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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la bocaccio au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Des larves de bocaccio ont été capturées jusqu’à 480 km de la côte de la Californie. Les jeunes de l’année peuvent rester dans la partie supérieure de la colonne d’eau pendant quelques mois; la majorité d’entre eux s’installent sur le fond lorsqu’ils sont âgés de trois à quatre mois (Love et al., 2002). Les jeunes bocaccios vivent généralement en eaux moins profondes que les adultes et se rassemblent souvent en bancs (Eschmeyer et al., 1983). De jeunes bocaccios ont été capturés au filet maillant dans les eaux infratidales précôtières sur la côte ouest de l’île de Vancouver (Gillespie et al., 1993). Au large de la côte sud de la Californie, les juvéniles sont généralement capturés à des profondeurs de 30 m à 120 m, et de 200 m à l’occasion, et peuvent être associés à des forêts de laminaires (Moser, 1967).

On retrouve les bocaccios adultes sur divers substrats en Californie, notamment les récifs rocheux et les fonds découverts (Eschmeyer et al., 1983). En Colombie-Britannique, la profondeur maximale de capture enregistrée à la pêche commerciale atteint plus de 800 m (figure 8), mais ces quelques données représentent probablement des erreurs commises par les observateurs lors de la consignation des profondeurs ou de l’identification des espèces. La plupart des spécimens sont capturés à des profondeurs de 60 m à 340 m dans le chalutage de fond, tandis que les captures au chalut pélagique surviennent à des profondeurs de 60 m à 200 m. Leur présence parmi les prises des chalutiers pélagiques et des ligneurs à saumon indique qu’ils peuvent avoir un comportement semi-pélagique (A. Amos, F. Crabbe, R.N. Best, R.A. Best, communication personnelle, annexe 1).


Figure 8 : Répartition par intervalles de 20 m de profondeur des prises de bocaccio réalisées au chalut de fond et au chalut pélagique

Figure 8 : Répartition par intervalles de 20 m de profondeur des prises de bocaccio réalisées au chalut de fond et au chalut pélagique.

Les lignes verticales tracées à 77 m et à 309 m délimitent la zone de profondeur où 95 p. 100 de tous les traits qui ont capturé des bocaccios ont été effectués (de janvier 1996 à juin 2001).

Le bocaccio cohabite avec diverses espèces de poissons de fond (figure 9). Il est capturé dans la pêche au chalut pélagique visant le sébaste à queue jaune (Sebastes flavidus) et la veuve (S. entomelas). Il est moins souvent présent parmi les prises de la pêche au chalut pélagique visant le merlu du Pacifique (Merluccius productus), pêche à grande échelle qui est habituellement effectuée au-dessus des grands fonds ou au large de l’accore de la plate-forme continentale.


Figure 9 : Composition spécifique, espèces classées en fonction du poids des prises réalisées lors de tous les traits de chalut de fond et de chalut pélagique qui ont entraîné la capture de bocaccios (de janvier 1996 à juin 2001)

Figure9.  Composition spécifique, espèces classées en fonction du poids des prises réalisées lors de tous les traits de chalut de fond et de chalut pélagique qui ont entraîné la capture de bocaccios (de janvier 1996 à juin 2001).


Superficie de l’habitat

Nous voyons à la figure 8 que 95 p. 100 des débarquements du chalutage de fond proviennent de traits effectués sur des fonds de 77 m à 309 m de profondeur. Si nous présumons que cette strate de profondeur reflète l’habitat « privilégié » du bocaccio, et que l’habitat disponible s’étend sur toute la côte océanique de la Colombie-Britannique, un simple calcul indique que la superficie de l’habitat disponible dépasse 48 000 km2 (figure 10). Cela exclut les eaux partiellement fermées et les bras de mer connus comme habitat des adultes, ainsi que les eaux précôtières moins profondes qui servent d’habitat aux juvéniles (Gillespie et al., 1993).


Figure 10 : Superficie d’habitat projetée des bocaccios adultes fondée sur la zone de profondeur privilégiée de 77 m à 309 m

Figure 10 : Superficie d’habitat projetée des bocaccios adultes fondée sur la zone de profondeur privilégiée de 77 m à 309 m.

La zone ombragée atteint 48 346 km2. Il est à noter que la zone ombragée exclut les eaux fermées et les bras de mer, dont certains servent d’habitat aux bocaccios adultes et jeunes, ainsi que les eaux côtières moins profondes, qui sont susceptibles de servir d’habitat aux juvéniles.


Tendances

Il n’existe pas de données sur les tendances de la quantité d’habitat dont dispose le bocaccio. La vaste répartition du bocaccio sur la côte océanique et dans le détroit d’Hécate indique que la population de l’ensemble de la côte ne risque pas de subir une perte d’habitat. On ne connaît pas les incidences que pourraient avoir la perte d’habitat ou les changements environnementaux dans les eaux fermées comme celles du détroit de Georgia.


Protection et propriété des terrains

La vaste répartition du bocaccio à l’échelle de la plate-forme continentale indique que les questions de protection et de propriété ne menacent pas cette espèce à l’heure actuelle.