts Brown Ridge), île Saturna
  • Mont Heck Hill, île Mayne
  • Mont Maxwell, île Salt Spring
  • Mont Reginald Hill, île Salt Spring
  • Mont Tuam, île Salt Spring
  • Mont Norman, île South Pender
  • Parc Lone Tree Hill, monts Gowlland, île de Vancouver
  • Parc Thetis Lake, île de Vancouver
  • Cedar Hill, île de Vancouver
  • Mont Mill Hill, île de Vancouver
  • Mont Tolmie, île de Vancouver
  • Mont Tzuhalem, île de Vancouver
  • Mont Helmcken, île de Vancouver
  • Lac Cowichan, île de Vancouver
  • Route Malahat Drive, île de Vancouver
  • Mont Nanoose Hill, île de Vancouver
  • Parc Horth Hill, île de Vancouver
  • Île Tree

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