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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon coho (population du Fraser intérieur) au Canada

Résumé du rapport de situation

Le saumon coho est une espèce importante, présente dans les prises le long de la côte du Pacifique en Amérique du Nord. Or ses effectifs déclinent dans la majeure partie de son aire de répartition, et notamment dans le Nord-Ouest des États-Unis et le Sud de la Colombie-Britannique. Ce rapport met l'accent sur le coho du Fraser intérieur en Colombie-Britannique. Les cohos de cette région sont issus des populations qui ont survécu à la glaciation dans des refuges du Columbia. Comme le coho a aujourd'hui disparu du cours supérieur du Columbia, les cohos du Fraser intérieur sont génétiquement distinct des autres cohos qui restent.

Les cohos du Fraser intérieur constituent une UES. La population totale comprend au moins cinq sous-populations (Thompson Nord, Thompson Sud, cours inférieur des rivières Thompson et Nicola, canyon du Fraser, et haut Fraser). Les échanges génétiques entre les cours d'eau au sein des sous-populations sont beaucoup plus importants qu'entre les sous-populations. En cas de trop grande fragmentation de la population totale, on craint que les échanges génétiques deviennent insuffisants pour assurer la survie à long terme.

La série chronologique des estimations fiables de l'abondance couvre 25 ans pour les cohos des bassins des rivières Thompson Nord et Sud, 16 ans pour le cours inférieur Thompson/Nicola, et seulement trois ans pour le canyon du Fraser et les affluents du haut Fraser. Nous faisons moins confiance à la série chronologique du cours inférieur des rivières Thompson et Nicola qu'à celle des rivières Thompson Nord et Sud. Les effectifs de géniteurs dans les bassins de ces dernières rivières ont atteint un sommet au milieu des années 1980 et ont décliné par la suite jusqu'aux environs de 1996, pour se stabiliser ou augmenter depuis. En moyenne, les effectifs des cohos des rivières Thompson Nord et Sud ont décliné de ~60 p. 100 dans la période de 10 ans allant de 1990 à 2000. Pendant quatre années (1991, 1995, 1997 et 1998), la productivité a été si faible que certaines populations peuvent ne pas être arrivées à se renouveler même en l'absence de mortalité par pêche. Bien que les effectifs de géniteurs aient dépassé les échappées de la génération antérieure en 1999 et en 2000, ils étaient toujours critiquement bas. Il faut compter trois remontes fortes consécutives pour pouvoir affirmer avec certitude que la situation s'améliore.

La taille de l'ensemble de la population des cohos du Fraser intérieur a été estimée récemment en établissant la moyenne des estimations des géniteurs pour chaque sous-population (zone) entre 1998 et 2000. Un peu plus de la moitié de la population totale estimée de 24 000 individus fréquente les bassins des rivières Thompson Nord et Sud. La fraye naturelle serait responsable de la production de la plupart des poissons qui remontent vers le Fraser intérieur ces dernières années (~20 000 sur le total de 24 000), bien que dans le cours inférieur des rivières Thompson et Nicola, les poissons issus d’écloserie dépassent en nombre les cohos sauvages. Rien n'indique que la zone d'occurrence ait changé, bien qu'avec le déclin des populations, on ait observé des géniteurs dans un moins grand nombre de cours d'eau.

La surpêche, les changements dans les conditions marines et les perturbations de l'habitat ont tous contribué au déclin des effectifs du coho du Fraser intérieur. Il y a eu surpêche parce qu'on a pas réduit rapidement les taux de récolte en réponse à la baisse de la survie en mer attribuable au climat. Le déclin des cohos a par ailleurs souvent été associé à l'intensité des perturbations anthropiques dans le bassin. Les pressions exercées par la pêche ont enfin été considérablement réduites au cours des dernières années; ce phénomène, combiné à la stabilisation apparente de la survie en mer, s'est traduit par une amélioration des remontes.

Les perspectives pour les cohos du Fraser intérieur sont très incertaines et dépendent de l'effet de la pêche, des perturbations de l'habitat et des changements dans la survie attribuables au climat. Un retour aux taux de survie plus élevés observés jusqu'en 1997, allié au maintien d'une faible pression halieutique et à l'absence d'effets supplémentaires sur l'habitat, se traduirait par une augmentation rapide des remontes et le rétablissement des populations. Par contre, si la survie retombait aux faibles niveaux enregistrés en 1998, le nombre des géniteurs diminuera et les saumons finiront par disparaître. Comme il n'y a aucun consensus au sujet des futurs taux de survie en mer, il faudra adopter une approche extrêmement prudente de la gestion des pêches et de l'habitat pour assurer la viabilité à long terme des populations de cohos du Fraser intérieur, en Colombie-Britannique.