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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le microséris de Bigelow (Microseris bigelovii) au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Depuis le début des années 1980, les sites convenables ont fait l’objet de plusieurs relevés dans le cadre d’une série de projets dont l’objectif était de documenter la répartition des plantes rares dans les prés ouverts du sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles du golfe. Les principaux chercheurs ayant travaillé à ces projets sont notamment Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Chris Brayshaw, Harvey Janszen, Frank Lomer et George Douglas, soit des personnes qui connaissent bien l’espèce.

Plus de 1 000 ha d’habitat convenable répartis dans 80 sites ont été fouillés, et plus d’une fois dans la majorité des cas. Seulement au cours de la dernière décennie, plus de 500 journées-personnes ont été consacrées à la recherche d’espèces rares dans les habitats convenables.

Le Microseris bigelovii étant une petite plante ayant pu facilement passer inaperçue lors des inventaires botaniques réguliers, le présent rapport de situation n’a été préparé qu’après que des botanistes connaissant bien l’espèce eurent réalisé des relevés directs. Dans le cadre de cet effort de relevé, trois recherches ont notamment été menées spécifiquement pour l’espèce (environ 14 journées-personnes en 2002, 8 journées-personnes en 2003 et 4 journées-personnes en 2004). Malgré ces efforts concentrés, seulement deux nouvelles populations et quatre populations déjà signalées ont été documentées. Les trois années semblaient être des années favorables à la recherche du M. bigelovii, selon le nombre des plants dans les populations existantes connues et leur vigueur. De nombreux relevés menés sur des sites contenant d’autres espèces rares associées au M. bigeloviin’ont produit aucun résultat (figure 4).

Figure 4. Résultats négatifs de recherche. Les triangles indiquent un ou plusieurs sites fouillés dans succès.

Résultats négatifs de recherche

Abondance

Les enregistrements de 2002, 2003 et 2004 suggèrent la présence de 5 000 à 7 000 individus au Canada. La fleuraison est asynchrone et les fleurs sont de courte durée. Il est impossible de déterminer la proportion de ces individus qui ont fleuri plutôt que de périr pendant la sécheresse estivale avant d’avoir le temps de se reproduire (un problème commun rencontré lors des inventaires réalisés pour cette espèce et pour d’autres annuelles).

Le nombre de populations et de sous-populations, défini par les taux d’échanges génétiques par mouvements de graines et par échanges de pollen, est difficile à établir. La dispersion des semences d’une touffe à l’autre ne se fait probablement que sur de courtes distances. Cette espèce dépend essentiellement de l’autopollinisation, mais fait parfois des croisements distants. On ne sait pas exactement à quelle fréquence se font les échanges de pollen ni sur quelles distances (Chambers, 1955).

Dans le tableau 1, il est présumé que les deux occurrences de l’île Hornby fonctionnent comme des sous-populations (échangeant du matériel génétique plus d’une fois au cours d’une année en moyenne) plutôt que comme des populations distinctes. Plusieurs touffes de Microseris bigelovii ont été observées sur le site Oak Bay  1; elles semblent être des sous-populations d’une seule population. Le site Oak Bay nº 2 ne semble contenir qu’une seule population discrète. Il est préférable de traiter les trois occurrences d’Esquimalt comme des sous-populations appartenant à une population commune.

L’enregistrement du Microseris bigelovii au lac Thetis pourrait être une erreur. Cet enregistrement semble être fondé sur un spécimen d’herbier (V 10117) sur lequel figure deux emplacements. Un emplacement correspond à la population Oak Bay nº 1, alors que l’autre est le lac Thetis. Il est possible que l’échantillonneur ait visité les deux emplacements la même journée et qu’il ait été incapable de déterminer d’où venait le spécimen. Le lac Thetis est un emplacement inhabituel pour le M. bigelovii parce qu’il n’est pas situé en bordure de l’océan.

Les plants de Rocky Point nº 1 sont confinés à une petite zone et fonctionnent presque certainement comme une seule population. Les deux parcelles de Rocky Point nº 2 sont traitées comme des sous-populations, mais des analyses plus approfondies pourraient révéler qu’il s’agit en fait de deux populations distinctes. De toute évidence, ces parcelles sont bien séparées, et le terrain est peu propice à la dispersion des semences et du pollen. Néanmoins, moins de 400 m environ séparent les deux parcelles et, par convention, le Centre de conservation des données de la Colombie-Britannique les traite comme étant issues d’une seule populationNote de bas de page3.

Fluctuations et tendances

Puisqu’il n’existe aucune information fiable sur les tendances passées dans la taille des populations, il est impossible de déterminer les fluctuations et les tendances à cet égard pour les populations existantes. Cette espèce, à l’instar de nombreuses autres annuelles (Harper, 1977), connaît d’importantes fluctuations.

Effet d’une immigration de source externe

Le Microseris bigelovii a disparu de l’État de Washington et il existe une possibilité négligeable d’échanges génétiques naturels (semences ou pollen) avec les populations américaines de l’Oregon ou de la Californie. Les preuves génétiques et les études menées en serres (voir plus haut) suggèrent que les populations de l’Oregon et de la Californie pourraient ne pas être adaptées aux conditions qui prévalent en Colombie-Britannique. Ces différences pourraient restreindre le potentiel de réintroduction si les populations canadiennes disparaissaient.

Note de bas de page 3

Par convention, le Centre de conservation des données traite les observations séparées par moins de un kilomètre comme faisant partie d’une même occurrence (population).

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