Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement du cisco à museau court (Coregonus reighardi) au Canada

6. Approche de conservation

La conservation ou le rétablissement du cisco à museau court est impossible, comme l'indiquent les évaluations du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), puisque l'espèce n'a pas été repérée depuis 25 ans dans les lacs où elle vivait. Cependant, la collecte d'un seul spécimen de ces emplacements ou de tout autre emplacement représenterait un espoir pour l'espèce. Donc, tout effort de conservation de l'espèce serait d'abord porté sur la confirmation de son état actuel par le biais de programmes d'études, de gestion et de recherches.


Études

Malgré des efforts de pêche et d'échantillonnage considérables, la dernière apparition du cisco à museau court s'est produite dans le lac Huron, en 1985. Avant cette date, l'observation du cisco à museau court était rare et il ne s’agissait que de quelques spécimens par année (Webb et Todd 1995, COSEPAC 2005). En raison de sa rareté historique et de la période de temps écoulé depuis sa dernière apparition, l'espèce est probablement éteinte. Cependant, les efforts de documentation devraient se poursuivre pour toute apparition de l'espèce. Toute personne visant les ciscos des profondeurs, dont les pêcheurs commerciaux et les équipes de recherche ou d'évaluation, doit savoir que la faible possibilité existe d'observer le cisco à museau court et on doit leur fournir des renseignements de base ainsi qu'un guide d'identification pour les aider à distinguer cette espèce des autres ciscos coexistants. On doit déterminer à l'avance des protocoles adéquats et des autorités scientifiques pour aider à identifier et à archiver l'échantillon, dans l'éventualité où l'espèce apparaîtrait de nouveau.


Gestion

La surexploitation dans les Grands Lacs a accéléré l'effondrement du cisco à museau court, et a probablement empêché son rétablissement, en raison de la gestion qui n'était pas spécifique et de la pêche aux cyprinidés qui visait cette espèce. C'est pourquoi tout effort de conservation du cisco à museau court devrait probablement viser la pêche aux cyprinidés en soi. Jusqu'à ce que son existence soit confirmée, aucune mesure de gestion propre au cisco à museau court n'est recommandée. Cependant, le cisco à museau court est l'une des nombreuses espèces de ciscos des profondeurs des Grands Lacs a être considérées comme étant « en péril » par le COSEPAC, dont le cisco des profondeurs (espèce éteinte), le cisco à mâchoires égales (espèces menacées), le cisco à nageoires noires (espèces menacées)Note de bas de page 1 et le Kiyi (espèce dont l'état est préoccupant), il serait donc judicieux d'élaborer des plans de gestion visant la conservation de l'ensemble des espèces de ciscos. Une surveillance périodique des prises de pêches aux cyprinidés commerciales aiderait à confirmer l'état du cisco à museau court.


Recherche

La difficulté à distinguer les bancs d'espèces individuels dans les profondeurs des Grands Lacs, ainsi que le manque de connaissances quant à leur historique et leurs exigences en matière d'habitat en résultant, ont fortement entravé les efforts de gestion efficace et de protection de ces espèces. Donc, les recherches pour résoudre les incertitudes en matière de taxonomie empêchant l'identification des espèces individuelles, dont le cisco à museau court, doivent se poursuivre. De nouvelles technologies et des approches innovantes, particulièrement dans le domaine de la génétique, offrent le potentiel de surmonter certaines des barrières pour l'identification découlant des approches traditionnelles en matière de taxonomie.

Pour ce qui est des nouvelles apparitions de cisco à museau court, certaines recherches récentes basées sur des analyses d'isotopes stables provenant des spécimens archivés du lac Supérieur (Schmidt et coll. 2009) indiquent qu'il existe des différences claires au niveau de la niche trophique entre les espèces autrefois appelées cisco à museau court et cisco à mâchoires égales. L'espèce précédemment identifiée comme étant le cisco à museau court des lacs Supérieur et Nipigon a été associée au cisco à mâchoires égales dans les années 1980 (Todd 1980, Todd et Smith 1980). Bien que l'analyse d'isotopes stables ne constitue pas un jugement définitif, elle laisse entendre que l'état du cisco à museau court du lac Supérieur devrait faire l'objet d'une enquête plus poussée. D'autres analyses d'isotopes stables et des examens génétiques du cisco à mâchoires égales du lac Supérieur pourraient aider à déterminer si ces populations comprennent, ou comprenaient, le cisco à museau court.

Afin d’appuyer les mesures décrites dans cette section, il est recommandé de procéder à des examens des collectes de ciscos par l'intermédiaire de sondages continus de la Commission Géologique des États-Unis, et de programmes de surveillance du cisco à museau court et d'autres espèces de ciscos des profondeurs du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et de Pêches et Océans Canada.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Évaluation du COSEPAC, 1988 (état actuel, annexe 2 de la Loi sur les espèces en péril (LEP).) - Évaluation du COSEPAC, 2007 « manque de données ».

Retour à la référence de la note de bas de page 1