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Saumon sockeye (saumon rouge) (Oncorhynchus nerka)

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COSEPAC
Résumé

Saumon sockeye (saumon rouge)
Oncorhynchus nerka

Information sur l’espèce

Le saumon rouge est l’une des sept espèces du genre Oncorhynchus indigènes de l’Amérique du Nord. Dans l’océan, l’adulte possède un corps mince, argenté et fusiforme et il atteint en moyenne 3 kg. Il se produit une nette transformation de la coloration externe et de la forme du corps pendant la migration qui le ramène de l’océan vers l’écosystème d’eau douce d’où il vient. La tête devient vert pâle et le corps prend une teinte écarlate. Le mâle développe aussi une bosse, des dents et un crochet sur le museau. L’adulte meurt peu après la fraye, mais sa progéniture demeure plusieurs années en eau douce (habituellement dans un lac) avant de migrer vers l’océan. La dépendance des saumons rouges à l’égard de l’habitat de leur lac de séjour, qui est discontinue du fait qu’il s’agit d’une espèce anadrome, fait que les poissons doivent y revenir pour frayer, ce qui se traduit par une séparation du saumon rouge en populations isolées. Sur le plan de la migration, de la reproduction et de la croissance, ces populations isolées acquièrent en général des comportements uniques constituant des adaptations qui améliorent leur survie dans leur milieu d’eau douce d’origine. Cette différenciation en populations adaptées de façon très spécifique aux milieux locaux explique la forte productivité et donc l’importance commerciale de l’espèce; elle signifie également que ces populations seraient très difficiles, sinon impossibles, à remplacer en cas de disparition.

Le présent rapport de situation évalue la population distincte de saumons rouges qui occupe le lac Sakinaw (Colombie‑Britannique) (ou saumon rouge Sakinaw). L’électrophorèse des protéines et les analyses moléculaires de l’ADN indiquent que le saumon rouge Sakinaw forme une population génétiquement distincte et fortement isolée sur le plan reproductif par rapport aux autres populations de saumons rouges de la Colombie‑Britannique. Le saumon rouge Sakinaw montre également des caractéristiques biologiques différentes, notamment une entrée dans la rivière hâtive et sur une longue période, une résidence prolongée dans le lac avant la fraye, une petite taille, une faible fécondité et des smolts de grande taille, ce qui indique que le saumon rouge du lac Sakinaw constitue une population distincte des autres populations du point de vue évolutionnaire.

Répartition

Le saumon rouge du lac Sakinaw est endémique au Canada. Il se reproduit et grossit pendant deux ou trois ans (près de la moitié de sa vie) exclusivement dans le lac Sakinaw, situé dans la péninsule Sechelt, dans le détroit de Géorgie en Colombie‑Britannique. Étant donné qu’il s’agit d’une espèce anadrome, il partage aussi des corridors de migration et des aires d’alimentation en mer, dans le Pacifique Nord, avec de nombreuses autres populations de saumons rouges. Quelques individus non anadromes ont été découverts dans le lac Sakinaw, mais on n’a pas encore déterminé si ces individus sont des mâles issus de femelles anadromes (c.-à-d. des saumons rouges « résidents » partageant le fonds génétique des saumons anadromes) ou des saumons rouges d’eau douce de plus petite taille (appelés « kokanis ») appartenant à une population génétiquement distincte et se reproduisant de façon autonome. Le saumon rouge est réparti en Amérique du Nord depuis le fleuve Columbia (Oregon, Washington et Idaho) jusqu’à la baie Kotzebue en Alaska, et en Asie, depuis les îles Kouriles méridionales jusqu’au fleuve Anadyr. Les populations ont décliné ou sont disparues dans les parties méridionales de l’aire de répartition de l’espèce des deux côtés de l’océan Pacifique. Le saumon rouge migrateur (anadrome) n’est plus présent à l’état sauvage en Californie et au Japon, mais on y trouve encore des populations de kokanis, non migrateurs.

Habitat

Le saumon rouge Sakinaw a besoin d’un habitat approprié à la fraye et à la croissance des juvéniles dans le lac Sakinaw et d’un habitat d’alimentation dans le Pacifique Nord, où les smolts et les immatures pourront atteindre leur taille adulte. À l’instar de toutes les autres populations anadromes, ils doivent aussi disposer de voies de passage pour se déplacer entre ces habitats. Le lac Sakinaw est un plan d’eau de seulement 6,9 km2 dont la profondeur moyenne est de 43 m, sa zone euphotique atteint en moyenne un peu plus de 15 m de profondeur. Ses caractéristiques chimiques et thermiques et sa salinité en font un habitat rare et inhabituel : il s’agit d’un lac méromictique dans lequel une couche d’eau douce de 30 m d’épaisseur recouvre des eaux salées chaudes et anoxiques, ce qui empêche le mélange saisonnier des eaux et se traduit par une forte stratification thermique. En été, l’épilimnion s’étend jusqu’à une profondeur de 7 m et devient trop chaud pour le saumon rouge, mais la couche d’eau sous‑jacente constitue un habitat frais, bien oxygéné, riche en zooplancton et très appropriée à la croissance des saumons rouges juvéniles. Dans le lac Sakinaw, la productivité est plus élevée que dans les autres lacs côtiers de la Colombie‑Britannique, mais moins élevée que dans la plupart des lacs du réseau du fleuve Fraser, y compris le lac Cultus.

La disponibilité de frayères limite probablement davantage la taille de la population que la disponibilité d’habitats favorables à la croissance dans le lac. Contrairement à la plupart des populations de saumons rouges, la population du lac Sakinaw fraye presque entièrement dans le milieu lacustre; elle y utilise cinq frayères avoisinant des ruisseaux ou des sources d’eaux souterraines. Le périmètre du lac est de 35 km, mais la majeure partie du littoral ne convient pas à la fraye parce que les œufs et les alevins vésiculés ont besoin d’un gravier propre et bien oxygéné pour leur développement jusqu’à l’émergence au stade d’alevins nageants.

Le lac Sakinaw est situé à une altitude de seulement 5 m et se déverse directement dans le détroit de Géorgie par un court ruisseau. Un barrage de retenue a été construit sur l’émissaire et le saumon rouge adulte accède au lac par une passe migratoire. Les smolts qui migrent vers la mer doivent traverser les détroits de Géorgie et de Johnstone pour atteindre le Pacifique Nord où ils passent deux étés avant de retourner au lac Sakinaw par le même chemin. Dans l’océan, les saumons rouges se tiennent en général dans les eaux fraîches (2 à 7 °C) de la surface (à moins de 15 m de profondeur), et ceux de la Colombie‑Britannique demeurent généralement au nord de 48 °N et à l’est de 160 °O.

Biologie

La plupart des saumons rouges Sakinaw frayent à la fin de novembre; tous meurent après la fraye et leurs carcasses sont dévorées ou se décomposent dans le lac. Les femelles creusent leurs nids dans le gravier et recouvrent leurs œufs immédiatement après la fécondation. Les œufs et les alevins vésiculés demeurent dans le gravier jusqu’à l’émergence, au début de mai, des alevins nageants, qui gagnent la zone limnétique où ils se nourrissent principalement de zooplancton. Le moment de l’émergence des alevins est probablement synchronisé avec la prolifération printanière du plancton. Pour assurer la synchronisation, il faut que dans chaque lac le moment de la fraye et la vitesse du développement embryonnaire soient génétiquement adaptés aux régimes de température du milieu de fraye.

Comme pour l’émergence des alevins, chaque population de saumons rouges possède habituellement ses propres adaptations biologiques quant à l’âge (taille) et au moment de la saison où se produira la smoltification, adaptation physiologique pour la migration vers la mer et la vie en eau salée. La plupart des saumons rouges Sakinaw deviennent des smolts en avril de leur deuxième année et quittent le lac par un court ruisseau (< 500 m) qui se jette dans le détroit de Géorgie. Comparativement aux smolts d’autres populations de saumons rouges, les smolts du saumon rouge Sakinaw sont gros (100 à 150 mm) à l’âge 1+, mais certains demeurent dans le lac un hiver de plus et deviennent des smolts encore plus gros, qui migrent à l’âge 2+. On suppose que les smolts du saumon rouge Sakinaw migrent vers le nord‑ouest en traversant le détroit de Johnstone pour atteindre le golfe d’Alaska, en même temps que les smolts de certaines populations de saumons rouges du fleuve Fraser. Le moment de l’arrivée en mer peut influer grandement sur la mortalité attribuable à la migration saisonnière (eau chaude) de certains prédateurs marins.

La plupart des saumons rouges Sakinaw atteignent la maturité à l’âge de 4 ans, après avoir passé deux hivers en mer. Pendant la migration de retour, les migrants se dirigent vers le sud‑est dans les détroits de Johnstone et de Géorgie, mais on pense qu’ils tournent vers le nord‑est au bout du chenal Sabine pour atteindre le lac Sakinaw. Ils arrivent au lac Sakinaw de juin à septembre même si la fraye n’a principalement lieu qu’à la fin de novembre. Par conséquent, ils sont petits à maturité comparativement aux adultes des autres populations de saumons rouges du Canada, et leur fécondité se situe dans la partie inférieure de la fourchette pour cette espèce, avec seulement 2 500 œufs en moyenne.

Taille et tendances de la population

L’abondance du saumon rouge du lac Sakinaw a diminué considérablement depuis 1987. De 1947 (date du début des dénombrements) à 1987, les estimations du nombre d’adultes (en cours de maturation) entrant dans le lac Sakinaw se situaient en moyenne à 5 000 individus (fourchette de 750 à 16 000), sans tendance à la baisse. De 1987 à 2002, les effectifs ont diminué, avec une moyenne d’à peine plus de 1 000 adultes par année de 1988 à1992, de moins de 200 de 1993 à 1996, et de moins de 50 de 1997 à 2001 (de 1999 à 2002, moins de 80). En 2002, on a recensé avec soin les saumons rouges; on n’en a compté que 78 à l’arrivée dans le lac et seulement 44 dans les frayères.

Une estimation statistique robuste du taux de déclin obtenue à partir d’une analyse de régression utilisant des abondances estimatives des individus matures lissées sur une génération (estimation fondée sur les dénombrements annuels des adultes matures effectués entre 1988 et 2002, et couvrant la période 1990 à 2001 après lissage) révèle un taux de déclin de 33 p. 100 par année, ce qui signifie une réduction de 99 p.  100 sur 3 générations. Si l’on compare uniquement les estimations pour les années de début et de fin de période, on obtient une réduction du nombre de saumons rouges adultes entrés dans le lac au cours des trois dernières générations d’au moins 87 p. 100 (de 1991 à 2002; 4 ans par génération).

Facteurs limitatifs et menaces

La pérennité de la population de saumons rouges du lac Sakinaw est menacée par deux facteurs principaux : la mortalité due à la pêche et la dégradation de l’habitat d’eau douce. Pour le moment, la mortalité par pêche est probablement la menace la plus importante. Les saumons rouges Sakinaw continuent d’être capturés dans les pêches, et compte tenu de leur très faible abondance, même une mortalité modeste attribuable à la pêche peut compromettre la viabilité de la population. La surpêche peut aussi être considérée comme la cause immédiate du déclin, l’effort de pêche n’ayant pas été réduit de façon importante avant 1998, malgré le déclin observé à partir de 1987 dans les échappées de géniteurs entrant dans le lac Sakinaw. Lorsqu’ils migrent vers le lac en traversant les détroits de Johnstone et de Géorgie, les saumons rouges Sakinaw sont capturés en même temps que d’autres saumons rouges et des saumons roses appartenant à des populations plus productives dans ce qu’on appelle des pêches de stocks mélangés. Le fait que le saumon rouge du lac Sakinaw est exposé à ce type de pêche et que les échappées ont diminué rapidement sur une courte période marquée par un effort de pêche constamment élevé laisse fortement penser que la mortalité par pêche a été excessive.

Le risque que présente la surpêche pour le saumon rouge Sakinaw s’est probablement accru du fait que la dégradation de son habitat dans le lac Sakinaw a réduit sa productivité. La dégradation la plus importante de l’habitat dans le lac Sakinaw est probablement attribuable aux activités d’exploitation forestière de la première moitié du XXe siècle. Le lac a été utilisé comme jetée, bassin de flottage et aire d’estacades. Pour aider au transport des grumes vers l’océan, on a établi sporadiquement des barrages sur l’émissaire du lac pour hausser le niveau de l’eau; ces barrages ont probablement réduit l’accès des saumons au lac. Ces pratiques ont cessé largement vers 1952 lorsqu’on a construit un barrage permanent muni d’une passe migratoire. L’aménagement résidentiel et la navigation de plaisance ont par la suite augmenté. On a détourné des cours d’eaux pour prévenir les inondations et une rampe de mise à l’eau des bateaux a été construite au beau milieu d’une des principales frayères. Là encore, la majeure partie de cette dégradation est antérieure à 1987. La Fish and Wildlife Branch de la Colombie‑Britannique a tenté d’accroître la population naturelle de truite fardée anadrome dans le lac Sakinaw en y introduisant un quart de million de juvéniles entre 1965 et 1989. Les répercussions de cette activité sur le saumon rouge du lac Sakinaw sont inconnues, mais la truite fardée est un prédateur de saumons rouges juvéniles. La migration du saumon rouge dans le lac peut aussi avoir été entravée par une réduction des débits en été, due à une utilisation accrue de l’eau par les humains dans tout le bassin de drainage.

Il est improbable que les populations de saumons rouges voisines puissent contribuer naturellement au rétablissement du saumon rouge du lac Sakinaw pendant la durée d’une vie humaine, ou même sur une plus longue période, compte tenu du flux génique extrêmement restreint et du degré d’adaptation locale. Il est également douteux que les humains puissent réussir à transplanter de nouveaux saumons rouges dans le lac Sakinaw si la population actuelle venait à disparaître. Il est presque certains que plusieurs tentatives antérieures de transplantation dans le lac Sakinaw de saumons rouges provenant d’autres populations se sont soldées par un échec parce qu’on y trouve pas de traces génétiques des populations sources. Par conséquent, l’éventuelle extinction du saumon rouge dans le lac Sakinaw devrait être considérée comme irréversible.

Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) applique plusieurs mesures de conservation. L’effort de pêche a diminué de façon importante dans le détroit de Géorgie depuis 1995 et dans le détroit de Johnstone depuis 1998 à la suite d’une réduction de la flottille de pêche et de restrictions sur la pêche imposées à des fins de conservation. La zone 16 (incluant le chenal Sabine, jouxtant le lac Sakinaw) a été fermée à la pêche commerciale en 2002 dans le but de protéger le saumon rouge du lac Sakinaw; toutefois, cette fermeture n’a pas réduit la pêche pratiquée à des fins alimentaires et cérémonielles par les Autochtones. Le MPO coordonne également des activités d’amélioration de l’habitat, notamment le nettoyage des débris laissés par l’exploitation forestière dans les frayères, la modification de la passe migratoire pour améliorer le débit de l’eau pour les adultes en migration et une surveillance accrue pour décourager le braconnage et limiter la prédation naturelle à la passe migratoire, endroit où les adultes sont les plus vulnérables. Des travaux de repeuplement par propagation artificielle ont également été entrepris en 2000. Cependant, on ne sait pas si la propagation artificielle peut permettre le rétablissement d’une population de saumon en voie de disparition, de sorte que dans tout plan de rétablissement, on devrait assurer un apport d’adultes se reproduisant naturellement.

Importance de l’espèce

Du point de vue économique, le saumon rouge, qui entre dans les prises des pêches commerciale, récréative et autochtone de la côte du Pacifique, est l’espèce de saumon du Pacifique la plus importante. Le nombre de populations a diminué dans les parties méridionales de l’aire de répartition de l’espèce. Actuellement, quatre unités évolutionnaires significatives du saumon rouge sont considérées comme en voie de disparition, deux au Canada (lac Sakinaw et lac Cultus, en Colombie‑Britannique) et deux aux États-Unis (lac Ozette, au Washington, et rivière Snake, en Idaho). La population du lac Sakinaw est l’une des deux seules populations de saumons rouges anadromes de type lacustre sur les 200 km du détroit de Géorgie (l’autre est celle du lac Village Bay dans l’île Quadra, située à une distance de 100 km à l’extrémité septentrionale du détroit). La conservation du saumon rouge du lac Sakinaw est hautement prioritaire pour la bande indienne sechelte, parce qu’il se reproduit dans le territoire traditionnel de la bande. Le saumon rouge peut aussi jouer un rôle important dans le maintien de la productivité de l’écosystème du lac Sakinaw parce qu’il y apporte des nutriments provenant de la mer. Les juvéniles contribuent à la complexité du réseau trophique du lac parce qu’ils consomment des invertébrés et qu’ils servent de proies à certaines espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères. Les adultes nourrissent divers animaux, dont des loutres de rivière, des ours et des lamproies, leurs carcasses fournissant également de la nourriture au Pygargue à tête blanche et à d’autres espèces. Ainsi, le saumon rouge du lac Sakinaw joue un rôle important dans l’écologie de l’écosystème du lac.

Protection actuelle et autres désignations

En vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral, le MPO est depuis longtemps tenu d’autoriser les projets susceptibles d’altérer l’habitat du poisson. De plus, les gouvernements provinciaux et les administrations municipales réglementent de nombreuses activités d’utilisation des terres et de l’eau qui peuvent avoir une incidence sur les populations de poissons. Le MPO a pour mandat de gérer les pêches en veillant à conserver la ressource au profit de tous les Canadiens. Jusqu’à présent, aucune de ces protections n’a empêché l’effondrement de la population de saumons rouges du lac Sakinaw. Cependant, l’effort de pêche visant les stocks mélangés a été réduit de façon importante en 1998 et le MPO a récemment créé une équipe de rétablissement chargée de coordonner les activités de restauration. Ces mesures sont conformes aux dispositions de la Loi sur les océans (1997), loi fédérale en vertu de laquelle le MPO est tenu de gérer les ressources marines du Canada de façon à préserver la diversité biologique et les habitats naturels. À l’automne 2002, le COSEPAC a mené une évaluation d’urgence et placé le saumon rouge du lac Sakinaw sur la liste des espèces en voie de disparition (25 octobre 2002). NatureServe considère le saumon rouge comme non en danger à l’échelle de l’espèce (secure) (G5), mais comme en danger critique d’extinction (critically imperiled) dans l’Idaho (S1), en danger (imperiled) dans l’État de Washington (S2), apparemment non en danger (apparently secure) (S4) en Oregon, et non en danger (secure) en Alaska (S5); sa situation est en cours d’évaluation (under review) en Californie et en Colombie‑Britannique.