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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Morse de l'Atlantique au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les morses de l’Atlantique ont besoin de vastes étendues d’eaux peu profondes (80 m ou moins) avec un substrat de fond accueillant une communauté productive de bivalves, des eaux libres à la surface de ces aires d’alimentation et des échoueries convenables sur glace ou sur terre à proximité (Davis et al., 1980). Cela constitue une niche écologique relativement étroite (Born et al., 1995).

Les morses se rassemblent souvent en grands troupeaux. Ils restent sur la banquise mouvante presque toute l’année. Lorsque la glace est insuffisante en été et en automne, ils tendent à se rassembler dans quelques échoueries terrestres dont l’emplacement est prévisible (Mansfield, 1973). Ces uglit se trouvent souvent sur des rivages bas et rocheux aux zones sublittorales escarpées ou en escalier qui offrent aux individus un accès facile à la mer pour se nourrir ou s’enfuir rapidement (Mansfield, 1959; Salter, 1979a, b; Miller et Boness, 1983). Les morses se déplacent généralement vers des zones protégées lorsqu’un fort vent du large souffle et que la mer est grosse (Mansfield, 1959).


Tendances en matière d’habitat

L’habitat convenable des morses diminue à mesure que les activités humaines prennent de l’expansion dans le Nord. La chasse et les perturbations causées par le bruit du transport motorisé ont forcé des troupeaux à abandonner leurs uglit près des collectivités pour aller occuper des îles et des rivages moins accessibles (Born et al., 1995). On ignore si ces individus pourraient éventuellement s’habituer aux perturbations et réintégrer leurs uglit abandonnés si la chasse était interrompue.

Le phénomène du relèvement postglaciaire fait en sorte que les uglit existants s’élèvent progressivement par rapport au niveau de la mer dans la plus grande partie de l’est de l’Arctique canadien. Dans le sud de la baie d’Hudson, près du cap Henrietta Maria, le taux de relèvement est d’environ 1,2 m par siècle (Webber et al., 1970). Certains uglit qui étaient autrefois des îles dans la région de Winisk ont ainsi été reliés au continent, ce qui a diminué leur fréquentation par les morses (Fleming et Newton, 2003). La baisse de fréquentation de l’habitat dans la région d’Attawapiskat a également été attribuée à des changements du littoral qui pourraient, toutefois, être influencés par l’émergence de nouveaux hauts-fonds. La répartition des morses varierait en conséquence.


Protection et propriété

Les parcs nationaux, réserves nationales de faune, refuges d’oiseaux migrateurs, réserves indiennes et autres terres détenus et gérés par le gouvernement du Canada offrent peu de protection à l’habitat des morses. Des morses vont à terre dans la Réserve nationale de faune de Polar Bear Pass (Davis et al., 1978), mais cette réserve ne protège qu’un petit nombre de leurs uglit le long de la côte est de l’île Bathurst. On compte également des échoueries sur l’île Coburg, dans la Réserve nationale de faune de Nirjutiqavvik, et sur les îles Wollaston, dont une partie se trouve à l’intérieur du Refuge d’oiseaux de l’île Bylot (Born et al., 1995). Des morses vont occasionnellement à terre dans le Refuge d’oiseaux de la baie Est, sur l’île Southampton, et dans le Refuge faunique de la baie Bowman, sur l’île de Baffin. D’autres peuvent également aller à terre le long de la côte nord-est de l’île Bathurst, sur des terres réservées pour un projet de parc national. La fréquentation d’autres parcs nationaux et refuges d’oiseaux est, au mieux, très limitée. Dans l’ensemble, les terres fédérales n’offrent qu’une protection temporaire à quelques morses de la population de la baie de Baffin. Ce niveau de protection de l’habitat est sans aucun doute insuffisant pour assurer la survie à long terme de l’espèce.