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Stratégie de rétablissement de l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda, Rafinesque 1820) et du ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris, Rafinesque 1820) au Canada [Proposition]


I. Contexte

  1. Information sur l’espèce – Obovarie ronde
  2. Information sur l’espèce – Ptychobranche réniforme
  3. Menaces
  4. Habitat – Obovarie ronde
  5. Habitat – Ptychobranche réniforme
  6. Tendance des habitats
  7. Protection de l’habitat
  8. Rôle écologique
  9. Importance pour les gens
  10. Lacunes des connaissances
  11. Faisabilité biologique et technique du rétablissement

1. Information sur l'espèce – Obovarie ronde

Sommaire de l'évaluation : mai 2003

Nom usuel : Obovarie ronde

Nom scientifique : Obovaria subrotunda

Situation actuelle selon le COSEPAC : En voie de disparition

Raison de la désignation : Cette espèce est perdue dans 90 % de son aire historique au Canada. Les populations des rivières Grand et Thames sont disparues et les populations de la rivière Sydenham sont en déclin, le tout attribuable aux effets combinés de la pollution et des impacts agricoles. La plupart des populations des Grands Lacs se sont perdues à cause des impacts de la moule zébrée, et la population restante dans le delta du St. Clair près de l'île Walpole peut être en péril. Si le dard de sable est l'hôte de cette espèce, le déclin de ce poisson menacé affecterait la survie de la moule.

Présence : Ontario

Historique de la désignation : Inscrite en voie de disparition en 2003.

L'obovarie ronde est l'une des 6 espèces d'obovarie générique. Seulement 2 de ces espèces, O. subrotunda et O. olivaria, ont des répartitions qui s'étendent au Canada où les deux espèces sont limitées dans le drainage des Grands Lacs inférieurs et du fleuve Saint-Laurent. L'obovarie ronde est considérée en sécurité au plan mondial (G4) et en sécurité au plan national (N4) aux États-Unis, bien que l'American Fisheries Society l'ait inscrite comme une espèce préoccupante. L'espèce commence à manifester un déclin dans toute sa répartition américaine. Elle est considérée en voie de disparition dans le Michigan et on croit qu'elle est disparue de l'Illinois (G. Kruse, Illinois Department of Natural Resources, communication personnelle, février 2004) et de l'État de New York (D. Strayer, Institute of Ecosystem Studies, communication personnelle, février 2004). Au Canada, l'obovarie ronde est considérée en péril de façon critique (N1) et elle a été inscrite en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada en 2003. La répartition canadienne de cette espèce a toujours été limitée au sud-ouest de l'Ontario où elle se trouvait autrefois dans les rivières Welland, Grand, Sydenham, Thames, St. Clair et Detroit ainsi que dans les eaux du lac St. Clair et à l'ouest du lac Érié. La dégradation de la qualité de l'eau et l'introduction des moules dreissenas ont entraîné un déclin prononcé de la répartition canadienne de l'obovarie ronde et elle ne se retrouve maintenant que dans les eaux du delta du Lac St. Clair et dans une petite portion de la rivière Sydenham du côté est.

L'obovarie ronde est une petite moule atteignant une taille maximale de 60 à 65 mm au Canada. La moule se reconnaît facilement par sa forme ronde et ses becs incurvés vers l'intérieur situés au centre de façon proéminente qui sont élevés bien au-dessus de la charnière. La sculpture des becs est légère consistant en 4 à 5 doubles barres faibles qui sont sinueuses au centre et anguleuses à l'arrière (Parmalee et Bogan 1998). Le coquillage est généralement de couleur sombre, allant du brun-olive au brun foncé et il est relativement lisse sauf pour les restes de croissances proéminents. La pente postérieure est souvent plus claire de façon distinctive que le reste du coquillage (COSEPAC 2003a) (figure 1). Les dents cardinales de cette espèce sont lourdes et fortes. La valve de gauche présente deux dents pseudocardinales triangulaires épaisses et rudes et deux dents latérales fortes, courtes et légèrement incurvées. La valve de droite présente une seule grande dent pseudocardinale triangulaire massivement dentelée, habituellement avec une petite dent tuberculaire compressée de l'un ou l'autre côté. Il y a une seule courte dent latérale rude, épaisse et incurvée, et souvent une dent latérale secondaire incomplète dans la valve de droite (Parmalee et Bogan 1998).

Figure 1 : Deux individus d’obovarie ronde du delta du lac St. Clair. À noter la coloration caractéristique de la pente postérieure. Crédit de la photo : D. McGoldrick, Environnement Canada.
Figure 1 : Deux individus d’obovarie ronde du delta du lac St. Clair. À noter la coloration caractéristique de la pente postérieure. Crédit de la photo : D. McGoldrick, Environnement Canada.

Répartition

Aire globale

La répartition globale de l'obovarie ronde se limite à l'est de l'Amérique du Nord (figure 2). Aux États-Unis, l'obovarie ronde est considérée en sécurité au plan national mais manifeste des déclins dans toute son aire. Cette espèce est connue historiquement dans les systèmes fluviaux de l'Ohio, du Tennessee, du Cumberland et du Mississippi ainsi que dans les drainages du Saint-Laurent, du lac Érié et du lac St. Clair. Elle se trouve actuellement dans l'Alabama, l'Indiana, le Kentucky, le Michigan, le Mississippi, l'Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee et la Virginie occidentale et on croit qu'elle est disparue des États de New York et de l'Illinois. Au Canada, l'obovarie ronde est considérée en péril de façon critique, inscrite en voie de disparition par le COSEPAC et elle se retrouve seulement dans le sud-ouest de l'Ontario.

Figure 2 :Répartition globale de l'obovarie ronde (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998).
Figure 2 : Répartition globale de l'obovarie ronde (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998)

Aire canadienne

Au Canada, l'obovarie ronde est connue historiquement dans les eaux de l'ouest du lac Érié, du lac St. Clair et des rivières Welland, Grand, Thames, Sydenham et Detroit (COSEPAC 2003a). Depuis 1996, des individus vivants n'ont été signalés que dans la rivière Sydenham et le lac St. Clair (figure 3).

Figure 3 :Répartition de l'obovarie ronde au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1996.
Figure 3 : Répartition de l'obovarie ronde au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1996.

Pourcentage de l'aire globale au Canada

Environ 1 % de l'aire globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la répartition

Depuis l'invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas, la répartition géographique canadienne de cette espèce est réduite de 90 %.

Abondance de la population

Aire globale

Aux États-Unis, l'obovarie ronde est rarement un élément important de la communauté des moules, représentant généralement entre 0,1 et 1,4 % des espèces présentes (COSEPAC 2003a).

Aire canadienne : La population canadienne la plus importante de l'obovarie ronde se trouve dans le delta du Lac St. Clair où elle constitue 0,011 % de la communauté globale des moules à une densité de 0,0006/m². Dans la rivière Sydenham, l'obovarie ronde représente environ 0,0024 % de la communauté des moules

Pourcentage de l'abondance globale au Canada

Moins de 1 % de l'abondance globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la population

On estime que la population de l'obovarie ronde au Canada a diminué de 90 % depuis l'invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas. Cette estimation se fonde sur le nombre de dossiers historiques dans les eaux qui contiennent maintenant des moules dreissenas.

Facteurs limitatifs biologiques

Attributs reproductifs

La biologie reproductive de l'obovarie ronde suit la biologie reproductive générale de la plupart des unionidés. Durant le frai, les mâles libèrent le sperme dans la colonne d'eau et les femelles le filtrent de l'eau avec leurs branchies. La fertilisation se produit ensuite dans les régions spécialisées des branchies appelées marsupia. Les jeunes immatures, appelés glochidies, se développent dans les marsupia des branchies et sont libérés par la femelle dans la colonne d'eau pour traverser une période de parasitisme sur un poisson hôte approprié. Le stade de développement du jeune ne peut pas continuer sans une période d'enkystement sur l'hôte. Les glochidies sans crochet deviennent enkystés sur les branchies de l'hôte et sont encapsulés dans un sac rempli de fluide où ils sont nourris par l'hôte jusqu'à ce qu'ils se métamorphosent et deviennent libres, s'installant dans le substrat pour commencer leur vie de jeunes libres. Les espèces de poissons hôtes de l'obovarie ronde n'ont pas été confirmées pour les populations canadiennes, bien que 5 espèces hôtes aient été identifiées aux États-Unis, soit : le dard varigate (Etheostoma variatum), le dard rousselé (Percina stickogaster), le dard moucheté (E. stigmaeum), le dard vert (E. blennioides), et le dard émeraude (E. balleyi) (M. McGregor, Kentucky Department of Fish and Wildlife Resources, communication personnelle, janvier 2004). Seul le dard vert se trouve au Canada où son aire semble s'élargir. Aspect intéressant, l'aire actuelle et historique connue du dard vert ne chevauche pas complètement l'aire historique de l'obovarie ronde (c'est-à-dire que le dard vert n'est pas connu dans la rivière Grand avant 1990 et aucun relevé n'existe pour cette espèce dans la rivière Welland ou le lac Érié (A. Dextrase, ministère des Ressources naturelles de l'Ontario, Peterborough, communication personnelle), suggérant l'existence d'un autre hôte. On sait que les obovaries rondes sont gravides entre septembre et juin et peuvent utiliser le poisson hôte durant cette période.

Dispersion

Comme la plupart des moules d'eau douce indigènes, les adultes de l'obovarie ronde sont essentiellement sessiles, leur mouvement se limitant à seulement quelques mètres sur le fond de la rivière ou du lac. Bien que le mouvement des adultes puisse se diriger en amont ou en aval, les études ont permis de constater un net mouvement en aval avec le temps (Balfour et Smock 1995; Villella et al. 2004). Le principal moyen de dispersion à grande échelle, le mouvement en amont et l'invasion d'un nouvel habitat ou l'évasion d'un habitat détérioré est limité au stade de glochidie enkysté sur le poisson hôte.

2. Information sur l'espèce – Ptychobranche réniforme

Sommaire de l'évaluation : mai 2003

Nom usuel : Ptychobranche réniforme

Nom scientifique : Ptychobranchus fasciolaris

Situation actuelle selon le COSEPAC : En voie de disparition

Raison de la désignation : Cette espèce a été perdue dans environ 70 % de son aire historique au Canada en raison des impacts des moules zébrées et des pratiques d'utilisation des terres. Elle est maintenant limitée aux rivières Sydenham et Ausable du côté est. Bien que les deux populations semblent se reproduire, tout indique que l'abondance a diminué dans l'est de la rivière Sydenham. Les impacts agricoles, y compris l'envasement, ont éliminé les populations des rivières Grand et Thames, et menacent la survie de cette espèce au Canada.

Présence : Ontario

Historique de la désignation : Inscrite en voie de disparition en 2003.

Le ptychobranche réniforme (figure 4) est l'un des cinq membres du Ptychobranchus génériques présents en Amérique du Nord, mais il est le seul membre de l'espèce ayant une répartition qui s'étend au Canada. L'espèce est considérée globalement en sécurité (G4) et est inscrite par l'American Fisheries Society comme étant stable aux États-Unis bien que, au Canada, le ptychobranche réniforme ait été inscrit comme espèce en voie de disparition par le COSEPAC en 2003. Le ptychobranche réniforme a toujours eu une répartition canadienne limitée au sud-ouest de l'Ontario où il se trouvait autrefois dans les lacs St. Clair et Érié ainsi que dans les rivières Detroit, Sydenham, Thames, Ausable, Grand, Welland et Niagara. Les relevés récents ont montré que cette répartition a été réduite et que le ptychobranche réniforme se limite maintenant aux rivières Sydenham et Ausable avec quelques individus éparpillés dans le delta du lac St. Clair.

Le ptychobranche réniforme est une moule d'eau douce de taille moyenne à grande qui se distingue facilement par son coquillage elliptique allongé et son periostracum jaunâtre-brun avec de larges rayures vertes interrompues qui ressemblent à des marques carrées (figure 4). La localité type est la rivière Muskingham en Ohio. La description suivante de l'espèce, signalée par le COSEPAC (2003b), a été adaptée de Clarke (1981), Strayer et Jirka (1997) et Parmalee et Bogan (1998). Le coquillage est solide, lourd et compressé, et peut avoir une forme bossue chez les vieux individus. L'extrémité antérieure est arrondie et l'extrémité postérieure est légèrement pointue. La sculpture des becs est mal développée, consistant en plusieurs fines bosses ondulées indistinctes. La surface du coquillage (periostracum) va d'une couleur jaunâtre à jaunâtre-vert, jaunâtre-brun ou brun moyen, avec des rayures vertes interrompues distribuées de façon générale; le coquillage des vieux individus peut être marron foncé et sans rayure. Le periostracum est lisse sauf pour les restes de croissance rudes et une pente postérieure rugueuse. La nacre est généralement blanche ou bleutée mais peut être rosée chez les jeunes individus. Les dents cardinales sont lourdes. La valve de gauche comporte deux dents pseudocardinales triangulaires épaisses et dentelées et deux dents latérales qui sont courtes, presque droites et habituellement très séparées. La valve de droite comporte une seule dent élevée compressée et pyramidale et une large dent latérale allongée et dentelée. Les dents latérales sont presque pendantes et distantes, ce qui est une bonne caractéristique distinctive. L'interdentum est large et la cavité des becs est peu profonde. Les femelles ont une rainure évidente à l'intérieur du coquillage qui va en diagonale de la cavité des becs vers l'extrémité postérioventrale; cette rainure correspond au marsupium (COSEPAC 2003b).

Figure 4 : Deux individus du ptychobranche réniforme de la rivière Sydenham. À noter les taches carrées caractéristiques. Crédit de la photo : T. Morris, Pêches et Océans Canada.
Figure 4 : Deux individus du ptychobranche réniforme de la rivière Sydenham. À noter les taches carrées caractéristiques. Crédit de la photo : T. Morris, Pêches et Océans Canada.

Répartition

Aire globale

Aux États-Unis, le ptychobranche réniforme se retrouve actuellement dans l'Ohio, le Tennessee, le Kentucky, le Michigan, l'État de New York, la Pennsylvanie, la Virginie occidentale, la Virginie, l'Alabama, le Mississippi et l'Illinois.

Aire canadienne

Au Canada, le ptychobranche réniforme se retrouve seulement dans le sud-ouest de l'Ontario. Depuis 1997, des individus vivants ont été signalés seulement dans la rivière Ausable, la rivière Sydenham et le lac St. Clair.

Pourcentage de l'aire globale au Canada

Moins de 5 % de l'aire globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la répartition

Depuis l'invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas, la répartition géographique canadienne de cette espèce a été réduite de 70  %.

Abondance de la population

Aire globale

Aux États-Unis, le ptychobranche réniforme est rarement un élément important de la communauté des moules mais il peut être abondant localement. Il représente habituellement en moyenne 2,5 % (0,2-8,0 %) de la communauté des moules dans les rivières mais aux sites individuels où il est observé, le ptychobranche réniforme peut représenter plus de 10 % de la communauté.

Figure 5 :Répartition globale du ptychobranche réniforme (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998)
Figure 5: Répartition globale du ptychobranche réniforme (modifiée à partir de Parmalee et Bogan 1998)

Aire canadienne

La plus importante population canadienne de ptychobranche réniforme se trouve dans la rivière Ausable où il constitue 1,5 % de la communauté des moules. Dans la rivière Sydenham, il est présent selon une densité estimative moyenne de 0,12/m² aux sites où on le trouve vivant. Dans le delta du lac St. Clair, le ptychobranche réniforme constitue seulement 0,3 % de la communauté des moules (COSEPAC 2003b).

Figure 6 :Répartition du ptychobranche réniforme au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1997
Figure 6: Répartition du ptychobranche réniforme au Canada. La répartition actuelle reflète les relevés depuis 1997

Pourcentage de l'abondance globale au Canada

Moins de 5 % de l'abondance globale de cette espèce se trouve au Canada.

Tendance de la population

On estime que la population du ptychobranche réniforme au Canada a diminué de 70 % depuis l'invasion des Grands Lacs par les moules dreissenas. Cette estimation se fonde sur le nombre de relevés historiques dans les eaux qui contiennent maintenant des moules dreissenas.

Facteurs limitatifs biologiques

Attributs reproductifs

La biologie reproductive du ptychobranche réniforme suit la biologie reproductive générale de la plupart des unionidés. Durant le frai, le mâle libère le sperme dans la colonne d'eau et la femelle le filtre avec ses branchies. La fertilisation est possible dans les régions spécialisées des branchies appelées marsupia. Les jeunes immatures, appelés glochidies, se développent dans les marsupia des branchies et son libérés par la femelle dans la colonne d'eau pour traverser une période de parasitisme sur une espèce de poisson hôte appropriée. Le développement jusqu'au stade juvénile ne peut continuer sans une période d'enkystement sur l'hôte. Les membres du Ptychobranchus génériques ont évolué vers une méthode spécialisée de libération des glochidies visant à accroître la probabilité de rencontrer un hôte approprié. Les glochidies sont libérés dans les muqueuses adhérentes appelées conglutines qui ressemblent à des restes de poissons complets avec les trous des yeux ou à des invertébrés benthiques comme les chironomides. Ces deux formes représentent des proies de l'espèce hôte et stimulent l'instinct d'alimentation de l'hôte donnant lieu à une absorption active dans la bouche où les conglutines se rompent, libérant les glochidies à proximité des branchies de l'hôte. Les glochidies sans crochet deviennent enkystés dans les branchies de l'hôte et sont encapsulés dans un sac rempli de fluide où ils sont nourris par l'hôte jusqu'à ce qu'ils se métamorphosent et se libèrent, s'installant sur le substrat pour commencer leur vie de jeunes libres. Trois poissons hôtes des glochidies ont été identifiés pour le ptychobranche réniforme au Canada : le dard noir (Percina maculata), le dard barré (Etheostoma flabellare), et le raseux-de-terre (E. nigrum) (McNichols et Mackie 2004). Au Canada, on sait que les ptychobranches réniformes sont gravides entre septembre et novembre et que l'enkystement dure jusqu'à 60 jours, donnant lieu au potentiel de glochidies enkystés sur les poissons hôtes entre septembre et janvier. (McNichols et MacKie 2004).

Dispersion

Comme la plupart des moules d'eau douce indigènes, les adultes du ptychobranche réniforme sont essentiellement sessiles, leur mouvement se limitant à seulement quelques mètres sur le fond de la rivière ou du lac. Bien que le mouvement des adultes puisse se diriger en amont ou en aval, les études ont démontré un net mouvement en aval avec le temps (Balfour et Smock 1995; Villella et al. 2004). Le principal moyen de dispersion à grande échelle, de mouvement en amont et l'invasion d'un nouvel habitat ou l'évasion d'un habitat détérioré, est limité au stade des glochidies enkystés sur le poisson hôte.

3. Menaces

Comme la plupart des espèces de moules, l'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme sont sensibles à une grande variété de facteurs de stress, comme les espèces exotiques, la mauvaise qualité de l'eau découlant de sources ponctuelles (rejets industriels et résidentiels) et de sources diffuses (herbicides, pesticides et écoulement de surface), la perte des espèces de poissons hôtes, les eaux de retenue, l'envasement et la sédimentation, la prédation et l'urbanisation. Les paragraphes suivants portent sur les menaces qui sont propres aux deux populations restantes de l'obovarie ronde (delta du St. Clair, rivière Sydenham) et aux trois populations restantes du ptychobranche réniforme (delta du St. Clair, rivière Sydenham, rivière Ausable) bien qu'il soit probable que tous les facteurs de stress mentionnés plus haut aient contribué au déclin de ces espèces au Canada.

Menaces pour les populations restantes

Populations du delta St. Clair

L'introduction et la propagation des moules zébrées et quagga exotiques dans l'ensemble du bassin des Grands Lacs a entraîné un déclin prononcé des espèces de moules indigènes (Schloesser et al. 1996). Ces moules envahissantes s'attachent aux coquillages des unionidés et peuvent causer leur mort en interférant avec l'alimentation, la respiration, l'excrétion et la locomotion (Haag et al. 1993; Baker et Hornbach 1997). Le COSEPAC (2003b) a signalé que 64 % des sites canadiens où l'obovarie ronde se trouvait historiquement sont maintenant infestés de moules zébrées, rendant la majeure partie de l'habitat impropre pour les unionidés. La population du delta St. Clair se trouve dans des eaux occupées par les moules zébrées et les ptychobranches réniformes se trouvent dans des zones présentant des taux d'infestation relativement élevés par les moules zébrées (D. McGodrick, Institut national de recherche sur les eaux, Environnement Canada, communication personnelle, octobre 2003). On ne sait pas pourquoi les moules du delta St. Clair ont survécu alors que les autres zones du lac St. Clair ont été dévastées par l'invasion des moules zébrées (Nalepa et al. 1996) et on ne sait pas non plus si cette population persistera (Zanatta et al. 2002). Les populations d'obovarie ronde et de ptychobranche réniforme du delta St. Clair sont très réduites avec seulement 9 obovaries rondes et 1 ptychobranche réniforme détectés lors de l'échantillonnage de près de 15 000 mètres carrés en 2003 (Metclafe-Smith et al. 2004). Ces populations sont dominées par des individus âgés relativement gros, indiquant un piètre succès de la reproduction et la possibilité d'un échec de classe d'âge fréquent (COSEPAC 2003b).

Populations des rivières Sydenham et Ausable
Qualité de l'eau

La rivière Sydenham s'écoule dans une zone de terre agricole du sud de l'Ontario et plus de 85 % du territoire du bassin versant est à usage agricole avec 60 % des terres en drainage par canalisation en poterie (Staton et al. 2003). De grands secteurs de la rivière ont peu ou pas de végétation riveraine, car seulement 12 % du couvert forestier original demeure. Strayer et Fetterman (1999) ont identifié des charges élevées de sédiments et nutriments et des produits chimiques toxiques de sources diffuses, particulièrement des activités agricoles, comme principale menace pour les moules riveraines. Les terres agricoles, particulièrement celles où il y a peu de végétation riveraine et beaucoup de drains en tuyaux, permettent d'importants apports de sédiments dans le cours d'eau. Dans le cas des terres drainées par des tuyaux, l'apport en sédiments est souvent d'un grain très fin qui peut bloquer les structures des branchies des moules, donnant lieu à des taux d'alimentation et de respiration réduits et à une réduction de l'efficience de la croissance. La rivière Sydenham a montré historiquement des niveaux de nutriments élevés avec des concentrations de phosphore dépassant régulièrement les niveaux provinciaux de qualité de l'eau au cours des 30 dernières années alors que les concentrations de chlore ont montré des augmentations récentes attribuables à l'usage accru du sel routier (Staton et al. 2003).

L'agriculture est également l'utilisation foncière dominante dans le bassin de la rivière Ausable avec plus de 80 % du territoire en agriculture et 71 % de ce territoire en drainage par tuyaux (Nelson et al. 2003). Les niveaux de sédiments en suspension sont très élevés dans toute la rivière, les niveaux dans le chenal principal inférieur dépassant régulièrement ceux requis pour maintenir de bonnes pêches (Nelson et al. 2003). Les niveaux de nutriments (N, P, ammoniaque en NH3) dépassent régulièrement les objectifs provinciaux de qualité de l'eau pour la protection de la faune et les lignes directrices du Conseil canadien des ministres de l'environnement. Une preuve récente démontre que les jeunes moules sont parmi les organismes aquatiques les plus sensibles à la toxicité par l'ammoniaque (Mummert et al. 2003; Newton 2003; Newton et al. 2003).

Les niveaux d'oxygène dissout dans la rivière Sydenham du côté est sont généralement en moyenne d'environ 10 mg/L, mais les niveaux aux quatre stations provinciales de surveillance de la qualité de l'eau dans ce bassin ont chuté jusqu'à aussi peu que 5 mg/L au cours des 35 dernières années (Jaques Whitford Environment Ltd. 2001). Au cours de la même période, les niveaux d'oxygène dissout dans la rivière Ausable ont diminué à l'occasion à des niveaux comparables (2 à 3 mg/L) (Nelson et al. 2003). Johnson et al. (2001) ont constaté que les taux de survie des moules sont associés de près aux niveaux d'oxygène dissout alors que Tetzloff (2001) a signalé des mortalités massives de moules dans le ruisseau Big Darby, Ohio, suite à un événement réduisant l'oxygène découlant d'un déversement de produits chimiques. Le ptychobranche réniforme était l'une des espèces les plus sensibles à ces conditions avec plus de 95 % de mortalité, la plupart du temps rapidement après le début des conditions de rareté de l'oxygène. Trois ans après cet événement, plusieurs des espèces affectées ne s'étaient pas encore rétablies aux niveaux d'avant l'événement (communication personnelle, J. Tetzloff, Darby Creek Association Inc., mars 2004).

Quantité d'eau

Les régimes hydrologiques peuvent affecter les moules de plusieurs façons. Les conditions de débit élevé peuvent causer le délogement et le transport passif des moules des zones d'habitat approprié à des zones d'habitat inférieur ou marginal. Ni l'obovarie ronde ni le ptychobranche réniforme ne montrent des adaptations typiques des coquillages associées à la résistance au stress de délogement et de déchirement associé aux rivières torrentielles au plan hydrologique (pustules, billons, rainurage) (Watters 1994). Contrairement au délogement associé aux débits élevés, les débits faibles peuvent entraîner une diminution des niveaux d'oxygène dissout, la dessiccation et des températures élevées. Dans une étude de conditions de sécheresse relativement à la survie des moules, Johnson et al. (2001) ont déterminé la nécessité d'une protection du débit minimal comme étant critique pour la conservation et la protection des moules dans le sud-ouest des États-Unis. Les faibles débits de la rivière Ausable entraînent souvent l'échouement des moules.

Poisson hôte

L'obovarie ronde est un parasite obligatoire incapable de compléter les premiers stades de sa vie sans un hôte approprié. Les espèces hôtes pour l'obovarie ronde ne sont pas encore confirmées au Canada, bien que la preuve indique que le dard vert (voir la sections des attributs reproductifs) fonctionnement probablement comme un hôte canadien. Clark (1977) a également remarqué une association entre l'obovarie ronde et le dard de sable (Ammocrypta pellucida), indiquant une relation d'hôte possible bien que cette espèce n'ait pas fait l'objet de tests spécifiques (M. McGregor, Kentucky Department of Fish and Wildlife Resources, communication personnelle, janvier 2004). Le dard vert est considéré comme une espèce préoccupante au Canada où elle se trouve dans la rivière Sydenham et le lac St. Clair, bien qu'on croit qu'elle est relativement abondante et stable dans la rivière Sydenham (Dextrase et al. 2003). Le dard de sable est inscrit comme une espèce menacée au Canada mais peut se trouver dans l'est de la rivière Sydenham dans les zones où l'obovarie ronde persiste. L'envasement découlant des activités agricoles a été mentionné comme l'une des principales raisons du déclin du dard de sable (Holm et Mandrak 1996).

Trois espèces ont été identifiées comme hôtes du ptychobranche réniforme : le dard noir, le dard barré et le raseux-de-terre (McNichols et Mackie 2004). Les relevés récents ont montré que les raseux-de-terre et les dards noirs sont abondants dans l'ensemble des rivières Ausable (Nelson et al. 2003) et Sydenham (N. Mandrak, ministère des Pêches et Océans, Burlington, communication personnelle, mars 2004), alors que les dards barrés n'y sont ni abondants ni répandus. Si le raseux-de-terre ou le dard noir agir comme hôte pour les populations sauvages des rivières Ausable ou Sydenham, la limitation des hôtes ne devrait alors pas être une cause primaire des déclins observés. Seulement une lourde dépendance du dard barré comme hôte semblerait placer ces espèces en danger d'être limitées en fonction des hôtes.

Les menaces qui affectent l'abondance, les mouvements ou le comportement des espèces hôtes durant la période de libération des glochidies doivent être considérées comme des menaces à ces moules également. Par exemple, le gobie arrondi envahisseur a été impliqué dans les déclins suivants d'espèces de poissons benthiques indigènes dans les Grands Lacs inférieurs : 1) fouille-roche (Percina caprodes) et chabot tacheté dans la rivière St. Clair (French et Jude 2001), 2) raseux-de-terre (Etheostoma nigrum), fouille-roche et omisco (Percepsis omiscomaycus) dans le lac St. Clair (Thomas et Haas 2004), et 3) dard gris (P. copelandi), dard barré (E. flabellare), dard vert (E. blenniodes) raseux-de-terre et fouille-roche dans les îles Bass, l'ouest du lac Érié (Baker 2005). Les données de chalutage de 1987 à 2004 (données inédites, Unité d'évaluation des pêcheries du lac Érié, MRN) indiquent que des déclins semblables se sont produits dans la baie intérieure de Long Point Bay et le bassin occidental du lac Érié. Les causes éventuelles sont la prédation des œufs et des jeunes par le gobie, la compétition pour l'alimentation et l'habitat, et l'interférence pour les nids (French et Jude 2001, Janssen et Jude 2001). Le gobie arrondi pose une véritable menace pour les populations de poissons hôtes et pourrait influer sérieusement sur la survie et le rétablissement des populations d'obovarie ronde et de ptychobranche réniforme dans l'avenir.

Tableau 1 : Évaluation des menaces pour les populations restantes d'obovarie ronde et de ptychobranche réniforme.
Les menaces dans le delta St. Clair et la rivière Sydenham s'appliquent aux populations d'obovarie ronde et de ptychobranche réniforme. Les menaces dans la rivière Ausable s'appliquent seulement à la population de ptychobranche réniforme de cette rivière.
MenaceImpact relatif
Predominant/contribuant
Spatial/Temporel
Repandue/locale/chronique/éphémére
Certitude
Probable/spéculative/inconnue
Delta St.ClairRivière SydenhamRivière AusableDelta St. ClairRivière SydenhamRivière AusableDelta St. ClairRivière SydenhamRivière Ausable
Moules dreissenasPrédominant--Répandue
Chronique
--Probable--
Envasement-PrédominantPrédominant-Répandu
Chronique
Répandu
Chronique
-ProbableProbable
Qualité de l'eau – nutriments et contami-nantsContribuantContribuantContribuantRépandu
Chronique
Répandu
Chronique
Répandu
Chronique
SpéculativeProbableProbable
Quantité d'eau-ContribuantContribuant-Répandu
Éphémère
Répandu
Éphémère
-SpéculativeSpéculative
Déclin des poissons hôtesContribuantContribuant-Répandu
Chronique
Répandu
Chronique
-SpéculativeSpéculative-
Urbanisation-ContribuantContribuant-Local
Chronique
Local
Chronique
-SpéculativeSpéculative
Eaux de retenue-Contribuant--Local
Chronique
--Inconnue-
Prédation-ContribuantContribuant-Local
Éphémère
Local
Éphémère
-InconnueInconnue

Menaces dans les habitats occupés historiquement

Rivière Welland

Un seul dossier existe pour l'obovarie ronde dans la rivière Welland consistant en un seul coquillage recueilli en 1931 par un collectionneur non identifié (COSEPAC 2003a). Sa situation dans cette rivière est inconnue. Le petit bassin versant de 880 km² de cette rivière est dominé par des utilisations rurales et la rivière fait l'objet de bon nombre des mêmes perturbations que celle des plus grands bassins versants ruraux du sud-ouest de l'Ontario qui ont contribué au déclin des moules d'eau douce dans ces systèmes (A. Mack, Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara, communication personnelle, février 2004). L'activité agricole intensive, accompagnée du drainage par tuyaux intensif et de la végétation riveraine réduire, a donné lieu à beaucoup d'apport de sédiments dans la rivière, à une turbidité accrue, à des niveaux de nutriments et de bactéries élevés et à une réduction globale de la quantité et de la qualité de l'habitat aquatique (Central Welland River Watershed Plan, disponible en anglais seulement).

Rivières Grand et Thames

L'existence de l'obovarie ronde dans la rivière Grand est indiquée par trois coquillages recueillis entre 1966 et 1972 (COSEPAC 2003a). Le ptychobranche réniforme a probablement été plus abondant dans la rivière Grand que l'obovarie ronde car il a été signalé historiquement dans 7 sites le long d'un segment de 50 km entre Caledonia et Port Maitland (COSEPAC 2003b). Les relevés récents n'indiquent aucun signe d'individus vivants de l'une ou l'autre espèce à 95 sites tout au long du chenal principal et des tributaires, suggérant que les espèces peuvent être disparues de la rivière Grand depuis une longue période. Comme pour la population de la rivière Grand, on croit que la population d'obovarie ronde de la rivière Thames s'est perdue aussitôt qu'au tournant du 20e siècle (COSEPAC 2003a), aucun individu n'ayant été recueilli depuis 1894. Plusieurs coquillages frais de ptychobranche réniforme ont été pris dans la rivière Thames entre London et Chatham aussi récemment qu'en 1997, mais des individus vivants n'ont jamais été recueillis (COSEPAC 2003b). Il est difficile d'attribuer une cause à la perte historique des populations comme celles des rivières Grand et Thames bien que les effluents d'eaux usées non traitées provenant des grands centres urbains de ces bassins versants ont probablement contribué au déclin.

Lac St. Clair, rivière Detroit, lac Érié et rivière Niagara

La perte de l'obovarie ronde et du ptychobranche réniforme de l'habitat historique de ces plans d'eau peut être attribuée en grande partie aux effets nuisibles des moules zébrées, bien qu'il y ait une certaine indication que la population d'obovarie ronde du lac Érié était en déclin dans la première moitié du siècle dernier et peut en être disparue aussitôt qu'en 1950 (COSEPAC 20003a). Toutefois, les moules dreissenas posent la plus importante limitation au rétablissement dans ces zones.

4. Habitat – Obovarie ronde

Description

L'obovarie ronde se retrouve générale dans les rivières de taille moyenne à grande (van der Schalie 1938; Strayer 1983; Parmalee et Bogan 1998), mais elle est également présente dans le lac Érié et le lac St. Clair (Clarke 1981; Strayer et Jirka 1997). L'habitat préféré de l'obovarie ronde est généralement décrit comme un substrat de sable et de gravier avec des débits modérés réguliers à des profondeurs pouvant aller jusqu'à 2 mètres (Ortmann 1919; Gordon et Layzer 1989; Parmalee et Bogan 1998). Dans le sud-est du Michigan, on l'a toutefois trouvée dans des rivières turbides à faible gradient et hydrologiquement instables avec des substrats argile-sable ou argile-gravier (van der Schalie 1938; Strayer 1983). Dans le lac St. Clair, l'obovarie ronde occupe des zones peu profondes du littoral avec des substrats sablonneux fermes (Zanatta et al. 2002).

Habitat occupé actuellement

Description géospatiale

L'habitat ayant besoin de conservation pour le ptychobranche réniforme a été situé au plan géospatial à l'aide des méthodes développées par McGoldrick et al. (2005) (figures 7 et 8), qui recommandent d'utiliser le logiciel d'inventaire des paysages aquatiques du ministère des Ressources naturelles de l'Ontario (ALIS version 1) (Stanfield et Kuyvenhoven 2005) comme unité de base pour la définition de l'habitat important dans les systèmes fluviaux. Le système ALIS emploie une approche de classification des vallées pour définir les segments de rivière ayant un habitat semblable et une continuité en fonction de l'hydrographie, de la géologie des dépôts meubles, de la pente, de la position, de la zone de drainage en amont, du climat, du couvert paysager et de la présence d'obstacles aux débits. Pour les populations des Grands Lacs, lorsque les segments du système ALIS ne peuvent être employés, McGoldrick et al. (2005) recommandent d'identifier l'habitat essentiel à l'aide d'un tampon de 5 km autour de la présence d'espèces connues. Le tampon de 5 km a été choisi à la lumière de l'étendue spatiale de l'échantillonnage historique dans le lac St. Clair. Dans tous les segments fluviaux identifiés, la largeur de la zone d'habitat essentiel est définir comme la zone allant du milieu du chenal à la largeur de toute la rive pour les rives de droite et de gauche.

Figure 7 : Zone d'habitat occupé actuellement par l'obovarie ronde dans la rivière Sydenham. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.
Figure 7 : Zone d'habitat occupé actuellement par l'obovarie ronde dans la rivière Sydenham. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.

Description fonctionnelle

Dans l'aire définie selon l'habitat occupé actuellement, seules les zones satisfaisant aux caractéristiques décrites ci-après sont considérées comme représentant l'habitat nécessitant des mesures de conservation :

  • Zone inondée en permanence et
  • D'un ordre de courant supérieur à 2 (population fluviale seulement) et
  • Ayant des substrats sable-gravier et
  • De débit régulier à modéré (population fluviale seulement) ou
  • Zones littorales ayant un substrat sablonneux ferme (populations des Grands Lacs).
Activités susceptibles de perturber l'habitat occupé actuellement

L'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme pourrait être affecté négativement par une variété d'activités. La destruction directe pourrait découler d'activités dans l'eau comme le dragage, la construction de ponts et de pipelines ou la construction de barrages. L'habitat pourrait également être affecté négativement par les activités terrestres qui affectent la qualité de l'eau ou la quantité d'eau. Ces activités pourraient comprendre, entre autres, l'apport de nutriments, de sédiments et de substances toxiques transportés par des eaux pluviales non traitées, la culture des terres riveraines, l'accès libre un bétail à la rivière, les ouvrages de canalisation et de dragage, les prises d'eau, l'extraction des agrégats et le rejet des eaux usées traitées incorrectement.

Figure 8 : Zone d'habitat occupé actuellement par l'obovarie ronde dans le lac St. Clair. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.
Figure 8 : Zone d'habitat occupé actuellement par l'obovarie ronde dans le lac St. Clair. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.

Dans le cas des moules d'eau douce, il est nécessaire de considérer non seulement les composantes physiques et chimiques de l'habitat mais également les éléments biologiques. Toute activité qui perturbe la connectivité entre les populations de ptychobranches réniformes et leurs espèces hôtes (voir la section sur la reproduction) peut entraîner la destruction de l'habitat. Les activités qui peuvent perturber la relation moule-hôte comprennent, entre autres, les barrages, l'assèchement et la pêche sportive ou commerciale. Il est à noter que les activités se déroulant à l'extérieur de la zone d'habitat occupé actuellement peuvent affecter la population hôte dans la zone (p. ex. les activités de construction de barrage en aval peuvent empêcher le mouvement du poisson dans la zone durant la période de reproduction des moules (1er septembre au 1er janvier). Toute activité qui perturbe une population hôte dans une aire d'habitat occupé actuellement devrait être évaluée pour s'assurer que le cycle de reproduction n'est pas perturbé.

Habitat occupé historiquement

L'habitat occupé historiquement est défini comme tous les sites où l'on sait que l'obovarie ronde était autrefois présente mais ne s'y trouve plus. La preuve de la présence peut provenir des dossiers d'individus vivants ou de coquillages recueillis historiquement ou de récentes collectes de coquillages altérés par le temps. L'habitat occupé historiquement comprend un segment de 40 km de la rivière Sydenham d'Alvinston en aval à Florence, la rivière Thames de London à Chatham et la rivière Grand près de Dunville. Les aires occupées historiquement de la rivière Detroit, du lac Érié et du lac St. Clair peuvent fonctionner comme habitat de rétablissement si les impacts des moules dreissenas peuvent être atténués.

Habitat essentiel

L'identification de l'habitat essentiel nécessite une connaissance approfondie des besoins des espèces durant tous les stades de la vie ainsi qu'une compréhension de la répartition, de la quantité et de la qualité de l'habitat dans toute l'aire de l'espèce. Actuellement, cette information n'est pas disponible pour le ptychobranche réniforme, bien que le tableau 2 présente des activités qui pourraient aider à obtenir l'information requise. Les activités figurant dans le tableau 4 ne sont pas exhaustives mais soulignent la portée des mesures déterminées par l'équipe de rétablissement comme étant nécessaires pour identifier l'habitat essentiel de l'obovarie ronde. Il est probable que le processus d'étude des mesures du tableau 2 conduira à la découverte d'autres lacunes des connaissances qui devront être comblées. Jusqu'à ce que l'habitat essentiel puisse être défini, l'équipe de rétablissement a identifié les zones figurant dans la section sur l'habitat occupé actuellement comme des zones nécessitant des mesures de conservation.

Tableau 2 : Calendrier des activités d'identification de l'habitat essentiel
ActivitéDélai approximatif1
Entreprendre des relevés des populations de moules
2006-2008
Évaluer les conditions de l'habitat dans les zones occupées (p. ex. débit, substrat, clarté et qualité de l'eau)
2006-2008
Déterminer les différences d'utilisation de l'habitat selon les stades de vie
2007-2009
Arpenter et cartographier les zones d'habitat approprié mais inutilisé dans l'aire historique
2008-2010
Évaluer la structure génétique des populations
2006-2008
Déterminer les espèces de poissons hôtes
2006
Entreprendre des relevés des populations de poissons hôtes
2006-2008
Évaluer l'utilisation de l'habitat par les espèces hôtes
2006-2008
Déterminer les zones de chevauchement entre l'habitat des moules et celui des hôtes
2009-2010

1 Les délais sont sujets à des changements à mesure que de nouvelles priorités se présenter suite aux demandes changeantes imposées aux ressources ou au personnel.

5. Habitat – Ptychobranche réniforme

Identification de l'habitat

Le ptychobranche réniforme préfère les zones peu profondes d'eau claire au débit rapide et au substrat de gravier et de sable compacté fermement. Dans les Grands Lacs, on n'a retrouvé sur des hauts-fonds de gravier dans le lac Érié et le lac St. Clair.

Habitat occupé actuellement

Description géospatiale

L'habitat ayant besoin de conservation pour le ptychobranche réniforme a été situé au plan géospatial à l'aide des méthodes développées par McGoldrick et al. (2005) (figures 9 et 10), qui recommandent d'utiliser le logiciel d'inventaire des paysages aquatiques du ministère des Ressources naturelles de l'Ontario (ALIS version 1) (Stanfield et Kuyvenhoven 2005) comme unité de base pour la définition de l'habitat important dans les systèmes fluviaux. Le système ALIS emploie une approche de classification des vallées pour définir les segments de rivière ayant un habitat semblable et une continuité en fonction de l'hydrographie, de la géologie des dépôts meubles, de la pente, de la position, de la zone de drainage en amont, du climat, du couvert paysager et de la présence d'obstacles aux débits. Pour les populations des Grands Lacs, lorsque les segments du système ALIS ne peuvent être employés, McGoldrick et al. (2005) recommandent d'identifier l'habitat essentiel à l'aide d'un tampon de 5 km autour de la présence d'espèces connues. Le tampon de 5 km a été choisi à la lumière de l'étendue spatiale de l'échantillonnage historique dans le lac St. Clair. Dans tous les segments fluviaux identifiés, la largeur de la zone d'habitat essentiel est définir comme la zone allant du milieu du chenal à la largeur de toute la rive pour les rives de droite et de gauche.

Figure 9 : Zone d'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme dans les rivières Sydenham et Ausable. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.
Figure 9 : Zone d'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme dans les rivières Sydenham et Ausable. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.

Description fonctionnelle

Dans l'aire définie selon l'habitat occupé actuellement, les zones satisfaisant aux caractéristiques décrites ci-après sont considérées comme représentant l'habitat nécessitant des mesures de conservation :

  • Zone inondée en permanence et
  • D'un ordre de courant supérieur à 2 (population fluviale seulement) et
  • Ayant des substrats sable-gravier compactés fermement et
  • De débit rapide (population fluviale seulement) ou
  • Hauts-fonds de gravier (populations des Grands Lacs).
Activités susceptibles de perturber l'habitat occupé actuellement

L'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme pourrait être affecté négativement par une variété d'activités. La destruction directe pourrait découler d'activités dans l'eau comme le dragage, la construction de ponts et de pipelines ou la construction de barrages. L'habitat pourrait également être affecté négativement par les activités terrestres qui affectent la qualité de l'eau ou la quantité d'eau. Ces activités pourraient comprendre, entre autres, l'apport de nutriments, de sédiments et de substances toxiques transportés par des eaux pluviales non traitées, la culture des terres riveraines, l'accès libre un bétail à la rivière, les ouvrages de canalisation et de dragage, les prises d'eau, l'extraction des agrégats et le rejet des eaux usées traitées incorrectement.

Dans le cas des moules d'eau douce, il est nécessaire de considérer non seulement les composantes physiques et chimiques de l'habitat mais également les éléments biologiques. Toute activité qui perturbe la connectivité entre les populations de ptychobranches réniformes et leurs espèces hôtes (voir la section sur la reproduction) peut entraîner la destruction de l'habitat. Les activités qui peuvent perturber la relation moule-hôte comprennent, entre autres, les barrages, l'assèchement et la pêche sportive ou commerciale. Il est à noter que les activités se déroulant à l'extérieur de la zone d'habitat occupé actuellement peuvent affecter la population hôte dans la zone (p. ex. les activités de construction de barrage en aval peuvent empêcher le mouvement du poisson dans la zone durant la période de reproduction des moules (1er septembre au 1er janvier). Toute activité qui perturbe une population hôte dans une aire d'habitat occupé actuellement devrait être évaluée pour s'assurer que le cycle de reproduction n'est pas perturbé.

Figure 10 : Zone d'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme dans le delta du lac St. Clair. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.
Figure 10 : Zone d'habitat occupé actuellement par le ptychobranche réniforme dans le delta du lac St. Clair. Les aires de cette zone correspondant à la description fonctionnelle devraient être considérées comme un habitat nécessitant des mesures de conservation.

Habitat occupé historiquement

L'habitat occupé historiquement est défini comme tous les sites où l'on sait que l'obovarie ronde était autrefois présente mais ne s'y trouve plus. La preuve de la présence peut provenir des dossiers d'individus vivants ou de coquillages recueillis historiquement ou de récentes collectes de coquillages altérés par le temps. L'habitat occupé historiquement pour le ptychobranche réniforme comprend un segment de 50 km de la rivière Grand inférieure de Caledonia à Port Maitland, une petite portion de la rivière Welland et un segment de la rivière Thames entre London et Chatham. Les aires occupées historiquement de la rivière Detroit, du lac Érié et de la rivière Niagara ne pourront fonctionner comme habitat de rétablissement éventuel que si les impacts des moules dreissenas peuvent être éliminés.

Habitat essentiel

L'identification de l'habitat essentiel nécessite une connaissance approfondie des besoins des espèces durant tous les stades de la vie ainsi qu'une compréhension de la répartition, de la quantité et de la qualité de l'habitat dans toute l'aire de l'espèce. Actuellement, cette information n'est pas disponible pour le ptychobranche réniforme, bien que le tableau 3 présente des activités qui pourraient aider à obtenir l'information requise. Les activités figurant dans le tableau 4 ne sont pas exhaustives mais soulignent la portée des mesures déterminées par l'équipe de rétablissement comme étant nécessaires pour identifier l'habitat essentiel de l'obovarie ronde. Il est probable que le processus d'étude des mesures du tableau 3 conduira à la découverte d'autres lacunes des connaissances qui devront être comblées. Jusqu'à ce que l'habitat essentiel puisse être défini, l'équipe de rétablissement a identifié les zones figurant dans la section sur l'habitat occupé actuellement comme des zones nécessitant des mesures de conservation.

Tableau 3 : Calendrier des activités d'identification de l'habitat essentiel
ActivitéDélai approximatif1
Entreprendre des relevés des populations de moules
2006-2008
Évaluer les conditions de l'habitat dans les zones occupées (p. ex. débit, substrat, clarté et qualité de l'eau)
2006-2008
Déterminer les différences d'utilisation de l'habitat selon les stades de vie
2007-2009
Arpenter et cartographier les zones d'habitat approprié mais inutilisé dans l'aire historique
2008-2010
Évaluer la structure génétique des populations
2006-2008
Déterminer les espèces de poissons hôtes
2006
Entreprendre des relevés des populations de poissons hôtes
2006-2008
Évaluer l'utilisation de l'habitat par les espèces hôtes
2006-2008
Déterminer les zones de chevauchement entre l'habitat des moules et celui des hôtes
2009-2010

1 Les délais sont sujets à des changements à mesure que de nouvelles priorités se présenter suite aux demandes changeantes imposées aux ressources ou au personnel.

6. Tendance des habitats

Les habitats de l'obovarie ronde, du ptychobranche réniforme et des autres unionidés du lac Érié et du lac S. Clair ont été détruits en grande partie par les moules dreissenas. Les communautés de moules indigènes sont pratiquement disparues des eaux littorales de l'ouest du lac Érié vers 1990 (Schloesser et Nalepa 1994) et des eaux littorales du lac St. Clair vers 1994 (Malepa et al. 1996). Les communautés de moules du lac Érié étaient déjà en déclin, probablement à cause de la dégradation générale de la qualité de l'eau au cours des 40 dernières années (Nalepa et al. 1991), mais le lac St. Clair soutenait encore un assemblage de moules abondant et divers aussi récemment qu'en 1986 (Malepa et Gauvin 1988). Les unionidés continuent de survivre dans certaines zones littorales d'eau très peu profonde, grâce à un haut degré de connectivité au lac (qui assure l'accès aux poissons hôtes) et aux conditions difficiles pour les moules dreissenas (températures de l'eau élevées et action considérable des vagues en été, et érosion par la glace en hiver). Toutefois, les « refuges » sont rares et la majeure partie de l'habitat des unionidés dans les Grands Lacs est perdue en permanence (COSEPAC 2003a).

L'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme sont apparemment disparus des rivières Thames et Grand, et le déclin de l'obovarie ronde est considérable dans la rivière Sydenham. On croit que l'agriculture est la principale cause de la destruction de l'habitat des moules dans toute l'Amérique du Nord (Strayer et Fetterman 1999) et le sud-ouest de l'Ontario ne fait pas exception. Comme l'agriculture représente 75 à 85 % de l'utilisation des terres dans les bassins des rivières Grand, Thames et Sydenham, il est probable que les impacts agricoles (p. ex. écoulement de sédiments, de nutriments et de pesticides, températures accrues de l'eau à cause de la perte de végétation riveraine, destruction de l'habitat par les traverses de tracteurs et le bétail) sont principalement responsables de la perte de l'habitat des moules dans ces rivières (COSEPAC 2003a).

7. Protection de l'habitat

La Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale a été proclamée en juin 2003. En vertu de la LEP, il y a des interdictions générales de tuer, blesser, prendre, posséder, capturer et collectionner l'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme, et d'endommager ou de détruire les résidences des individus de ces espèces, ainsi que des interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel. La Loi sur les pêches fédérale représente un autre important texte législatif pour protéger les moules d'eau douce et leur habitat au Canada puisque la définition générale du poisson en vertu de cette loi inclut les mollusques. La prise de moules vivantes est considérée comme une pêche et est assujettie au Règlement de pêche de l'Ontario pris en vertu de la Loi sur les pêches. La protection des autres poissons et de leur habitat en vertu de la Loi sur les pêches permet de protéger indirectement l'habitat de l'obovarie ronde et du ptychobranche réniforme et d'autres espèces de moules d'eau douce. L'énoncé de principe provincial en vertu de l'article 3 de la Loi sur l'aménagement du territoire prévoit la protection de l'aménagement et de l'altération des sites dans les habitats importants des espèces menacées et en voie de disparition. D'autres mécanismes pour protéger les moules et leur habitat en Ontario comprennent la Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières de l'Ontario, qui interdit la retenue ou la dérivation d'un cours d'eau si elle conduit à l'envasement, et le programme d'aménagement des terres II volontaire du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, qui vise à réduire l'érosion sur les terres agricoles. L'aménagement des dérivations en Ontario est géré par la réglementation sur la plaine inondable appliquée par les offices de protection de la nature locaux. La plupart des terres dans le bassin des rivières Sydenham et Ausable où ces moules sont présentes sont de propriété privée alors que le territoire du delta du St. Clair est contrôlé par la Walpole Island First Nation.

8. Rôle écologique

Les moules d'eau douce jouent un rôle intégral dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Vaughn et Hakenkamp (2001) ont résumé une grande partie de la documentation relative au rôle des unionidés et ont identifié de nombreuses fonctions de filtrage dans la colonne d'eau (alimentation sélective à la taille, sélection du phytoplancton spécifique à l'espèce, cycle nutritif, contrôle de l'abondance du phosphore) et des processus de sédimentation (dépositivores diminuant la matière organique des sédiments, biodépôt des fèces et pseudofèces, invertébrés épizoïques et algues épiphytiques colonisant les coquillages, densités des invertébrés benthiques en corrélation positive avec la densité des moules) assurés par la présence de moulières. Welker et Walz (1998) ont démontré que les moules d'eau douce peuvent limiter le plancton dans les rivières européennes alors que Neves et Odom (1989) signalent que les moules jouent également un rôle dans le transfert de l'énergie à l'environnement terrestre par la prédation par les rats musqués et les ratons laveurs.

9. Importance pour les gens

Bien que ces espèces soient sans importance économique apparente, les moules d'eau douce sont sensibles à la pollution de l'environnement et une communauté de moules diverse indique un écosystème sain. En plus de la biodiversité qui diminue au Canada, la perte de l'obovarie ronde et du ptychobranche réniforme peut indiquer une détérioration accrue de l'environnement des cours d'eau du sud-ouest de l'Ontario qui affecterait défavorablement les gens qui dépendent de l'eau de surface pour boire, les activités récréatives ou abreuver le bétail.

10. Lacunes des connaissances

  • Quel est l'hôte canadien de l'obovarie ronde?
    Bien que l'hôte de l'obovarie ronde ait été identifié aux États-Unis comme étant le dard vert, la spécificité de l'hôte a été indiquée à l'échelle du bassin versant pour certaines espèces et cette identification devrait être vérifiée pour les populations canadiennes si possible.

  • Quels sont les besoins d'habitat de l'obovarie ronde et du ptychobranche réniforme?
    L'utilisation de l'habitat doit être quantifiée pour tous les stades de vie, en portant une attention particulière aux stades de glochidie, d'enkystement et juvénile lorsque la mortalité est élevée.

  • L'Obovarie ronde et le ptychobranche réniforme sont-ils limités à un hôte?
    Les répartitions des poissons hôtes pour les deux espèces de moules doivent être cartographiées très en détail. Le poisson hôte peut être fonctionnellement non disponible pour la moule si sa répartitions ne se chevauche pas aux périodes où les moules femelles libèrent les glochidies matures.

  • Y a-t-il des menaces spécifiques aux stades de vie?
    L'importance relative de chaque menace identifiée à chaque stade de vie distinct (glochidie, larve, adulte) doit être établie.

  • Les sites de refuge du delta St. Clair peuvent-ils être maintenus?
    On doit déterminer si ces sites représentent des refuges permanents ou si les moules de ces sites succomberont éventuellement aux effets nuisibles des moules dreissenas. Si ces sites ne peuvent pas être maintenus naturellement, on doit alors étudier la faisabilité d'aménager activement ces sites pour réduire les effets des moules dreissenas.

  • Ces espèces peuvent-elles être resituées d'autres secteurs ou propagées artificiellement par réintroduction?
    La génétique de la préservation doit être évaluée car elle a trait aux réinstallations et aux réintroductions, et la faisabilité technique de la propagation artificielle devrait être examinée.

11. Faisabilité biologique et technique du rétablissement

On croit que le rétablissement de l'obovarie ronde et du ptychobranche réniforme est possible biologiquement et techniquement car il existe encore des populations reproductrices comme sources éventuelles pour soutenir le rétablissement, l'habitat approprié peut être rendu disponible par des mesures de rétablissement, les menaces peuvent être atténuées et des techniques de rétablissement proposées seraient efficaces. Bien qu'on croit que le rétablissement au niveau des espèces est faisable, l'effort requis pour le réaliser ne sera pas uniforme pour toutes les populations.

  •  Les moules croissent lentement et les individus sédentaires dépendent de leur poisson hôte pour la survie et la dispersion des jeunes. Le rythme lent de la croissance des populations de moules d'eau douce rend très difficile le rétablissement des populations décimées.
  • L'habitat des rivières Sydenham et Ausable pourrait être amélioré considérablement avec une intendance appropriée des terres agricoles et urbaines dans le bassin versant.
  • Les réductions de l'érosion du sol et de la turbidité dans tous bassins versants sont possibles mais seraient difficiles en raison du nombre et de l'intensité des impacts.
  • L'élimination complète des impacts des moules dreissenas pour les populations du lac St. Clair est impossible en ce moment, mais il serait possible d'établir des sites de refuge aménagés pour réduire les impacts des moules dreissenas sur l'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme.

Un grand effort sera nécessaire pour rétablir les populations d'obovarie ronde de la rivière Sydenham et du lac St. Clair. Il y a peu de preuve de reproduction naturelle dans ces populations, et le rétablissement peut nécessiter l'élevage en captivité ou la réinstallation de populations américaines.

Un niveau d'effort faible à modéré sera nécessaire pour rétablir les populations de ptychobranche réniforme des rivières Sydenham et Ausable. On croit que ces populations sont menacées par la perte d'habitat générale découlant des pratiques d'utilisation des terres caractéristiques dans le bassin. Une suite générale de mesures de rétablissement de l'écosystème comme celles proposées par Dextrase et al. (2003) aidera au rétablissement de ces populations.

Le rétablissement des populations des deux espèces dans le lac St. Clair nécessitera un effort supérieur. L'aménagement actif de sites de refuge sélectionnés, y compris le nettoyage régulier des individus infestés par les moules dreissenas seront nécessaires pour maintenir et rétablir ces populations. L'augmentation et la translocation à long terme des populations peuvent également être nécessaires pour ramener l'obovarie ronde et le ptychobranche réniforme à des niveaux de stabilité sains au Canada.