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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lichen cryptique ( Nephroma occultum) au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Lichen cryptique
Nephroma occultum

Information sur l’espèce

Le Nephroma occultum est un lichen rare, endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord. Il est étroitement associé aux peuplements forestiers anciens et humides. Ses traits caractéristiques sont une face supérieure jaunâtre, verdâtre ou gris-bleu avec des arêtes en forme de filet et une face inférieure glabre de couleur brun roux ou parfois noirâtre. Il mesure généralement entre 2 et 7 cm de largeur et forme des lobes arrondis de 4 à 12 mm de largeur. Ce lichen produit un grand nombre de propagules asexués, appelés sorédies, le long des bordures et des arêtes de la face supérieure. Il ne produit pas d’apothécies, le stade de reproduction sexuée produisant des spores.

Répartition

L’aire de répartition mondiale du Nephroma occultum est comprise à l’intérieur des limites géographiques de l’Alaska (six emplacements), de la Colombie-Britannique (45), de l’État de Washington (8) et de l’Oregon (182). L’aire de répartition canadienne compte pour plus de 50 p. 100 du total et coïncide avec les vallées intermontagnardes de la Chaîne Côtière et de la chaîne Columbia.

Habitat

Au Canada, le Nephroma occultum est confiné aux peuplements forestiers anciens et humides à des altitudes inférieures à 1 200 m. Toutes les populations canadiennes se trouvent dans la zone côtière de la pruche de l’Ouest et dans la zone intérieure à thuya et pruche, selon le système de classification biogéoclimatique des écosystèmes de la Colombie-Britannique (Meidinger et Pojar, 1991). La particularité importante de l’habitat du N. occultum est l’absence de sécheresse en été. Dans les emplacements côtiers du N. occultum, le macroclimat fournit suffisamment d’humidité pour que l’espèce puisse occuper l’étage forestier supérieur. Dans les régions intérieures, où le macroclimat est souvent trop aride, le N. occultum est confiné à l’étage inférieur des peuplements forestiers anciens et humides.

Biologie

Le Nephroma occultum produit des sorédies asexuées en grand nombre, qui sont probablement dispersées par le vent, la pluie et les animaux. Les sorédies du N. occultum sont plus grosses que celles de la plupart des lichens, et la faible capacité de dispersion des propagules semble constituer un facteur limitant la répartition de l’espèce. Le N. occultum ne porte aucune structure sexuelle (apothécies) et pourrait avoir une faible variation génétique. En outre, le N. occultum n’est pas un grand compétiteur et est délogé par les mousses ou les hépatiques dans les zones où elles sont les épiphytes dominantes.

Taille et tendances des populations

En 2004, la répartition mondiale du Nephroma occultum était composée d’environ 241 populations connues, dont 45 au Canada. L’exploitation forestière a causé la disparition de l’espèce dans deux sites au Canada. La taille des populations varie selon l’emplacement : de seulement 1 thalle à 40 thalles ou plus dans une seule colonie. Avec une estimation conservatrice de 10 thalles par colonie, on compte probablement plus de 2 410 individus de cette espèce dans le monde.

Facteurs limitatifs et menaces

La disponibilité d’un habitat convenable (peuplements forestiers anciens et humides) et la faible capacité de dispersion constituent les principaux facteurs limitatifs du Nephroma occultum. L’étendue des forêts humides et anciennes de thuyas et de pruches a diminué concurremment à l’expansion graduelle de l’exploitation forestière. Les infestations de l’arpenteuse de la pruche et les incendies sont des menaces supplémentaires dont la gravité et la fréquence devraient s’accentuer avec la hausse des températures annuelles moyennes associée au réchauffement planétaire. On prévoit que les impacts cumulatifs de l’exploitation forestière, des changements climatiques, des infestations d’insectes et des incendies auront des répercussions négatives sur les vestiges de l’habitat du N. occultum.

Importance de l’espèce

Le Nephroma occultum est endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord, et plus de 50 p. 100 de son aire de répartition mondiale se trouve au Canada. Seulement cinq populations canadiennes sont protégées contre l’exploitation forestière. Le N. occultum est une espèce « phare » appartenant à un groupe de lichens et de bryophytes rares et peu communs qui dépendent de forêts anciennes et humides et qui ont une répartition disjointe plutôt inhabituelle, partagée entre la côte et les terres intérieures. Là où une réglementation exige des relevés rigoureux des lichens (en Oregon par exemple), la découverte du N. occultum a mené à l’établissement de pratiques novatrices de gestion forestière favorisant la conservation de parcelles de peuplements forestiers anciens. Cependant, l’habitat du N. occultum est en déclin progressif dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne, principalement à cause de l’exploitation forestière. Cette tendance est très prononcée dans les terres de l’intérieur, où l’habitat convenable est confiné géographiquement par la disponibilité de forêts jouissant d’un microclimat humide.

Protection actuelle

Le Nephroma occultum a été désigné espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 1995 à la suite des recommandations du premier rapport de situation (Goward, 1995a). En Colombie-Britannique, l’espèce est désignée S2S3 mais n’est pas protégée par la législation provinciale. Cinq emplacements du N. occultum au Canada se trouvent à l’intérieur de parcs ou d’aires protégées. Les populations restantes se trouvent sur des terres de la Couronne et ne sont pas protégées contre l’exploitation forestière ou d’autres types de perturbations. Dans les États de Washington (S1) et de l’Oregon (S3), le N. occultum est une espèce inscrite dans le Northwest Forest Plan, signifiant que tout promoteur doit surveiller et gérer cette espèce conformément aux lignes directrices du plan. Le N. occultum occupe également l’Alaska, où il n’est pas protégé.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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