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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grenadier berglax (Macrourus Berglax) au Canada

Résumé

Grenadier berglax
Macrourus berglax

Information sur l’espèce

Le grenadier berglax appartient à la famille des Macrouridés. Dans l’Atlantique Nord, il se distingue des espèces semblables par sa tête relativement large, striée d’écailles surélevées qui ressemblent à des plaques osseuses. Ces écailles portent de petites épines robustes qui lui ont valu son nom commun anglais, roughhead grenadier (qui peut se traduire littéralement par grenadier à la tête rugueuse). Dans ce rapport, les grenadiers berglax de la région de l’Atlantique, y compris le Bonnet flamand et les autres eaux situées au-delà de la limite des 200 milles marins,sont considérés comme une seule unité désignable.

Répartition

Le grenadier berglax vit dans les eaux tempérées à arctiques de l’Atlantique Nord, généralement sur le talus continental ou à proximité. Au large du Canada, l’espèce a été observée du détroit de Davis jusqu’au banc Georges, mais elle se rencontre le plus souvent en bordure du talus des plateaux du Labrador et du nord-est de Terre-Neuve, le long du talus nord-est du Grand Banc et au large du Bonnet flamand. L’aire de répartition du grenadier berglax dans l’Atlantique Nord-Ouest s’étend au-delà de la limite des 200 milles marins, c’est-à-dire dans des eaux situées hors du champ de compétence du Canada. À titre de stock chevauchant, l’espèce est évaluée et gérée par l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO).

Habitat 

Espèce benthopélagique, le grenadier berglax fréquente des eaux de 400 à 1 200 m de profondeur, même s’il peut également vivre à des profondeurs de 200 à 2 000 m. Au large de Terre-Neuve, c’est à des profondeurs de 500 à 1 500 m que la densité de la population tend à être la plus forte. L’aire de répartition du grenadier berglax s’étend au-delà des limites extracôtières et des limites septentrionales des relevés de surveillance qui sont effectués chaque année pour évaluer les tendances démographiques chez les poissons marins. 

Biologie

Le Macrourus berglax présente les caractéristiques suivantes : faible taux de fécondité, rythme de croissance lent, maturation tardive et faible taux de renouvellement de la population. Les femelles parviennent à maturité vers l’âge de 13 à 15 ans et vivent jusqu’à 25 ans. La durée d’une génération est établie à 19 ans. Les récentes estimations du coefficient instantané de mortalité totale, à savoir 0,34 chez les femelles et 0,71 chez les mâles, sont plutôt élevées, compte tenu de ce que nous savons sur le cycle vital de l’espèce et sur la pression de la pêche. Le coefficient instantané de mortalité naturelle est quant à lui estimé à 0,2. L’espèce vit généralement dans des eaux dont la température varie entre 2 et 5,4 ºC. Le grenadier berglax est un prédateur généraliste. Les proies varient généralement en fonction de la taille de l’individu, mais elles peuvent comprendre divers invertébrés et certains poissons.

Taille et tendances des populations

Selon les relevés au chalut de fond canadiens effectués dans le Grand Banc et sur le plateau de Terre-Neuve, les taux de prise de grenadier berglax sont demeurés à peu près stables dans les années 1970, ont connu une baisse marquée dans les années 1980 et se sont stabilisés ou ont augmenté légèrement depuis le début ou le milieu des années 1990. Les déclins enregistrés dans les années 1980 oscillaient autour de 90 à 95 p. 100 sur 10 à 15 ans. Il est pour l’instant impossible de déterminer dans quelle mesure les réductions enregistrées dans les relevés reflètent de véritables baisses d’effectif. Les grenadiers berglax sont plus nombreux en bordure et en périphérie de la marge extracôtière des zones couvertes par ces relevés. La baisse des taux de prise des relevés coïncide avec un déplacement de la population vers les strates d’eaux profondes qui longent la marge extracôtière de la zone d’échantillonnage. Dans les années 1970 et 1980, la densité des grenadiers a chuté à des niveaux relativement faibles dans les eaux les plus profondes de la zone d’échantillonnage. Dans les années 1990 et 2000, la densité de la population est demeurée près de son point culminant dans ces mêmes eaux. Compte tenu de ces résultats, il y a tout lieu de croire que le nombre de grenadiers berglax présents dans la zone d’échantillonnage a connu un déclin, mais que la baisse des taux de prise des relevés représente une surestimation de la réduction de la population.

L’évaluation de l’OPANO met l’accent sur des tendances démographiques récentes (depuis 1995). Outre les relevés canadiens, elle tient compte des relevés européens effectués depuis 1988 dans le Bonnet flamand et depuis 1997 dans la partie sud du Grand Banc. La dernière évaluation de l’OPANO conclut que la biomasse enregistrée en 2004 était la plus élevée de la série chronologique débutant en 1995.

Les estimations de population minimale fondées sur les relevés automnaux canadiens des dernières années se chiffrent en moyenne à 102 millions d’individus, toutes tailles confondues, et à 1,4 million de femelles adultes. Ces chiffres sont probablement des sous-estimations, puisque la capturabilité est probablement inférieure à 100 p. 100 et que les relevés ne couvrent qu’une partie de l’aire de répartition.

Facteurs limitatifs et menaces

Le M. berglax fait l’objet d’une exploitation commerciale principalement comme prise accessoire de la pêche au flétan noir. Les prises accessoires de grenadier berglax se sont accrues de 1989 à 1990. Un faible taux de fécondité, une maturation lente et une longue durée de vie limitent les chances de rétablissement de l’espèce à la suite d’une perturbation.

Importance de l’espèce 

Le Macrourus berglax est la seule espèce de poisson de l’Atlantique Nord qui appartient au genre Macrourus. Il n’en existe que trois autres dans le monde : le M. carinatus, le M. holotrachys et le M. whitsoni, tous présents dans l’hémisphère sud.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La pêche du M. berglax n’est pas réglementée, parce que l’espèce est principalement capturée comme prise accessoire par des pêcheurs qui ciblent d’autres espèces. À l’heure actuelle, le grenadier berglax ne bénéficie d’aucune protection législative ou réglementaire et il n’est visé par aucune autre convention de protection des espèces.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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