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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la woodsie à lobes arrondis au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

À grande échelle, le principal facteur limitatif pour le Woodsia obtusa semble être le manque de milieux calcaires convenant à l’espèce, qui a besoin d’un substrat riche en calcium (Bryan et O’Kelley, 1967). À petite échelle, le principal facteur limitatif est sans doute lié au microclimat. Comme les pentes rocheuses orientées au sud où le W. obtusa se rencontre au Canada sont des milieux extrêmement xériques, la quantité d’eau disponible est sans doute critique. Des recherches en cours (Wild, données inédites) ont montré que l’apport d’eau aux sols naturels renfermant des spores de W. obtusa accroît considérablement le taux de germination de ces spores et le taux de fécondation des gamétophytes. Peck et Peck (1986) ont réussi à faire passer de 13 p. 100 à 96 p. 100 (hausse de 83 p. 100) le taux de fécondation et le taux de production de sporophytes en déposant simplement de l’eau sur les gamétophytes. Il semble donc que le manque d’eau dans l’habitat des populations canadiennes de la woodsie à lobes arrondiesexplique en partie les faibles taux de recrutement et d’établissement observés dans ces populations.

Les principales menaces d’origine humaine concernent la plus grande des populations canadiennes, celle de Westport – lac Sand. On peut encore observer dans ce site des signes du dépôt antérieur d’ordures en provenance du terrain de caravanes voisin, mais aucun dépôt récent n’a été remarqué en 2005 (S. Thompson, comm. pers., 2007). Le débroussaillage et l’abattage d’arbres au sommet de la pente ont légèrement perturbé le milieu près des fougères, aux endroits où des branches ont été jetées. Cependant, ces travaux ont eu un effet encore plus nuisible en éclaircissant le couvert forestier et en favorisant ainsi l’établissement et la propagation du nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), arbrisseau exotique très envahissant qui pourrait grandement détériorer l’habitat du Woodsia obtusa et nuire à la survie de cette espèce. L’établissement du nerprun dans le secteur résulte peut-être de l’activité aviaire accrue à proximité des mangeoires aménagées dans le terrain de caravanes, car ces mangeoires ont pu augmenter le risque que des graines de nerprun soit déposées dans le secteur avec les excréments des oiseaux (S. Thompson, comm. pers., 2007).