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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Loup atlantique Anarhichas lupus au Canada - 2012

Menaces et facteurs limitatifs

Pêche commerciale et capture accessoire

Les loups atlantiques sont capturés principalement en tant que prises accessoires dans d’autres pêches, y compris des pêches effectuées à l’extérieur des eaux canadiennes. Les statistiques sur les débarquements (comprenant la pêche dirigée et la capture accessoire) regroupent les trois espèces de loups prises ensemble. Cependant, les loups à tête large ont habituellement été remis à l’eau et, depuis 2003, la remise à l’eau des prises des deux espèces de loups menacées (soit le loup taché et le loup à tête large) est obligatoire. Par conséquent, les statistiques de débarquement pour la période 2003-2010 concernent en fait presque exclusivement le loup atlantique. Les données figurant dans le présent rapport regroupent l’ensemble des débarquements de loups capturés dans la zone de l’OPANO (NAFO, 2010) (figure 27).


Figure 27. Débarquements déclarés de loups (toutes espèces confondues) dans les divisions de l’OPANO situées partiellement ou entièrement en eaux canadiennes.

Graphique présentant les débarquements déclarés de loups (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 27

Graphique présentant les débarquements déclarés de loups (toutes espèces confondues) de 1960 à environ 2008 dans les divisions de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest situées partiellement ou entièrement en eaux canadiennes. Source : NAFO (2010).

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Les prises déclarées de loups ont été relativement fortes dans les années1970, et elles ont diminué dans les années 1990. Depuis que les prises de loups sont consignées, les plus faibles sont observées depuis 2006, probablement à cause de l’obligation, en vertu de la LEP, de remettre à l’eau les loups tachetés et les loups à tête large. Les prises déclarées de loups ont déjà dépassées 8 000 t, mais elles ne sont plus que d’environ 200 t par année.

La plupart des prises sont faites dans les divisions 2J3KL (sud de la mer du Labrador et nord-est de Terre-Neuve) et 4VWX (pente sud du chenal Laurentien et plateau néo-écossais) (figure 27). Depuis les années 1990, une forte proportion de prises ont été faites dans 3NOPs, soit au sud de Terre-Neuve et sur les bancs de Terre-Neuve, où est pratiquée une pêche dirigée de faible ampleur. En outre, les données issues des zones de pêche à la crevette 0-3 (de l’est de l’île de Baffin aux eaux baignant la péninsule d’Ungava) montrent que dans 11 % à 32 % des traits, au moins un loup atlantique est capturé (selon la région et l’année) (Siferd, 2010).

Les taux de capture de loups sont sous-estimés dans les registres des pêches commerciales (Kulka et al., 2007a), et on croit que près de la moitié des prises accessoires de loups atlantiques sont rejetées sans être déclarées (Simpson et Kulka, 2002). Les débarquements représentent donc des sous-estimations des prises réelles. Par ailleurs, comme les loups capturés par les chaluts sont généralement plus vigoureux que la plupart des autres espèces de poissons, leur taux de survie après remise à l’eau pourrait être plus élevé (Grant et al., 2005).

Les effets sur les loups de la perturbation ou de l’altération des fonds marins par l’utilisation répétée d’engins mobiles (principalement des chaluts de fond et des dragues) sont inconnus. Pour éviter de les endommager, les chaluts de fond sont rarement utilisés sur les fonds rocheux, et il appert que ce type d’habitat est important pour le loup atlantique.

Vu la baisse importante des prises de loups atlantiques et de l’intensité de la pêche en général, celle-ci constitue une menace beaucoup moins importante actuellement qu’au cours des années 1970 et 1980 (Kulka et Pitcher, 2001). On a déjà avancé que la pêche aurait été la principale cause du déclin des espèces de loups (O’Dea et Haedrich, 2001), mais cette hypothèse a été remise en question par Kulka et al. (2004), qui ont soutenu que les baisses d’effectifs auraient été au moins aussi importantes dans les zones sans pêche que dans les zones de pêche intense.

Facteurs environnementaux

L’épisode de basses températures qui a eu lieu de la fin des années 1980 au début des années 1990 (Colbourne et al., 2004) a coïncidé avec une partie de la période de déclin des espèces de loups, ce déclin ayant toutefois débuté avant ce changement de température. De fait, aucun lien de cause à effet entre les basses températures et les changements des effectifs de loups n’a été établi.

Les changements climatiques liés aux activités humaines pourraient influer sur la répartition et les effectifs des espèces marines en raison d’altérations du milieu marin. Les accroissements de température devraient devenir plus marqués dans les régions nordiques, où est présent le loup atlantique (Trenberth et al., 2007). En règle générale, les déplacements d’espèces se feront vers les pôles, d’où un accroissement de l’aire de répartition des espèces vivant en eaux chaudes et un rétrécissement de celle des espèces vivant en eaux froides (Perry et al., 2005; Cochrane et al., 2009). La répartition des espèces boréales et subarctiques, comme les loups, pourrait être déplacée vers le nord (Gucinski et al., 1990).

Nombre de localités

Le COSEPAC établit le nombre de localité en fonction des menaces, suivant les lignes directrices de l’UICN. Comme la principale menace reconnue pesant sur le loup atlantique est la capture accessoire dans les pêches, on peut considérer que l’espèce occupe un grand nombre de localités étant donné que les différentes pêches sont pratiquées dans une vaste région géographique et sont gérées séparément.

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