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Bison des prairies (Bison bison bison)

Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’aire de répartition du bison des prairies au Canada comprend des prairies, des collines et des prés montagnards composés de terrains herbeux, d’arbustaies et même de certaines zones boisées où les bisons se protègent du climat et des prédateurs (Reynolds et al., 2003; D. Frandsen, comm. pers., 2002). Dans le sud des Rocheuses canadiennes, les bisons utilisaient jadis les prairies en été et les vallées de montagne, les collines et les tremblaies-parcs en hiver (Kay et White, 2001). Le bison des prairies préfère les habitats ouverts de prés ou de prairies (Reynolds et al., 1982).

Le bison des prairies, généraliste sur le plan de l’habitat, est d’abord un paisseur et ensuite un brouteur (Reynolds et al., 1982). Il choisit son habitat principalement en fonction de ses besoins alimentaires, de la disponibilité du fourrage, de l’épaisseur de la couche de neige, des antécédents de brûlis et de l’évitement des prédateurs (Shaw et Carter, 1990; Larter et Gates, 1991). Les changements saisonniers d’habitat sont souvent dictés par la disponibilité du fourrage, et les déplacements à l’intérieur d’un habitat par la phénologie végétale. Le bison préfère les jeunes pousses aux anciennes, même s’il mange à la fois des deux parce que sa grande bouche l’empêche de choisir les tiges individuellement (Lott, 2002). Le bison est aussi attiré par les colonies de chiens de prairie; ce phénomène s’explique probablement par la configuration spatiale de la végétation, qui comprend, à l’intérieur de la colonie, beaucoup de dépressions où l’animal peut se rouler et, en périphérie, une forte concentration de graminées (Coppock et al., 1983).

Le bison choisit sa nourriture principalement de manière à réduire au minimum la durée de recherche (Bergman et al., 2001). Le bison est un paisseur moins sélectif que les autres ongulés dans des conditions similaires (Reynolds et al., 1982). Il est mieux adapté que les autres ongulés à la digestion du fourrage de mauvaise qualité des parcours. Il est également mieux adapté que les bovins à la digestion des graminées courtes qui forment la végétation des prairies (Peden et al., 1974). Cette caractéristique est probablement due à la grande taille de l’animal; la digestion se fait lentement et la nourriture demeure plus longtemps dans le rumen, ce qui favorise une utilisation plus efficace de la microflore du tube digestif (voir la section Alimentation et relations interspécifiques).

Le bison des prairies consomme presque exclusivement des graminées et des carex. La proportion d’herbes non graminéennes peut être importante dans certains secteurs (Reynolds et al., 2003), le bison pouvant brouter dans des saulaies riveraines (Waggoner et Hinkes, 1986). Le bison présente certaines variations saisonnières dans son choix de fourrage. Généralement, en été, la teneur en fibres de son régime alimentaire augmente et la teneur en azote diminue, l’inverse se produisant en hiver. Dans le parc national Elk Island, les bisons consomment surtout des graminées en été et des carex en hiver (Holsworth, 1960). Dans celui de Prince-Albert, les carex et les graminées comptent pour 80 à 100 p. 100 du régime alimentaire des animaux (Fortin et al., 2002). Les carex, en particulier le Carex obnupta, sont le fourrage le plus important en toute saison; ils constituent 59 p. 100 de l’alimentation en hiver et 73 p. 100 en été. Les graminées sont la deuxième en importance des sources de fourrage; leur proportion dans l’alimentation varie de 17 p. 100 en automne à 35 p. 100 au printemps. Dans la région de la rivière de la Paix, on a vu des bisons consommer du saule et de jeunes pousses de tremble au printemps (Rutley et al., 1997). Dans les tremblaies-parcs, le bison choisit les prés élevés pour brouter en été (Hudson et Frank, 1987). Les prairies à herbes mixtes contiennent des plantes fourragères vivaces de saison froide (appelées plantes C3 ou CAM) et de saison chaude (plantes C4). En été, le bison choisit des herbes de saison chaude; au printemps et à l’automne, il choisit des herbes de saison froide (Reynolds et al., 1982). La plupart des prairies indigènes à herbes courtes, hautes et mixtes qui constituaient la principale source de fourrage du bison des prairies ont disparu; certaines zones d’habitat du bison ont été reconstituées sur des terres agricoles. Les rations alimentaires servies à certaines des populations gérées ne correspondent pas non plus aux espèces végétales dont se nourrissait jadis le bison des prairies. Ces populations ont peut-être un régime alimentaire différent de celui de leurs ancêtres, qui vivaient en liberté (Buehler, 1997).

Le bison joue un rôle important dans le maintien de l’état productif de son habitat. Il a tendance à ne pas surexploiter les secteurs qu’il préfère. Comme il se déplace davantage que les autres ongulés en se nourrissant , il cause moins de dommages à son habitat (Van Vuren, 1982; Reynolds et al., 2003). De plus, il mange aussi du fourrage plus sec et passe moins de temps que les autres ongulés dans les zones humides et riveraines, ce qui réduit son impact sur ces écosystèmes (Reynolds et al., 2003). Le bison influe sur les nutriments du sol par le paissage, le recyclage des nutriments (en particulier l’azote), les perturbations physiques et la dispersion des graines. Les longs poils de son avant‑train sont particulièrement efficaces pour disperser les graines.

La superficie du domaine vital du bison dépend de la productivité du territoire, de la répartition du fourrage, des interactions sociales, de l’âge et du sexe (Larter et Gates, 1994). Le domaine vital tend à être plus vaste si le fourrage est plus rare ou plus dispersé, si le groupe social est plus gros et si l’individu est un dominé. Les mâles périphériques exploitent souvent un domaine vital plus vaste, afin d’avoir accès à une quantité suffisante de fourrage et à des partenaires pendant le rut. Larter et Gates (1994) émettent l’hypothèse que l’accès aux partenaires est le facteur qui a le plus d’impact sur la superficie du domaine vital des mâles adultes. Plusieurs auteurs ont étudié la superficie normale du domaine vital chez le bison femelle. Van Vuren (1983) l'estime à 32 à 82 km2, et Lott et Minta (1983) à 27 à 71 km2. Gates et Larter (1990) avancent pour le bison des bois à l’état sauvage un seuil de densité minimal de 0,5 à 0,8 bison par km2, au-delà duquel les bisons se dispersent. On n’a pas examiné la superficie du domaine vital chez le bison des prairies vivant en troupeau à l’état sauvage.

 

Tendances

La majeure partie du territoire habité par le bison au Canada est au moins protégée par une réglementation gouvernementale; par conséquent, il ne s’est produit aucun changement de territoire chez la plupart des populations actuelles depuis leur établissement. Le territoire du troupeau de Pink Mountain s’est accru de 1 000 km2 depuis 1991 (D. Fraser, comm. pers., 2003). En revanche, l’habitat du bison dans le polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose n’est pas protégé en vue de la conservation du bison, et il y a actuellement beaucoup d’activités de mise en valeur des ressources pétrolières et gazières dans ce secteur. Si cette mise en valeur prend de l’expansion, elle pourrait avoir des répercussions sur l’habitat du bison des prairies. Dans la situation actuelle des zones protégées, aucun changement n’est prévu pour l’avenir dans la disponibilité de l’habitat pour les populations de bisons des prairies. Dans le cas des troupeaux libres, le surpâturage n’est pas préoccupant pour l’habitat du bison, car le bison n’exploitera pas à l’excès un secteur s’il a la possibilité de se déplacer vers un autre. De plus, les troupeaux protégés sont maintenus à une taille optimale pour la capacité de charge de leur territoire. La principale menace pour l’habitat inoccupé et éventuel du bison est la perte directe due au développement des ressources et de l’industrie.

L’aire de répartition du bison des prairies au Canada, qui couvrait autrefois une grande partie des prairies canadiennes, est aujourd’hui réduite à moins de 3 000 km2. La colonisation humaine et l’expansion agricole depuis un siècle ont tellement fragmenté le territoire qu’il ne reste plus que des parcelles d’habitat convenant au bison des prairies (Reynolds, 1991). Cependant, certains secteurs contiennent toujours un habitat du bison des prairies où la réintroduction de l’espèce est envisagée :

Parc national Banff

Le parc national Banff envisage un effort de réintroduction afin de rétablir la dynamique complexe des écosystèmes des époques préhistorique et historique (Kay et White, 2001).

Parc national des Lacs-Waterton

Le parc national des Lacs-Waterton gère actuellement un petit troupeau de bisons en captivité. On a proposé d’augmenter l’effectif de ce troupeau afin de préserver l’intégrité écologique de la région (Conseil canadien de conservation des espèces en péril, 2001).

Parc national des Prairies

Dans le cadre du plan d’aménagement du parc national des Prairies (Parcs Canada, 2001b), on a proposé de réintroduire un troupeau de bisons en liberté dans le sud-ouest de la Saskatchewan. Ce parc comportera éventuellement un domaine de 906,4 km2, dont un peu plus de la moitié a été acquis jusqu’ici en sept parcelles séparées. La fonte printanière donne une eau de surface sujette à des variations saisonnières, et la plupart des ruisseaux et des lacs s’assèchent au cours de l’été; cependant, la rivière Frenchman et le ruisseau Rock s’arrêtent rarement de couler. Ce programme est actuellement en cours d’élaboration.

Il existe d’autres habitats qui conviendraient au bison des prairies :

·         Les Great Sand Hills, dans le centre-ouest de la Saskatchewan. Cet habitat n’est pas protégé pour le moment.

·         Les collines Pasquia et le Wildcat Hill Provincial Wilderness Park, dans le centre-est de la Saskatchewan.

§        Le sud-est de l’Alberta contient des prairies indigènes qui pourraient constituer un habitat adéquat pour le bison des prairies. Bien qu’une forte proportion (43 p. 100) des prairies indigènes soient demeurées intactes malgré le développement agricole qui a touché toute la province, ces terres sont vouées principalement au pâturage des bovins depuis plus d’un siècle (C. Gates, comm. pers., 2003). Il serait donc difficile d’y réintroduire le bison, étant donné la faible superficie d’habitat adéquat disponible (G. Court, comm. pers., 2002).

·         Les terres administrées par des peuples autochtones. Par exemple, la tribu Blood de l’Alberta a exprimé le souhait d’obtenir des bisons des prairies du parc national Elk Island (N. Cool, comm. pers., 2002).

·         La réserve nationale de faune de Suffield (454 km2) et la Base des forces armées canadiennes de Suffield du ministère de la Défense nationale (2 690 km2), dans le sud-est de Alberta (Environnement Canada, 2003; H. Reynolds, comm. pers., 2003). Suffield est l’un des plus grands blocs de terrains herbeux non labourés des Prairies canadiennes (Environnement Canada, 2003).

·         Les pâturages collectifs de l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) (H. Reynolds, comm. pers., 2003). Ces parcelles de territoire domanial sont administrées à des fins multiples, notamment le pâturage du bétail et la biodiversité animale et végétale (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2003). L’ARAP administre actuellement 9 290 km2 de territoire répartis en plusieurs dizaines de parcelles dispersées dans le sud de la Saskatchewan et le sud-est de l’Alberta (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2003).

 

Protection et propriété des terrains

Trois des troupeaux de bisons canadiens sauvages ou mi-sauvages vivent sur des terres domaniales; leur domaine vital est donc protégé soit par la Loi sur les parcs nationaux du Canada (parc national Elk Island et parc national de Prince-Albert), qui interdit la chasse dans les limites des parcs, soit par le ministère de la Défense nationale (polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose), qui interdit la circulation dans le polygone. Toutefois, les membres de la Première nation de Cold Lake ont le droit de pratiquer la chasse, la pêche et le piégeage sur le polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose. Le polygone de Cold Lake/Primrose ne fait pas l’objet d’une gestion de conservation du bison, et il s’y déroule actuellement des activités de mise en valeur des ressources pétrolières et gazières. Les bisons qui sortent des limites d’un parc ou du champ de tir ne sont pas  protégés des chasseurs. Les lois fédérales et provinciales actuelles ne protègent pas le troupeau de Pink Mountain, mais le bison jouit d’une protection aux termes de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 1996). Ce troupeau se trouve dans la région de gestion de la Muskwa-Kechika, assujettie à un plan de gestion de la faune. Deux des quatre troupeaux d’exposition vivant en captivité se trouvent dans les parcs nationaux (Mont‑Riding et Lacs-Waterton). Le domaine vital des troupeaux d’exposition du Bud Cotton Buffalo Paddock et du parc provincial Buffalo Pound sont protégés du fait qu’ils sont gardés dans un enclos et qu’ils se trouvent sur des terres publiques provinciales. La Wildlife Act de la Saskatchewan (1998) protège aussi le troupeau du parc provincial Buffalo Pound.