Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Bison des prairies (Bison bison bison)

Facteurs limitatifs et menaces

Manque d’habitat

Avant l’arrivée des Européens, des millions de bisons habitaient les grandes plaines. La superficie de leur habitat disponible a diminué de façon dramatique depuis 150 ans. De vastes zones d’habitat de prairie ont été perdues au profit de l’agriculture et du développement urbain; pour l’essentiel, il ne reste plus de grands espaces de prairie à l’état d’origine (Reynolds, 1991). Depuis l’établissement du parc national Elk Island et, par la suite, du parc national Buffalo entre 1907 et 1910, le nombre de bisons des prairies vivant sur les terres publiques dans leur aire de répartition d’origine n’a pas beaucoup changé, surtout à cause du manque d’habitat disponible et de la perte du parc national Buffalo. En général, la présence de bisons en liberté est incompatible avec l’agriculture et le développement urbain (Reynolds, 1991; D. Bergeson, comm. pers., 2002). Actuellement, bien que le parc national de Prince-Albert se trouve dans l’aire de répartition d’origine du bison des prairies, aucune des populations de bisons des prairies à l’état sauvage au Canada ne vit dans son habitat typique et traditionnel (H. Reynolds, comm. pers., 2003). Il existe pourtant des possibilités, certes rares, de réintroduire le bison des prairies dans son habitat de prairie d’origine.

 

Hybridation avec les bovins

La plupart des troupeaux de bisons existant aujourd’hui ont été fondés à partir d’animaux donnés ou vendus par des éleveurs. Parfois, les éleveurs qui trouvaient des bisons dispersés parmi leurs bovins en rassemblant leur bétail favorisaient l’hybridation des bisons et de ce dernier (Garretson, 1938; Rorabacher, 1970; Polziehn, 1993). Un examen des haplotypes de bison des prairies a permis à Polziehn et al. (1995) de découvrir que 11 des 30 bisons du Custer State Park, dans le Dakota du Sud, possédaient de l’ADN mitochondrial de bovins domestiques. D’après leurs analyses, la proportion d’ADN nucléaire de bovins domestiques dans la population serait de 0,0083. On n’a détecté aucun ADN mitochondrial de bovins dans huit autres populations, dont les populations de bisons des prairies et de bisons des bois au parc national Elk Island, ainsi que les populations de bisons des bois de la réserve de bisons Mackenzie et du parc national Wood Buffalo. Comme les bisons du Custer State Park n’ont pas été exposés à des bovins, l’hybridation s’est probablement produite avant la fondation de ce parc en 1914 (Polziehn et al., 1995). Une étude de suivi réalisée par Ward et al. (1999) révèle la présence d’ADN mitochondrial de bovins dans quatre populations de bison des prairies de propriété publique, soit celle de l’Antelope Island State Park, en Utah; celle du Finney Game Refuge, au Kansas; celle du Maxwell Game Refuge, au Kansas; et celle du National Bison Range, dans le Montana. De ces populations, Polziehn et al. (1995) n’ont examiné que celle du National Bison Range. Le National Bison Range et l’Antelope Island State Park ont introduit des bisons du Maxwell State Game Refuge, ce qui explique probablement la présence d’ADN mitochondrial de bovins dans ces populations. Les quatre populations canadiennes en liberté ont également été réexaminées (Ward et al., 1999). On n’a constaté aucun signe d’introgression de chromosomes Y de bovins domestiques, ce qui laisse penser que l’hybridation entre les bisons et ceux‑ci s’est faite principalement par l’accouplement de vaches domestiques avec des bisons mâles (Ward et al., 2001). Cela pourrait être attribuable soit à la réticence des taureaux domestiques à s’accoupler avec des bisonnes, soit au faible taux de fertilité des hybrides mâles de bovins et de bisons (Rorabacher, 1970; Polziehn et al., 1995; Ward et al., 2001). Un examen des sept locus nucléaires de microsatellites dont la taille des allèles était connue n’a révélé aucun signe d’hybridation à ces locus chez 11 populations de bisons, dont les populations de bisons des prairies du parc national Elk Island et de Pink Mountain (Wilson et Strobeck, 1999). Il faut cependant souligner que cette étude n’a pas permis de détecter d’hybridation au niveau nucléaire dans la population du Custer State Park.

Étant donné la durée écoulée depuis l’hybridation entre bovins et bisons dans les secteurs en question, tous les animaux des populations où on a découvert de l’ADN mitochondrial contiennent probablement un certain bagage génétique de bovins; tous doivent donc être considérés comme des hybrides. L’hybridation interspécifique a probablement causé la perte d’une partie de la diversité génétique d’origine du bison des prairies dans ces populations, ainsi qu’un déclin de son intégrité génétique (Rhymer et Simberloff, 1996; Ward et al., 1999). Bien que l’introgression de matériel génétique de bovins n’ait probablement guère eu d’effet sur les chances de survie des bisons, il faut privilégier les populations qui ne contiennent aucun hybride bison x bovin. Actuellement, 68 p. 100 des populations de bisons d’Amérique du Nord n’ont fait l’objet d’aucune recherche sur l’introgression avec les bovins, 14 p. 100 semblent contenir des animaux hybrides et 18 p. 100 n’ont pas donné de résultats positifs quant à l’introgression de gènes de bovins domestiques (Boyd, 2003). Aucun animal provenant d’une population dont l’état d’hybridation est inconnu ou douteux ne devrait être introduit dans une population présumée de race pure. Cette situation fait naître une inquiétude pour les chances de survie à longue échéance de cette sous-espèce chez plusieurs spécialistes de la conservation des bisons (P. Fargey, comm. pers., 2002; T. Jung, comm. pers., 2002; H. Reynolds, comm. pers., 2002).

 

Hybridation avec le bison des bois

Le nord de la Colombie-Britannique abrite non seulement le troupeau de bisons des prairies de Pink Mountain, mais aussi la population de bisons des bois de Nordquist, dont l’effectif est de 60 animaux (Mitchell et Gates, 2002). La population de bisons des bois de Nahanni vit dans le bassin de la rivière Liard, dans les Territoires du Nord-Ouest et le nord de la Colombie-Britannique. De même, la population de bison des bois de Hay-Zama, dans le nord-ouest de l’Alberta, séjourne à l’occasion dans le bassin de la rivière Hay, dans le nord-est de la Colombie-Britannique (Harper et al., 2000). Bien que des centaines de kilomètres aient toujours séparé ces populations, il demeure possible que la population de bisons des prairies de Pink Mountain se mélange à une de ces populations de bisons des bois, ce qui entraînerait l’introgression de matériel génétique du bison des bois dans le génome du bison des prairies de Pink Mountain. Afin de prévenir cette éventualité, le plan de gestion du bison des bois en Colombie-Britannique appelle les Autochtones à une récolte de subsistance dirigée afin d’empêcher la population de bisons des prairies de Pink Mountain de se déplacer vers l’est (Harper et al., 2000). Même si cette stratégie s’est révélée efficace jusqu’ici, le risque d’hybridation entre le bison des bois et le bison des prairies dans cette région est jugé préoccupant (D. Fraser, comm. pers., 2003).

 

Santé génétique

Toute perte de diversité génétique peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’aptitude d’une population à exister, même à brève échéance, pour deux raisons : une réduction de la variation génétique peut accroître les effets de l’autofécondation sur une population, et elle diminue aussi le potentiel évolutif, c’est‑à‑dire l’aptitude de la population à s’adapter à diverses pressions de sélection. Les populations rares ou menacées souffrent souvent d’un manque de diversité génétique (voir par exemple Packer et al., 1991; Hoelzel et al., 1993; Roelke et al., 1993). Ce fait est généralement attribué à une baisse de la taille de la population ou à un étranglement génétique, suivis d’une période d’autofécondation résultant de la petite taille de la population. Les effets négatifs de l’autofécondation comprennent un taux de mortalité élevé, une réduction de la capacité de concurrence, une augmentation de la susceptibilité aux maladies, une baisse de la fécondité et une fréquence accrue des anomalies du développement (voir par exemple Wright, 1977; Allendorf et Leary, 1986; Ralls et al., 1988; Hedrick et Kalinowski, 2000). Le niveau de variation génétique semble inversement corrélé avec le taux d’extinction des populations naturelles lorsque les différences d’ordre environnemental, écologique et démographique sont maîtrisées (Saccheri et al., 1998).

Il semble n’y avoir guère de signes de dépression due à l’autofécondation dans la plupart des grands troupeaux de bisons (Gates, 1993; Shaw, 1993). On n’a constaté aucune corrélation entre le succès de la reproduction et l’hétérozygotie (un indicateur potentiel d’autofécondation) dans une étude portant sur le bison des bois (Wilson et al., 2002b). À l’inverse, le rendement reproductif du bison d’Europe (Bison bonasus) a décliné à mesure qu’augmentait le niveau d’autofécondation (Olech, 1987). Il a été avancé qu’une faible diversité génétique nuisait à la croissance et au succès de reproduction d’une population de bisons (Berger et Cunningham, 1994). Une étude en laboratoire portant sur des populations de Drosophila a révélé que les effets de l’autofécondation pouvaient prendre plus de 50 générations à se manifester (Bijlmsa et al., 2000), ce qui porte à croire que les populations génétiquement appauvries vivant à l’état sauvage qui ne semblent pas actuellement subir d’effets de l’autofécondation ne seront pas nécessairement à l’abri de ces effets à long terme (Bijlmsa et al., 2000).

À cause de l’étranglement qu’a connu la population de bisons des prairies depuis 150 ans (d’un sommet d’environ 30 millions d’individus à un creux de moins de 800 animaux, dont peu ont servi aux efforts de conservation), on pourrait s’attendre à ce que le bison des prairies possède un faible niveau de diversité génétique et qu’il risque de souffrir des effets de l’autofécondation. Le bison ne présente que peu, voire pas, de variation au niveau des chromosomes et des protéines (Ying et Peden, 1977; Bork et al., 1991; Cronin et Cockett, 1993). Cependant, une étude des allozymes révèle que le bison a un niveau de diversité génétique plus élevé que d’autres espèces de mammifères qui ont subi une baisse importante de la taille de leur population (McCleneghan et al., 1990). Un examen des groupes sanguins révèle aussi que le bison présente davantage de diversité que ce qu’on pourrait attendre d’une espèce qui a connu un déclin en chute libre du nombre d’individus (Stormont, 1993). Les niveaux de diversité génétique observés dans le cadre d’une étude des microsatellites indiquent que le bison a un degré de diversité semblable à celui de la plupart des autres ongulés nord-américains (Wilson et Strobeck, 1999).

Dans une étude portant sur 11 populations de bisons des bois et de bison des prairies, la population de bison des prairies du parc national Elk Island s’est révélée l’une des trois présentant le plus de variabilité en Amérique du Nord (Wilson et Strobeck, 1999). La population de Pink Mountain avait elle aussi un niveau de diversité relativement élevé. Cependant, comme la diversité génétique des populations de bisons est corrélée au nombre de fondateurs, il est probable que les autres populations de bisons des prairies au Canada sont génétiquement appauvries (Wilson et Strobeck, 1999).

Il semble probable que les bisons des prairies nord-américains se comportaient pour l’essentiel comme un seul troupeau à important flux génétique d’une région à l’autre à cause de l’ampleur et de la nature imprévisible des déplacements des individus. Aujourd’hui, les populations actuelles de bisons des prairies étant distantes les unes des autres, le flux génétique entre populations au Canada ne se fait que par la transplantation d’animaux entre régions. Bien que ce manque de flux génétique soit probablement contraire à la situation qui régnait autrefois chez les populations de bisons des prairies, on a de bonnes raisons de continuer à réduire au minimum les déplacements inter‑régionaux des animaux. L’échange de bisons entre régions peut occasionner un apport de matériel génétique indésirable et de maladies. L’ajout de matériel génétique à une population est irréversible après seulement quelques générations, à cause du mélange génétique. Certains spécialistes s’inquiètent donc pour la préservation de la diversité génétique chez les petites populations isolées de bisons des prairies (A. Arsenault, comm. pers., 2002; P. Fargey, comm. pers., 2002; D. Frandsen, comm. pers., 2002; H. Reynolds, comm. pers., 2002).

 

Manque de consensus dans la législation

Le bison est considéré comme une espèce sauvage en Colombie-Britannique et en Saskatchewan et il jouit d’une protection dans les parcs nationaux; cependant, il est considéré comme du bétail en Alberta et au Manitoba et n’est donc actuellement protégé par aucune législation (Reynolds, 1991). Ce problème risque d’entraver la conservation du bison des prairies au Canada (A. Arsenault, comm. pers., 2002; N. Cool, comm. pers., 2002; H. Reynolds, comm. pers., 2003).

 

Chasse

La chasse non réglementée par la Première nation de Cold Lake est autorisée sur le polygone de tir aérien de Cold Lake/Primrose dans les régions auxquelles les Autochtones ont accès, et le troupeau de Pink Mountain est l’objet d’une chasse contrôlée. Par ailleurs, les bisons des prairies du parc national de Prince-Albert peuvent être abattus s’ils gagnent des terrains privés. Aucune étude n’a été réalisée quant aux effets de la chasse sur les caractéristiques démographiques et la taille de ces populations (C. Gates, comm. pers., 2003).

 

Élevage de gibier

Geist (1996) décrit un certain nombre de risques de conflit entre la conservation et l’élevage de gibier, dont le déplacement d’espèces indigènes occasionné par la concurrence pour l’appropriation des terres, la croissance du braconnage, la disparition des prédateurs, la transmission de maladies et la perte d’espèce due à l’hybridation. La plus lourde menace pour la conservation du bison des prairies venant du bison d’élevage pourrait être le risque de pollution génétique. Au moins 95 p. 100 des bisons vivant aujourd’hui au Canada sont parqués dans des élevages (Boyd, 2003). L’exploitation du bison continue de croître en raison de la facilité relative de l’élevage du bison par rapport à celui des bovins et de la popularité croissante des viandes maigres. Beaucoup de nouvelles fermes à bison s’établissent près de zones qui pourraient être considérées comme des habitats propices à la réintroduction de bisons sauvages. Il existe une ferme de bison des bois très près du domaine de la population de Pink Mountain (H. Schwantje, comm. pers., 2003). L’intrusion d’un ou plusieurs animaux échappés d’un élevage dans le domaine d’une population de bisons des prairies sauvages risque d’occasionner un mélange génétique, ce qui pourrait avoir d’importants effets négatifs sur la conservation et le rétablissement du bison des prairies à l’état sauvage au Canada.

La sélection artificielle donnera probablement des bisons plus dociles et de croissance plus rapide, entre autres caractères. Bien que souhaitables chez des animaux d’élevage, ces caractères ne sont pas recherchés pour les populations sauvages. La sélection en vue de la production agricole entraînera également une perte de diversité génétique chez le bison d’élevage (P. Fargey, comm. pers., 2002). Même soumis à ce régime de sélection, le bison d’élevage demeurera écologiquement viable pour bien des générations (C. Gates, comm. pers., 2003). Le mélange entre animaux d’élevage et sauvages qui résulte de la fuite de bisons commerciaux entraîne la dilution, voire le remplacement de caractères du bison sauvage issus de maintes générations de sélection naturelle. L’élevage du bison des bois ou de croisements entre bisons des bois et des plaines gagne en popularité depuis peu, en raison de la plus grande taille du bison des bois. Le mélange de bisons d’élevage et sauvages pourrait donc entraîner aussi l’introgression de matériel génétique du bison des bois dans le fonds génétique du bison des prairies nord-américain (Reynolds, 1991). L’expansion de l’industrie de l’élevage du gibier en général et du bison en particulier est donc un danger en puissance pour la conservation du bison des prairies.

 

Maladies

Il n’y a guère de doute que les maladies les plus graves qui affligent le bison nord-américain d’aujourd’hui, soit la tuberculose, la brucellose et l’anthrax, résultent de l’infection par du bétail introduit. L’anthrax a sans doute été introduit dans la région du parc national Wood Buffalo par du bétail domestique à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe (Dragon et al., 1999; D. Dragon, comm. pers., 2003). Il se peut toutefois que la présence de l’anthrax dans la région du parc national Wood Buffalo remonte au début du XIXe siècle (Ferguson et Laviolette, 1992). La tuberculose et la brucellose sont arrivées dans la région avec le transfert de bisons des prairies provenant du parc national Buffalo au cours des années 1920; ceux-ci étaient probablement entrés en contact avec ces maladies par l’entremise de bovins. On attribue la présence de brucellose chez le bison des prairies du parc national Yellowstone à un contact direct ou indirect avec des bovins domestiques (Meagher et Meyer, 1994; M. Meagher, comm. pers., 2003). La transmission de maladies des bovins aux bisons est une menace constante. La récente flambée de diarrhée virale des bovins chez les bisons des prairies du parc national Elk Island provenait probablement d’exploitations bovines des environs (W. Olson, comm. pers., 2003). Il a fallu mettre sur pied des programmes de vaccination pour tenir cette maladie en échec (N. Cool, comm. pers., 2003).

Les épizooties d’anthrax dans la région du parc national Wood Buffalo ont tué plus de 20 p. 100 des animaux de certains troupeaux (Dragon et al., 1999). Comme cette maladie s’attaque aux mâles et est généralement de nature sporadique, les populations à la démographie saine devraient être en mesure de se remettre d’une poussée épizootique (Gates et al., 1995; Reynolds et al., 2003). Cependant, l’élimination d’un grand nombre de mâles d’une population à cause d’une flambée d’anthrax peut affaiblir la diversité génétique de la population infectée, surtout si elle se répète pendant plusieurs années. Jusqu’ici, les populations canadiennes de bisons des prairies n’ont subi aucune flambée d’anthrax, mais cette maladie pourrait affecter de nombreux secteurs (D. Joly, comm. pers., 2002). 

La brucellose est présente chez des animaux du parc national Yellowstone (Meagher et Meyer, 1994). Au départ, le dépistage de la brucellose était positif chez les bisons des prairies du parc national Elk Island (Nishi et al., 2002), tout comme celui de la tuberculose au parc national du Mont‑Riding, tandis qu’on observait une forte prévalence de ces deux maladies dans la population du parc national Buffalo. Aujourd’hui cependant, la tuberculose et la brucellose n’affligent plus aucun troupeau de bisons des prairies au Canada. Il faut cependant souligner qu’une faible proportion de la population de wapitis au parc national du Mont‑Riding est actuellement infectée par la tuberculose, ce qui rend possible que cette maladie se propage à la population de bisons.

En combinaison, la tuberculose, la brucellose et la prédation par le loup ont un effet notable sur la capacité de survie des bisons au parc national Wood Buffalo (Joly et Messier, 2001). Par conséquent, même si certaines maladies peuvent avoir un effet négatif sur la capacité de survie des bisons des prairies à l’état sauvage, la menace qu’on attribue au bison des prairies en tant que réservoir éventuel de maladies pour la santé de l’industrie de l’élevage de gibier ou de bétail pourrait être bien pire pour la survie des populations de bisons elles‑mêmes (Nishi et al., 2002; D. Joly, comm. pers., 2002). Le risque d’infection d’animaux de propriété privée par des populations sauvages pourrait conduire à adopter une réglementation exigeant l’éradication des populations sauvages infectées. Par exemple, la présence de fièvre aphteuse chez les animaux domestiques entraîne de sévères restrictions sur les exportations de bétail. Un troupeau de bisons infecté par la fièvre aphteuse pourrait être considéré comme une menace pour les troupeaux de bétail, puisque cette maladie est transportée par le vent (D. Joly, comm. pers., 2002). Il y aurait alors une forte tentation économique d’éradiquer une population infectée de bisons des prairies en liberté. Le risque de propagation de maladies des bisons aux bovins et inversement pourrait avoir des effets néfastes sur la conservation du bison des prairies et rendre les propriétaires fonciers moins enclins à accepter la présence de bisons en liberté (P. Fargey, comm. pers., 2002; T. Fowler, comm. pers., 2002; D. Frandsen, comm. pers., 2002; D. Joly, comm. pers., 2002; T. Jung, comm. pers., 2002).