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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Morse de l'Atlantique au Canada – Mise à jour

Biologie

Généralités

L’âge des morses est déterminé par le nombre de couches de croissance dans le cément des canines inférieures (Mansfield, 1958; Garlich-Miller et al., 1993; Stewart et al. [dir. de publ.], 1993), lequel correspond de près à l’âge connu chez les morses en captivité (0-15 ans; Fay, 1982), mais des études de validation de l’âge n’ont pas été menées chez des morses sauvages de l’Atlantique. Plus de 35 couches de croissance du cément ont été comptées chez des individus sauvages, ce qui indique que le processus de superposition des couches de cément se poursuit durant toute la vie de l’animal (Mansfield, 1958). Les couches de croissance des mandibules ne sont pas un indicateur fiable de l’âge chez les morses matures et sous-estiment l’âge des mâles âgés de plus de 19 ans et des femelles âgées de plus de 9 ans, probablement à cause de la résorption et du ralentissement de la croissance des os (Garlich-Miller et al., 1993).

Les morses mâles sont de plus grande taille que les femelles, et des différences géographiques sont apparentes. La longueur asymptotique standard des morses de l’Atlantique mâles du nord du bassin Foxe en 1983-1993 (315,2 cm±3,8 (ET), n = 103) était significativement plus élevée (P < 0,05) que celle des femelles (276,6 cm ± 3,4, n = 90) (Garlich-Miller et Stewart, 1998). Les tendances de la longueur standard étaient similaires à celles observées chez les morses du nord-ouest du Groenland (Knutsen et Born, 1994). Les individus des deux populations étaient significativement plus grands et atteignaient leur maturité à un âge plus avancé que les individus échantillonnés dans le nord de la baie d’Hudson dans les années 1950 (Mansfield, 1958). Les morses du bassin Foxe et du nord-ouest du Groenland atteignent une longueur semblable à celle des morses du Pacifique, mais pas la même masse corporelle. L’équation prédictive du logarithme de la masse (M, kg) en fonction du logarithme de la longueur standard (LS, cm) pour les morses du nord du bassin Foxe est : log10M=-3,74+2,58(log10SL), n=25, r2=0,98 (Garlich-Miller et Stewart, 1998). Le plus grand mâle intact pesait environ 1 100 kg, et la plus grande femelle, environ 800 kg (Garlich-Miller, 1994).


Reproduction

Les morses sont grégaires et polygynes, et les mâles matures se disputent farouchement les femelles (Le Bœuf, 1986; Sjare et Stirling, 1996; Fay, 1981). Le comportement reproducteur des morses de l’Atlantique est relativement méconnu, car l’accouplement a lieu de février à avril, dans l’eau, dans des régions éloignées (Born, 1990, 2003; Sjare et Stirling, 1996). Des observations détaillées du comportement reproducteur ont été effectuées dans des polynies de l’Extrême-Arctique ceinturées de glaces fixées (Sjare et Stirling, 1996), où les mâles se disputaient les femelles et en défendaient l’accès jusqu’à cinq jours durant. Les femelles réceptives avaient tendance à s’accoupler avec le mâle qui dominait le troupeau (Sjare et Stirling, 1996). La stabilité de la glace de mer peut être un important déterminant du comportement de reproduction. Ce mode d’accouplement dans un habitat de glaces fixées est différent de celui des morses du Pacifique, qui s’accouplent sur la banquise. Ces derniers pratiquent le « lekking » (parade en arène) : plusieurs mâles matures lancent des appels aux femelles à partir de petits territoires défendus très près d’un troupeau. On ignore si le comportement des morses de l’Atlantique qui s’accouplent sur la banquise se rapproche davantage du comportement observé chez les morses du Pacifique.

En raison du faible taux de reproduction, les morses sont vulnérables à la chasse excessive et aux perturbations environnementales. Les morses de l’Atlantique femelles atteignent la maturité entre l’âge de 5 et 10 ans. Des 79 femelles observées dans le nord du bassin Foxe, toutes celles âgées de 7 ans ou plus avaient ovulé, mais seules certaines sont devenues gestantes (Garlich-Miller et Stewart, 1999). L’âge à la première gestation varie entre 5 et 12 ans. Les mâles atteignent la maturité entre l’âge de 7 et 13 ans (Born, 2003).

Les femelles mettent bas une fois tous les trois ans en moyenne (Mansfield, 1958; Born, 1990; Garlich-Miller et Stewart, 1999). La plupart des femelles matures ovulent tous les deux ans (Born, 1990; Garlich-Miller et Stewart, 1999). Cependant, certaines femelles vivent bien au-delà de leurs meilleures années reproductrices; ce ne sont donc pas toutes les femelles adultes d’une population qui sont fertiles (Reeves, 1995). Les taux de gestation signalés parmi les femelles fertiles sont : 0,29 dans le bassin Foxe, 0,35 dans le nord de la baie d’Hudson (Mansfield, 1958) et 0,37 dans les eaux groenlandaises (Born, 1990). Garlich-Miller et Stewart (1999) ont mesuré un taux de gestation de 0,33 et un taux de naissance de 0,30 dans le nord du bassin Foxe.

L’implantation de l’embryon est retardée et a lieu à la fin de juin ou au début de juillet (Born, 1990; Garlich-Miller et Stewart, 1999). La gestation active dure environ 11 mois. Dans la région de Thule, au Groenland, les femelles mettent bas entre le début d’avril et la mi-juillet, mais surtout à la fin de mai et au début de juin (Born, 1990). Chez les morses de l’Atlantique, la plupart des gestations sont monofœtales. Des gestations gémellaires ont toutefois été signalées chez des morses du Pacifique (Fay et al., 1991). Mansfield (1973) a estimé le taux brut de production annuelle (proportion de nouveau-nés dans la population) à 11 p. 100. Des dénombrements récents dans des uglit de l’Extrême-Arctique effectués en août, non corrigés en fonction de la ségrégation par sexe et par âge au sein des uglit, indiquent une production de nouveau-nés d’environ 10 p. 100 (Stewart, 2002). La durée d’une génération, calculée d’après Pianka (1988) (c’est‑à‑dire la moyenne des âges de première et de dernière reproduction), serait d’environ (7 + ~35)/2, soit 21 ans.

Les petits peuvent être allaités jusqu’à l’âge de 25 à 27 mois (Fisher et Stewart, 1997). Les femelles emmènent leurs petits avec elles lorsqu’elles vont chercher de la nourriture en mer (Kovacs et Lavigne, 1992). Les petits peuvent être allaités dans l’eau (Loughrey, 1959; Miller et Boness, 1983). Les petits muent à leur premier été, puis chaque été subséquent (Mansfield, 1958). Le taux de natalité est faible, mais les femelles, tout comme le troupeau dans son ensemble, sont très protectrices de leurs petits; le taux de survie des petits des morses est donc élevé par rapport à celui d’autres Pinnipèdes.


Survie

Les taux de survie des morses de l’Atlantique sont inconnus. La chasse par les humains est la plus grande cause de mortalité. Les petits ont probablement un taux de survie élevé grâce aux soins maternels attentifs qu’ils reçoivent, mais ils restent vulnérables au piétinement lorsqu’un troupeau est pris de panique. La mortalité due à la prédation est probablement faible, compte tenu de la grande taille de l’animal, de son comportement agressif de protection et de ses dangereuses défenses. Cependant, les combats durant la saison de reproduction peuvent accroître la mortalité naturelle chez les mâles (Fay, 1985). Les teneurs actuelles en contaminants n’ont probablement aucun effet sur les taux de survie. Les taux de mortalité liés aux parasites, aux pathogènes et aux accidents sont inconnus.

Piétinement

Les petits et les morses en mauvaise santé sont vulnérables au piétinement lorsque le troupeau se jette précipitamment à la mer ou regagne précipitamment une échouerie. Ces mouvements de panique occasionnent généralement peu de mortalités. Toutefois, le piétinement peut avoir été l’une des causes de mortalité lors d’un incident sur l’île Saint-Laurent, dans la mer de Béring, où au moins 537 morses du Pacifique sont morts (Fay et Kelly, 1980). Certains des individus examinés sur place avaient été attaqués par des épaulards (Orcinus orca), ce qui est peut-être à l’origine du mouvement précipité de ce grand troupeau vers l’échouerie, causant la mort par piétinement d’un grand nombre d’individus de petite taille ou affaiblis.

D’après diverses sources, sur environ 400 carcasses retrouvées sur le rivage, environ 15 p. 100 étaient des fœtus avortés. Ces avortements étaient probablement dus à des traumatismes physiques, mais l’intervention d’un agent infectieux ou toxique n’a pas pu être exclue. Des mortalités d’une telle ampleur n’ont pas été observées chez les morses de l’Atlantique, mais les mouvements de panique peuvent causer quelques mortalités (Loughrey, 1959).

Dans certaines échoueries d’été sur des sites rocheux, les morses peuvent briser leurs défenses s’ils sont surpris et se jettent précipitamment dans l’eau (B. Sjare, MPO, comm. pers., 2005).

Emprisonnement dans les glaces

Il existe peu de signes d’emprisonnement de morses dans les glaces. Les morses peuvent briser la glace avec leurs défenses pour conserver des ouvertures dans la banquise et peuvent se hisser sur la glace à l’aide de leurs défenses. Un grand morse du Pacifique mâle peut passer à travers une couche de glace épaisse de 20 cm en la frappant par en dessous avec son crâne lourd et dense (Bruemmer, 1977). Lorsqu’ils sont emprisonnés dans les glaces, les morses peuvent parcourir une distance d’au moins 6 km (Calvert et Stirling, 1990), généralement droit devant eux, et ce, quels que soient les obstacles sur leur chemin (Freuchen, 1921).

Prédateurs

Les ours blancs (Ursus maritimus) peuvent s’attaquer aux morses de l’Atlantique et certains y laissent leur vie (Loughrey, 1959; Killian et Stirling, 1978). Les morses sont le plus vulnérables aux ours lorsque la glace bloque les trous par lesquels ils respirent ou lorsque l’étendue des eaux libres (pour respirer et atteindre les échoueries) est petite, en particulier dans les endroits où la glace est accidentée et offre des abris pour les ours à l’affût (Calvert et Stirling, 1990). Les sous-adultes sont plus vulnérables que les adultes, qui sont agressifs et possèdent de grandes défenses. Les taux de prédation sont inconnus, mais les ours blancs sont d’importants prédateurs des morses dans le centre de l’Extrême-Arctique canadien à la fin de l’hiver et au début du printemps.

Les épaulards chassent également les morses (Lowry et al., 1987), mais cela ne semble pas courant. Les Inuits du Groenland affirment que les épaulards craignent les morses. Les Inuits imitent le cri d’un mâle en furie pour éloigner les épaulards lorsqu’ils en rencontrent au large pendant la chasse (Bruemmer, 1977).

Maladies et parasites

La sensibilité des morses à la mortalité due aux maladies est méconnue. Fay (1982) a examiné l’information sur les parasites et maladies des morses du Pacifique. Des tests de dépistage sérologique menés sur 210 morses dans l’est de l’Arctique canadien ont révélé l’absence d’anticorps du virus de l’influenza A, qui peut causer une mortalité élevée chez les phoques et qui a été détecté chez des phoques annelés (Phoca hispida) et des bélugas (Delphinapterus leucas) (Nielsen et al., 2001b). Si les morses étaient vulnérables à ce virus, l’absence d’individus séropositifs signifierait qu’ils n’ont pas été exposés à ce virus ou que tous les individus infectés en sont morts. Il existe certains indices sérologiques d’infections sporadiques dues à des bactéries du genre Brucella chez des morses de la région d’Igloolik, lesquelles peuvent causer un échec reproducteur chez les mammifères marins (Nielsen et al., 1996, 2001a). Les anticorps des morbillivirus sont communs chez les morses de l’est de l’Arctique canadien (Nielsen et al., 2000), ce qui indique une exposition au virus de la maladie de Carré des phoques ou à un virus apparenté. La pathologie de tous ces virus chez les morses est inconnue.

Les morses sont régulièrement infectés par le Trichinella nativa Britov et Boev 1972, un helminthe qui cause la trichinose chez l’humain (Campbell, 1988; Pozio et al., 1992; Serhir et al., 2001)Note de bas de page 2. Les épidémies de trichinose due à la consommation de viande de morse crue sont récurrentes chez les Inuits de l’est de l’Arctique canadien. Des épisodes récents ont été rapportés à Salluit en 1983 (Viallet et al., 1986) et en 1987 (MacLean et al., 1992), dans la région de Kivalliq en 1989-1995 (Heinzig, 1996), à Inukjuak en 1997, à Qikiqtarjuaq en 1999 (Serhir et al., 2001) et à Repulse Bay en 2002 (Hill, 2003). La pathologie de ce parasite chez le morse est inconnue.


Anatomie et physiologie

Des études récentes ont décrit les os crâniens et leurs fonctions pour aller à la terre, s’alimenter et protéger les organes sensoriels (Kastelein et Gerrits, 1990); les muscles et leur rôle dans l’alimentation et le déplacement vers les échoueries (Kastelein et al., 1991); les yeux (Kastelein et al., 1993) et la langue et leurs fonctions dans l’écologie des morses (Kastelein et al., 1997); les oreilles et leur fonction pour l’audition dans l’air et sous l’eau (Kastelein et al., 1996).

Les morses sont bien adaptés au froid et à la glace. Durant les froids extrêmes, ils réduisent leurs pertes thermiques en ralentissant la circulation sanguine dans le système vasculaire périphérique et vice versa (Ray et Fay, 1968). Leur peau épaisse (2 à 4 cm) et leur couche de graisse (1 à 15 cm; Fay, 1985) leur permettent de dormir sur la glace à -31 °C sous un fort vent (Bruemmer, 1977). Ils se blottissent les uns contre les autres et réduisent la surface de peau exposée en se recroquevillant en position fœtale lorsqu’il fait froid.

Benrischke (2002) a décrit l’anatomie et l’histologie du placenta d’un morse du Pacifique. L’endocrinologie de l’espèce est méconnue.

Les rapports isotopiques du plomb dans les dents des morses sont utiles pour différencier les groupes de morses et pour étudier leurs déplacements (Outridge et al., 1997; Outridge et Stewart, 1999; Stern et al., 1999), mais il est impossible de déterminer hors de tout doute si ces différences représentent des stocks de gestion, des populations, des unités désignables du COSEPAC ou simplement des groupes s’alimentant à des endroits différents.


Déplacements et dispersion

Les morses peuvent parcourir de longues distances à la nage ou en se laissant dériver sur des floes, mais leurs déplacements saisonniers dans l’Arctique canadien sont méconnus. Un morse marqué dans l’est du Groenland a été recapturé à Svalbard, à une distance d’environ 700 km en ligne droite (Born et Gjertz, 1993). Des aires d’hivernage ont été documentées à l’intérieur de l’aire de répartition de chacune des populations présumées.

Population du sud et de l’est de la baie d’Hudson

Il n’existe aucun signe de mouvement concerté des morses en provenance ou en direction du sud-est de la baie d’Hudson. On observe plutôt des déplacements locaux saisonniers entre les sites rocheux où les individus vont à terre durant les périodes sans glace et les aires d’hivernage (Freeman, 1964). Dans les îles Belcher et Sleeper, les morses occupent la bordure des floes en hiver et se déplacent sur les îles et sur la terre ferme lorsque la banquise fond en été (Fleming et Newton, 2003; Peter Kattuk, maire de Sanikiluaq, et Zach Novalinga, Sanikiluaq Environmental Committee, comm. pers., 1993). Les aires d’hivernage des morses qui estivent le long de la côte de l’Ontario sont inconnues, et on ignore si ces morses se déplacent entre cette zone et les îles Belcher.

Les signatures isotopiques du plomb dans les dents des morses donnent à penser que certains mâles se sont déplacés entre le bassin Foxe et l’est de la baie d’Hudson (Stewart et al., 2003), mais ces données isotopiques ont été recueillies sur plusieurs années et ne reflètent pas nécessairement des déplacements saisonniers.

Population du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis

Les déplacements saisonniers de la population du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis sont méconnus. Là où les conditions environnementales le permettent, certains individus demeurent au même endroit toute l’année, occupant successivement le littoral et le large en fonction des changements dans les conditions de la glace. D’autres individus semblent effectuer d’importantes migrations saisonnières. Les preuves de ces déplacements sont circonstancielles et fondées sur des observations localisées. On ignore si les individus qui hivernent et ceux qui migrent appartiennent à des populations génétiquement distinctes (Stewart, 2002).

Des morses occupent le côté nord de Chesterfield Inlet au printemps, sont absents des alentours de la collectivité en été et sont présents dans la région de Chesterfield Inlet et du détroit de Roes Welcome en hiver (Brice-Bennett, 1976; Fleming et Newton, 2003). On trouve des morses dans la baie Wager lorsqu’il y a peu de glace, et les Inuits affirment que les morses préfèrent les endroits où les courants sont forts. Les morses sont communs dans la région de Repulse Bay, mais moins abondants lorsque la concentration de glace demeure élevée en été. Leur présence dépend également de la force du courant, qui varie d’un été à l’autre. Lorsque le courant est fort en automne, les morses s’approchent parfois à moins de 60 km de Repulse Bay; on en aperçoit parfois à la bordure des floes en hiver.

Les morses fréquentent à longueur d’année le nord de la baie d’Hudson et l’ouest du détroit d’Hudson (Orr et Rebizant, 1987). Des études de marquage menées au milieu des années 1950 dans les îles Bencas, Coats et Southampton à l’aide de marqueurs à lame de harpon (147 individus marqués, 4 recapturés) n’ont révélé que des déplacements locaux (Mansfield, 1958; Loughrey, 1959). Cependant, des chasseurs signalent des déplacements saisonniers en réponse aux changements dans les conditions de la glace (Orr et Rebizant, 1987). On trouve des morses en bordure des floes le long des côtes sud et est de l’île Southampton et des côtes ouest et sud-ouest de la péninsule Foxe en hiver. Les morses privilégient la banquise flottante dans le détroit d’Evans et le détroit d’Hudson à la fin du printemps et à l’été, puis regagnent leurs uglit sur la terre ferme lorsque la banquise fond. L’automne, les morses se concentrent dans les uglit des îles Bencas, Walrus, Coats, Mills, Nottingham et Salisbury ou à proximité de ceux-ci, de même que dans l’ouest de la péninsule Foxe. On relève un déplacement similaire vers le littoral dans la région de Repulse Bay en automne (septembre); certains morses hivernent dans le détroit de Roes Welcome (Fleming et Newton, 2003).

Les Inuits d’Akulivik et d’Ivujivik ont aperçu en automne des morses se déplaçant de la baie d’Hudson vers le détroit d’Hudson (figure 4; Reeves, 1995; Fleming et Newton, 2003). Des morses demeurent dans la région d’Ivujivik toute l’année, mais on en aperçoit rarement près d’Akulivik en été (Fleming et Newton, 2003). Les îles Akulik et Pilik, qui ne figurent pas sur les cartes, sont des sites importants pour ces individus. Au début des années 1990, les chasseurs d’Ivujivik se rendaient sur l’île Akulik lorsqu’ils n’avaient pas vu de morses ailleurs en hiver.

On note un déplacement général des morses vers l’ouest, qui passent par la baie d’Ungava et le détroit d’Hudson pour se rendre aux îles Nottingham et Salisbury en été, puis font le chemin inverse en automne (Degerbøl et Freuchen, 1935; Loughrey, 1959). Currie (1963) a décrit une arrivée de morses sur la côte sud-est de l’île Akpatok, dans la baie d’Ungava, dès que les conditions des glaces le permettaient en juin ou au début de juillet, et leur dispersion subséquente à la fin de juillet ou en août vers le nord-ouest, au‑delà du cap Hopes Advance, vers le détroit d’Hudson. En septembre et en octobre, ils migrent en sens inverse le long du même itinéraire général, mais davantage au large du cap. Smith et al. (1979) ont observé une arrivée massive de morses, apparemment en provenance du détroit d’Hudson, dans la région de la péninsule Hall à la mi-septembre. Certains morses demeurent toute l’année près des îles Nottingham et Salisbury, où les forts courants entretiennent des polynies tout l’hiver (Kemp, 1976; Orr et Rebizant, 1987).

La présence de morses loin au large de la banquise du détroit de Davis indique que certains individus se déplacent entre le sud-est de l’île de Baffin et l’ouest du Groenland, peut-être en fonction des changements dans les conditions des glaces (Vibe, 1967; Born et al., 1995). Les morses présents sur la glace de mer de l’ouest du Groenland en hiver n’utilisent plus les échoueries terrestres qui s’y trouvent lorsque la glace disparaît des eaux l’été. Il est donc probable que les morses migrent de leurs aires d’hivernage dans l’ouest du Groenland vers des aires d’estivage dans le sud-est de l’île de Baffin. Une femelle accompagnée de son petit, marquée dans les eaux de l’ouest du Groenland au printemps 2005, a été observée dans le sud-est de l’île de Baffin environ un mois plus tard (R. Dietz, comm. pers.).

Population du bassin Foxe

La plupart des déplacements saisonniers des morses dans le bassin Foxe semblent de nature localisée, en réponse aux changements dans les conditions des glaces (Mansfield, 1958; Loughrey, 1959). Des déplacements ont été observés entre les aires d’estivage autour des îles du nord du bassin Foxe, en particulier les îles Spicer, et les aires d’hivernage le long de la bordure des floes qui se forment le long de la rive nord de l’île Rowley et qui s’étendent vers le sud, parallèlement à la péninsule Melville, jusqu’à environ 67°30’N (Loughrey, 1959; Orr et al., 1986). On note également un certain mouvement nord-sud dans le nord du bassin Foxe (Anderson et Garlich-Miller, 1994). Des analyses récentes des signatures isotopiques du plomb dans les dents de mâles pris par des chasseurs de Hall Beach (Stewart et al., 2003) appuient l’hypothèse de Degerbøl et Freuchen (1935), qui veut que certains individus de cette population se dirigent vers l’île Southampton, et celle de Loughrey (1959), qui veut que certains individus se dirigent vers le détroit d’Hudson. Les analyses n’indiquent toutefois pas s’il s’agit de déplacements saisonniers. Il est possible que des morses se déplacent plus loin vers le sud, jusqu’aux îles Sleeper, où les chasseurs d’Inukjuak en abattent souvent. On croit peu probable qu’il y ait d’importants déplacements saisonniers par le détroit de Fury and Hecla (Loughrey, 1959; Mansfield, 1959; Davis et al., 1980; Garlich-Miller cité dans Stewart, 2002).

Population de la baie de Baffin (Extrême-Arctique)

Les importantes migrations de morses décrites par Freuchen (1921) et Vibe (1950), vers le nord au printemps le long de la côte ouest du Groenland et vers le sud en automne le long de la côte est de l’île de Baffin, ne semblent plus avoir lieu (Born et al., 1995). Cependant, certains morses se déplacent du Groenland à l’île d’Ellesmere au printemps, et on présume qu’ils retournent au Groenland en automne.

Des morses se déplacent vers l’ouest le long du détroit de Lancaster vers l’archipel du centre de l’Arctique canadien avec le recul de la bordure des glaces au printemps (Degerbøl et Freuchen, 1935; Tuck, 1957; Greendale et Brousseau-Greendale, 1976). Le gros de la migration a lieu entre la mi-juin et la mi-juillet, principalement le long du côté nord du détroit de Lancaster, bien que certains individus s’aventurent profondément dans les baies Pond, Milne et de l’Amirauté (Schwartz, 1982). Certains pénètrent dans les baies et les passages le long de la côte sud de l’île Devon; d’autres poursuivent leur route vers l’ouest dans le détroit de Barrow, vers le nord dans le détroit de Wellington ou vers le sud dans le passage Prince-Régent (Read et Stephansson, 1976; Riewe, 1976; Davis et al., 1978). Ces morses regagnent la terre ferme à la fonte des glaces. Les chasseurs de Resolute croient qu’il y a une brève et massive migration vers l’est, hors du centre de l’Extrême-Arctique canadien par le détroit de Lancaster en automne (Stewart, 2002) : un morse marqué en août 1993 à l’île Bathurst a été abattu par des Inuits au début de juin 1994 à Milne Inlet, sur l’île de Baffin, à environ 750 km à l’est par la mer (Stewart, 2002). Un autre morse fréquentant l’échouerie en 1993 avait hiverné près de l’île Dundas (76°05’N, 94°58’O) (B. Sjare cité dans Stewart, 2002). Il existe également une migration vers l’ouest par le détroit de Jones en provenance de l’île de Baffin au début du mois d’août (Davis et al., 1978). Cependant, des morses semblent également hiverner chaque année dans la région du détroit de Cardigan et du détroit de Fram et la région du détroit de Penny et du détroit de Queens, dans les polynies de Hell Gate et de l’île Dundas, et dans d’autres régions comportant de petites polynies ou de la glace pourrie (Riewe, 1976; Davis et al., 1978; Killian et Stirling, 1978; Stirling et al., 1983; Sjare et Stirling, 1996).

On étudie les déplacements des morses de cette population à l’aide de marqueurs radio localisés par satellite (R.E.A. Stewart, MPO, comm. pers., 2003; voir aussi Nicklen et Lanken, 2002).

Population de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent (Maritimes)

Aucune information décrivant les déplacements historiques de cette population n’a été trouvée.


Alimentation et relations interspécifiques

Les morses de l’Atlantique se nourrissent principalement de proies benthiques à des profondeurs de 10 à 80 m (Vibe, 1950; Mansfield, 1958; Born et al., 2003). Certaines plongées peuvent durer 24 minutes (Gjertz et al., 2001). Les morses détectent leurs proies à l’aide de leurs moustaches sensibles (Loughrey, 1959; Fay, 1981; Kastelein et van Gaalen, 1988; Kastelein et al., 1990). Étant donné l’état perturbé des sédiments de fond, on croit que les morses détectent leurs proies en fouillant avec le museau avant de les extraire du substrat en envoyant des jets d’eau par la bouche (Oliver et al., 1983). Les bivalves sont aspirés hors de leur coquille; en rétractant et en abaissant sa langue, un morse peut créer un vide de -87,9 kPa dans l’air et de 118,8 kPa dans l’eau (Kastelein et al., 1994, 1997). Les morses ont un bon contrôle des muscles de la langue ainsi que de l’intensité et de la durée de la succion.

Bien que leur aliment favori soit les mollusques bivalves, les morses se nourrissent également d’une variété d’autres espèces (Degerbøl et Freuchen, 1935). L’estomac de morses de l’Atlantique abattus par des Inuits en juillet (n = 105) et septembre (n = 2) dans le nord du bassin Foxe contenait des invertébrés benthiques, notamment des bivalves, des gastéropodes, des holothuries, des polychètes, des brachiopodes, des amphipodes, des isopodes, des priapulides et des oursins (Fisher, 1989; Fisher et Stewart, 1997). Vibe (1950) et Mansfield (1958) ont trouvé des invertébrés semblables dans les estomacs des morses qu’ils ont échantillonnés. En juillet, l’apport énergétique brut total dans la diète était composé à 81,4 p. 100 de Mya truncata et à 7,5 p. 100 de Hiatella arctica (Fisher, 1989; Fisher et Stewart, 1997). Les holothuries et les polychètes du genre Nereis représentaient respectivement 3,5 et 2,8 p. 100 de la diète. Les morses âgés de moins de trois ans se nourrissent principalement de lait maternel, mais également de quelques invertébrés benthiques. Les tendances saisonnières en matière d’alimentation sont peu connues. Les deux estomacs recueillis en septembre contenaient davantage de nourriture que les estomacs les plus pleins recueillis en juillet, ce qui indique que les morses pourraient se nourrir plus activement en automne. En septembre, l’apport énergétique brut total dans la diète était composé à 59,9 p. 100 de M. truncata et à 37,9 p. 100 de bivalves Serripes groenlandicus. Les mâles et les femelles ont une diète similaire, mais les femelles ont une digestion plus efficace (Fisher, 1989; Fisher et al., 1992).

L’estomac des morses ne contient souvent que le pied ou le siphon des bivalves (Vibe, 1950; Mansfield, 1958; Fisher, 1989; Welch et Martin-Bergmann, 1990; Fisher et Stewart, 1997). Des observations directes sur le terrain indiquent qu’ils extraient la plupart des parties molles des bivalves qu’ils capturent (Vibe, 1950; Born et al., 2003). Les viscères sont donc soit enlevés et recrachés, soit digérés très rapidement.

L’apport énergétique brut quotidien pour un morse de l’Atlantique mâle sauvage pesant 1 200 kg au large de la côte est du Groenland était de 214 kJ par kg de masse corporelle pendant un cycle de recherche de nourriture de 97 heures (IC 95 p. 100 : 153-275 kJ) (Born et al., 2003). Durant ce cycle, l’animal a plongé à 412 reprises et mangé en moyenne 53,2 bivalves (ET = 5,2, fourchette 34‑89, n = 10) par plongée. Cela correspond à l’ingestion de 57 kg, en poids humide (IC 95 p. 100 : 41-72 kg), de biomasse de bivalves par jour. Ce chiffre est supérieur à l’apport alimentaire et énergétique quotidien mesuré chez des morses en captivité (Fisher et al., 1992; Kastelein et al., 2000). Les taux d’alimentation en captivité – et probablement aussi à l’état sauvage – varient selon l’âge, le sexe, l’état reproducteur et la saison (Kastelein et al., 2000).

Les morses de l’Atlantique peuvent également manger des phoques annelés, des phoques barbus (Erignathus barbatus), des poissons et des calmars (Vibe, 1950; Mansfield, 1958). L’observation des morses du Pacifique indique que, dans la plupart des cas, les morses mangent des phoques qu’ils ont capturés eux-mêmes et non des carcasses qu’ils ont trouvées (Lowry et Fay, 1984). Les Inuits reconnaissent les morses qui se sont nourris de phoques par l’apparence « cuite » du foie et évitent de les consommer (Loughrey, 1959; Fleming et Newton, 2003), car ils contiennent des concentrations toxiques de vitamine A (Bruemmer, 1977; Reeves, 1995). Les morses de l’Atlantique chassent également les oiseaux de mer (Gjertz, 1990; Donaldson et al., 1995) et se nourrissent de carcasses de baleines (Degerbøl et Freuchen, 1935; Mansfield, 1958). Certains gros mâles mangent de jeunes morses (Degerbøl et Freuchen, 1935).

Les phoques barbus et les morses du Pacifique se disputent les myes et palourdes dans certaines régions (Lowry et Frost, 1981); il en va probablement de même dans le cas des morses de l’Atlantique. Les phoques annelés tendent à éviter les endroits fréquentés par les morses (Reeves, 1995).


Comportement et adaptabilité

Sur leurs échoueries terrestres, les morses passent la plupart de leur temps à se reposer, souvent collés les uns aux autres (Salter, 1979a; Miller et Boness, 1983). Cette inactivité leur permet de maintenir une température élevée et stable au niveau de la peau et des extrémités, ce qui peut être essentiel durant la mue et peut-être pour la guérison des blessures et la survie des petits (Fay et Ray, 1968; Ray et Fay, 1968). Les morses sont plus actifs dans l’eau; les épisodes de recherche de nourriture peuvent durer 72 heures entre des retours aux échoueries (Born et al., 2003).

Les conflits sont courants dans les uglit, où les morses doivent conquérir et défendre leur espace vital (Miller, 1975, 1976, 1982; Salter, 1979a,b Miller et Boness, 1983), mais ils sont plus rares dans l’eau. Les individus dominants se caractérisent par leur grande taille corporelle et leurs longues défenses. Les individus des deux sexes utilisent leurs défenses pour faire des parades d’intimidation, et les défenses jouent un rôle important dans les combats. Les femelles accompagnées d’un petit préfèrent les parties centrales des uglit et celles qui sont proches de la mer, c’est‑à‑dire où les petits sont plus à l’abri des ours blancs (Miller, 1982; Miller et Boness, 1983). Dans les troupeaux mixtes, les mâles tendent à occuper les endroits les plus éloignés de la mer. Dans l’eau, les mâles tendent à se séparer des femelles avec leurs petits, peut-être en raison de différences dans les besoins alimentaires et du temps et de l’énergie qui doivent être consacrés à l’allaitement (Miller et Boness, 1983).

Les conflits observés dans les échoueries terrestres l’été et l’automne sont mineurs par comparaison aux furieux combats qui se livrent durant la saison de reproduction (Sjare et Stirling, 1996; B. Sjare, MPO, comm. pers., 2005). La plupart de ces combats ont lieu dans l’eau et passent inaperçus (peu d’études ont porté sur le comportement reproducteur). La proportion de mâles blessés durant la saison de reproduction n’est peut‑être pas très élevée, mais les individus reproducteurs actifs ou ceux qui tentent de se tailler une place subissent de sérieuses blessures perforantes, des coupures, des pertes d’yeux et des bris de défenses. De plus, les mâles reproducteurs perdent beaucoup de poids en février, mars et avril, périodes durant lesquelles ils font entendre leur chant presque continuellement et se nourrissent peu.

Les morses utilisent une grande variété de chants tant dans l’eau qu’en dehors de l’eau pour communiquer des signes de menace, de soumission et de détresse, et pour entretenir un contact entre les femelles et les petits (Miller et Boness, 1983; Miller, 1985; Stirling et al., 1987; Sjare et Stirling, 1996; Sjare et al., 2003; Stirling et Thomas, 2003). Durant la saison de reproduction, les mâles vocalisent (chantent) sous l’eau pour communiquer leur domination et attirer les femelles. Sjare et Stirling (1996) ont décrit le comportement reproducteur des morses de l’Atlantique dans la polynie de l’île Dundas.

Lorsqu’ils sont chassés, les individus des deux sexes viennent en aide aux individus blessés. Les troupeaux composés uniquement d’adultes fuient, mais les individus appartenant à des troupeaux avec des petits reviennent pour protéger ceux-ci et pour les inciter à fuir (Burns, 1965 cité dans Miller, 1985). L’adoption peut être un phénomène répandu et important chez les morses du Pacifique (Fay, 1982), mais n’a pas été étudiée chez les morses de l’Atlantique.

La capacité des morses de l’Atlantique à recoloniser des régions où les populations ont été décimées est inconnue. La rareté de l’espèce le long de la côte atlantique du Canada, depuis que la population des Maritimes a été décimée, indique que, au mieux, la recolonisation est extrêmement lente.

Sensibilité aux perturbations

Lorsqu’ils sont sur la terre ferme, les morses réagissent au passage des avions avec une intensité qui varie selon la distance et l’altitude d’approche (Salter, 1979a). Des morses à la pointe Brooman, sur l’île Bathurst (75°31’N, 97°24’O), ont levé la tête pour localiser la source du bruit lorsqu’un hélicoptère Bell 206 se trouvait jusqu’à 8 km de distance, se sont dirigés vers la mer lorsque l’hélicoptère se trouvait à moins de 1,3 km et se réfugiaient parfois dans l’eau immédiatement après.

De telles réactions de frayeur ou de curiosité causées par les perturbations peuvent affecter la dynamique d’une population en provoquant des mouvements de panique, en interrompant l’alimentation et en accroissant les dépenses énergétiques – en particulier chez les petits –, en masquant les communications, en perturbant la thermorégulation et en accroissant le niveau de stress (Stewart et al. [dir. de publ.], 1993). Les morses peuvent abandonner leurs uglit si les perturbations sont prolongées ou répétées (Salter, 1979a). Leur adaptabilité aux perturbations humaines inoffensives, comme l’écotourisme, est inconnue.

Comportement de plongée

À l’aide d’enregistreurs de plongée, Gjertz et al. (2001) ont étudié le comportement de plongée de neuf morses de l’Atlantique mâles à Svalbard. En moyenne, les individus ont passé 56 heures dans l’eau, puis 20 heures à terre. Les morses plongeaient à une profondeur maximale de 67 m et demeuraient immergés jusqu’à 24 minutes. En moyenne, les plongées visant la recherche de nourriture se faisaient à une profondeur de 22,5 m et duraient 6 minutes. Des données par satellite indiquent que les morses peuvent plonger à une profondeur d’au moins 180 m (Stewart et Fay, 2001).

Lents et malhabiles sur la terre ferme, les morses sont toutefois d’excellents nageurs. Leur vitesse de croisière dépasse rarement 6 à 8 km/h, mais ils peuvent accélérer et atteindre environ 30 km/h pendant une courte période lorsqu’ils sont pourchassés (Bruemmer, 1977).

Adaptation à la captivité

Des morses ont été gardés en captivité pendant plusieurs années avec succès (Fisher et al., 1992; Kastelein et al., 1994, 2000; Kastelein, 2002; McIntyre, 2002). Peu de morses nés en captivité ont été élevés par les mères, qui sont protectrices de leur petit à un point tel qu’elles tendent à passer plus de temps à le défendre qu’à le nourrir (Kastelein, 2002). Il existe aujourd’hui des formules alimentaires qui permettent de nourrir les petits morses sans que ceux-ci souffrent de carences alimentaires. Les défenses des morses en captivité s’usent sur les surfaces abrasives des aquariums, et sont généralement retirées chirurgicalement (McIntyre, 2002; R.E.A. Stewart, comm. pers., 2003).

Note de bas de page 2

Ce parasite a été identifié comme étant le T. spiralis dans des documents antérieurs (voir par exemple Brown et al., 1948, 1950; Fay, 1960; Born et al., 1982; voir également Manning, 1961).

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