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Bison des prairies (Bison bison bison)

Tailles et tendances des populations

Histoire des populations de bisons des prairies depuis 1870

Le nombre de bisons des prairies à l’état sauvage avait décliné en 1888 à huit animaux au Canada et 85 en Amérique du Nord, selon les estimations de Hornaday (Coder, 1975). Le bison des prairies a probablement disparu du Canada un an ou deux après (Roe, 1970). Ces chiffres sont déduits de rapports de chasseurs; ils ne sont donc pas nécessairement tout à fait exacts. Néanmoins, à n’en pas douter, le bison était alors en voie d’extinction. À la fin du XIXe siècle, de petites bandes de bisons vivaient éparpillées dans leur ancienne aire de répartition et finissaient parfois par se mêler à des troupeaux de bétail. Toutes les populations de bisons des prairies existant aujourd’hui, sauf une, ont été fondées exclusivement par des animaux achetés de particuliers ou reçus par des dons de citoyens. La seule exception est le troupeau du parc national Yellowstone, au Wyoming et au Montana (États-Unis), formé d’un mélange d’animaux ayant appartenu à des particuliers et d’un troupeau indigène. Les troupeaux privés d’où sont issus les ancêtres des troupeaux de bisons d’aujourd’hui ont été établis à partir de quelques animaux capturés en un petit nombre d’endroits. Cinq troupeaux ont joué un rôle essentiel dans la fondation des populations nord-américaines actuelles de bisons des prairies; quatre d’entre eux sont à l’origine des animaux fondateurs des populations canadiennes. L’histoire des quatre troupeaux fondateurs du bison des prairies canadien, relatée ci‑après, révèle que la plupart des populations ont connu plusieurs étranglements génétiques qui ont probablement provoqué une baisse de la diversité génétique de cette sous-espèce. Étant donné la proximité du bison et du bétail à cette époque, on pourrait aussi s’inquiéter de la pureté génétique des troupeaux d’aujourd’hui.

Charles Goodnight, l’un des éleveurs privés qui ont fourni des bisons pour former les troupeaux publics canadiens, établit son troupeau de bisons à partir d’un mâle et d’une femelle qu’il avait capturés au Texas en 1878. Par la suite, il y ajouta trois veaux provenant de deux autres ranchs du même secteur, dont l’histoire est inconnue, et captura deux autres veaux sauvages. Toutefois, deux de ses veaux étant morts avant d’être en âge de se reproduire, son troupeau n’a été fondé que sur cinq individus (Coder, 1975).

Le troupeau Alloway/McKay fut constitué en 1873 avec trois veaux, un mâle et deux femelles, capturés au sud-ouest de Battleford, dans l’actuelle Saskatchewan (Lothian, 1981). Trois autres veaux, encore un mâle et deux femelles, acquis entre Regina et Moose Jaw, en Saskatchewan, s’y ajoutèrent l’année suivante. Cependant, un des mâles mourut. En 1879, le troupeau comptait 13 bisons et trois hybrides de bœuf et de bison. Samuel Bedson forma son troupeau en achetant soit 8 bisons (Coder, 1975; Dary, 1989), soit tous les 13 (Lothian, 1981; Novakowski, 1989) du troupeau Alloway/McKay. Il a aussi capturé trois veaux, présumément dans la région de Stony Mountain, au Manitoba. Lord Strathcona acquit également des animaux du lignage Alloway/McKay, soit en achetant les cinq derniers bisons du troupeau Alloway/McKay après l’achat fait par Bedson en 1879 (Coder, 1975), soit en recevant sept bisons (Garretson, 1938) ou 27 bêtes (Lothian, 1981) de Bedson en 1887.

De 1886 à 1889, Buffalo Jones captura dans l’enclave du Texas un certain nombre de veaux, dont 56 survécurent (Coder, 1975). Il acheta ensuite une centaine d’animaux à Bedson, mais en perdit environ le quart pendant le transport (Garretson, 1938; Coder, 1975; Lothian, 1981; Novakowski, 1989). Il acquit 10 autres animaux d’éleveurs du Kansas et du Nebraska, mais on ne sait rien d’autre de ces animaux (Coder, 1975). Jones vendit huit de ses bisons à Corbin en 1888 (Jennings et Hebbring, 1983) et de 10 à 12 des bisons de Bedson à Corbin en 1892 (Ogilvie, 1979; Novakowski, 1989).

Le dernier troupeau privé, le plus important pour la conservation du bison des prairies au Canada, fut établi par Walking Coyote, un membre de la tribu Pend-d’Oreille. Vers 1872, celui-ci acquit sept ou huit veaux à environ 300 km au sud de la frontière Alberta-Montana. Quatre moururent avant d’atteindre la maturité, ce qui laissait deux mâles et deux femelles (Garretson, 1938; Coder, 1975). Dix ou 12 animaux furent achetés de Walking Coyote par Pablo et Allard en 1883 (Garretson, 1938; Coder, 1975). En 1893, 26 bisons acquis de Jones (après qu’il les eut acquis de Bedson) s’ajoutèrent au troupeau Pablo/Allard (Coder, 1975).

Les parcs nationaux du Canada commencèrent à jouer leur rôle de refuges d’espèces menacées en 1897, année de l’arrivée au parc national Banff d’un bison mâle et de deux femelles du troupeau Goodnight (Lothian, 1981). À cette époque, le bison des prairies à l’état sauvage avait sans doute disparu du Canada. Lord Strathcona fit don de 13 autres animaux l’année suivante (Lothian, 1981; Novakowski, 1989). Le parc national Banff échangea deux mâles à Corbin en 1904 (Lothian, 1981). Une deuxième population canadienne de propriété publique fut fondée en 1907, après l’achat de tout le troupeau Pablo/Allard par le gouvernement canadien (Lothian, 1981). À l’époque, cette transaction fut considérée comme une réalisation remarquable, car il s’agissait du plus grand troupeau existant de bisons des prairies. En 1907, 410 bisons du troupeau Pablo/Allard furent transplanté au parc national Elk Island (Lothian, 1981; Novakowski, 1989). À ces animaux se joignirent quelques autres expédiés dans le secteur depuis le parc national Banff (Blyth et Hudson, 1987). En même temps, 32 bisons de Pablo/Allard étaient transférés du parc national Elk Island à celui de Banff (Blyth et Hudson, 1987). En 1909, 325 animaux furent transplantés du parc national Elk Island au parc national Buffalo, près de Wainwright, en Alberta (Lothian, 1981; Novakowski, 1989). La plupart des chercheurs croient qu’il restait 48 animaux pour fonder le troupeau du parc national Elk Island, mais ce nombre atteignait peut-être 71 individus (Blyth et Hudson, 1987). De 1909 à 1914, 306 autres bisons furent expédiés au parc national Buffalo de chez Pablo/Allard et 87 depuis le parc national Banff. Afin de diversifier le troupeau du parc national Buffalo, on y ajouta aussi 30 bisons du troupeau Corbin (Lothian, 1981; Novakowski, 1989).

La population du parc national Buffalo s’accrut rapidement. En 1923 et 1924, plus de 2 000 animaux furent réformés (Novakowski, 1989). C’est à cette époque qu’on découvrit que près de 75 p. 100 de la population était infectée par la tuberculose (Lothian, 1981). Le public critiqua tant cet abattage qu’on décida d’expédier 6 673 jeunes animaux, qu’on croyait alors moins susceptibles d’être infectés par la tuberculose, au parc national Wood Buffalo. Cette initiative mena à une hybridation entre les bisons des prairies et le dernier troupeau restant de bisons des bois (voir, à l’annexe 1, la section L’hybridation entre le bison des bois et le bison des prairies). En raison de la forte prévalence de la tuberculose au parc national Buffalo, on décida qu’il fallait dépeupler cette région de ses ongulés sauvages et, en 1939, on y abattit les 2 918 derniers bisons (Lothian, 1981).

Après les envois de grandes quantités d’animaux du parc national Banff au parc national Buffalo, l’ancienne population fut maintenue à un niveau relativement bas et reçut périodiquement des animaux du parc national Elk Island. En 1980, on enleva les 11 derniers bisons des prairies de Banff afin d’y installer plutôt un troupeau d’exposition de bisons des bois (Novakowski, 1989). Tous les bisons des prairies vivant sur les terres publiques canadiennes sont des descendants des 48 ou 71 bisons qui restaient au parc national Elk Island en 1909.

 

Tailles et tendances des populations actuelles

La population canadienne de bisons des prairies comprend au total entre 920 et 1 010 animaux adultes répartis en quatre populations d’animaux à l’état sauvage ou mi‑sauvage, et les 63 à 83 animaux adultes des quatre petits troupeaux d’exposition vivant en captivité (tableau 2).


Tableau 2. Taille (animaux adultes et immatures) des troupeaux de bisons des prairies vivant sur des terres publiques au Canada, 2003.
 PopulationTailleNombre
d’animaux
adultes
TendanceAire de
répartition
(km2)
À l’état mi-sauvageParc national Elk Island, Alberta500250-270Stable136
À l’état sauvagePink Mountain, Colombie-Britannique900450Stable1500

Parc national de Prince-Albert,

Saskatchewan

320175-220Croissante750
Polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose, Saskatchewan70-10045-70Stable-croissante500-750a
En captivitéParc national du Mont‑Riding, Manitoba3321-33Stable 
Parc national des Lacs-Waterton, Alberta2613-15Stable 

Parc provincial Buffalo Pound,

Saskatchewan

3521-25Stable 

Bud Cotton Buffalo Paddock,

BFC Wainwright, Alberta

168-10Stable 

a Estimée à partir de l’aire de répartition du troupeau de Pink Mountain quand il avait une taille semblable.

Parc national Elk Island

La population d’Elk Island est la principale source de bisons pour les autres troupeaux de conservation de bisons des prairies au Canada. Ce troupeau est mi‑sauvage car, même s’il vit dans un enclos et n’a pas de prédateurs naturels, il est géré le plus possible comme une population sauvage. Le troupeau dispose d’un domaine de 194 km2. Le troupeau du parc national Elk Island a connu une croissance exponentielle jusque dans les années 1920, époque où le parc se mit à pratiquer régulièrement la mise à la réforme. La population atteignit un sommet de 2 479 têtes en 1936 (Blyth et Hudson, 1987). Après 1970, on remplaça la mise à la réforme annuelle par la vente et le don d’animaux vivants.

Actuellement, on réduit la taille de la population du parc national Elk Island, afin d’atténuer la pression du broutage par le bison et les autres ongulés (EINP, 1999). À l’automne 2001, le bison des prairies comptait 419 individus, la densité étant de 4,1 bisons par km2 (Olson, 2002). Cette estimation de la taille de la population repose sur le nombre de bisons libres et captifs, tel qu’estimé en novembre 2000, sur l’estimation du croît du troupeau, sur les contrôles de gravidité par palpation et sur les mortalités récentes. On a enlevé 86 bisons du troupeau au début de 2002, ce qui ramenait la population à 323 têtes (Cool, 2003). La population devrait se chiffrer à environ 500 animaux à l’automne 2003 (Cool, 2003). L’enlèvement annuel de bisons se poursuivra afin de maintenir la population à son niveau cible actuel, soit entre 420 et 500 individus (Cool, 2003). La taille optimale de la population fait actuellement l’objet d’une réévaluation (Cool, 2003). La population est maintenue à peu près à ce niveau depuis le milieu des années 1970 (Olson, 2002).

Pink Mountain

Le troupeau de bisons des prairies de Pink Mountain, en Colombie-Britannique, vit dans le secteur de Pink Mountain et de la rivière Sikanni Chief (B.C. Ministry of Environment, 1991). Il occupe actuellement un territoire d’environ 1 500 km2 (D. Fraser, comm. pers., 2003), dont l’habitat se compose principalement de prés de carex et de prairies (B.C. Ministry of Environment, 1991). Ce troupeau a été établi en 1971 à partir de 48 bisons qui s’étaient échappés du secteur de la haute rivière Halfway jusque sur des terres publiques après avoir été achetés par Lynn Ross lors d’une vente de surplus de bisons d’Elk Island (Reynolds, 1991). Après plusieurs années, le tribunal a statué que ces bisons en liberté appartenaient à la province et, en 1982, les bisons ont été déclarés « gros gibier » (big game) et « animaux sauvages » (wildlife) aux termes de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Water, Land and Air Protection, 1996). En 1991, le troupeau de bisons des prairies de Pink Mountain est devenu l’objet d’une protection complète à titre de ressource publique.

Jusqu’à récemment, le troupeau de Pink Mountain semble avoir connu une croissance annuelle d’environ 10 p. 100 (tableau 1). Au cours des années 1990, il a connu un sommet d’environ 900 têtes (D. Fraser, comm. pers., 2003). La chasse contrôlée par les résidants, ainsi que la récolte à des fins récréatives et commerciales, sont autorisées. On estime que la taille optimale de la population de ce troupeau de bisons se situe entre 1 000 et 3 000 animaux (B.C. Ministry of Environment, 1991).

Parc national de Prince-Albert

Le troupeau du parc national de Prince-Albert est le seul troupeau libre établi dans l’aire de répartition d’origine de l’espèce. Ces animaux sont protégés tant qu’ils restent à l’intérieur des limites du parc national (Parcs Canada, 2001a). Le troupeau occupe un domaine d’environ 700 km2 à l’intérieur du parc et 50 km2 à l’extérieur. La limite présumée entre l’aire de répartition historique du bison des prairies et celle du bison des bois traverse le parc national de Prince-Albert (D. Bergeson, comm. pers., 2002).

Le troupeau libre de bisons des prairies du parc national de Prince-Albert s’est formé par hasard lorsque des bisons sont venus s’installer dans la région sud-ouest du parc, où le troupeau vit actuellement. Ces bisons venaient d’un troupeau de 50 têtes utilisé en 1969 dans un effort de réintroduction visant à repeupler en bisons des prairies à l’état sauvage la région de Thunder Hills, un secteur de hautes terres au nord du parc national de Prince-Albert. Le but visé était de rétablir le bison des prairies dans certaines portions de son ancienne aire de répartition et, éventuellement, d’assurer des ressources alimentaires supplémentaires aux bandes locales de Premières nations. Le ministère des Ressources naturelles de la Saskatchewan a acquis du parc national Elk Island 36 femelles et 14 mâles, tous âgés de 4 ans ou moins, et les a relâchés à la rivière Two Forks, environ 60 km au nord du parc national de Prince-Albert, près du lac Neyakamew (D. Frandsen, comm. pers., 2002). Bien qu’on estime qu’environ 15 veaux sont nés dans cette population au printemps 1969, la réintroduction n’a pas réussi dans la région de Thunder Hills. Une partie des bisons sont allés vers le sud, en direction du parc national de Prince-Albert; plusieurs d’entre eux se sont établis dans les limites du parc, mais il a fallu en enlever beaucoup d’autres du secteur à la suite de plaintes d’éleveurs et d’exploitants agricoles de la région (D. Bergeson, comm. pers., 2003). De 11 à 17 bisons se sont installés dans le pâturage communautaire de Big River, d’où on les a déménagés dans le secteur du lac Vermette, au nord du polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose (D. Frandsen, comm. pers., 2003). Les animaux qui n’ont qui n’ont pas servi à fonder le troupeau libre du parc national de Prince-Albert ni n’ont été déménagés au polygone de Cold Lake/Primrose, à la frontière entre la Saskatchewan et l’Alberta, ont été abattus par des chasseurs ou détruits (D. Frandsen, comm. pers., 2003).

On ignore le nombre exact de bisons fondateurs du troupeau du parc national de Prince-Albert. En 1969, on estimait qu’il y avait entre 16 et 22 bisons à l’intérieur du parc. Cependant, pendant environ cinq ans, on n’a jamais vu plus de quatre individus à la fois. On ne sait donc pas si les autres individus sont morts ou s’ils n’ont simplement pas été aperçus pendant les relevés. Il convient de préciser que le comptage des bisons se faisait à différents endroits du parc et que d’autres signes de la présence de bisons étaient visibles un peu partout dans le parc (D. Frandsen, comm. pers., 2003). Il est donc probable que la population était plus importante que le nombre d’animaux observés en une seule fois (D. Frandsen, comm. pers., 2003). À cause de l’important couvert forestier de conifères dans le parc, on peut manquer jusqu’à 50 p. 100 des individus, même en faisant des relevés systématiques par hélicoptère le long de transects dans de bonnes conditions (D. Frandsen, comm. pers., 2002). Les relevés terrestres et aériens n’ayant commencé à concorder qu’en 1978, les chiffres antérieurs pourraient être inexacts. Comme on n’a signalé aucun bison à l’extérieur du parc, là où les observations auraient été évidentes, il se peut que les 16 à 22 bisons d’origine n’aient jamais quitté le parc et aient contribué à fonder cette population.

Le parc national de Prince-Albert a entretenu un troupeau d’exposition à des fins éducatives de 1936 à 1995. En 1995, il a réorienté ses objectifs de gestion sur la préservation d’un troupeau de bisons à l’état sauvage, et a alors vendu ou donné les 20 bisons des prairies qu’il gardait en captivité.

En 2002, la population du parc national de Prince-Albert comprenait 320 bisons (D. Frandsen, comm. pers., 2002), soit 269 adultes et juvéniles et 51 veaux. Ce compte provient d’un relevé aérien opportuniste réalisé le 9 juillet 2002; il peut donc y manquer certains individus. La population s’accroît au rythme d’environ 10 à 14 p.100 par an depuis 20 ans (D. Frandsen, comm. pers., 2002). La prédation ne semble pas avoir d’effet significatif sur la population, malgré une assez forte densité de loups et d’ours noirs dans le système.

Certains bisons des prairies sortent temporairement des limites du parc et se déplacent entre les terres publiques et privées. L’installation récente d’une barrière à bétail au pont de la rivière Sturgeon a réduit le nombre de bisons quittant le parc (D. Frandsen, comm. pers., 2003). En général, on observe chaque année moins de 10 bisons à l’extérieur du parc (D. Frandsen, comm. pers., 2003). On abat à l’occasion des bisons qui vivent à l’extérieur du parc afin de réduire le nombre d’individus sur des terres privées. Une fois sortis du parc, les bisons ne sont plus protégés des chasseurs autochtones. Les membres des Premières nations sont autorisés à chasser sur les terres publiques; ils sont aussi autorisés à chasser sur les terres privées si le propriétaire le leur permet et s’il existe une saison de chasse régulière (D. Frandsen, comm. pers., 2003).

Polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose

Ce troupeau libre réside le plus souvent du côté saskatchewanais du polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose, qui chevauche la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, bien qu’il arrive que le troupeau sorte du polygone. On a noté des signes de la présence de bisons du côté albertain du polygone vers la fin des années 1980 (H. Reynolds, comm. pers., 2004). Cependant, jamais les pilotes des Forces canadiennes ni les employés de l’industrie pétrolière et gazière n’ont observé de bisons du côté albertain (D. Brakele, comm. pers., 2004). Ce troupeau a été établi en 1969 à partir de 11 à 17 des 50 bisons des prairies qui devaient repeupler la région de Thunder Hills, au nord du parc national de Prince-Albert, en Saskatchewan (D. Frandsen, comm. pers., 2002). En 1969, le ministère des Ressources naturelles de la Saskatchewan a obtenu 50 bisons des prairies du parc national Elk Island afin de rétablir une population de bisons dans le centre-nord de la Saskatchewan. Plusieurs bisons ont abouti près du pâturage communautaire de Big River, à environ 30 km au nord-est du parc national de Prince-Albert, où 11 à 17 individus (au moins dix adultes et un veau) ont été rassemblés et transportés au lac Vermette, au nord du polygone du lac Primrose (D. Frandsen, comm. pers., 2002; Boyd, 2003). Six autres bisons qui avaient été signalés au nord du pâturage communautaire de Big River ont peut-être été inclus dans le déménagement au lac Vermette (D. Frandsen, comm. pers., 2002), et peuvent expliquer l’écart entre les 11 ou 17 individus fondateurs indiqués (D. Frandsen, comm. pers., 2002).

La population actuelle est estimée à environ 70 à 100 animaux, mais sa taille et son domaine vital sont peut-être en expansion (B. Opekoque, comm. pers., 2003). On a très peu d’information à son sujet; la précision de l’estimation de sa taille est donc inconnue. La chasse au bison par la Première nation de Cold Lake est autorisée, mais l’accès des Autochtones au polygone est réglementé afin de prévenir les interférences avec les opérations militaires (C. Gates, comm. pers., 2003).

Projet Old Man on His Back de Conservation de la nature Canada

En 1996, Conservation de la nature Canada (CNC) a fait l’acquisition de la prairie et aire de conservation du patrimoine Old Man on His Back (OMB, CNC, 2002). Ce ranch de 53 km2 est un habitat de prairie exemplaire situé dans le sud‑ouest de la Saskatchewan. Cinquante veaux et bisons d’un an provenant du parc national Elk Island ont été introduits dans cette aire de conservation des prairies le 12 décembre 2003 (Conservation de la nature Canada, 2004). Ces animaux seront gardés toute l’année dans diverses portions de l’aire de conservation. On estime la capacité de pâturage de cette aire de conservation à environ 250 bisons adultes.

Il y a quatre troupeaux d’exposition à fins éducatives au Canada. Ce sont de petits troupeaux soigneusement entretenus à l’intérieur d’enclos. Ils sont préservés à des fins historiques et éducatives, et on ne tente pas de les préserver à l’état sauvage, ce qui limite leur contribution à la conservation du bison des prairies au Canada.

Parc national du Mont‑Riding

La population de bisons des prairies du parc national Mont‑Riding vit dans l’aire de répartition historique du bison des prairies, comme l’ont révélé les divers artéfacts de bison découverts dans ce secteur (D. Bergeson, comm. pers., 2002). Cet habitat se compose principalement de prairies de fétuque parsemées de nombreux prés de carex.

L’actuel troupeau de bisons du Mont‑Riding a été établi à partir de 20 animaux du parc national Elk Island en 1945-1946. La structure de la population du troupeau fondateur est inconnue (D. Bergeson, comm. pers., 2002). Le troupeau s’est accru jusqu’à environ 60 individus, puis on a entrepris une mise à la réforme à intervalles réguliers afin de maintenir la taille du troupeau en deçà de ce seuil.

Le troupeau du Mont‑Riding compte actuellement 33 bisons (D. Bergeson, comm. pers., 2002); sa taille est soigneusement maintenue entre 25 et 50 animaux, d’un âge moyen des bêtes de 4 à 7 ans. Des mâles font parfois l’objet d’échanges avec le troupeau en captivité du parc national de Prince-Albert ou sont importés du parc national Elk Island (S. Frey, comm. pers., 2003).

Parc national des Lacs-Waterton

Le parc national des Lacs-Waterton, dans le sud de l’Alberta, entretient un enclos à bisons de 200 ha près de l’entrée du ruisseau Pincher (R. Watt, comm. pers., 2002). Ce troupeau a été établi en 1952 à partir de bisons obtenus du parc national Elk Island, en mémoire des bisons qui vivaient jadis en liberté dans ce secteur. Le stock de reproducteurs est encore augmenté périodiquement de bisons des prairies du parc national Elk Island (R. Watt, comm. pers., 2002). La population actuelle est stable à 26 animaux. Le troupeau est géré de façon à se maintenir entre 12 et 24 individus (R. Watt, comm. pers., 2002). Les bisons en surplus sont vendus lors d’encans publics qui se tiennent tous les deux ou trois ans. On envisage d’augmenter la taille et le domaine du troupeau et de préserver ce troupeau plus grand comme une population en semi-liberté (R. Watt, comm. pers., 2002).

Parc provincial Buffalo Pound

Le parc provincial Buffalo Pound est situé dans le sud-ouest de la Saskatchewan, au nord-est de Moose Jaw. Ce parc tire son nom des nombreux sites de rabattage de bisons (buffalo pounding) qui se trouvent dans le secteur (Saskatchewan Environment, 2003). Les Autochtones se servaient de ces accidents du relief comme corrals pour capturer des bisons des prairies. Le troupeau d’exposition a été établi en 1972 à partir de huit femelles et de quatre mâles du parc national Elk Island (T. Minter, comm. pers., 2003). De 1988 à 2000, on y a ajouté des bisons par dix fois, chaque ajout comportant de un à trois mâles (T. Minter, comm. pers., 2003). Tous les bisons introduits sauf un provenaient de ranchs privés (Kevin Wilkinson, Ron Sebastian, Sawki Ranch et Tatonka Ranch; T. Minter, comm. pers., 2003), ce qui réduit au minimum la contribution de cette population à la conservation du bison des prairies (voir la section Facteurs limitatifs et menaces – L’Élevage de gibier). En 1988, on a ajouté au troupeau un bison mâle du parc national de Prince-Albert. Le troupeau actuel a une population stable de 35 bisons, soit trois mâles et 32 femelles (T. Minter, comm. pers., 2003).

Bud Cotton Buffalo Paddock, base des Forces canadiennes Wainwright

La base des Forces canadiennes (BFC) Wainwright est située juste au sud de Wainwright, en Alberta. En 1980, une portion du parc national Buffalo a été vouée de nouveau au bison. Le nouveau troupeau a été fondé à partir de quatre jeunes bisons (Bud Cotton Buffalo Paddock, 2001), et compte actuellement 16 animaux (Boyd, 2003).